L’Ours des Pyrénées : Pourquoi est-il si difficile pour les ours pyrénéens de se rencontrer ?

L’Ours des Pyrénées : Pourquoi est-il si difficile pour les ours pyrénéens de se rencontrer ?

Comment l'aménagement du territoire influence ses déplacements ?

Une étude scientifique majeure publiée en mars 2026 par l'OFB et le Muséum National d’Histoire Naturelle, fait la lumière sur la « connectivité » de notre massif : Le relief pyrénéen naturel et anthropisé permet-il de laisser circuler cette espèce emblématique, toujours aujourd'hui en danger critique d'extinction ?

Une étude inédite pour briser l’isolement

La population d’Ours brun des Pyrénées revient de loin, mais elle reste fragile. Son principal défi aujourd'hui n'est pas seulement le nombre d'individus, ou la faiblesse génétique, mais leur isolement. La population est en effet fragmentée en deux noyaux (l’un à l’ouest et l’autre au centre-est) qui communiquent très peu entre eux : depuis 2016, seuls trois mâles ont réussi à passer d’un groupe à l’autre.

Pour comprendre ce qui bloque la fluidité des déplacements ursins, l'étude « Connectivité fonctionnelle des paysages pyrénéens pour l’Ours brun » (Dumortier et al., 2026) a analysé plus de 45 000 localisations GPS et VHF ainsi que des milliers d'indices de présence sur l'ensemble de la chaîne franco-espagnole et andorrane. L'objectif ? Identifier les « autoroutes » naturelles (les corridors) et les obstacles qui empêchent le brassage génétique indispensable à la survie de l'espèce.

Le relief : entre refuge et barrière physique

Si l’ours est un montagnard agile, il ne grimpe pas n’importe où au hasard. L’étude confirme que le relief joue un rôle déterminant dans ses mouvements :

  • L’étage idéal : Les ours privilégient les altitudes intermédiaires (généralement entre 800 et 1 800 mètres) où ils trouvent le meilleur compromis entre nourriture et tranquillité.
  • Les sommets infranchissables : Les massifs de très haute altitude, comme le Néouvielle ou le Pic du Midi de Bigorre, agissent comme de véritables freins. Les pentes raides (supérieures à 70 %), les falaises et l’absence de forêt pour se cacher rendent ces zones coûteuses en énergie et dangereuses.
  • Le besoin de forêt : Le couvert forestier est essentiel pour les déplacements diurnes et le repos. Les zones trop ouvertes ou rocheuses de haute altitude sont évitées, faute d’abris. Les femelles, plus petites et souvent accompagnées d'oursons, sont d'ailleurs particulièrement dépendantes de ces zones escarpées mais boisées pour leur sécurité.

L’activité humaine : le vrai « mur » pour les ours

Le relief n'explique pas tout. Le développement humain est le principal facteur de fragmentation de l'habitat de l'ours :

  • Les routes, obstacles majeurs : Les axes routiers dans les vallées (comme la route d'Aragnouet-Bielsa ou l'axe Foix-Ax les Thermes) constituent des barrières majeures. Plus le trafic est dense, moins l'ours ose traverser. Dans les zones où les routes sont nombreuses, les ours sont contraints de réduire la taille de leur territoire. Voir un ours près d'axe routier ou traverser des routes la nuit ne démontre pas un comportement déviant. (vidéo ici)
  • L’évitement de l’homme : Les ours perçoivent les activités humaines comme une menace. Ils évitent soigneusement les zones urbanisées et les plaines agricoles intensives. Cette méfiance repousse les ours vers des zones de montagne plus accidentées, limitant ainsi leurs possibilités de rencontre entre les deux noyaux de population.
  • Un enjeu de cohabitation : Pour assurer l'avenir de l'ours, l'étude souligne l'urgence d'aménager le territoire. Cela passe par la création de passages à faune (ponts ou tunnels) et de systèmes d'alerte pour les automobilistes là où les corridors écologiques croisent les routes.

Améliorer la circulation de l'ours, c'est protéger l'ensemble de la biodiversité pyrénéenne.

En tant qu'espèce parapluie, l'ours a besoin de vastes territoires préservés pour se déplacer, se nourrir et se reproduire. Les actions mises en place pour préserver ses habitats et renforcer leur connectivité bénéficient également aux oiseaux, mammifères, insectes, amphibiens et à toute la biodiversité qui partage ces espaces.

Préserver une espèce parapluie, c'est donc protéger un écosystème entier, ce qui en fait un levier essentiel pour la conservation de la nature.

