Champ de cadavres dans une estive des Pyrénées

Champ de cadavres dans une estive des Pyrénées

Des cadavres éparpillés dans la montagne, des moutons qui peinent à marcher et des animaux laissés dans une situation préoccupante. Le 20 septembre, près du col du Soulor, Animal Cross a découvert une scène difficilement supportable sur une estive des Pyrénées. Notre association dénonce les conditions de surveillance de ce troupeau et a porté plainte pour délaissement (article 521-1 du code pénal).

Enquête Animal Cross : découverte de moutons morts et en souffrance sur une estive des Pyrénées.

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Une découverte dramatique à près de 2 000 mètres d’altitude

Il faut environ 2 h de marche et 700 mètres de dénivelé positif depuis le cirque du Litor pour rejoindre la cabane de Larue, située à 1 968 mètres d’altitude.

C’est sur cette estive difficile d’accès qu’Animal Cross a découvert une vingtaine de moutons morts récemment, ainsi qu’environ 90 animaux encore vivants. Parmi eux, une douzaine présentaient d’importantes difficultés à marcher.

Selon plusieurs témoignages recueillis par notre association, le bilan réel pourrait être bien plus lourd, environ une cinquantaine de moutons morts. Des sources concordantes rapportent également que les visites du berger ou de l’éleveur auraient été très espacées, laissant les animaux sans la surveillance et les soins réguliers dont ils avaient besoin.

La difficulté d’accès à une estive ne peut justifier de laisser des animaux souffrir sans soins adaptés.

Fièvre catarrhale : le risque sanitaire ne s’arrête pas en altitude

Plusieurs causes de mortalité sont envisagées, notamment la fièvre catarrhale ovine (FCO) et le parasitisme.

Selon une source d’Animal Cross, les moutons n’auraient pas été vaccinés contre la FCO, au motif que l’altitude limiterait la présence des insectes vecteurs. Pourtant, avec les canicules et le réchauffement climatique, des insectes piqueurs seraient présents à près de 2 000 mètres d’altitude.

Le pastoralisme ne doit pas faire oublier la souffrance animale

Derrière l’image idyllique des troupeaux en liberté dans les paysages pyrénéens, la réalité peut être bien différente.

Les animaux envoyés en estive restent dépendants des humains pour leur surveillance, leur protection et leurs soins. Les laisser pâturer en montagne ne dispense pas de veiller à leur état de santé.

Animal Cross dénonce cette situation et a porté plainte pour délaissement. Les animaux d’élevage ont droit à des soins et à une protection effective, y compris en altitude.

Ici, pastoralisme ne rime pas avec romantisme.

Désinformation et confusion des genres lors des Rencontres du pastoralisme à Ax-les-Thermes

Désinformation et confusion des genres lors des Rencontres du pastoralisme à Ax-les-Thermes

Face aux déclarations alarmistes et aux contrevérités scientifiques martelées lors de la 41e Rencontre nationale du pastoralisme à Ax-les-Thermes, les associations signataires tiennent à rétablir les faits et à mettre en garde contre les dérives rhétoriques qui compromettent l’avenir des montagnes pyrénéennes.

1. La vérité sur les chiffres : Non, il n’y a pas « 1 ours tous les 7 km2 » en Ariège !

La Fédération pastorale de l’Ariège affirme qu’il y a désormais « un ours tous les 7 km2 ». Même en réduisant le périmètre aux seules surfaces d’estives ariégeoises (environ 1 100 km2), ce ratio signifierait que plus de 150 ours occupent les hauts pâturages du département…

On en est loin : L’effectif total compte environ 130 ours sur l’ensemble de la chaîne pyrénéenne (France, Espagne et Andorre compris). Selon le dernier rapport de l’OFB, 57 ours auraient fréquenté l’Ariège en 2025, sans tous s’y cantonner. Soit au maximum un ours pour 19 Km2 d’estive, alors que l’ours ne s’y limite pas …

Agiter une telle surenchère sert à fabriquer un sentiment d’encerclement imaginaire pour éviter d’aborder sereinement la cohabitation et la protection des troupeaux.

