Consultation publique – Jusqu’à 98 702 alouettes capturées au filet : stoppons le massacre d’une espèce menacée !

Consultation publique – Jusqu’à 98 702 alouettes capturées au filet : stoppons le massacre d’une espèce menacée !

Malgré le déclin de l’Alouette des champs, le gouvernement propose une nouvelle fois d’autoriser la capture de 98 702 oiseaux au moyen de pantes (grands filets horizontaux) dans le Sud-Ouest. Animal Cross dénonce le maintien de cette chasse traditionnelle et appelle à participer à la consultation publique ouverte jusqu’au 29 octobre 2026.

Une chasse traditionnelle qui continue à être autorisée malgré plusieurs années de contestation

Comme nous l’expliquions dans notre article d’octobre 2024, le Conseil d’État avait annulé plusieurs arrêtés autorisant la capture d’alouettes aux pantes et aux matoles, notamment en raison du manque de sélectivité de ces méthodes : les dispositifs pouvaient capturer d’autres espèces et les oiseaux relâchés risquaient de subir des séquelles.

Pourtant, le gouvernement s’est appuyé sur des expérimentations destinées à démontrer la sélectivité de ces pièges, sans contre-expertise scientifique, pour adopter de nouveaux arrêtés en août 2025, dont nous avions déjà dénoncé le contenu.

Le 2 octobre 2026, le Conseil d’État a rejeté les recours de One Voice et de la LPO, validant ainsi les arrêtés de 2025 réautorisant la chasse aux alouettes aux pantes (filets). Si la directive européenne « Oiseaux » interdit en principe la capture d’oiseaux au moyen de filets, elle prévoit des dérogations. Le Conseil d’État a estimé que les conditions étaient réunies : sélectivité des captures, prélèvements en petites quantités et absence d’autre solution satisfaisante.

Le gouvernement propose donc une nouvelle fois de reconduire un quota de 98 702 alouettes pour la saison 2026-2027, dans quatre départements du Sud-Ouest (Gironde, Landes, Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques au moyen de pantes (filets horizontaux rabattus au sol).

Pour la saison 2026-2027, les plafonds de capture autorisés s’élèvent à :

  • Landes : 56 672 alouettes
  • Gironde : 38 600 alouettes
  • Pyrénées-Atlantiques : 2 200 alouettes
  • Lot-et-Garonne : 1 230 alouettes

Soit un total massif de 98 702 alouettes des champs vouées à être piégées

Pour Animal Cross, cette succession d’annulations, d’expérimentations et de nouvelles autorisations illustre une volonté persistante de préserver les traditions cynégétiques, alors que les efforts devraient se concentrer sur la protection d’une espèce en déclin.

Chaque voix compte : participez à la consultation publique !

La consultation publique organisée par le ministère de la Transition écologique est ouverte du 9 au 29 octobre 2026.

Exemple d’argumentaire à utiliser pour votre réponse

Important : Pour que votre contribution soit validée et prise en compte individuellement, ne copiez-collez pas mot pour mot l’exemple ci-dessous. Inspirez-vous de l’argumentaire proposé pour rédiger votre propre message avec vos propres mots.

Avis défavorable au projet d’arrêté relatif au quota de capture d’alouettes des champs par pantes

1. Un état de conservation alarmant

Lors de la réactualisation en 2016 de la Liste rouge UICN des oiseaux de France métropolitaine, le statut de l’Alouette des champs s’est dégradé, passant de « Préoccupation mineure » à « Quasi menacée » (NT). Elle a perdu plus de 20 % de ses effectifs entre 2001 et 2014, et 35 % de ses effectifs reproducteurs entre 2001 et 2016 selon les suivis du CNRS et du MNHN. En plus de la diminution de sa population, sa conservation est également fragilisée par l’intensification agricole et l’usage des pesticides. Ajouter un prélèvement massif de 98 702 individus sur une population en déclin est donc irresponsable : l’espèce ne doit plus être chassée, mais protégée.

2. Une méthode de capture cruelle et controversée

Le piégeage par pantes (filets horizontaux) est une méthode cruelle qui engendre un stress aigu et un risque de mort par épuisement ou par peur. Il présente également des risques de captures accidentelles d’espèces non ciblées ou protégées. La directive européenne « Oiseaux » (article 8 et annexe IV) interdit d’ailleurs en principe la capture des oiseaux au moyen de filets. Si des dérogations existent, elles ne devraient pas servir à maintenir des pratiques aussi controversées. Alors que l’Alouette des champs est en déclin, le gouvernement choisit de recourir à ces dérogations plutôt que de privilégier la prudence et la protection de l’espèce. Autoriser la capture de 98 702 oiseaux va à l’encontre de cette précaution nécessaire.

3. La tradition ne devrait pas justifier le massacre d’une espèce menacée

L’invocation de coutumes ou de pratiques régionales ne devrait pas servir de prétexte pour autoriser le piégeage massif d’une espèce en déclin.
Je demande le retrait pur et simple de ce projet d’arrêté.

Pic automnal des collisions routières avec la faune : quels sont les facteurs ?

Pic automnal des collisions routières avec la faune : quels sont les facteurs ?

L’arrivée de l’automne ne marque pas seulement le retour des couleurs dans nos forêts : c’est aussi une période particulièrement meurtrière sur les routes pour la faune sauvage.
À cette saison, les collisions augmentent pour plusieurs espèces. La dispersion des jeunes explique une partie de ce phénomène. Mais elle coïncide aussi avec la reprise de la chasse et des battues, qui provoquent d’importants mouvements de fuite. Alors que la chasse est régulièrement présentée comme un moyen de limiter les collisions, les données nous montrent l’inverse.

Des collisions qui augmentent en automne

Une étude menée entre 2014 et 2019 par l’UMS PatriNat et la Directions Interdépartementales des Routes Ouest (DIR), a permis de collecter 27 945 données de collisions toutes espèces confondues sur 6 ans. Ces données, qui couvrent principalement la Bretagne ainsi qu’une partie des Pays de la Loire,  ont permis de mettre en lumière une saisonnalité très marquée des collisions entre véhicules et faune sauvage. Si certaines espèces connaissent des pics au printemps lors du rut ou des déplacements de reproduction, l’automne enregistre une envolée globale des signalements d’animaux tués sur les routes.[1]

L’automne cumule deux déclencheurs majeurs de mouvements incontrôlés : la pression cynégétique et l’émancipation des jeunes.

Les scientifiques et les gestionnaires de voirie s’accordent à souligner qu’une part essentielle de ce pic automnal découle de la reprise des activités cynégétiques associée à l’inexpérience des jeunes en dispersion, provoquant ainsi une hausse avérée et inopinée des traversées de routes.[1][2][3][4]

Sanglier sauvage se déplaçant au bord d'une route

Sanglier au bord d’une route — photo d’illustration. Photo : Rameshs041 /
Wikimedia Commons —
CC BY-SA 4.0.