Référence : Dumortier N., Carruthers-Jones J., Sentilles J., Quenette P.-Y., Lemaître P.-L. & Vanpé C. 2026. — Connectivité fonctionnelle des paysages pyrénéens pour l’Ours brun Ursus arctos Linnaeus, 1758. Naturae 2026 (4): 81-105.

Consultation publique ours : Non aux tirs d’effarouchement renforcés !

Consultation publique ours : Non aux tirs d’effarouchement renforcés !

CECI EST UNE CONSULTATION PUBLIQUE MISE EN LIGNE PAR LE MINISTÈRE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE


Le gouvernement a lancé une consultation publique sur un projet d'arrêté ministériel visant à modifier les conditions d'effarouchement de l'ours brun dans les Pyrénées pour la saison 2026
. Ce texte prévoit d'étendre la pratique de l'effarouchement renforcé (tirs à double détonation) à des intervenants extérieurs à l'Office français de la biodiversité (OFB), tels que les éleveurs, les bergers et les lieutenants de louveteries. L'objectif affiché est d'accroître la réactivité face aux attaques de troupeaux en permettant des interventions plus rapides.

Un projet alarmant qui ouvre la porte AUx dérives

Ce projet présente de graves lacunes et dangers pour la survie de l'espèce :

  • Incompatibilité avec la conservation : L'ours brun est une espèce strictement protégée. Malgré une légère augmentation, la population pyrénéenne reste fragile et sa diversité génétique est insuffisante pour garantir sa viabilité à long terme. Assouplir les règles d'effarouchement contredit ces objectifs de protection. Les tirs peuvent provoquer stress, fuite désordonnée et un risque d'avortement des mères enceintes.

     

  • Manque d'expertise et risques d'erreurs : Confier des tirs à double détonation à des personnes (bergers ou éleveurs) qui peuvent avoir un a priori négatif sur l'ours est risqué. Il est complexe de distinguer, sur le terrain, une simple présence à proximité d'une véritable attitude de prédation sans ambiguïté.

     

  • Danger pour les oursons : Il existe un risque réel que des tirs assourdissants séparent une femelle de ses oursons, compromettant leur survie, malgré les mentions de précaution dans le texte.  

     

  • Critères flous et incertitude juridique : Les textes sont contradictoires : certains passages exigent une "attitude de prédation" manifeste, tandis que d'autres autorisent le tir dès qu'un ours est repéré à "proximité immédiate". Cette ambiguïté peut mener à des interventions excessives

Mobilisons-nous avant le 29 juin !

Il est crucial de réagir, car une majorité de contributions à la consultation publique sont actuellement favorables au projet. De nombreux participants soutiennent que l'ours doit "réapprendre la crainte de l'homme" pour protéger le pastoralisme.

Si nous ne nous faisons pas entendre, ces mesures dérogatoires pourraient devenir la norme, au détriment de la biodiversité. Vous avez jusqu'au 29 juin 2026 pour déposer votre avis et demander le retrait de ces dispositions dangereuses pour l'avenir de l'ours dans nos montagnes.

pour participer ⬇️​

ÉTAPE 1 : Cliquez sur le lien de la consultation 👇​

ÉTAPE 2 : Descendez en bas de la page de la consultation et cliquez sur ⬇️​

 

ÉTAPE 3 : copier coller le texte ci-dessous "Notre proposition de réponse" (pour l'afficher appuyer le petit + à droite du texte dans l'encadré).

Changez quelques mots et phrases pour que votre réponse soit prise en compte (si tout le monde met le même texte, le commentaire ne sera pas pris en compte).

NOTRE PROPOSITION DE RÉPONSE À ADAPTER AVEC VOS MOTS

1. Une mesure incompatible avec les objectifs de conservation de l’espèce

L’ours brun est une espèce strictement protégée à l’échelle nationale et européenne. Malgré les progrès observés ces dernières années, la population pyrénéenne demeure fragile : ses effectifs restent limités et sa diversité génétique insuffisante pour garantir sa viabilité à long terme. Dans ce contexte, l’extension ou l’assouplissement des dispositifs d’effarouchement apparaît en contradiction avec les objectifs de préservation et de restauration de l’espèce.

2. Une dérogation qui nécessite un encadrement rigoureux

L’effarouchement constitue une mesure dérogatoire au régime de protection de l’ours. À ce titre, sa mise en œuvre doit rester strictement encadrée et confiée à des personnes disposant d’une parfaite connaissance de la réglementation, des conditions d’intervention et des enjeux liés à la conservation de l’espèce.

