Audience « loup » au tribunal administratif de Pau : chronique du faux

Audience « loup » au tribunal administratif de Pau : chronique du faux

Onze autorisations de tirs contestées

Le mardi 2 juin 2026 avait lieu à Pau l’audience du référé des associations Ferus, Animal Cross et ASPAS contre la préfecture des Pyrénées-Atlantiques au sujet de onze autorisations de tirs de défense contre le loup, sous la forme de récépissés d’auto-déclarations d’éleveurs.

En effet, depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté ministériel du 23 février 2026 , les éleveurs peuvent adresser une déclaration de tir de loup à la préfecture, qui émet automatiquement un accusé-réception qui a valeur d’arrêté préfectoral (AP) de tir, dans une forme plus simple, avec moins d’informations et de contraintes que dans les AP antérieurs à cette date.

Une audience sous tension

Cela avait bien commencé, avec un report d’audience signifié à notre avocate alors qu’elle avait déjà réservé son avion. L’audience, suite à ses protestations, a finalement été repoussée en journée, ce qui lui a permis de recevoir le mémoire en réplique de la partie adverse, tout juste quelques heures avant l’audience et ainsi avec un temps de préparation raboté.

Loup en forêt

La notion de « bonne conservation de population locale » au cœur des débats

Notre avocate a brillamment déroulé ses arguments centrés sur les points fraîchement avancés par la préfecture, soit principalement la notion de « bonne conservation de population locale », que la partie adverse a décidé de voir concerner toute la région « Nouvelle Aquitaine » (12 départements), soit jusqu’à 530 km à vol d’oiseau de l’aire de vie de l’unique loup béarnais, celui concerné par les tirs disputés dans ce recours ; et a ainsi énuméré nombre de lieux avec zone de présence permanente dans la plus grande région de France, telle celle du plateau de Millevaches. Est-ce bien sérieux ? Quand on sait que l’esprit de la Directive Habitats-Faune-Flore est de tendre vers une certaine homogénéité de présence du loup sur le territoire, à l’opposé de la volonté de l’Etat français de voir le loup cantonné aux Alpes.

Nous ne revenons pas ici sur des détails discutés en audience, telle la contestation du caractère d’urgence (un référé suspension est en effet demandé), du fait qu’un second tireur par lot n’est pas encore possible, car aucun n’a encore reçu de formation de la part de l’OFB. Notons que cela n’empêche en aucune façon les tireurs de se poster et de tenter d’en finir avec ce loup. Mais concentrons-nous sur quelques aspects de l’audience de nature à choquer.

Des chiffres contestés

Tout d’abord, les propos mensongers de la représentante de la DDTM 64, en soutien de l’avocat, qui a prétendu que "les quotas de tirs n’avaient pas été atteints en 2025" au motif que seuls 170 loups avaient été détruits par tirs durant l’année. La DDT a ainsi profité de la méconnaissance du sujet par Madame le juge car le protocole d’intervention prévoit que les loups reconnus comme ayant été braconnés sont déduits du quota. En l’espèce, ce sont bien 190 loups sur 192 qui ont été volontairement détruits, soit 99%.

Le poids réel de la prédation dans les Pyrénées-Atlantiques

De plus, cette même cadre de l’administration a mis en avant un « danger d’affaissement économique de l’élevage ovin dans le département», rien que ça ; oubliant de mentionner qu’il n’y a eu en 2025 que 10 animaux dont la mort a été officiellement attribuée au loup, sur une population de l’ordre de 560 000 brebis en Pyrénées-Atlantiques * (elle donne quant à elle le nombre de 310 000 brebis transhumantes, mais on peut légitimement s’interroger sur la pertinence de cette sous-estimation qui exclut les brebis ne montant pas en estive, mais demeurent quand-même exposées à la prédation l’essentiel de l’année). Les Pyrénées-Atlantiques sont le second département français par le nombre de ses moutons. Il est communément admis que 3 à 5% meurent de maladies infectieuses ou bactériennes (Fièvre catarrhale, Entérotoxémie, Listériose, etc.), sans compter les maladies handicapantes (piétin). Au bas mot, ce sont donc 15 000 morts annuels par maladie qui sont à comparer aux 10 ovins prédatés qui, eux, donnent lieu au battage médiatique usuel, manifestations d’éleveurs, communiqués de presse alarmistes, le tout appuyé ici par la DDTM. Ce n’est pas sérieux.