Lors de la chasse, les animaux fuient et sont poussés vers les routes

Chez le Sanglier, le nombre de collisions enregistrées s’effondre au printemps, pour exploser littéralement en automne et en hiver. Ce chiffre est ainsi multiplié par 7 à 10 dès le lancement des battues automnales, lorsque les animaux pourchassés débouchent en panique sur la chaussée.[1]

Pour comprendre l’origine de ces accidents, il faut se tourner vers la science du déplacement animal. Les modèles mécanistes développés par les chercheurs en écologie des routes démontrent de façon formelle que la vitesse, la fréquence et la trajectoire des déplacements des animaux constituent le facteur déterminant majeur du risque de collision.[3]
Plus un animal se déplace vite, de façon rectiligne et sur de longues distances, plus sa probabilité de croiser la trajectoire d’un véhicule augmente.[3]

Or, la chasse engendre justement ce type de déplacements. Les battues très bruyantes, les aboiements des meutes de chiens traquant le gibier et les détonations répétées de gros calibres plongent la faune sauvage dans un état de terreur et de stress extrême et provoquent des réactions de fuite. Des suivis télémétriques par GPS révèlent que lors d’une battue, près de 68 % des animaux s’enfuient immédiatement en franchissant les lignes de tir à grande vitesse et selon des trajectoires tendues.[4]
La fréquence et le nombre des coups de feu augmentent directement la distance parcourue par les animaux en fuite.[4]

Même les individus qui tentent d’abord de se tapisser dans la végétation finissent par s’enfuir dès le départ des chasseurs, effectuant des déplacements nets jusqu’à quatre fois supérieurs à leurs mouvements normaux.[4]
Chassés de leur domaine habituel, les animaux s’éloignent de plusieurs kilomètres et peuvent mettre plusieurs jours avant de revenir à leurs habitats[4]. Ils reportent également l’essentiel de leur activité durant la nuit pour échapper au dérangement diurne.[5]

Traqués par les chiens qui les poursuivent parfois jusque sur la route, les animaux affolés franchissent les infrastructures routières en catastrophe, incapables de percevoir le danger des véhicules, provoquant ainsi des suraccidents dramatiques.

Jeune chevreuil victime d'une collision routière
Jeune chevreuil victime d’une collision routière — Photo : Thomas Kohler /
Wikimedia Commons —
CC BY 2.0.

En septembre 2024, à Senlis, un cerf poursuivi par un équipage de chasse à courre a quitté la forêt de Pontarmé, franchi la RD1017 puis rejoint la ville. Haletant, l’animal a finalement trouvé refuge près de la gendarmerie avant de pouvoir regagner la forêt.[6]

Un autre exemple, en décembre 2025 à Saint-Maur dans l’Indre, montre également jusqu’où peut conduire une action de chasse. Un sanglier blessé s’était échappé avant d’être retrouvé au bord d’une route départementale, à quelques mètres des automobilistes. Un chasseur l’a alors abattu depuis le bord de la route. Une enquête judiciaire pour mise en danger d’autrui a été ouverte.[7]

« Réguler » les animaux pour sécuriser les routes ? Le faux alibi cynégétique

Les fédérations de chasse présentent régulièrement la régulation de la faune comme indispensable à la prévention des collisions routières. Pourtant, la chasse peut elle-même accroître le risque d’accident en poussant des animaux affolés vers les routes.[8][9][10][11]

Le 4 février 2026 à Viviers, en Ardèche, une voiture a percuté un sanglier qui venait de surgir d’un champ alors qu’une battue se déroulait à proximité. L’automobiliste n’a pas pu éviter l’animal.[11]

La chasse prétend donc prévenir des collisions qu’elle contribue aussi à provoquer.

La dispersion des jeunes : un facteur aggravant en automne

À ce dérangement massif causé par les chasseurs s’ajoute un facteur biologique naturel propre à la saison : la dispersion natale des jeunes individus. Nés au printemps précédent, de nombreux jeunes mammifères (renards, blaireaux, hérissons) et oiseaux atteignent leur émancipation entre la fin de l’été et l’automne.[1][12]

Chez le Renard roux, alors que le printemps compte parmi les périodes les plus calmes, l’automne subit également une forte augmentation en octobre. Ce pic correspond précisément à la phase de dispersion des juvéniles et sub-adultes (septembre-novembre) combinée au dérangement par la chasse.[1][12]

Chez les rapaces nocturnes comme la chouette chevêche ou la chouette effraie, les adultes chassent agressivement les jeunes de leur territoire d’origine entre août et novembre afin de réserver les ressources alimentaires pour l’hiver. Les collisions avec les véhicules restent modérées à la fin du printemps, mais s’envolent en automne avec la dispersion des jeunes.[1]
Pour la Chouette effraie, 72 % à 84 % de la mortalité routière annuelle se concentre durant la mauvaise saison : lorsque la dispersion des jeunes inexpérimentés coïncide avec le coucher du soleil et les heures de pointe du trafic routier (17h-20h).[2]

Tous ces jeunes animaux encore inexpérimentés partent à la recherche de leur propre domaine vital, explorant des territoires qu’ils ne connaissent pas encore et traversant parfois des routes qui leur sont totalement inconnues et dont ils ignorent le danger.[13]

Chevêche d'Athéna posée dans son milieu naturel
Chevêche d’Athéna (Athene noctua) — photo d’illustration. Photo : Hobbyfotowiki /
Wikimedia Commons —
CC0 1.0.

Cette inexpérience, associée à une baisse de vigilance durant la recherche de nourriture, les rend extrêmement vulnérables. De plus, en automne, l’allongement de la nuit fait coïncider les pics d’activité de la faune avec les heures de pointe du trafic routier en fin de crépuscule. C’est ainsi que 72 % à 84 % de la mortalité routière annuelle de certaines espèces d’oiseaux nocturnes se concentre durant la mauvaise saison.[2][12]

Lorsque ces jeunes animaux inexpérimentés, déjà fragilisés par leur quête de territoire, se retrouvent soudainement traqués et effrayés par les chiens et les coups de fusil des chasseurs, le risque de collision devient maximal.[1]

Un panneau à regarder autrement

À l’automne, redoublons de vigilance, surtout à l’aube, au crépuscule et la nuit, lorsque les animaux sont les plus susceptibles de traverser les routes.

Ce fameux panneau de signalisation, regardons-le différemment.

