Ours des Pyrénées : Il est urgent de désamorcer la bombe génétique ! ⚠️🐻🧬

Ours des Pyrénées : Il est urgent de désamorcer la bombe génétique ! ⚠️🐻🧬

Communiqué de presse commun, le 26 mars 2026

 

À rebours du discours indiquant que “tout va bien” pour l’ours brun dans les Pyrénées, l’évolution de la population soulève des questions fondamentales sur la viabilité de l’espèce.

Afin de disposer d’éléments objectivés concernant la menace liée à la consanguinité, l'association Pays de l'Ours - Adet a confié au bureau d’études privé LDgenX une expertise démogénétique de la population d’ours des Pyrénées.

Le dossier “Ours des Pyrénées : l’urgence de désamorcer la bombe génétique” revient sur les résultats tirés de l’étude, dresse le constat de l’inaction publique malgré les alertes, rappelle l’État à ses obligations et adresse des demandes précises au Ministère de la Transition écologique.

Après modélisation et simulations des évolutions possibles, le constat dressé par le bureau d'études est sans appel : “Malgré une apparente croissance en nombre, l’érosion génétique reste sévère et constitue une alerte pour la viabilité future de l’espèce.”
90 % des ours présents dans les Pyrénées descendent de seulement deux femelles et un mâle. Cette base fondatrice extrêmement étroite a conduit à un triplement de la consanguinité en 20 ans. Sans intervention rapide, ce taux devrait encore doubler d'ici deux décennies. Or, la consanguinité a déjà des effets perceptibles sur la reproduction et la survie des ours.

La cause de cette situation est claire : depuis plus de 20 ans, les gouvernements successifs ont systématiquement négligé (et parfois occulté) les alertes des scientifiques préconisant de lâcher des ours afin de viabiliser la population. Or, la France a l’obligation de restaurer une population viable d’ours dans les Pyrénées.

Alain Reynes, directeur de Pays de l’Ours – Adet, interpelle :

“Nous ne pouvons plus fermer les yeux, il y a urgence à enrayer la consanguinité, au risque qu’elle devienne incontrôlable et durablement préjudiciable à la population d’ours brun. Il en est encore temps, mais l’inaction n’est plus une option.”

S’appuyant sur les préconisations des experts du bureau d’études LDgenX, Pays de l’Ours - Adet, Animal Cross, ainsi que les autres associations en soutien demandent notamment à la ministre de la Transition écologique :

  • le remplacement immédiat des 4 ours morts de cause humaine dans les Pyrénées en 2020-2021, conformément à l’engagement pris dans l’actuel plan d’action ;

  • la création d’un “Comité Scientifique Ours” indépendant ;

  • la mise à l’étude dès maintenant d’un nouveau Plan National d’Action en faveur de l’ours, incluant le lâcher de 30 ours dans les Pyrénées d’ici à 2040.

Pour la conservation de l’ours brun des Pyrénées, l’heure n’est plus à la contemplation des courbes d'effectifs, mais à la relance de la restauration démogénétique de la population.

Contact presse :    co*****@**********ss.org

 

 

Le printemps est là : les bons gestes pour protéger la faune sauvage

Le printemps est là : les bons gestes pour protéger la faune sauvage

Le printemps signe le retour des beaux jours, mais c'est avant tout une période cruciale et très sensible pour la biodiversité : c'est la période de reproduction et de naissance pour de nombreuses espèces. Pour cohabiter harmonieusement avec la nature, voici les gestes essentiels à adopter.

Chiens en laisse : éviter les divagations pour respecter le repos de la faune

Du 15 avril au 30 juin, une réglementation stricte impose de tenir les chiens en laisse en dehors des allées forestières (routes, chemins, sentiers balisés).

Le printemps est la saison où les mammifères mettent bas et les oiseaux nidifient. La simple présence d'un chien en liberté, qu'il fouine dans un terrier ou s'approche d'un nid au sol (comme ceux des courlis, vanneaux ou certains rapaces), peut causer un stress immense aux animaux sauvages, provoquer des fausses couches et l'abandon des petits par leurs parents, ou mener à la destruction directe des couvées.