Une administration engagée dans une guerre anti-loup ?

Nous avons été frappés par le fait que cette administration, la DDTM, en charge des audits de protection des troupeaux, du conseil à la protection d’une façon générale, se soit à ce point lancée dans une guerre anti-loup, allant même jusqu’à tromper le tribunal avec des informations fausses. Un dernier exemple : pour appuyer le fait qu’il y aurait localement de nombreux loups, l’affirmation selon laquelle « il y a la présence de meutes à la frontière espagnole », qui, fort heureusement, a été corrigée suite à une question de Madame le juge sur le lieu précis : les Pyrénées-Orientales … .

Le registre émotionnel invité à l’audience

Ensuite vint le clou du spectacle, le sketch sur le registre émotionnel d’un éleveur bien connu dans notre région, dont le regretté Baudoin de Menten avait en son temps commenté les exactions. Tout d’abord, la litanie selon laquelle l’OFB fait mal son travail, il y aurait beaucoup plus de loups que ce que l’on dit (avec force détails d’amis bergers qui ont des photos), et les dommages sont sous-évalués dans un rapport de un à dix, rien que ça ! La crédibilité scientifique de l’OFB, associée dans ses articles au CNRS, n’y change rien, c’est nous les bergers qui connaissons la réalité du terrain.

Puis vint le clou du spectacle, repris par la presse locale « Ne nous laissez pas tomber, madame la présidente, laissez-nous ce moyen de protection (les tirs) », alors que les moyens de protection mis à disposition des éleveurs par l’Etat ne sont globalement que très peu utilisés sur les lieux des arrêtés ici disputés. S’ensuivit la traditionnelle mise en cause de l’une de nos associations avant que l’audience ne puisse arriver à son terme.

Dans l’attente de l’analyse juridique

Cette dernière scène a eu le mérite d’égayer Madame le juge, espérons que l’analyse des arguments légaux et réglementaires aura ensuite repris ses droits !

* : source IDELE

Le calvaire d’une jument : entre espoir de sauvetage et opacité judiciaire

Le calvaire d’une jument : entre espoir de sauvetage et opacité judiciaire

Depuis près d’un an, Animal Cross suit de près le calvaire d’une jument âgée de 25 ,ans, près de Pau. Malgré nos alertes répétées et un état de santé alarmant, la procédure de sauvetage a connu des rebondissements aussi soudains qu’inexplicables lors du week-end de la Pentecôte. 

Une situation d'urgence absolue

La jument, située initialement près de Pau, se trouve dans un état de cachexie particulièrement préoccupant.

Pour Animal Cross, cette situation n'est malheureusement pas une surprise : le 25 juin 2025, nous avions déjà pris en charge un premier cheval appartenant aux mêmes propriétaires, lequel présentait un état de maigreur extrême similaire.

Si ce dernier a pu être sauvé et a retrouvé une santé normale sous notre protection, l'avenir de sa compagne reste aujourd'hui incertain.

 

Chronologie des faits : le week-end où tout a basculé

La fin du mois de mai 2026 a été marquée par une accélération brutale des événements :

  • Vendredi 22 mai : Face à l'inertie des autorités (DDPP, police), Animal Cross multiplie les contacts. Grâce au soutien de plusieurs personnalités locales et de la Fondation Brigitte Bardot, le Procureur est saisi du dossier.
  • Samedi 23 mai : Une expertise vétérinaire est ordonnée par la justice. Suite à cela, le procureur délivre une ordonnance de saisie : la jument doit être retirée à ses détenteurs et confiée à Animal Cross.
  • Dimanche 24 mai (14h00) : Nos bénévoles, accompagnés de transporteurs spécialisés, se rendent sur place avec les forces de l’ordre pour l'exécution de la saisie. Coup de théâtre : la jument a disparu. Les propriétaires affirment qu'elle n'est plus sur les lieux.
  • Dimanche 24 mai (après-midi) : La jument est finalement localisée sur une autre propriété. La gendarmerie nous demande de nous y rendre pour 18h.
  • Dimanche 24 mai (18h20) : Un nouvel appel de la gendarmerie annule tout. En l'espace de vingt minutes, et malgré l'ordonnance initiale nommant Animal Cross, une nouvelle décision est prise : la jument ne nous est plus confiée.