Panneau A15b signalant le passage d'animaux sauvages sur une route française

Panneau A15b avertissant du passage d’animaux sauvages sur la RD 98 à Ronno (Rhône) —
Wikimedia Commons.

 

À force de passer devant, nous finissons par oublier sa signification. Ce panneau nous rappelle pourtant que nous entrons dans une zone où des animaux sont susceptibles de traverser. Et pas seulement des cerfs, comme le suggère le pictogramme, mais toute la faune, petite et grande : chevreuils, sangliers, renards, blaireaux, hérissons, martres, crapauds et bien d’autres encore.

Nous traversons leur territoire et pas l’inverse.
Alors pensons à eux et soyons vigilants.

Vous êtes témoin d’une collision avec un animal ?

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Consulter le guide pratique

Sources et références

[1] Lucille Billon & Nathalie de Lacoste (2020). Bilan de la mise en œuvre du protocole Collisions en DIR Ouest. Analyse des données récoltées de 2014 à 2019. UMS 2006 Patrimoine naturel (OFB, CNRS, MNHN), 112 p.
Consulter le rapport.
[2] Romain Sordello, MNHN-SPN, mars 2012, mise à jour décembre 2013 – La Chouette chevêche Athene noctua, synthèse bibliographique.
Consulter la synthèse.
[3] Annaëlle Benard (2023). Thèse de doctorat : Road ecology: toward a predictive model of wildlife-vehicle collisions. Page 5 et 34 et de 53 à 57
Consulter la thèse.
[4] Chassagneux A., Calenge C., Marchand P., Richard E., Guillaumat E., Baubet E. & Saïd S. — 2020 — Should I stay or should I go? Determinants of immediate and delayed movement responses of female red deer (Cervus elaphus) to drive hunts. PLOS ONE 15(3): e0228865.
Consulter l’étude.
[5] Gaynor, K. M., Hojnowski, C. E., Carter, N. H., & Brashares, J. S. (2018). The influence of human disturbance on wildlife nocturnality. Science, 360(6394), 1232–1235
Consulter l’étude.
[6] Florent Heib, Le Parisien – 29 septembre 2024 – Un cerf traqué par un équipage de chasse à courre trouve refuge devant la gendarmerie de Senlis.
Lire l’article.
[7] Le Parisien – 10 décembre 2025 – VIDÉO. Depuis la route, un chasseur tire sur un sanglier devant des automobilistes sous le choc.
Lire l’article.
[8] Fédération nationale des chasseurs – Foire aux questions : gestion des espèces.
Consulter la source.
[9] Guillaume Béars, La Dépêche du Midi – 14 mai 2026 – Sangliers à Villeneuve-sur-Lot : « Il n’y a pas de situation hors de contrôle » assurent les chasseurs, qui tirent le bilan des battues administratives.
Lire l’article.
[10] Fédération nationale des chasseurs – 2023 – Un nouveau spot TV qui montre les actions positives de la chasse pour la société.
Consulter la source.
[11] Le Dauphiné Libéré – 4 février 2026 – Une voiture percute un sanglier, surgi d’un champ lors d’une battue à Viviers.
Lire l’article.
[12] Fagart S., Heurtebise C., Quaintenne G., Jourde P. & Micol T. (2016). Fréquentation de buses dédiées aux passages de la petite et moyenne faune sous deux autoroutes de l’ouest de la France. Bilan des deux premières années de suivis par pièges photographiques. Revue d’Écologie, 71(1), pp. 82-98.
Consulter l’étude.
[13] Cargnelutti B., Debeffe L., Morellet N. Contributions des GPS et du SIG pour l’étude du comportement animal : illustration avec l’étude de la dispersion natale du jeune chevreuil en agro-écosystème.
Cahier des Techniques de l’INRA, 2014, N° Spécial: GPS&SIG, pp.159-165. ⟨hal-04695994⟩
Consulter l’étude.

Crédits photographiques

Sanglier au bord d’une route : Rameshs041 — Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0.
Jeune chevreuil victime d’une collision routière : Thomas Kohler — Wikimedia Commons — CC BY 2.0.
Chevêche d’Athéna : Hobbyfotowiki — Wikimedia Commons — CC0 1.0.

Le loup s’installe dans le Rhône : plutôt que de l’exclure, préparons la cohabitation

Le loup s’installe dans le Rhône : plutôt que de l’exclure, préparons la cohabitation

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
16/09/2026 à Lyon

Le loup s’installe dans le Rhône : plutôt que de l’exclure, préparons la cohabitation

L’installation du loup est désormais confirmée dans le département du Rhône. L’observation de louveteaux dans le massif du Pilat atteste de la reproduction de l’espèce et de la constitution d’une première meute sur le territoire. Alors que les attaques sur les troupeaux se multiplient et que le préfet du Rhône vient d’autoriser la mobilisation des lieutenants de louveterie pour des tirs de défense, nos associations appellent à regarder cette situation avec lucidité : le loup est en train de recoloniser progressivement tout le territoire français !

Cette installation départementale est une bonne nouvelle pour la biodiversité et la santé de notre environnement. Plutôt que de chercher à repousser indéfiniment cette dynamique, nous devons concentrer nos efforts sur les conditions d’une cohabitation durable.

Les tirs létaux ne sont pas une solution à long terme

Des tirs létaux visant une nouvelle et première meute en installation dans le Pilat tendraient davantage à son éradication qu’à sa gestion. Clôtures électriques adaptées, chiens de protection, présence humaine, programmes de terrains sur la base du bénévolat, ont fait leurs preuves depuis de nombreuses années. Grâce à la volonté des éleveurs de protéger leurs troupeaux en bénéficiant des appuis techniques et financiers mis à disposition dans le cadre du Plan national d’actions sur le loup et les activités d’élevage 2024-2029 (PNA), les dommages, quand ils ne sont pas stoppés, sont largement contenus.

Enfin, nos associations préconisent, quand il est nécessaire, le tir d’effarouchement déjà prévu dans le protocole de gradation des moyens de protection des troupeaux dans le cadre du PNA.

De plus, nos associations rappellent que les grands prédateurs jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes, notamment par leur contribution à la régulation des ongulés.

Repousser le loup aujourd’hui, c’est retarder une évolution nécessaire

Nous entendons et comprenons la détresse des éleveurs confrontés aux attaques et refusons d’opposer protection du loup et défense de l’élevage. Pour nos associations, la priorité doit être donnée à la prévention des attaques, à la protection des troupeaux et à l’adaptation des pratiques pastorales.

Nos associations souhaitent prendre part à cette réflexion collective aux côtés des éleveurs, des collectivités, des services de l’État et des autres acteurs concernés.