C'est ici qu'une règle de bon sens s'impose : la liberté de notre chien doit s'arrêter à celle de la faune sauvage. Tout animal a droit au respect, et il ne devrait y avoir aucune hiérarchie entre notre animal de compagnie et la faune locale qui lutte pour sa survie.

Le non-respect de cette obligation de tenue en laisse est d'ailleurs passible d'une amende pouvant atteindre 750 €.

Des Haies SANS élagage pour protéger les oiseaux et leurs nids

Laissez les outils dans votre remise du 15 mars à fin août !

Pour protéger les oiseaux, il est fortement recommandé de ne plus tailler les haies ni d'élaguer les arbres entre la mi-mars et la fin du mois d'août. C'est dans ces branchages que de nombreuses espèces (merle noir, rougegorge, verdier d'Europe, mésange) s'installent pour créer leurs nids.

Tailler les haies durant cette période risque de détruire cet habitat vital et de déranger les couvées avant l'envol des derniers oisillons. Les haies sont de véritables écosystèmes offrant protection et nourriture, indispensables à la biodiversité.

Toutefois, certains arbres, notamment fruitiers peuvent être taillés pour leur vigueur et leur productivité.

À noter qu' « Il est interdit de détruire, d’enlever ou d’endommager intentionnellement les nids et les œufs, de ramasser les œufs dans la nature et de les détenir (…) » Article L424-10 du Code d l'environnement.

Au jardin : des espaces au service de la nature

Avoir un beau jardin ne signifie pas que tout doit être rasé de près. Pour aider la biodiversité chez soi, le meilleur réflexe est de laisser une partie de votre jardin sans tonte pour faire place à la nature.

En laissant les herbes folles pousser et en épargnant certaines zones, notamment en laissant des bandes enherbées le long de vos haies, vous offrez un habitat et un refuge propices au développement des insectes, des amphibiens et des petits mammifères, comme les hérissons.

Petite astuce : si vous devez tondre, commencez par le milieu du jardin pour laisser à la petite faune le temps de fuir vers les abris périphériques.

En nature : Rencontres avec des bébés animaux, prudence !

Lors de vos balades printanières, il n'est pas rare de croiser un jeune animal seul au sol, comme un faon, un levraut ou un oisillon. Le réflexe absolu est de ne pas les toucher et de s'en éloigner rapidement.

Contrairement aux apparences, ces bébés sont très rarement abandonnés ; leur mère est souvent partie s'alimenter ou reste cachée à cause de votre présence. Récupérer ces jeunes animaux compromet gravement leurs chances de survie et c'est une pratique interdite par la loi.

Ne contactez un centre de soins de la faune sauvage ou l'OFB QUE si l'animal est manifestement blessé ou si la mère est morte à proximité.

Enfin, lors de vos promenades, restez toujours sur les sentiers pour ne pas déranger les animaux en pleine période de reproduction ni piétiner son environnement.

Sur les routes, soyons vigilants : le danger est critique

Soyez également particulièrement vigilants au volant sur les routes, car les déplacements de la faune (notamment les jeunes inexpérimentés) sont fréquents à cette saison.

Réduisez votre vitesse (en dessous de 90 km/h) et redoublez de vigilance à l'aube et au crépuscule. Soyez très attentifs près des lisières de forêts et des zones humides, tout particulièrement lors des nuits pluvieuses.

Cette saison est critique pour les amphibiens qui entament leurs migrations massives vers leurs sites de reproduction. Leur lenteur et leur comportement consistant à s'immobiliser face aux phares les rendent extrêmement vulnérables.

Le printemps (avril-juin) est également la période la plus meurtrière pour le chevreuil, en raison de la dispersion territoriale des jeunes. De plus, la consommation de bourgeons printaniers a tendance à rendre ces cervidés "ivres", ce qui diminue fortement leur prudence.

 

L’hécatombe invisible des collisions avec la faune sauvage

L’hécatombe invisible des collisions avec la faune sauvage

Les routes tuent plus d’animaux qu’on ne l’imagine et nous sommes directement concernés...
 En France, notre réseau routier est parmi les plus vastes et denses d’Europe : près de 1,1 million de kilomètres sillonnent le pays. Autant de trajets possibles… et autant de risques de collisions pour la faune sauvage. Qui n’a jamais aperçu un animal mort sur le bord d’une route ?