Des interrogations légitimes et un placement opaque

Contre toute attente, l'animal n'a pas été placé dans une association de protection animale, mais dans une structure privée. Ce choix nous inquiète pour plusieurs raisons :

  1. Le manque d'indépendance : Des éléments suggèrent des liens de proximité entre les propriétaires de la jument et le gestionnaire de cette structure.
  2. Des antécédents préoccupants : Des témoignages font état de conditions de détention insatisfaisantes au sein de cette structure par le passé.
  3. L'opacité administrative et judiciaire : Comment une ordonnance nominative a-t-elle pu être modifiée un dimanche après-midi en quelques minutes ?

Notre action continue

Malgré un premier classement sans suite qui nous a révoltés, la mobilisation massive (plus de 300 000 vues sur nos réseaux sociaux) a porté ses fruits : la plainte a été relancée. Le propriétaire devait être entendu par la justice le lundi 25 mai.

Animal Cross a officiellement sollicité le Procureur de la République pour un réexamen complet du dossier. Nous demandons toute la lumière sur les raisons ayant conduit à l'abandon de l'ordonnance initiale et exigeons des garanties sur les conditions de détention actuelles de la jument.

Nous ne lâcherons rien. Cette jument, comme tous les animaux, mérite de finir ses jours dans la dignité.

Déposition d’une proposition de loi au Sénat pour lutter contre les maladies héréditaires chez les chiens et les chats

Déposition d’une proposition de loi au Sénat pour lutter contre les maladies héréditaires chez les chiens et les chats

Pau, le 26 mai 

Une proposition de loi visant à lutter contre les maladies héréditaires et les dérives de sélection chez les chiens et les chats a été déposée par sénateur Daniel Salmon d'Ille-et-Vilaine (Bretagne), groupe EELV,  afin de renforcer la protection du bien-être animal et d’encadrer plus strictement la reproduction des animaux de compagnie.

des souffrances largement documentées

Le texte part d’un constat simple : certaines pratiques de sélection ont conduit au développement de races exposées à des pathologies graves et prévisibles, générant des souffrances chroniques parfois incompatibles avec une vie normale, pour des centaines de milliers de chien. Difficultés respiratoires chez les races brachycéphales, dysplasies articulaires, maladies cardiaques, troubles neurologiques ou dermatologiques : ces atteintes ne relèvent plus de cas isolés mais de prédispositions largement documentées par la littérature scientifique et vétérinaire.
Une maltraitance génétique s’est institutionnalisée.

La situation actuelle, comptant sur la bonne volonté des acteurs des filières (éleveurs, clubs de race, Société centrale canine - SCC et Livre Officiel des Origines Félines - LOOF) est très insuffisante, certains éleveurs pratiquant des sélections responsables alors que d’autres s’en affranchissent. Ce texte traite en même temps des animaux de race et d’apparence pour éviter que les obligations pesant sur les races ne créent un développement des animaux d’apparence (chiens et chats issus des races mais sans être inscrits au livre généalogique), revendication principale de la SCC et du LOOF.
Il place le vétérinaire au cœur du système car lui seul peut déterminer si les chiens et chats sont à faible risque de maladie héréditaire, l’absence de risque n’existant pas. On peut estimer qu’au moins 600 000 chiens sont concernés (LOF et chiens d’apparence) et des dizaines de milliers de chats.

Les principales mesures de la proposition de loi :

La proposition de loi prévoit notamment :

  • l’interdiction de la commercialisation et de l’importation d’animaux de compagnie issus sélection génétique à risque
  •  l’interdiction de la reproduction de chiens et chats lorsque les croisements ne permettent pas de réduire au minimum les risques de souffrance liés aux maladies héréditaires ;
  • l’interdiction des races dans une impasse génétique ;
  • l’inscription sur le livre généalogique seulement des chiens et chats à risque minime de maladies héréditaires ;
  • la délivrance du certificat de cession vétérinaire, certificat existant déjà, uniquement pour les chiots et chatons issus d’un croisement minimisant les risques  de  maladies héréditaires;
  • l’obligation de faire figurer dans les annonces de cession les résultats des tests de dépistage ;
  • l’interdiction à terme de l’appellation chiens et chats “d’apparence”, les chiens et chats d’apparence  ne pouvant plus se revendiquer d’une race;
  • l’interdiction de la publicité pour des races à risque ;
  • la possibilité pour les associations de protection animale de recourir en justice contre les élevages pratiquant la maltraitance génétique.