2. Le mythe du « végétarien » : instrumentalisation d’une contre-vérité scientifique

Prétendre qu’on aurait promis un ours « invisible et végétarien » est un pur mensonge. Aucun biologiste, aucune association, aucun programme officiel n’a jamais qualifié l’ours brun de végétarien. Comme le démontre encore une thèse récente, dans les Pyrénées, l’ours est un omnivore opportuniste à dominante herbivore (80 % de son régime alimentaire).

Les éleveurs le savent, les scientifiques le documentent depuis toujours. Faire croire qu’on a « trompé » la profession vise encore à esquiver le sujet central des mesures de protection.

3. La « robustesse » dévoyée : un mot à la mode pour masquer les vieilles recettes du productivisme

Les représentants agricoles appellent à viser la « robustesse » par la « régularité » et la « maîtrise des coûts ». C’est un détournement sémantique total.

Selon les travaux du biologiste Olivier Hamant, la robustesse désigne la capacité d’un système à rester stable malgré les fluctuations, en intégrant la (bio)diversité, les erreurs, la redondance et la flexibilité.

Ce que réclament ces responsables agricoles sous le mot « robustesse », c’est exactement l’inverse : l’optimisation productiviste (rentabilité, baisse des coûts, élimination des aléas naturels). Un système optimisé, figé et refusant le moindre risque est par définition extrêmement fragile et donc ni durable ni robuste.

Le pastoralisme a besoin de vraie robustesse : diversification des pratiques, présence humaine renforcée, troupeaux protégés et acceptation de la complexité de la montagne, y compris dans sa composante sauvage.

Pour un pastoralisme d’avenir, réellement robuste

La cohabitation avec les grands prédateurs n’est pas la cause de la crise du pastoralisme, elle en est le révélateur. Le véritable « plan social » de l’agriculture dénoncé par les syndicats est le fruit du modèle économique globalisé qu’ils prônent, pas des ours qui arpentent le massif.

Les associations signataires réaffirment leur engagement et leur soutien aux éleveurs qui font le choix de la protection des troupeaux, de la valorisation de leurs produits et d’un pastoralisme réellement robuste, seul capable de s’adapter aux réalités écologiques du XXIe siècle.

Associations signataires :

Pays de l’Ours – Adet, Ferus, FNE Occitanie – Pyrénées, Comité Ecologique Ariégeois, FIEP Groupe Ours Pyrénées, Nature Comminges, SEPANSO Pyrénées-Atlantiques, Animal Cross, Vétérinaires pour la Biodiversité, Société Nationale de Protection de la Nature.

La libre évolution au cœur d’un colloque au Palais Bourbon

La libre évolution au cœur d’un colloque au Palais Bourbon

Le 30 septembre 2026, la députée Chantal Jourdan invite la Coordination Libre Évolution à un colloque au Palais Bourbon pour repenser notre rapport au vivant.

Et si protéger certains espaces naturels consistait aussi à leur laisser la possibilité d’évoluer selon leurs propres dynamiques ? C’est la question que pose la libre évolution, une approche qui vise à réduire les pressions et les interventions humaines sur les écosystèmes.

De 13 h 30 à 18 h 30, cette journée réunira des acteurs associatifs, scientifiques et publics. Elle permettra de présenter les initiatives déjà engagées en France, d’examiner les freins à leur développement et de réfléchir aux leviers qui pourraient donner davantage de place à la libre évolution dans les politiques de protection de la biodiversité.

Informations pratiques
Mercredi 30 septembre 2026, de 13 h 30 à 18 h 30
Palais Bourbon, salle Colbert — 126 rue de l’Université, Paris 7ᵉ

Consultez le programme complet et remplissez le formulaire d’inscription.
Voir le communiqué de presse

Le loup s’installe dans le Rhône : plutôt que de l’exclure, préparons la cohabitation

Le loup s’installe dans le Rhône : plutôt que de l’exclure, préparons la cohabitation

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
16/09/2026 à Lyon

Le loup s’installe dans le Rhône : plutôt que de l’exclure, préparons la cohabitation

L’installation du loup est désormais confirmée dans le département du Rhône. L’observation de louveteaux dans le massif du Pilat atteste de la reproduction de l’espèce et de la constitution d’une première meute sur le territoire. Alors que les attaques sur les troupeaux se multiplient et que le préfet du Rhône vient d’autoriser la mobilisation des lieutenants de louveterie pour des tirs de défense, nos associations appellent à regarder cette situation avec lucidité : le loup est en train de recoloniser progressivement tout le territoire français !