Ces victimes visibles ne représentent pourtant qu’une infime partie du drame. Et si, après la destruction des habitats, la pollution et l’agriculture intensive, les routes étaient devenues la deuxième grande cause de mortalité de notre biodiversité ?

Agissez et portez secours à la faune sauvage

Retrouvez toutes les instructions dans notre guide pratique

Des chiffres alarmants : une mortalité massive et sous-estimée

C’est ce que révèlent les travaux d’Annaëlle Bénard de 2023-2025, menés en partenariat avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Des chiffres faramineux, bien loin des quelques cadavres que nous apercevons au bord des routes. Une hécatombe silencieuse, bien plus massive qu’on ne l’imagine.
Selon ses travaux, le nombre total d'animaux sauvages tués chaque année sur nos routes se situe entre 10,8 millions et plus de 395 millions d'individus, avec une médiane estimée à 40 millions d'animaux sauvages tués.
Ce sont les petits oiseaux de moins de 20g les plus touchés avec une estimation de 37,5 millions par an. D'autres espèces sont également largement touchées comme le hérisson d'Europe, espèce pourtant protégée, avec environ 907 300 animaux tués.

Ces estimations inédites demeurent cependant prudentes et probablement sous-estimées car ils n'incluent ni les animaux projetés dans les fossés, ni ceux coincés dans les calandres, ni les blessés allant mourir plus loin dans la nature.

Estimation du nombre d'animaux sauvages tués sur les routes (source Annaëlle Bénard)

Groupe d'espèces Fourchette Basse Estimation Retenue (Médiane) Fourchette Haute
Petits oiseaux (< 20g) 10 000 000 37 500 000 384 500 000
Hérissons d'Europe 235 000 907 300 3 710 800
Mammifères carnivores (Renards, Blaireaux, Martres/Fouines) 104 200 431 700 1 903 800
Reptiles (Serpents, Lézards et Cistude d'Europe) 65 557 223 515 627 675
Rapaces (Nocturnes et Diurnes) 77 696 202 025 508 738
Autres Mammifères (Chevreuils, Sangliers, Lièvres, autres petits carnivores...) ~ 48 400 199 007 ~ 883 500
Autres Oiseaux (Merles, Grives, Corvidés, Colombidés, Pics...) ~ 207 900 687 700 ~ 2 616 000
TOTAL GÉNÉRAL ESTIMÉ ~ 10,8 millions ~ 40 millions ~ 396,3 millions

 

Cas particulier du Lynx : en 2022, 24 lynx on été tués sur les routes, sachant que l'on estime entre 108 et 173 le nombre d'individus. Les collisions routières constituent la menace principale pour le Lynx boréal en France, représentant à elles seules 60 % de la mortalité détectée chez cette espèce.

 

Schéma explicatif du nombre d'animaux tués sur les routes (effet iceberg) et les plus touchés

Pourquoi les fourchettes d'estimation sont-elles aussi larges ?

L'écart immense entre l'estimation basse (10 millions) et haute (395 millions) s'explique par les biais massifs de détection que les modèles statistiques doivent corriger :
  • La disparition "éclair" des cadavres : Les petites carcasses (comme les passereaux de moins de 20 grammes) disparaissent de la route en moins de 30 minutes à cause du trafic, du vent et des charognards.
  • La très faible détectabilité : Depuis un véhicule roulant à 80 ou 90 km/h, un conducteur ne détecte qu'environ 3 % des petits animaux ou de ceux au pelage sombre. Un expert à pied repère 34 fois plus d'animaux qu'un automobiliste lambda.
  • Le taux de signalement citoyen : Les données reposent en grande partie sur le volontariat (sciences participatives), et l'on estime que seul un tiers des animaux aperçus est réellement signalé.

Quels sont les facteurs influençant les collisions ?

Les facteurs influençant les collisions entre les véhicules et la faune sauvage sont multiples et s'articulent autour de quatre dimensions principales : les caractéristiques de l'infrastructure, le trafic, le milieu environnant (paysage) et la biologie propre à chaque espèce animale.