L’adoption récente d’un règlement européen sur le bien‑être des chiens et des chats applicable à partir de 2030 demeure insuffisante, le texte ne couvrant pas pleinement les animaux d’apparence et ne prévoyant pas de modalités de contrôle adaptées. 

 

CONTACT 

 

Benoît Thomé

be****@**********ss.org

Maladies raciales d’origine génétique : Une 1ère en France, Animal Cross porte plainte contre l’État

Maladies raciales d’origine génétique : Une 1ère en France, Animal Cross porte plainte contre l’État

L’association Animal Cross dépose un recours contre L’État pour non-contrôle des maladies héréditaires dans deux élevages de chiens dans un contexte général de lacune généralisée de contrôle des élevages (une fois tous les 25 ans).

Identification des élevages à problèmes

L’association Animal Cross a passé en revue des centaines d’annonces de cession de chiots entre juin 2025 et janvier 2026 pour des races à problème de dysplasie de hanche (ex. berger australien, labrador, golden retriever, cane corso, dogue de Bordeaux, bouledogue continental), de coude (ex. chow chow), d’affections cardiaques (cavalier king charles, les annonces ne mentionnant pas l’échographie cardiaque), de maladies monogéniques (ex. welsh corgi, colley).

L’association a vérifié sur le site de la Société centrale canine Lof select si les chiens avaient été dépistés sur les maladies génétiques concernées et si le croisement minimisait le risque de problème de santé.

47 DDPP contactées : la probabilité pour un éleveur d’être contrôlé est une fois tous les 25 ans

Sur cette base, Animal Cross a envoyé un courrier à 47 Directions Départementales de la Protection des Populations dans toute la France  afin de savoir si les élevages ayant procédé à  des reproductions à risque avaient été contrôlés entre 2020 et 2025.

Le résultat est sans appel : 35 DDPP ont répondu (certaines après recours à la CADA),7 élevages ont été contrôlés en 5 ans, soit 20%, ou 4% par an.

En d’autres termes, même parmi les élevages à risque, la probabilité d’être contrôlé est une fois tous les 25 ans. De plus, sur les 7 élevages contrôlés, il n’est relevé aucune sélection génétique à risque.

Devant cet état de fait, l’association dépose un recours contre l’État pour carence fautive des services de l’État dans le contrôle de deux élevages canins.

Premier recours

Dans le premier cas, il s’agit d’un élevage de type grand chien. De 2023 à 2025, 9 reproductions ont été constatées pour des chiens (reproducteur 1/reproducteur 2) avec

  • Dysplasie du coude * (sévère/moyenne, deux fois, sévère/absente, deux fois, moyenne/absente, trois fois),
  • Dysplasie de hanche (sévère/absente, deux fois, moyenne/absente une fois)
  • Affections cardiaques et rénales (un reproducteur non testé 5 fois)

Au sein de cette race, les maladies cardiaques et rénales sont très préoccupantes et des causes importantes de la faible espérance de vie de 8 ans. Une femelle a reproduit 4 fois en 22 mois (le maximum est de 3 fois en 24 mois). 57 chiots sont nés de ces reproductions à risque.

Le club de race recommande de ne pas faire reproduire des chiens non dépistés, en particulier pour les maladies cardiaques ou rénales, ou deux reproducteurs ayant des dysplasies moyennes à sévères (HD-D ,ED-2, et plus). Les reproductions avec des chiens avec des dysplasies sévères (HD-E, ED-3) mettent aussi à risque la descendance.

Deuxième recours

Pour le deuxième cas, il s’agit d’un élevage de chien type retriever.

De 2023 à 2025, 5 reproductions ont été constatées pour des chiens avec dysplasie de hanche (reproducteur 1/reproducteur 2): dysplasie sévère/dysplasie moyenne (deux fois), dysplasie sévère/non testé, dysplasie moyenne/dysplasie légère (deux fois). 13 chiots en sont nés.

