Et si on réapprenait à vivre avec l’ours ?

 

 

Situation de la population des ours dans les Pyrénées – Nécessité du renforcement de la population

Histoire de L’ours dans les Pyrénées

  • Présence de l’ours en Europe depuis 250 000 ans
  • Début du XVIIIème siècle, présent encore dans les Pyrénées, le sud du Massif Central et dans certains espaces forestiers montagnards, des Alpes à la Franche-Comté
  • Première demande de protection : Le Prince Albert de Monaco en 1915 suite à une chasse en Ariège
  • En 1954, une première évaluation de la population ursine pyrénéenne est faite à 70 individus, en 1972 il en reste alors 35.
  • En 1982, François Mitterrand déclare à Foix « il faut sauver les ours »… Il ne reste alors que 13 ours dans les Pyrénées.
  • En 1984, le premier plan ours est lancé par le ministère de l’Environnement. On évoque la nécessité de retrouver au minimum une population d’une quarantaine d’ours.
  • En 1996-97, 1er lâcher de 3 ours (dont 2 femelles), et second lâcher en 2006 de 5 ours en Pyrénées centrales
  • Depuis 2006, pas de plan ours concret et sérieux et démission de l’Etat sur ce dossier
  • En 2013, interrogé par le ministre de l’écologie, le Museum d’histoire naturelle de Toulouse préconise de lâcher rapidement à minima 6 ours dans les Pyrénées. Leurs spécialistes estiment que les Pyrénées pourraient accueillir entre 110 et 258 ours.
  • Avec ces erreurs et lenteurs, on ne recense que 43 ours (2 en Pyrénées occidentales, 41 en Pyrénées centrales) en 2017.
  • 2018 : décision du Ministère de l’Environnement d’introduire deux ourses en Pyrénées occidentales
  • Une espèce en danger dans les Pyrénées occidentales, à renforcer dans les Pyrénées centrales.

Situation sur le terrain en  2018 et bilan

  • Même si les réintroductions ont été sujettes à controverses, elles sont globalement positives, sans quoi il n’y aurait plus d’ours dans les Pyrénées à ce jour.
  • Pour comparaison, la population d’ours en Espagne (région de Cantabrie et d’Asturie) est de 200 individus sur un territoire plus petit que les Pyrénées.
  • Sur le plan judiciaire, l’inaction de l’Etat a eu pour conséquence 2 condamnations à son encontre pour politique insuffisante :
    • En 2012 : la Commission européenne envoie une lettre de mise en demeure à la France pour avoir manqué à ces obligations de protection de l’espèce.
    • En mars 2018 : Le tribunal administratif de Toulouse condamne l’Etat français pour son manquement à la protection de l’ours brun des Pyrénées (non-respect de la Directive habitat de 1992).
  • La restauration des ours dans les Pyrénées : une obligation pour l’Etat français.

Une forte acceptation sociale de la présence de l’ours :

Pour preuve, le résultat du sondage réalisé en mars 2018 par l’IFOP, à la demande de 14 associations :

  • 84% des Français soutiennent le maintien d’une population d’ours dans les Pyrénées (soit une progression notable de + 8% par rapport au sondage précédent de 2008). Le soutien reste massif dans les Pyrénées occidentales avec 76 % d’avis favorables (78 % en Pyrénées-Atlantiques et 70 % en Hautes-Pyrénées).
  • 73 % des habitants des Pyrénées Occidentales sont favorables à des lâchers de femelles en Béarn (76 % en Pyrénées-Atlantiques ; 66 % en Hautes-Pyrénées).
  • Les résultats du sondage du mois de mars montrent que les citoyens français, comme la population pyrénéenne, souhaitent pouvoir vivre dans un environnement préservé, avec une biodiversité assumée et libre, sur des espaces partagés qui ne sont pas la propriété exclusive des éleveurs.
  • On constate que de nombreux pyrénéens  se servent de l’image de l’ours : restaurateurs, hôteliers, commerces de proximité, office du tourisme des vallées, élus locaux…
  • L’ours est une espèce visible. Sa protection et celle de son milieu bénéficie à de nombreuses autres espèces qui ne bénéficient pas du même intérêt par le grand public. Préserver les espèces remarquables est essentiel pour éviter le pillage des ressources naturelles.

 

L’opposition:

  • Les tensions avec le monde cynégétique se sont apaisées et les chasseurs ne sont plus opposés à la présence de l’ours.
  • Un noyau dur d’anti-ours perdure essentiellement en Ariège et quelques autres sont disséminés dans les Pyrénées. Ce sont les mêmes qui ne protègent pas leurs troupeaux et qui récupèrent de plus en plus d’indemnisations de l’Etat. Les anti-ours sont en général contre le partage des espaces naturels et de la montagne, et contre toute forme de cohabitation.
  • Globalement, la pastoralisme pyrénéen ovin de montagne perd entre 18 000 et 30000 bêtes  par an (fortement subventionné…). Or, les dégâts imputables à l’ours représente moins de 1 % de la totalité. La responsabilité de l’ours est donc minime. Ce dernier est plutôt le bouc émissaire des problèmes de l’élevage de montagne en général.
  • Une opposition limitée mais visible

Valoriser la présence de l’ours

  • La présence d’ours, si elle est correctement valorisée, permet d’attirer de nombreux touristes et de créer des emplois (guides, hébergements, restaurants, producteurs locaux…). De nombreuses personnes voyagent chaque année à travers le monde en « terres des ours ». Les Pyrénéens auraient tout à gagner à accepter la présence de l’ours et à devenir une destination prisée par les naturalistes et les amoureux de la nature, qui actuellement préfèrent se rendre en Espagne, en Italie, en Roumanie, en Finlande, aux Etats-Unis…
  • L’acceptation de l’ours permet de développer des labels pour valoriser les produits locaux. C’est toute une économie qui peut en bénéficier.
  • Au-delà de l’aspect économique, la présence de l’ours est un indicateur de la très bonne qualité de l’environnement, dont bénéficient en premier lieu les Pyrénéens.
  • L’ours, un atout pour le territoire

 

Ce que l’on demande  : 

  • Nous demandons le maintien et la pérennisation de la population d’ours sur ce territoire spécifique que sont les Pyrénées françaises.
  • Tout citoyen du monde doit pouvoir bénéficier de la nature, de la biodiversité et du patrimoine de la France.
  • Nous demandons aux parlementaires de ne pas s’opposer à la conservation de l’ours sous la pression de militants pastoraux, mais au contraire de créer les conditions favorables au dialogue, en se rapprochant des associations qui œuvrent pour une cohabitation harmonieuse. Il convient d’insister sur la prévention et d’assurer que les éleveurs mettent en place les moyens de protection qui ont déjà fait leurs preuves contre la prédation des troupeaux.
  • Il faut continuer à soutenir les acteurs locaux qui jouent le jeu par la création de labels.
  • Condamner avec fermeté les débordements et rappeler que le dérangement intentionnel ou la destruction d’une espèce protégée est un délit, car seule une cohabitation harmonieuse permettra aux Pyrénéens de tirer le meilleur profit de la présence de l’ours sur leur territoire.
  • Nous souhaitons enfin que les parlementaires apportent leur soutien au plan de renforcement qui sera proposé par le Ministère.

 

Pour répondre aux questions les plus fréquentes sur l’ours dans les Pyrénées, l’association Altaïr Nature a conçu une série de clips vidéo pour tout comprendre en 5 minutes.

Cette série de 5 épisodes vient répondre aux questions les plus fréquemment posées sur l’ours dans les Pyrénées.