  • L'infrastructure et le trafic : La vitesse est le facteur aggravant principal, le risque explose au-delà de 90 km/h. La densité du trafic augmente le risque jusqu'à un certain seuil (estimé selon les sources entre 2 500 et 10 000 véhicules/jour), au-delà duquel un effet barrière se produit : le bruit et le mouvement dissuadent les animaux de la traverser. Les clôtures mal entretenues ou discontinues (près des échangeurs) peuvent également piéger les animaux sur les voies.
  • Les facteurs paysagers : Les routes traversant des lisières de forêts, longeant des cours d'eau ou coupant des corridors écologiques concentrent les "points noirs".
  • Les comportements biologiques : Les amphibiens migrent en masse et se figent face aux phares ("pausers"), les reptiles s'exposent sur le bitume chaud pour thermoréguler, tandis que la chasse automnale pousse les sangliers paniqués sur les routes.
  • Le moment de la journée et l'année : Le risque culmine la nuit, et particulièrement au crépuscule et à l'aube, ainsi qu'au printemps (rut, migrations) et en automne (dispersion des jeunes).

Schémas des facteurs influençant les collisions

Quels impacts sur la biodiversité ? (Une cause de mortalité majeure)

Au delà des animaux tués directement par collisions, le réseau routier a d'autres impacts délétères pour les populations vivant à plusieurs niveaux :
  • Un prélèvement aveugle : Contrairement à la prédation naturelle qui cible les individus faibles, la route tue indifféremment les individus les plus vigoureux, accélérant le déclin démographique.
  • L'effet "Puits" (Sink effect) : Les bords de route attirent les insectes et rongeurs, attirant à leur tour leurs prédateurs (renards, rapaces) qui se font écraser. Ces animaux tués laissent des territoires vides qui attirent de nouveaux individus, lesquels sont tués à leur tour, créant un phénomène d'épuisement continu des populations adjacentes.
  • La fragmentation et l'isolement : En plus de tuer, les routes agissent comme une barrière (totale ou partielle) qui empêche les animaux d'accéder à des ressources vitales (nourriture, partenaires, zones de reproduction). L'isolement des populations sur de petites "zones" d'habitat limite le brassage génétique, provoquant une consanguinité, ce qui fragilise la viabilité des population et la survie à long terme.
  • Entrave à l'adaptation au changement climatique : Les infrastructures routières, en multipliant les obstacles et les points de mortalité, constituent un frein majeur à la capacité de déplacement vers des zones plus propices aux populations.
  • Déséquilibres écosystémiques : La perte de diversité induite par les collisions perturbe les équilibres trophiques (relations proies-prédateurs) et les services écosystémiques associés. Par exemple, la disparition massive d'amphibiens lors de migrations saisonnières interrompues par une route peut compromettre la survie locale de l'ensemble de leur population et affecter les prédateurs qui en dépendent.

Schémas des impacts du réseau routier sur la biodiversité

Quelle place laisser au vivant ?

Entre la fragmentation des territoires, la destruction de leurs habitats, la pollution et l’intensification de nos activités agro-industrielles, liées à une activité humaine toujours plus dense et intense, quelle place souhaitons-nous laisser au vivant dans cette course effrénée vers la croissance ?

Nous avons bien plus besoin du vivant qu'il n'a besoin de nous. N'est-il pas temps de repenser notre manière d'interagir avec le vivant, de l'intégrer pleinement dans nos comportements et notre façon de vivre ?

Préserver le vivant devient une nécessité et cela demande de changer nos habitudes : accepter de ralentir sur certaines routes à des périodes clés, accepter qu’un tronçon soit temporairement fermé pour permettre la migration des batraciens, ou encore adapter nos déplacements aux rythmes de la nature.

Les animaux, pour survivre, doivent sans cesse s’adapter à notre monde. Ils modifient leurs itinéraires pour éviter nos routes, nos zones de chasse, nos villes. Nous les acculons dans des espaces toujours plus restreints, toujours plus fragmentés. Cela a un impact bien plus important que nous le pensons.

Car tout est lié : sans insectes ni batraciens, les oiseaux disparaissent. Sans oiseaux, les petits mammifères et les mustélidés déclinent à leur tour. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que les campagnes, autrefois bouillonnantes de vie, deviennent désertiques et silencieuses.

Pourtant, nous pouvons agir, changer nos comportements sur les routes, prendre conscience du danger que nous représentons et intégrer dans nos habitudes ces moments de vigilance et de respect qui peuvent permettre de laisser plus de place à cette faune sauvage que nous apprécions tant.