Le club de race recommande de ne pas faire reproduire des chiens avec dysplasie moyenne ou sévère (HD-D, HD-E) ou non testée.

Animal cross décide d'agir et porte plainte contre l'État pour non contrôle : une première en France

Les DDPP des deux départements ont répondu à Animal Cross que ces élevages n’ont pas été inspectés de 2020 à 2025.

L’association Animal Cross considère que la carence des  DDPP dans l’exécution de leurs missions constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l’État.

C’est la première fois en France qu’une association met en cause la responsabilité de l’État pour défaut de contrôle des maladies héréditaires.

Rappelons que « La sélection des animaux de compagnie sur des critères de nature à compromettre leur santé et leur bien-être ainsi que ceux de leurs descendants est interdite » (Code rural 214-23).
La loi rend très difficile le fait pour une association de porter plainte directement contre un élevage sur la base de cet article, d’où le choix de cette stratégie juridique indirecte.

* Rappel
  • Premier  élevage : dysplasie du coude: ED-3/ED-2, deux fois, ED-3/ED-0, deux fois, ED-2/ED-0, trois fois,de hanche : HD-E/HD-A, deux fois, HD-D/HD-A une fois
  • Deuxième élevage : HD-E/HD-C (deux fois), HD-E/non testé, HD-D/HD-C (deux fois). 13 chiots en sont nés.
  • HD dysplasie de hanche HD-C : léger, HD-D : modéré, HD-E : sévère. ED dysplasie du coude, 1 : léger, 2 : modéré, 3 : sévère)
  • HD-E/HD-C (deux fois), HD-E/non testé, HD-D/HD-C (deux fois). 13 chiots en sont nés.
  • Absente : pas de contrôle de la dysplasie
Émission Sur le Front : Une remise en cause des dépistages des maladies héréditaires au sein d’une race à faible espérance de vie

Émission Sur le Front : Une remise en cause des dépistages des maladies héréditaires au sein d’une race à faible espérance de vie

Animal Cross était interviewé sur le sujet des maladies génétiques, dans l'émission "Sur le Front" de Hugo Clément diffusée le Le 25 mai.

Dans le reportage une éleveuse de Dogues de Bordeaux remet en cause le bien-fondé des dépistages des maladies héréditaires chez cette race, dont l'espérance de vie est de moins de 8 ans, estimant en savoir plus en regardant ses chiens qu’en lisant des tests.

Voici des informations complémentaires pour vous permettre de vous faire une opinion.

Comment l’élevage a-t-il été identifié ?

L’élevage a été repéré par Animal Cross à partir des petites annonces des portées en vente. L’association a vérifié sur le site de la Société centrale Canine Lof select, si les chiens avaient été dépistés sur les maladies d’intérêt et si le croisement minimisait le risque de problème de santé. L’élevage a été contacté en amont du film pour vérifier certaines informations.

Quel est l’état de santé des reproducteurs de cet élevage ?

Les parents de la portée n’ont pas été testés pour les affections cardiaques et rénales.

Le père souffre de dysplasie sévère de la hanche, pas du coude (HD-E, ED-0).  Aucun des grands-parents, ou arrière-grands-parents ne sont testés car ils sont issus d’élevage d’Europe de l’Est.

Du côté de la mère, elle n’est pas testée pour les dysplasies.

3 des 6 parents et arrière-grands-parents sont testés. Sur 14 ascendants, 4 seulement sont testés dont 4 avec test de maladie : dysplasie sévère de la hanche ou HD-E (2 fois), dysplasie légère de la hanche ou HD-C(1 fois)  ou dysplasie sévère du coude ou ED-3 (1 fois).  11 ascendants sont sans test ou information.

Le père, et non la mère, a été testé pour la keratose plantaire.

Juste après notre visite la fiche du père a été enlevé du site Lofselect. Néanmoins, nous en avions réalisé une copie avant notre visite de l’élevage.

Quelle est la position du club de race ?

Le Club de race en France souligne l’importance de la détection et du fait d’enlever de la reproduction tout individu porteur d’une maladie cardiaque, de maladie rénale ou de kératose plantaire.