Cette installation départementale est une bonne nouvelle pour la biodiversité et la santé de notre environnement. Plutôt que de chercher à repousser indéfiniment cette dynamique, nous devons concentrer nos efforts sur les conditions d’une cohabitation durable.

Les tirs létaux ne sont pas une solution à long terme

Des tirs létaux visant une nouvelle et première meute en installation dans le Pilat tendraient davantage à son éradication qu’à sa gestion. Clôtures électriques adaptées, chiens de protection, présence humaine, programmes de terrains sur la base du bénévolat, ont fait leurs preuves depuis de nombreuses années. Grâce à la volonté des éleveurs de protéger leurs troupeaux en bénéficiant des appuis techniques et financiers mis à disposition dans le cadre du Plan national d’actions sur le loup et les activités d’élevage 2024-2029 (PNA), les dommages, quand ils ne sont pas stoppés, sont largement contenus.

Enfin, nos associations préconisent, quand il est nécessaire, le tir d’effarouchement déjà prévu dans le protocole de gradation des moyens de protection des troupeaux dans le cadre du PNA.

De plus, nos associations rappellent que les grands prédateurs jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes, notamment par leur contribution à la régulation des ongulés.

Repousser le loup aujourd’hui, c’est retarder une évolution nécessaire

Nous entendons et comprenons la détresse des éleveurs confrontés aux attaques et refusons d’opposer protection du loup et défense de l’élevage. Pour nos associations, la priorité doit être donnée à la prévention des attaques, à la protection des troupeaux et à l’adaptation des pratiques pastorales.

Nos associations souhaitent prendre part à cette réflexion collective aux côtés des éleveurs, des collectivités, des services de l’État et des autres acteurs concernés.

Contact presse

ASPAS : Thierry RUF – 06 10 27 44 23
FNE Loire : André ULMER, Référent Loup – andre.ulmer@free.fr
FNE Rhône : Salomé BOURG, Directrice opérationnelle – 06 25 24 16 90
LPO AuRA : Patrice FRANCO, Directeur territorial Rhône et Métropole de Lyon – 06 89 78 70 19

Effarouchements de l’ours en Ariège : les associations prennent acte de la décision du Conseil d’État et réorganisent leur combat juridique

Effarouchements de l’ours en Ariège : les associations prennent acte de la décision du Conseil d’État et réorganisent leur combat juridique

Les associations impliquées dans la protection de l’ours (Pays de l’Ours – Adet, FERUS, Comité Écologique Ariégeois, FIEP, Animal Cross, SNPN) prennent acte de l’ordonnance rendue ce 20 août 2026 par la juge des référés du Conseil d’État et réaffirment leur détermination à agir en faveur de l’ours et d’une cohabitation apaisée.

En annulant les suspensions d’urgence prononcées par le Tribunal administratif de Toulouse, la Haute juridiction prend la responsabilité d’autoriser la mise en œuvre de tirs d’effarouchement par des civils dans les Pyrénées.

Un revers de plus pour le droit de l’environnement face à l’urgence biologique

Nos associations déplorent que le Conseil d’État ait refusé de constater l’illégalité manifeste d’une mesure de perturbation intentionnelle et les risques de traumatismes auditifs et de perturbations graves pour les femelles suitées et leur portée pouvant, à terme, remettre en cause l’état de conservation de l’espèce.

Par ailleurs, confier ces tirs à des éleveurs ou bergers non assermentés et directement
impliqués émotionnellement, dans un climat ariégeois marqué par des tensions
exacerbées et des destructions illégales d’ours par arme à feu, est une décision
inconséquente.

Notre détermination reste entière

Cette décision d’urgence (référé) ne clôt pas le débat sur le fond.