Contact presse

ASPAS : Thierry RUF – 06 10 27 44 23
FNE Loire : André ULMER, Référent Loup – andre.ulmer@free.fr
FNE Rhône : Salomé BOURG, Directrice opérationnelle – 06 25 24 16 90
LPO AuRA : Patrice FRANCO, Directeur territorial Rhône et Métropole de Lyon – 06 89 78 70 19

Grand Tétras et Lagopède alpin enfin protégés : la liste des espèces chassables doit continuer à évoluer

Grand Tétras et Lagopède alpin enfin protégés : la liste des espèces chassables doit continuer à évoluer

À l’heure où s’ouvre une nouvelle saison de chasse, une bonne nouvelle mérite d’être saluée. Depuis le 9 septembre 2026, le Grand Tétras et le Lagopède alpin ne sont plus des espèces chassables en France : deux arrêtés publiés au Journal officiel le 8 septembre 2026 les inscrivent désormais parmi les oiseaux protégés !

Deux oiseaux de montagne enfin protégés

Les arrêtés publiés au Journal officiel le 8 septembre 2026 changent le statut du Grand Tétras (Tetrao urogallus) et du Lagopède alpin (Lagopus muta) : les deux oiseaux sont désormais inscrits à la liste nationale des espèces protégées et retirés de la liste des espèces pouvant être chassées en France.
Une victoire essentielle pour ces oiseaux dont l’état de conservation est jugé défavorable.[1][2]

Cette décision est l’aboutissement de plusieurs années de mobilisations associatives, de recours juridiques et d’alertes sur la dégradation de leurs populations.

Grand Tétras mâle photographié dans la Réserve d'Orlu dans les Pyrénées
Grand Tétras mâle dans la Réserve d’Orlu. Photo : Réserve d’Orlu / Pierre Guiton —
Wikimedia Commons —
CC BY-SA 4.0.

En 2022, le Conseil d’État avait déjà imposé la suspension de la chasse du Grand Tétras pour cinq ans, en raison de son mauvais état de conservation.[3] Pourtant, malgré cette décision, le Grand Tétras est resté inscrit pendant quatre années supplémentaires sur la liste des espèces chassables.[5]

Une suspension des prélèvements ne fait donc pas automatiquement disparaître une espèce de la liste des espèces chassables.

En mars 2026, il a également ordonné la suspension de la chasse du Lagopède alpin, estimant que les données scientifiques ne permettaient plus de la considérer comme compatible avec sa conservation.[4]

En avril 2026, le Gouvernement a proposé d’aller plus loin en classant définitivement les deux oiseaux parmi les espèces protégées. Le projet concernant le Grand Tétras a notamment été examiné par le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage le 18 avril 2026 qui a rendu un avis défavorable.[5] Les consultations publiques organisées cet été ont recueilli une majorité d’avis favorable. [6]

La décision de septembre transforme donc des interdictions temporaires (moratoires) en une protection durable essentielle pour ces deux oiseaux.

Un moratoire ne fait que suspendre la chasse pour quelques années, tandis que le classement comme espèce protégée retire durablement l’animal de la liste des espèces pouvant être chassées.[1][2]
Lagopède alpin dans un milieu rocheux de haute montagne
Lagopède alpin dans l’Oberland bernois, Suisse — photo d’illustration. Photo : Chme82 —
Wikimedia Commons —
CC BY-SA 4.0.

Cette avancée est d’autant plus importante que leur situation reste fragile : le Grand Tétras est classé « Vulnérable » sur la Liste rouge nationale et le Lagopède alpin «Quasi menacé».[7]

Leur protection marque donc une victoire clé, mais elle montre aussi combien il peut être long de faire évoluer le statut juridique d’une espèce dont l’état de conservation s’est dégradé.

Une liste des espèces chassables héritée de 1987

En France, la réglementation repose sur l’arrêté du 26 juin 1987 fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée. Il répartit les espèces entre gibier sédentaire, gibier d’eau et oiseaux de passage.[9]

Si le texte a connu quelques ajustements ponctuels, comme le Mouflon de Corse qui en a été retiré et protégé en 2019[10], il reste un texte datant de 39 ans qui ne prévoit aucune révision régulière de l’ensemble de la liste fondée sur l’évolution de l’état de conservation de chaque espèce.[9]

Le droit européen impose pourtant un cadre strict. Comme l’a rappelé le Conseil d’État dans l’affaire du Grand Tétras, la chasse d’un oiseau dont l’état de conservation est défavorable doit être suspendue si les données scientifiques ne garantissent pas le maintien de sa population.[3]

Ainsi, si le droit permet de suspendre les prélèvements lorsque la situation l’exige, cette interdiction temporaire ne provoque pas automatiquement le retrait de l’espèce de la liste nationale du gibier chassable.

Être sur la Liste rouge ne protège pas juridiquement une espèce

La Liste rouge de l’UICN est un outil scientifique d’évaluation du risque de disparition, mais n’a aucune portée réglementaire. Une espèce peut donc être considérée comme « vulnérable », « en danger » ou « quasi menacée » tout en restant légalement chassable.[7]

Pour Animal Cross, aucune espèce menacée ou quasi menacée sur la Liste rouge nationale ne devrait figurer parmi les espèces chassables.[8]

Les populations animales et leurs habitats évoluent rapidement sous l’impact du changement climatique, de l’artificialisation des sols, des pollutions, du dérangement, de la pression de la chasse ou d’autres mortalités. Ces facteurs peuvent profondément modifier leur état de conservation en quelques décennies.

Notre demande : faire évoluer la liste avec l’état réel des espèces

Nous demandons une révision périodique, transparente et scientifique de la liste des espèces chassables, fondée sur les données scientifiques disponibles : état de conservation, évolution des populations, capacité de reproduction et ensemble des pressions subies.

La protection du Grand Tétras et du Lagopède alpin montre que le droit peut évoluer. Il ne devrait pas être nécessaire d’attendre qu’une population soit déjà extrêmement fragilisée, ou que les associations multiplient les procédures, pour adapter la réglementation à la réalité de l’état de conservation.

Cette avancée doit maintenant servir de précédent. Soutenons et partageons cette demande : l’état de conservation des espèces doit devenir un critère central de la détermination des espèces pouvant encore être chassées en France.