Les croisements avec des chiens non testés à la dysplasie ne sont pas non plus recommandés.

Source : site de la Société centrale canine.

https://www.centrale-canine.fr/sites/default/files/2023-11/18.01.01%20conseil%20%2B%20%20TGI.pdf

https://www.centrale-canine.fr/lofselect/articles/dogue-de-bordeaux-informations-sur-la-sante

Que peut-on dire de l’état des maladies héréditaires chez le dogue de Bordeaux ?

Au sein de la race du Dogue de Bordeaux, les maladies cardiaques et rénales sont particulièrement préoccupantes et constituent des causes majeures de la faible espérance de vie, estimée autour de 8 ans [1][2].

La sténose aortique sous-valvulaire (SAS) est la maladie cardiaque génétique la plus largement documentée chez le Dogue de Bordeaux [3][4].

Dans l’étude de cohorte française de Vachet (2018), les néphropathies représentaient 8,8 % des décès chez la race, tandis que les cardiopathies représentaient 13,2 % des causes de mortalité, se classant comme la deuxième cause de mortalité après le cancer (29,4 %) [1]. La durée moyenne de vie du panel était de 7,6 ans [1], faisant du Dogue de Bordeaux l’une des races canines à l’espérance de vie la plus courte.

Les chiens gravement atteints de SAS présentent une espérance de vie fortement réduite ; les formes sévères sont associées à une mortalité précoce et à un risque important de mort subite [3][4]. Aucun traitement n’a démontré de manière définitive une amélioration significative de l’espérance de vie ou de la qualité de vie dans les formes sévères de SAS, ce qui souligne le lourd impact de cette maladie pour les chiens et leurs propriétaires [3].

La kératodermie plantaire du Dogue de Bordeaux est une affection douloureuse à transmission autosomique récessive. Les chiens atteints développent un épaississement hyperkératosique sévère et des fissures des coussinets, apparaissant généralement entre 10 semaines et 1 an, provoquant boiteries, douleurs à la marche et infections secondaires [5].

Chez le Dogue de Bordeaux, la prévalence de la dysplasie de la hanche était d’environ 32 % en 2023 et 45 % en 2024 selon les statistiques publiées par la SCC [6]. Ces données sont sous-estimées car elles n’estiment que la dysplasie des hanches des chiens que les éleveurs ont bien voulu faire tester. Par comparaison, la dysplasie du coude est estimée à environ 20% par la SCC alors qu’une étude sur l’ensemble des chiens l’estime à 32% [3].

Le dogue de Bordeaux  est sur le podium des races les plus touchées en France pour la dysplasie de la hanche et du coude, sur plus de 300 races.

Sources

  1. Vachet, A. (2018). Étude de cohorte sur les causes de mortalité et l’espérance de vie du Dogue de Bordeaux en France. Étude citée dans les travaux vétérinaires français sur la race.
  2. PuppyLongevity. (s. d.). Dogue de Bordeaux lifespan and health statistics. PuppyLongevity. 
  3. Ohad, D. G., Avrahami, A., Waner, T., & David, L. (2013). The occurrence and suspected mode of inheritance of congenital subaortic stenosis and tricuspid valve dysplasia in Dogue de Bordeaux dogs. The Veterinary Journal, 197(2), 351-357. https://doi.org/10.1016/j.tvjl.2013.01.012
  4. Universities Federation for Animal Welfare (UFAW). (s. d.). Dogue de Bordeaux – Aortic stenosis. UFAW.  UFAW
  5. Murgiano, L., et al. (2016). A recessively inherited footpad hyperkeratosis associated with an FAM83G variant in the Dogue de Bordeaux. Canine Genetics and Epidemiology, 3(1).
  6. Société Centrale Canine (SCC). (2023–2024). Statistiques officielles de dépistage de la dysplasie de la hanche et du coude chez le Dogue de Bordeaux. SCC LOF Select / statistiques de santé raciale.
  7. Genevois, J. P., et al. (2008). Prevalence of elbow dysplasia according to official radiographic screening in France. Veterinary and Comparative Orthopaedics and Traumatology, 21(1), 21-24.

 

L’élevage a-t-il été contrôlé par la DDPP ?