Comment agir ?

Nous pouvons avoir un impact concret à notre échelle :

🟢​Être plus prudent et attentif sur la route :surtout la nuit, à l'aube et au crépuscule, période où l'activité animale est la plus forte. Mais également en zone forestière, proche de cours d'eau ou lors des saisons critiques (printemps, automne, jours de pluie).

🟢​ Réduire sa vitesse : cela permet d'augmenter notre vigilance et surtout, cela offre le temps de réaction nécessaire pour éviter le choc autant pour l'automobiliste que pour l'animal.

🟢​ Sensibiliser : Parlez-en autour de vous. Informer les autres conducteurs des risques pour la faune est une action essentielle pour faire changer les comportements.

🟢​ Participer aux sciences participatives : vous pouvez signalez les animaux morts que vous croisez via des applications gratuites comme NaturaList ou sur le portail Faune-France. Ces données permettent aux scientifiques et aux associations de prouver l'existence de "points noirs" et d'exiger des pouvoirs publics la construction d'aménagements protecteurs (passage à faune, crapauducs, panneaux de signalisation lumineux etc.).

Que faire lorsque vous percutez un animal sur la route ou êtes témoin d'une collision ?

En amont

  1. Renseignez-vous sur le Centre de Soins pour la Faune Sauvage le plus proche. S'il est trop loin, vous pouvez leur demander quelle la clinique vétérinaire de référence de votre département.
  2. Ayez le matériel dans votre voiture pour porter secours de manière efficace.
Étape 1 : Sécuriser la zone (votre sécurité est une priorité)

Enfilez un gilet jaune et placez un triangle de signalisation

Étape 2 : Évaluer la situation, si l'animal est mort ou blessé

Étape 3 : Si l'animal est mort, déplacez le corps vers le bord de la route, en prenant vos précautions avant de toucher l'animal

Chaque vie animale compte et mérite notre considération en s'assurant que son corps ne soit pas écrasé pas d'autres voitures.

N'hésitez pas à témoigner une marque de respect.

Étape 4 : Si l'animal est blessé, appelez le centre de soin ou la clinique vétérinaire référente et suivez leurs instructions

Un vétérinaire, s'il a la compétence, peut aussi prendre en charge un animal sauvage blessé pour les premiers soins

Étape 5 : Le transport : prenez les précautions nécessaires avant de toucher l'animal

Retrouvez toutes les instructions dans notre guide pratique

à télécharger et à placer dans votre boîte à gant !

OURS : un premier bilan 2025 et les perspectives

OURS : un premier bilan 2025 et les perspectives

Cette année 2026 est marquée par le 30e anniversaire du premier lâché d'ours : mais que d’évènements depuis !

La population est factuellement en constante augmentation chaque année (96 ours en 2024 et + 11 % en moyenne depuis 2006), et les dernières observations visuelles et les analyses partielles de l’OFB sur l’année 2025 laissent présager encore une évolution positive de la population d’ours dans les Pyrénées :

-Des portées ont été détectées (à minima 6 avec 9 oursons)

-Le vieil ours NERE a encore été détecté en Ariège et plus récemment en octobre 2025 dans les Hautes-Pyrénées.

Une population en hausse, mais les problèmes génétiques persistent

Tout porterait à croire que  maintenant "c'est gagné", et que l'espèce est saine et viable ; ce sont souvent les arguments repris par leurs détracteurs afin de pousser l’état à réguler l’espèce !

La population d’ours brun dans les Pyrénées fait face à des problèmes génétiques substantiels qui menacent sa viabilité à moyen ou long terme en raison de sa petite taille et de son historique de gestion. Le problème génétique le plus notable est le niveau élevé et croissant de consanguinité au sein de la population :

  • Le coefficient moyen de consanguinité (F) de la population pyrénéenne a plus que doublé entre 2006 (0,063) et 2020 (0,132) .
  • Cette forte consanguinité résulte principalement de la monopolisation de la reproduction par le mâle dominant Pyros jusqu'à sa disparition supposée en 2018.
  • Les accouplements entre individus apparentés sont fréquents, incluant 13 accouplements entre père et fille4 entre frère et sœur et un entre demi-frère et demi-sœur, détectés durant la période d'étude jusqu'en 2020.
  • Ce niveau de consanguinité représente un risque potentiel élevé de dépression de consanguinité (réduction du succès de reproduction et/ou de la survie des individus).