Sources et références

[1] Ministère de la Transition écologique et ministère de l’Agriculture — Arrêté du 3 septembre 2026 modifiant l’arrêté du 29 octobre 2009 et inscrivant le Grand Tétras parmi les oiseaux protégés, JORF du 8 septembre 2026.
Consulter sur Légifrance.
[2] Ministère de la Transition écologique et ministère de l’Agriculture — Arrêté du 12 août 2026 inscrivant le Lagopède alpin parmi les oiseaux protégés, JORF du 8 septembre 2026.
Consulter sur Légifrance.
[3] Conseil d’État — Décision n°453232 du 1er juin 2022 relative à la suspension de la chasse du Grand Tétras.
Consulter la décision.
[4] Conseil d’État — Décision n°497460 du 2 mars 2026 relative à la suspension de la chasse du Lagopède alpin.
Consulter sur Légifrance.
[5] Ministère de la Transition écologique — Consultation publique 2026 sur le classement du Grand Tétras parmi les espèces protégées.
Consulter le dossier.
[6] Animal Cross — 16 juillet 2026 — « Consultation publique : protégeons enfin le Lagopède alpin ».
Lire l’appel à mobilisation.
[7] UICN France, MNHN, LPO, SEOF et ONCFS — 2016 — La Liste rouge des espèces menacées en France : Oiseaux de France métropolitaine. Grand Tétras : VU ; Lagopède alpin : NT.
Consulter la Liste rouge.
[8] Animal Cross – 2024 – Article 0, chapitre « Espèces chassables : la France, cancre de l’Europe ».
Découvrir Article 0.
[9] Arrêté du 26 juin 1987 fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée, version en vigueur depuis le 9 septembre 2026.
Consulter sur Légifrance.
[10] Arrêté du 1er mars 2019 relatif au statut du Mouflon de Corse en collectivité de Corse.
Consulter sur Légifrance.

Crédits photographiques
Grand Tétras : Reserve Orlu / Pierre Guiton — Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0.
Lagopède alpin : Chme82 — Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 — photographie prise dans l’Oberland bernois, Suisse.

Après les incendies, les animaux et la forêt ont surtout besoin de temps.

Après les incendies, les animaux et la forêt ont surtout besoin de temps.


Plus de 115 000 hectares avaient déjà été parcourus par les incendies en France à la fin juillet 2026. Derrière les paysages calcinés, une autre catastrophe est beaucoup plus difficile à mesurer : celle vécue par les animaux sauvages. Certains meurent pendant le feu, d’autres sont blessés ou intoxiqués. Pour les survivants commence ensuite une seconde épreuve : retrouver de la nourriture, un abri, un territoire et parfois un partenaire dans un milieu profondément bouleversé. Après un incendie, la priorité ne doit donc pas être de « remettre la forêt en ordre » au plus vite, mais de protéger les survivants et de laisser au vivant le temps de reconstruire ses propres équilibres.
[1]

Incendie de forêt à Trévillach dans les Pyrénées-Orientales en juillet 2026
Incendie à Trévillach (Pyrénées-Orientales), 4 juillet 2026.
Photo : Frenchbluesman /
Wikimedia Commons —
CC BY 4.0.

Survivre aux flammes n’est que le début

Tous les animaux ne réagissent pas de la même façon au feu. Les oiseaux et les grands mammifères peuvent parfois s’éloigner rapidement. Les jeunes animaux, les petits mammifères, les reptiles, les amphibiens et de nombreux invertébrés disposent de possibilités de fuite beaucoup plus limitées. Certains trouvent refuge sous terre, sous des pierres ou dans des secteurs épargnés ; d’autres meurent sous l’effet des flammes, de la chaleur ou des fumées.

Mais compter les animaux retrouvés morts après l’incendie ne suffit pas à mesurer son impact.

Après le feu du Cap Lardier, dans le Parc national de Port-Cros, qui avait parcouru plus de 500 hectares en juillet 2017, l’Agence française pour la biodiversité et le CEFE ont ainsi mis en place un suivi de la reconquête de la faune et de la flore. Tortue d’Hermann, fourmis, orthoptères et végétation ont notamment été étudiés. L’enjeu était précisément de comprendre comment les populations se maintiennent et recolonisent progressivement le territoire après cette perturbation.
[2]

L’expérience récente de Fontainebleau apporte un autre enseignement. L’absence d’arrivée massive d’animaux brûlés dans les centres de soins ne signifie pas que la faune a été épargnée. Les animaux capables de fuir ont pu rejoindre d’autres secteurs ; d’autres sont probablement morts sur place.[3]

Pour les survivants, les difficultés commencent alors : perte du couvert végétal, raréfaction des ressources alimentaires, disparition de sites de repos ou de reproduction, déplacements forcés et concentration dans les secteurs restés intacts.

Les effets ne disparaissent donc pas avec les dernières fumées. Sols, végétation et communautés animales peuvent suivre des trajectoires de récupération très différentes, qui s’étendent de quelques mois à plusieurs décennies.

Chevreuil dans un milieu naturel en France
Chevreuil photographié en France — photo d’illustration. Après un incendie, les animaux survivants peuvent être contraints de rejoindre les secteurs épargnés pour retrouver couvert, nourriture et sites de reproduction.
Photo : Deus auxius /
Wikimedia Commons —
CC BY-SA 4.0.

Une forêt brûlée n’est pas une forêt morte

Face à des arbres noircis, notre réflexe est souvent de vouloir nettoyer, couper puis replanter. Pourtant, une forêt n’est pas un bâtiment détruit qu’il faudrait reconstruire à l’identique.

Le feu modifie brutalement l’écosystème mais ne remet pas nécessairement tous ses processus à zéro. Des arbres survivent, des graines demeurent dans le sol, certaines plantes rejettent depuis leurs racines ou leurs souches. Des insectes, oiseaux et mammifères reviennent progressivement. Les arbres morts et le bois brûlé deviennent eux-mêmes des habitats et participent au fonctionnement du sol.

Au Cap Lardier, l’approche choisie repose ainsi largement sur la régénération naturelle, accompagnée lorsque cela est nécessaire de plantations d’essences locales diversifiées. L’OFB a notamment observé la reprise de la végétation et la réinstallation progressive d’espèces.[5]

Cette approche rejoint la libre évolution défendue par Animal Cross : avant d’intervenir, observer ce que le milieu est encore capable de faire par lui-même.

Le bois mort ne peut pas être réduit à un simple combustible. Lorsqu’il est gros et suffisamment décomposé, il peut retenir beaucoup d’eau. Il contribue aussi à la fertilité des sols, constitue un support de régénération et offre des habitats à une multitude d’organismes.[13]

Cette réalité doit néanmoins être présentée avec nuance. Le petit bois mort sec peut favoriser la propagation des flammes et, lors de sécheresses extrêmes associées à du vent et à des températures élevées, aucune forêt n’est à l’abri. L’UICN et la Société botanique de France indiquent cependant que des forêts anciennes ou en libre évolution peuvent présenter une structure complexe, plusieurs strates et un niveau d’humidité susceptibles de réduire leur vulnérabilité dans certaines conditions.[14]

Libre évolution ne signifie donc ni que le feu devient impossible, ni qu’aucune intervention humaine ne sera jamais nécessaire. Elle signifie que l’intervention ne doit pas être automatique.