DDPP : Direction Départementale de la Protection des Populations

À la demande d’Animal Cross, la DDPP a répondu que cet élevage n’avait pas été contrôlé de 2020 à 2025.

Consultation public : Plan de chasse dans le 64 pour la période 2026-2032

Consultation public : Plan de chasse dans le 64 pour la période 2026-2032

La consultation publique sur le Schéma Départemental de Gestion Cynégétique (SDGC) 2026-2032 des Pyrénées-Atlantiques est ouverte du 30 avril au 21 mai 2026.

Ce plan, qui définit les règles de chasse pour les six prochaines années, présente de graves lacunes concernant la préservation de la biodiversité, la santé publique et le partage de l'espace naturel.

Nous vous proposons de déposer un avis défavorable pour dénoncer un projet privilégiant les intérêts cynégétiques au détriment de l'intérêt général et de la protection de la faune sauvage.

La réponse proposée 👇​


ATTENTION, POUR QUE VOTRE AVIS SOIT PRIS EN COMPTE, NE REPRENEZ PAS LE TEXTE TEL QUEL

Objet : défavorable au Schéma départemental de gestion cynégétique du département 64

Le Schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC) organise les activités de chasse pour les six prochaines années pour les années 2026-2032 dans le département 64.

L’association Animal Cross, que je soutiens, dénonce le fait que ce schéma souffre de nombreuses faiblesses :

  • Il considère comme une évidence que  les espèces sur la liste des espèces chassables doivent nécessairement être chassées. Or, ce principe pose de nombreux problèmes :
  • La très grande majorité des espèces ne font pas de dégâts aux activités agricoles, forestières et aquacoles, et ne génère pas de risque pour la santé et la sécurité publique. Ainsi des animaux de montagne comme les isards (5000 tués chaque année), le mouflon (une quinzaine par an), la marmotte, ainsi des oiseaux limicoles, etc.
  • De très nombreuses espèces, environ 25,  sont en voie de conservation défavorable selon la liste rouge de l’UICN (perdrix rouges, perdrix grises, perdrix grises de montagne, lapin de garenne, tourterelle des bois…) mais seront quand même chassées dans le département 64. Les chasseurs, qui se présentent comme les plus grands écologistes de France, devraient les laisser en paix.
  • Certaines espèces, comme les faisans, ne peuvent être chassées que parce qu’elles sont élevées et relâchées pour la chasse. Incapables de survivre dans la nature, leurs jours sont comptés.  Aucune indication ne permet de comprendre l’impact des populations d’élevage sur les populations autochtones et la pollution génétique que ces lâchers peuvent engendrer. Il n’est fait aucune référence dans le texte aux autres animaux relâchés, comme les lapins, les canards, les perdrix…
  • Ce plan méconnaît le fait que le grand tétras et le lagopède alpin ne sont plus sur la liste des espèces chassables.

Ce plan fait l’impasse sur des questions majeures :

  • De santé publique liée à la consommation de venaison contaminée par le plomb, déconseillée aux femmes enceintes et aux enfants, et limitée à 3 fois/an pour les adultes (Anses 2018). Encourager la consommation de viande empoisonnée est criminel.
  • D’ordre public. La question de la sécurité à la chasse n’est pas envisagée sous l’angle du partage de la nature avec les autres usagers. Une revendication constante des usagers de la nature (sachant que les chasseurs représentent moins de 1,5% de la population) est de pouvoir se promener tranquillement. Nous demandons des dimanches et vacances scolaires sans chasse.
  • D’ordre juridique. Les chasses traditionnelles ont été annulées par plusieurs arrêts du Conseil d’État. Le SDGC n’en fait aucune mention.
  • D’ordre scientifique. Une étude récente du Museum national d’histoire naturelle (Jiguet et al, mars 2026) ne trouve pas de lien entre les prélèvements de 1 ,7 millions par an d’animaux des Espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (Esod) du groupe 2 et la baisse des dégâts agricole, le système d’indemnisation des dégâts coûtant 8 fois plus cher que les « dégâts » eux-mêmes.

À la fin, il est clair que ce document ne promeut que les intérêts des chasseurs et pas celui de la nature et de ses usagers. Que les services du préfet ne sont qu’une boîte aux lettres qui entérinent le texte des chasseurs sans protéger l’intérêt général.

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