Une étude démo-génétique est actuellement, menée par le Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN), l'OFB et le SLU (Université suédoise des sciences agricoles), afin de quantifier précisément les effets de cette consanguinité sur la démographie des ours dans les Pyrénées. Les résultats complets de cette thèse sont attendus pour la fin de l'année 2026, et nous espérons que l’état tiendra compte des conclusions et lâchera enfin des ours afin de renouveler le patrimoine génétique de la population ursine des Pyrénées.

ESOD : La science confirme de nouveau l’absurdité d’un massacre inutile et coûteux

ESOD : La science confirme de nouveau l’absurdité d’un massacre inutile et coûteux

Chez Animal Cross, cela fait des années que nous dénonçons le classement injustifié des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD). Nous avons crié haut et fort que ce terme n’est qu’un habillage « politiquement correct » pour l'ancien mot « nuisible ». Derrière ce sigle se cache une réalité que nous jugeons inconcevable : le piégeage et le tir systématiques de millions d'animaux, autorisés quasiment sans limite et en toute saison.

Aujourd'hui, une étude inédite du Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), publiée le 9 mars 2026 dans la revue Biological Conservation, vient enfin nous donner raison en démontrant scientifiquement l'inefficacité totale et l'aberration économique de cette politique de destruction, mais qu'elle aussi éthiquement injustifiable.

Une étude capitale demandée par l’État lui-même

Fait remarquable, cette étude du MNHN a été commandée et financée par le ministère de la Transition écologique. Pour la première fois, des chercheurs ont eu un accès total aux données administratives nationales couvrant sept saisons de chasse (2015-2022).

L’objectif était clair : évaluer enfin l’efficacité réelle de la destruction de 1,7 million de renards, mustélidés et corvidés abattus chaque année en France.

Un massacre de masse sans aucun résultat

Des millions d'animaux sont abattus pour une promesse de réduction des dégâts agricoles et des risques sanitaires qui n'est jamais tenue.

Les chercheurs ont analysé sept années de données nationales (2015-2022) et leur conclusion est sans appel : il n'existe aucun lien entre l'effort de destruction et l'évolution des dommages déclarés.
Pire, une relation significative a été observée entre l'effort de lutte d'une année et les dégâts déclarés l'année suivante. Plus le nombre d'animaux abattus était élevé, plus les dégâts étaient importants l'année suivante, et cela d'une part pour la pie bavarde, et d'autre part en regroupant toutes les espèces.

En clair, tuer plus d'animaux ne fait pas baisser les factures de dégâts, et, point crucial, réduire ou arrêter ces destructions ne provoque aucune augmentation des dommages. Cette prétendue « régulation » est un mythe : les populations d'oiseaux (corneilles, pies, geais) ne diminuent pas malgré les tirs, car les mécanismes de compensation démographique et la survie des jeunes prennent le relais.

Une aberration économique : on dépense 8 fois plus pour tuer que pour indemniser

L’aspect le plus édifiant de cette étude est sans doute son analyse économique. Pour la première fois, le coût financier des opérations de destruction (temps de travail, matériel, transport) a été calculé. Le résultat est vertigineux : le massacre des ESOD coûte entre 103 et 123 millions d’euros par an à la société. En face, le montant des dégâts officiellement déclarés ne s'élève qu'à 8 à 23 millions d’euros.
Nous dépensons jusqu'à huit fois plus d'argent pour massacrer la faune sauvage que ce qu'elle nous « coûte » en dégâts. Même dans le scénario le plus bas, sans compter le temps de travail bénévole des chasseurs, le coût de la destruction reste supérieur aux dommages.
C'est une faillite rationnelle complète
.

 

Sacrifier nos meilleurs alliés : une perte pour la biodiversité

En nous acharnant sur ces espèces « mal-aimées », nous nous tirons une balle dans le pied. L'étude rappelle que ces animaux rendent des services écosystémiques indispensables que nous perdons en les tuant.
  • Le Renard est un auxiliaire précieux de l'agriculture par sa prédation massive sur les rongeurs.
  • Le Geai des chênes assure la régénération de nos forêts par la dispersion des graines. Le coût de remplacement de ce service par l'humain est estimé à une perte de 100 à 454 millions d'euros pour les seuls geais tués durant la période étudiée.