Les animaux participent eux-mêmes à la renaissance de la forêt

Après un incendie, on parle beaucoup des arbres et beaucoup moins des animaux. Pourtant, ceux-ci ne sont pas seulement les victimes de la catastrophe : ils participent aussi à la reconstruction du milieu.

Le geai des chênes transporte et enfouit des glands, parfois loin de l’arbre qui les a produits. Une partie de ces réserves oubliées germe et contribue à la dispersion des chênes. Le sanglier, en fouillant le sol, déplace graines et matière organique ; il peut aussi transporter des graines dans ses soies. D’autres animaux pollinisent, dispersent des fruits, recyclent les cadavres ou contrôlent certaines populations.

Cette conception est centrale pour Animal Cross. Un animal sauvage n’est pas seulement un individu qu’il faut préserver parce qu’il peut souffrir : il possède également une place et des relations propres au sein de l’écosystème.[7]

Supprimer des animaux au moment même où le milieu tente de retrouver ses dynamiques revient donc à retirer certains de ses acteurs lorsque leur rôle peut devenir particulièrement important.

Geai des chênes perché sur une branche dans le Finistère
Le geai des chênes joue un rôle majeur dans la dispersion des glands et la régénération naturelle des chênaies.
Photo : Van Der Meulen Christofle /
Wikimedia Commons —
CC BY 4.0.

Les secteurs épargnés deviennent essentiels : pourquoi y ajouter la chasse ?

Après l’incendie, les animaux mobiles se reportent vers les vallons, bosquets, lisières ou parcelles que les flammes ont épargnés. Ces zones refuges leur permettent de retrouver nourriture, couvert et sites de reproduction. Elles peuvent également devenir des points de départ pour la recolonisation progressive des secteurs incendiés.

Protéger seulement les hectares brûlés serait donc insuffisant.

Animal Cross l’avait déjà demandé après le mégafeu des Corbières de 2025 : les secteurs incendiés doivent être accompagnés d’un périmètre tampon protégeant les zones où les survivants se réfugient.[8]

La chasse ajoute à cette période une pression supplémentaire : mortalité directe, poursuites, déplacements et dérangements. Or les individus survivants peuvent être précisément ceux dont dépendront les reproductions suivantes et la recolonisation.

Animal Cross demande un moratoire d’au moins trois ans sur la chasse et les destructions d’animaux classés ESOD dans les secteurs gravement incendiés et leurs zones refuges périphériques.

Cette durée de trois ans est une demande de précaution portée par Animal Cross. Elle ne signifie pas qu’un écosystème est restauré au bout de trois ans : certains processus nécessitent des décennies. Elle permettrait au minimum plusieurs saisons de reproduction avant une réévaluation fondée sur l’état des habitats et des populations.

Fontainebleau : soigner lorsque c’est encore possible

L’incendie du massif de Fontainebleau en juillet 2026 soulève enfin une autre question : que faisons-nous des animaux sauvages blessés ?

Dès le 13 juillet, la LPO invitait les personnes découvrant un animal blessé près du massif à le conduire vers Faune Alfort, centre de soins situé au sein de l’École nationale vétérinaire d’Alfort.[9]

Faune Alfort, Chevêche 77, la LPO, l’ANVL et d’autres structures se sont ensuite tenues disponibles pour intervenir, tout en respectant les restrictions d’accès au massif.

Le 6 août, Faune Alfort indiquait avoir appris qu’après constatation de graves brûlures aux pattes ou aux sabots chez certains animaux, des opérations sanitaires ciblées étaient menées afin d’abattre ceux considérés comme trop sévèrement atteints. L’association demandait que les professionnels du soin puissent participer à l’évaluation des animaux dans un cadre sécurisé.[10]

La question n’est pas de maintenir artificiellement en vie un animal dont les souffrances sont incurables. Les vétérinaires et centres de sauvegarde pratiquent eux-mêmes l’euthanasie lorsqu’elle constitue la seule manière d’éviter une souffrance sans issue.

La question est : comment déterminer qu’un animal ne peut pas être sauvé ?

Entre l’animal indemne et l’animal irrémédiablement condamné existent des individus brûlés ou blessés dont le pronostic nécessite une véritable évaluation. Examiner la profondeur des brûlures, évaluer la douleur, décider si une réhabilitation est possible et déterminer si l’animal pourra retrouver la vie sauvage relèvent de compétences vétérinaires et spécialisées.

Pour Animal Cross, lorsque les conditions de sécurité le permettent, les professionnels du soin de la faune sauvage doivent pouvoir évaluer les animaux avant qu’une décision irréversible ne soit prise.

Après le feu : intervenir moins, protéger davantage

L’approche défendue par États Sauvages apporte ici un éclairage intéressant : le risque incendie ne peut pas être résumé à une opposition entre forêt débroussaillée et forêt en libre évolution. Il faut regarder plus largement notre occupation des territoires, l’urbanisation des interfaces, nos activités et l’origine majoritairement humaine des départs de feu.[15]

Après l’incendie, la même logique devrait prévaloir : ne pas croire que toute trace du feu doit être effacée immédiatement.

Bien sûr, certaines interventions demeurent nécessaires : sécuriser des routes et des habitations, supprimer des arbres présentant un danger immédiat.

Mais ailleurs, la régénération spontanée mérite d’être la première option examinée.

Conserver une partie du bois mort, laisser germer les espèces locales, protéger les zones refuges, réduire les dérangements et observer la trajectoire naturelle du milieu peuvent permettre à la forêt de retrouver progressivement une structure diversifiée et adaptée aux nouvelles conditions.

Notre demande

Animal Cross demande la création d’un protocole national post-incendie pour la faune sauvage et les milieux naturels, reposant sur quatre principes :

  • identifier rapidement les zones refuges et les corridors utilisés par les animaux et les protéger des dérangements évitables ;
  • suspendre pendant au moins trois ans la chasse et les destructions d’ESOD dans les secteurs gravement incendiés et leurs zones périphériques, avant réévaluation scientifique ;
  • privilégier la régénération naturelle et le maintien des processus écologiques plutôt que le nettoyage et la replantation systématiques ;
  • associer vétérinaires et centres de sauvegarde à l’évaluation des animaux blessés avant toute mise à mort lorsque leur intervention est matériellement et humainement possible.
Après un incendie, protéger la nature ne signifie pas reconstruire au plus vite ce que nous pensons qu’elle devrait être. La forêt brûlée reste un milieu vivant. Ses sols, ses végétaux, ses champignons et ses animaux commencent immédiatement une nouvelle histoire. Notre responsabilité est d’aider lorsque cela est nécessaire, mais aussi de savoir leur laisser ce dont ils ont le plus besoin : du temps, de l’espace et de la tranquillité.