Nos associations adaptent immédiatement leur stratégie et entendent bien faire respecter
le droit européen et la biodiversité :

  1. Poursuite des recours au fond : nous mènerons à leur terme les recours en excès de pouvoir contre l’arrêté interministériel du 13 juillet 2026 qui a permis cette dérégulation.
  2. Contrôle citoyen des dérogations : nous exigerons une transparence totale sur le respect des rares obligations prévues, notamment la transmission sous 72H des compte-rendus d’opération et la réalisation d’une étude de vulnérabilité visant à adapter la conduite pastorale avant la saison prochaine.
  3. Promotion des alternatives non violentes : nous continuerons de démontrer que les moyens de protection “classiques” (gardiennage, parcage nocturne, chiens de protection, gardes nocturnes de bergers d’appui) offrent des taux d’efficacité et d’efficience supérieurs aux détonations sonores, tout en limitant l’impact sur la faune sauvage.
Nous appelons l’État à cesser de fuir ses responsabilités et à promouvoir et garantir une véritable culture de la cohabitation basée sur la protection effective des troupeaux comme des ours.

Communiqué commun : Pays de l’Ours – Adet, FERUS, Comité Écologique Ariégeois, FIEP, Animal Cross et SNPN.

Déposition d’une proposition de loi au Sénat pour lutter contre les maladies héréditaires chez les chiens et les chats

Déposition d’une proposition de loi au Sénat pour lutter contre les maladies héréditaires chez les chiens et les chats

Pau, le 26 mai 

Une proposition de loi visant à lutter contre les maladies héréditaires et les dérives de sélection chez les chiens et les chats a été déposée par sénateur Daniel Salmon d'Ille-et-Vilaine (Bretagne), groupe EELV,  afin de renforcer la protection du bien-être animal et d’encadrer plus strictement la reproduction des animaux de compagnie.

des souffrances largement documentées

Le texte part d’un constat simple : certaines pratiques de sélection ont conduit au développement de races exposées à des pathologies graves et prévisibles, générant des souffrances chroniques parfois incompatibles avec une vie normale, pour des centaines de milliers de chien. Difficultés respiratoires chez les races brachycéphales, dysplasies articulaires, maladies cardiaques, troubles neurologiques ou dermatologiques : ces atteintes ne relèvent plus de cas isolés mais de prédispositions largement documentées par la littérature scientifique et vétérinaire.
Une maltraitance génétique s’est institutionnalisée.

La situation actuelle, comptant sur la bonne volonté des acteurs des filières (éleveurs, clubs de race, Société centrale canine - SCC et Livre Officiel des Origines Félines - LOOF) est très insuffisante, certains éleveurs pratiquant des sélections responsables alors que d’autres s’en affranchissent. Ce texte traite en même temps des animaux de race et d’apparence pour éviter que les obligations pesant sur les races ne créent un développement des animaux d’apparence (chiens et chats issus des races mais sans être inscrits au livre généalogique), revendication principale de la SCC et du LOOF.
Il place le vétérinaire au cœur du système car lui seul peut déterminer si les chiens et chats sont à faible risque de maladie héréditaire, l’absence de risque n’existant pas. On peut estimer qu’au moins 600 000 chiens sont concernés (LOF et chiens d’apparence) et des dizaines de milliers de chats.

Les principales mesures de la proposition de loi :

La proposition de loi prévoit notamment :

  • l’interdiction de la commercialisation et de l’importation d’animaux de compagnie issus sélection génétique à risque
  •  l’interdiction de la reproduction de chiens et chats lorsque les croisements ne permettent pas de réduire au minimum les risques de souffrance liés aux maladies héréditaires ;
  • l’interdiction des races dans une impasse génétique ;
  • l’inscription sur le livre généalogique seulement des chiens et chats à risque minime de maladies héréditaires ;
  • la délivrance du certificat de cession vétérinaire, certificat existant déjà, uniquement pour les chiots et chatons issus d’un croisement minimisant les risques  de  maladies héréditaires;
  • l’obligation de faire figurer dans les annonces de cession les résultats des tests de dépistage ;
  • l’interdiction à terme de l’appellation chiens et chats “d’apparence”, les chiens et chats d’apparence  ne pouvant plus se revendiquer d’une race;
  • l’interdiction de la publicité pour des races à risque ;
  • la possibilité pour les associations de protection animale de recourir en justice contre les élevages pratiquant la maltraitance génétique.

L’adoption récente d’un règlement européen sur le bien‑être des chiens et des chats applicable à partir de 2030 demeure insuffisante, le texte ne couvrant pas pleinement les animaux d’apparence et ne prévoyant pas de modalités de contrôle adaptées. 

 

CONTACT 

 

Benoît Thomé

benoit@animal-cross.org