 

Un consensus scientifique et administratif grandissant

Cette étude du MNHN n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans une liste de rapports de plus en plus critiques envers la politique française :
  • L’ANSES (2023) a déjà affirmé que le motif sanitaire (comme la lutte contre l'échinococcose ou la rage) ne justifie pas l'élimination des renards, ces mesures étant inefficaces, voire contre-productives en favorisant la dispersion des maladies.
  • La FRB (Fondation pour la recherche sur la biodiversité) en 2024, a souligné que le classement ESOD manque de fondement scientifique et occulte totalement les bénéfices apportés par ces espèces.
  • L’IGEDD (2025), dans un rapport de l’Inspection Générale de l’Environnement, appelle à un « changement de paradigme » et recommande de ne pas renouveler le décret triennal en 2026 pour passer à une gestion collégiale et préventive.
  • L’étude CARELLI (2025), menée dans le Doubs, a prouvé expérimentalement que le statut ESOD ne réduit ni le nombre de renards ni les dégâts sur les volailles. Elle conclut qu'une meilleure protection des poulaillers est bien plus efficace que n'importe quelle campagne de tir.

Pour un changement radical de paradigme

Cette étude enfonce le clou après les rapports de l'ANSES en 2023, de la FRB en 2024, de l'IGEDD en 2025 et de l'étude CARELI en 2025 : la réglementation actuelle est obsolète, subjective et injuste. Le classement ESOD repose trop souvent sur des déclarations de dégâts invérifiées et des décisions prises sous l'influence de lobbies plutôt que sur des bases scientifiques.
Animal Cross demande, avec force :
  1. L'abandon définitif du classement ESOD pour les espèces de catégorie 2 (renard, fouine, martre, belette, corneille, corbeau, pie, geai et étourneau).
  2. Le passage à une stratégie de prévention non-létale : effaroucheurs, semences répulsives et protection des élevages, qui ont prouvé leur efficacité là où le fusil échoue.
  3. La reconnaissance de la dignité et du rôle écologique de ces espèces qui font partie intégrante de notre patrimoine naturel.
  4. La fin d'une gestion dictée par les lobbies au profit d'une politique basée sur la science et l'éthique


Comme le souligne l'étude du MNHN, l'arrêt du décret triennal en 2026 est l'occasion unique de mettre en place un nouveau système de gestion collégial et sensé
.

Il est temps de passer d'une politique de destruction systématique à une cohabitation apaisée avec la faune sauvage.

Sources

ANSES. 2023. Évaluation des impacts sur la santé publique de la dynamique des populations de renards (Rapport d’expertise collective, Saisine n° 2022-SA-0049). Maisons-Alfort : Anses.

Plancke, M., Zemman, C., & Soubelet, H. (2023). Synthèse de l'avis des experts scientifiques et sociétaux sur le classement des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD). Fondation pour la recherche sur la biodiversité.

Castel, F., & Hérault, M.-L. (2025). Parangonnage sur les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (Esod) (Rapport n° 015518-01). Inspection générale de l'Environnement et du Développement durable.

Pépin, D., Feuvrier, P., Powolny, T., & Giraudoux, P. (2025). Investigating the effects of red fox management on poultry beyond the controversy, Jura Massif, France. Scientific Reports, 15, 26238.

Jiguet, F., Morin, A., Courtines, H., Robert, A., Fontaine, B., Levrel, H., & Princé, K. (2026). Ecological and economic assessments of native vertebrate pest control in France. Biological Conservation.

 

 

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Répondre à la consultation publique avant le 20 mars 2026

La direction départementale des territoires (DDT) de Saône-et-Loire met actuellement à consultation du public un projet d’arrêté préfectoral autorisant une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau du 15 juin au 14 septembre 2026.

Cette période dite « complémentaire » permettrait le déterrage des blaireaux en plein été, c’est-à-dire pendant la période d’élevage des jeunes, une pratique particulièrement controversée et dénoncée depuis de nombreuses années par les associations de protection de la nature.