Agir

Pétition officielle à l’Assemblée nationale


« Suspendre la chasse pendant trois ans dans les zones gravement touchées par les incendies »

Cette pétition citoyenne déposée sur la plateforme officielle de l’Assemblée nationale demande trois ans de répit pour la faune sauvage après les grands incendies. Elle rejoint directement la demande d’Animal Cross : laisser aux animaux survivants le temps de se reproduire, de retrouver des territoires et de participer à la recolonisation des milieux sinistrés.[16]

SIGNER SUR LE SITE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

« Pas de fusils sur les cendres »

La mobilisation « Pas de fusils sur les cendres » demande notamment la suspension de la chasse dans les massifs incendiés en 2026, la protection des secteurs périphériques où se réfugient les animaux et un moratoire d’au moins trois ans.[12]

SIGNER « PAS DE FUSILS SUR LES CENDRES »

Animal Cross invite également les citoyens à demander aux préfectures concernées la mise en place de mesures temporaires de tranquillité pour la faune après les grands incendies.

Sources et références

[1] LPO France — 30 juillet 2026.
« La faune sauvage face aux incendies ».
Consulter la source

[2] Couturier T., Geoffroy D., Jailloux A. & Besnard A. — 2019.
« Dynamique de reconquête de la faune et de la flore après incendie du Cap Lardier dans le Parc national de Port-Cros ». Coopération AFB-CEFE.
Consulter la source

[3] ANVL — 22 juillet 2026.
« Incendie du Massif de Fontainebleau : les dégâts sur la biodiversité ».
Consulter la source

[5] Office français de la biodiversité.
« Réduire l’exposition aux risques naturels par la biodiversité » — retour d’expérience du Cap Lardier.
Consulter la source

[7] Animal Cross — 2024.
Article 0, notamment les parties consacrées au sanglier et au geai des chênes.

Voir également :
« La Libre évolution : une nécessité pour la nature… et pour nous ! »

[8] Animal Cross — 28 août 2025.
« Aude 2025 : pourquoi interdire la chasse dans les zones touchées par le mégafeu ».
Consulter l’article

[9] LPO Île-de-France — 13 juillet 2026.
« Incendies à Fontainebleau et faune sauvage ».
Consulter la source

[10] Faune Alfort — 6 août 2026.
Publication relative aux animaux blessés après l’incendie de Fontainebleau et à la demande d’intervention coordonnée des professionnels du soin.
Consulter la publication

[12] Change.org — juillet 2026.
« Pas de fusils sur les cendres ».
Consulter la mobilisation

[13] Coordination Libre Évolution — 2026.
Article consacré à la résilience des forêts, aux incendies et au rôle du bois mort.
Consulter l’article

[14] Comité français de l’UICN & Société botanique de France — 2023.
Prévention du risque incendie et biodiversité dans les forêts françaises.
Consulter la note

[15] États Sauvages — 2026.
« Libre évolution et prévention des incendies », avec Pauline Vilain-Carlotti et Forêt & Naturalité.
Consulter la source

[16] Assemblée nationale — 30 juillet 2026.
Pétition n°6710 — « Suspendre la chasse pendant trois ans dans les zones gravement touchées par les incendies ».
Consulter et signer la pétition

Dernière vérification documentaire : 20 août 2026.

Une dernière relecture scientifique ou naturaliste est recommandée avant publication, notamment sur les mécanismes de recolonisation post-incendie et sur la présentation du risque incendie en forêt.

Crédits photographiques

Frenchbluesman — Incendie à Trévillach, 4 juillet 2026 — Wikimedia Commons — CC BY 4.0.

Deus auxius — Chevreuil Capreolus capreolus (France) — Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0.

Van Der Meulen Christofle — Le geai des chênes (Finistère) — Wikimedia Commons — CC BY 4.0.

Chasse : une nouvelle réglementation passée inaperçue et qui inquiète Animal Cross

Chasse : une nouvelle réglementation passée inaperçue et qui inquiète Animal Cross

Depuis l’entrée en vigueur, le 10 juillet 2026, d’un arrêté modifiant les règles de chasse, les chasseurs peuvent utiliser les dispositifs de localisation de leurs chiens pendant toute l’action de chasse. Le texte supprime également les restrictions nationales qui limitaient l’utilisation des chiens, de la battue et de la traque pour chasser le chamois, l’isard et le mouflon. Présentées notamment comme une évolution favorable à la sécurité, ces nouvelles règles posent pourtant de sérieuses questions pour Animal Cross, tant pour les chiens que pour la faune sauvage. [1]

Chien de chasse dans un environnement naturel
Chien de chasse — photo d’illustration.
Photo : KNDS4413 /Wikimedia Commons licence CC BY-SA 4.0.

Le GPS : une sécurité… mais limitée

Lorsqu’ils sont lâchés pendant une chasse, les chiens échappent souvent au contrôle de leur maître. En parcourant de grandes distances, ils peuvent traverser des routes, être percutés par des véhicules ou se retrouver confrontés aux animaux qu’ils poursuivent. Animal Cross documentait déjà ces risques dans Article 0, notamment les blessures provoquées par le gibier, les barbelés et autres obstacles, ainsi que les accidents de la route survenant lors d’une poursuite.[3]

Pour Animal Cross, le chien de chasse n’est pas un outil cynégétique : c’est un être sensible dont le chasseur est responsable.

Le GPS peut être un outil de sécurité utile, mais il ne règle pas le problème de fond : l’exposition des chiens aux dangers lorsqu’ils sont lâchés à la poursuite d’animaux sauvages.

Pouvoir localiser un chien en permanence peut, en théorie, améliorer sa sécurité. La nouvelle réglementation précise d’ailleurs que les dispositifs de localisation doivent être utilisés « dans le seul but » de rechercher les chiens, d’assurer leur sécurité et de prévenir les collisions.[1]

Mais localiser un chien ne signifie pas pouvoir le mettre immédiatement en sécurité. Lorsqu’un chasseur doit gérer plusieurs chiens dispersés sur un territoire, savoir que l’un d’eux approche d’une route ou s’est fortement éloigné ne garantit pas qu’il puisse intervenir assez vite.

Pourquoi le GPS était-il jusqu’ici limité pendant la chasse ?

Avant cette réforme, la réglementation précisait que les dispositifs de localisation des chiens ne pouvaient être utilisés qu’après l’action de chasse pour les rechercher, tout en prévoyant leur utilisation pour assurer leur sécurité et prévenir les collisions lors d’une chasse à tir.[2]

Depuis le 10 juillet, cette restriction temporelle a disparu. Les chasseurs peuvent donc consulter la localisation de leurs chiens pendant l’action de chasse, même si la réglementation maintient une finalité stricte : rechercher les chiens, assurer leur sécurité et prévenir les collisions.[1]

Mais cette évolution soulève une question pour Animal Cross :

le GPS pourrait-il aussi, dans les faits, faciliter la chasse ? Lorsqu’un chien poursuit un animal sauvage, connaître précisément sa position pourrait indirectement renseigner le chasseur sur la position ou les déplacements de l’animal poursuivi.

Le texte n’autorise pas l’utilisation du GPS pour rechercher le gibier. Animal Cross s’interroge donc sur les modalités de contrôle et sur les garanties permettant de s’assurer que cet outil ne soit pas détourné de la seule utilisation prévue par la réglementation.

Une mauvaise nouvelle pour la faune sauvage

L’arrêté va plus loin : il abroge les restrictions qui encadraient jusqu’ici l’emploi des chiens ainsi que la chasse en battue ou en traque du chamois, de l’isard et du mouflon.[1][2]

Avant le 10 juillet 2026, l’emploi des chiens pour le chamois et l’isard n’était autorisé que dans trois départements : Haute-Savoie (74), Territoire de Belfort (90) et Vosges (88). La battue ou la traque n’était autorisée que dans l’Ain (01), les Alpes-Maritimes (06), la Haute-Savoie (74), le Territoire de Belfort (90) et les Vosges (88).

Pour le mouflon, l’emploi des chiens n’était autorisé que dans les Ardennes (08), l’Aveyron (12), la Dordogne (24), le Gard (30), l’Hérault (34), les Pyrénées-Orientales (66), la Savoie (73), la Somme (80), le Tarn (81) et les Vosges (88). La battue ou la traque bénéficiait d’une liste d’exceptions légèrement différente.[2]

Isard Rupicapra pyrenaica dans un paysage de montagne
Isard (Rupicapra pyrenaica) dans les Pyrénées espagnoles — photo d’illustration.
Photo : Bouke ten Cate /Wikimedia Commons licence CC BY-SA 4.0
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Pour Animal Cross, c’est une très mauvaise nouvelle.

Un animal poursuivi par des chiens ne subit pas seulement le risque d’être tué. Il doit interrompre ce qu’il faisait — se nourrir, se reposer ou se déplacer — pour fuir. La poursuite provoque du stress et impose une dépense énergétique supplémentaire.

Ce mécanisme n’est pas seulement théorique. Une étude expérimentale publiée en 2020 sur des élans poursuivis par des chiens de chasse a observé une augmentation du rythme cardiaque et de la température corporelle, ainsi que des déplacements plus importants. Les animaux parcouraient en moyenne 4,2 km supplémentaires le jour de la poursuite et consacraient ensuite davantage de temps au repos. Les chercheurs soulignent que, lorsque ces dérangements sont fréquents, cette dépense énergétique et la réduction du temps disponible pour s’alimenter pourraient affecter l’état corporel et la reproduction.[4]

Cette étude porte sur des élans en Scandinavie et ne permet donc pas de quantifier directement l’effet de la nouvelle réglementation sur les chamois, isards et mouflons français.

Pour Animal Cross, le problème ne se limite d’ailleurs pas aux espèces recherchées. Les chiens parcourent un territoire où vivent de nombreux autres animaux sauvages. Leur présence et leurs poursuites peuvent accroître le dérangement d’animaux qui ne sont pourtant pas visés par la chasse.

Mouflon dans le massif du Caroux
Mouflon dans le massif du Caroux, Parc naturel régional du Haut-Languedoc — photo d’illustration.
Photo : Fagairolles 34 /

Wikimedia Commons

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licence CC BY-SA 4.0
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Pour Animal Cross, cet arrêté va dans la mauvaise direction

Pour Animal Cross, cette modification réglementaire est d’autant plus préoccupante qu’elle est passée largement inaperçue, alors qu’elle modifie concrètement les conditions d’utilisation des chiens à la chasse et élargit les possibilités de traque de plusieurs espèces.

Animal Cross n’est pas opposée au GPS lorsqu’il sert réellement à protéger et retrouver un chien. Mais nous refusons que la sécurité apportée par cet outil masque deux questions essentielles : pourquoi exposer ces animaux à autant de dangers en les lançant à la poursuite de la faune sauvage ? Et cet outil peut-il devenir, dans les faits, un facilitateur de la chasse ?

Nous sommes également opposés à l’élargissement de l’utilisation des chiens, de la battue et de la traque pour le chamois, l’isard et le mouflon.

La faune sauvage subit déjà de nombreuses pressions humaines. À notre sens, cette pression supplémentaire peut avoir des répercussions sur l’ensemble de l’écosystème en multipliant, pour les animaux, les situations de stress, les dépenses d’énergie et les interruptions de repos ou d’alimentation.

Animal Cross s’inquiète de mesures de plus en plus permissives en matière de chasse, alors que le vivant a cruellement besoin de repos et de tranquillité, d’autant plus après les conditions climatiques exceptionnelles subies cet été.

Sources et références

[1] Ministère de la Transition écologique — 25 juin 2026.
Arrêté du 25 juin 2026 modifiant l’arrêté du 1er août 1986 relatif à divers procédés de chasse, publié au Journal officiel du 9 juillet 2026 et applicable à compter du 10 juillet. Il modifie les règles relatives à la localisation des chiens et abroge le II de l’article 8.
Consulter la source sur Légifrance
[2] Légifrance — Arrêté du 1er août 1986, version applicable avant le 10 juillet 2026.
Articles 7 et 8 : ancienne réglementation concernant les dispositifs de localisation et restrictions relatives au chamois, à l’isard et au mouflon.
Consulter la source sur Légifrance
[3] Animal Cross — juillet 2024.
Article 0, chapitre 5 « Les chiens de chasse, des armes au service des hommes », notamment p. 76-81. Animal Cross y documente les risques auxquels sont exposés les chiens à la chasse — blessures infligées par le gibier, obstacles, éclats de plomb et accidents routiers — et défend à terme la limitation de leur utilisation à la recherche d’animaux blessés.
Découvrir Article 0 sur le site d’Animal Cross
[4] Græsli A. R. et al. — 2020.
Physiological and behavioural responses of moose to hunting with dogs, Conservation Physiology, vol. 8, coaa122. Étude menée sur huit femelles élans en Scandinavie lors de poursuites réelles ou expérimentales avec chiens ; elle met en évidence des réponses physiologiques, comportementales et énergétiques à la poursuite.
Consulter l’étude

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