👉 Animal Cross vous invite à participer à la consultation publique et à vous opposer à ce projet d’arrêté.
Attention : pour que votre participation soit valable, pensez à autoriser la publication de votre contribution et à cocher la case « Avis défavorable » avant de déposer votre commentaire.
La mention « Avis favorable au projet d’arrêté » peut apparaître par défaut : ne vous y trompez pas.

Voir la consultation

Proposition de réponse :

Monsieur le Préfet de la Saône-et-Loire,

La Direction Départementale des Territoires de la Saône-et-Loire propose à la consultation du public un projet d’arrêté préfectoral portant sur la période complémentaire de la vénerie sous terre du Blaireau pour la période allant du 15 juin 2026 au 14 septembre 2026.

Je souhaite déposer un AVIS DÉFAVORABLE à votre projet d’arrêté.

- L'argument d'une prétendue "prolifération" est démenti par les réalités biologiques de l'espèce. Le blaireau présente une vulnérabilité intrinsèque due à une dynamique de reproduction particulièrement lente :

  • Faible taux de reproduction : Seules 30 % des femelles se reproduisent annuellement (1), avec une moyenne de seulement 2,7 blaireautins par portée.
  • Mortalité juvénile critique : Entre 50 % et 70 % des jeunes périssent avant leur première année (collisions routières, conditions climatiques).
  • Il n'existe pas de recensement fiable des populations de blaireaux dans le département 71. Les données fournies par les chasseurs sont partiales et insuffisantes pour prouver une surabondance.

- Il est illegal de tuer les "petits" de mammifères. Scientifiquement, le "petit" désigne l'individu inapte à assurer le renouvellement de l'espèce. Toute intervention avant l'émancipation totale (fin d'automne) impacte directement la pérennité démographique locale. En effet, les blaireautins naissent généralement entre janvier et mars. Ils restent dans le terrier pendant leurs premières semaines de vie et ne commencent à en sortir qu’aux alentours de 6 à 8 semaines, au moment du sevrage. À partir de là, ils apprennent progressivement à se nourrir seuls et à s’intégrer dans la vie sociale du clan. Cependant, leur développement est lent. Les études scientifiques montrent que le blaireau est considéré comme un « petit » tout au long de sa première année de vie (1). Autrement dit, les jeunes nés au printemps sont encore très immatures pendant l’été.
La Cour administrative d’appel de Bordeaux (avis du 24 février 2026) précise que la notion de « petits » correspond à un défaut d'autonomie (incapacité de survivre seul) et que cet état ne doit être assimilé ni à la période de sevrage, ni à la maturité sexuelle.
De plus, la vénerie sous terre est une méthode non-sélective. L'animal étant terré, le chasseur est incapable d'identifier l'âge ou le statut de l'individu avant l'extraction aux pinces.
- La destruction des terriers nuit à la biodiversité globale en impactant les espèces cohabitantes, dont certaines sont protégées : le Putois d'Europe, le Chat forestier, le Renard, le Lapin de garenne et diverses espèces de Chauves-souris.
- Les dégâts aux cultures sont minimes avec seulement 22 cas signalés et la vénerie sous terre n'est pas une solution adaptée pour les dégâts aux infrastructures routières ou ferroviaires.
- Il existe des alternatives non-létales : Les répulsifs naturels ont prouvé leur efficacité pour un coût moindre pour les finances publiques. Il est également possible de recourir à des terriers artificiels.

- La vénerie sous terre, par sa nature même (acculement par les chiens, extraction traumatique aux pinces métalliques, mise à mort manuelle), inflige une souffrance extrême et prolongée. Ce caractère barbare est en rupture totale avec l'évolution des mœurs et les attentes sociétales : 83 % des Français sont favorables à l'interdiction du déterrage (Sondage IPSOS 2018).
 
(1)  https://hal.science/hal-03035073v1  ( François Lebourgeois. Le blaireau européen (Meles meles L.). Synthèse des connaissances européennes. Partie 2: groupes familiaux, dynamiques des populations et domaines vitaux. Revue forestière française, 2020)
 

Recevez chaque semaine notre lettre d'infos.

Vous êtes désormais inscrit à la lettre d'infos d'Animal Cross.