Il sera difficile à des personnes peu formées (Bergers, éleveurs, personnes du groupement pastoral), ayant, pour certains, un a priori négatif sur la présence de l’ours dans les Pyrénées, de distinguer une  attitude de prédation sans ambiguïté avant d’enclencher des tirs à double détonations.

3. Un risque d’erreurs d’appréciation sur le terrain

L’arrêté prévoit d’élargir le nombre de personnes susceptibles de réaliser des tirs d’effarouchement. Or, il peut être particulièrement difficile pour des intervenants peu ou pas formés (Bergers, éleveurs, personnes du groupement pastoral), et parfois déjà opposés à la présence de l’ours, d’évaluer avec objectivité le comportement de l’animal.

La distinction entre une simple présence à proximité du troupeau,  et une véritable attitude de prédation sur un troupeau regroupé, peut s’avérer complexe, avec un risque accru de déclenchement injustifié des tirs à double détonation. Nous pouvons aussi douter de leur diligence et discernement, dans le cas d’une détection d’une femelle avec un ou plusieurs oursons, à veiller à ce que le tir assourdissant d’un tir à double détonation ne les sépare pas. Pas d’effarouchement envers des femelles suitées.

4. Des critères d’intervention insuffisamment précis

Les conditions autorisant le recours aux tirs d’effarouchement demeurent ambiguës et laissent une large place à l’interprétation. Alors que le paragraphe 6° de l’article 1 précise que l’intervention ne doit avoir lieu que lorsque l’ours se dirige « sans ambiguïté » vers le troupeau dans une attitude de prédation, le paragraphe 1° indique qu’il suffit qu’un ours soit repéré « à proximité immédiate » d’un troupeau regroupé pour la nuit. Cette contradiction crée une incertitude juridique et opérationnelle susceptible de conduire à des interventions excessives ou inappropriées.

Protégeons nos ours pyrénéens 
Ours des Pyrénées : Il est urgent de désamorcer la bombe génétique ! ⚠️🐻🧬

Ours des Pyrénées : Il est urgent de désamorcer la bombe génétique ! ⚠️🐻🧬

Communiqué de presse commun, le 26 mars 2026

 

À rebours du discours indiquant que “tout va bien” pour l’ours brun dans les Pyrénées, l’évolution de la population soulève des questions fondamentales sur la viabilité de l’espèce.

Afin de disposer d’éléments objectivés concernant la menace liée à la consanguinité, l'association Pays de l'Ours - Adet a confié au bureau d’études privé LDgenX une expertise démogénétique de la population d’ours des Pyrénées.

Le dossier “Ours des Pyrénées : l’urgence de désamorcer la bombe génétique” revient sur les résultats tirés de l’étude, dresse le constat de l’inaction publique malgré les alertes, rappelle l’État à ses obligations et adresse des demandes précises au Ministère de la Transition écologique.

Après modélisation et simulations des évolutions possibles, le constat dressé par le bureau d'études est sans appel : “Malgré une apparente croissance en nombre, l’érosion génétique reste sévère et constitue une alerte pour la viabilité future de l’espèce.”
90 % des ours présents dans les Pyrénées descendent de seulement deux femelles et un mâle. Cette base fondatrice extrêmement étroite a conduit à un triplement de la consanguinité en 20 ans. Sans intervention rapide, ce taux devrait encore doubler d'ici deux décennies. Or, la consanguinité a déjà des effets perceptibles sur la reproduction et la survie des ours.

La cause de cette situation est claire : depuis plus de 20 ans, les gouvernements successifs ont systématiquement négligé (et parfois occulté) les alertes des scientifiques préconisant de lâcher des ours afin de viabiliser la population. Or, la France a l’obligation de restaurer une population viable d’ours dans les Pyrénées.

Alain Reynes, directeur de Pays de l’Ours – Adet, interpelle :

“Nous ne pouvons plus fermer les yeux, il y a urgence à enrayer la consanguinité, au risque qu’elle devienne incontrôlable et durablement préjudiciable à la population d’ours brun. Il en est encore temps, mais l’inaction n’est plus une option.”

S’appuyant sur les préconisations des experts du bureau d’études LDgenX, Pays de l’Ours - Adet, Animal Cross, ainsi que les autres associations en soutien demandent notamment à la ministre de la Transition écologique :

  • le remplacement immédiat des 4 ours morts de cause humaine dans les Pyrénées en 2020-2021, conformément à l’engagement pris dans l’actuel plan d’action ;

  • la création d’un “Comité Scientifique Ours” indépendant ;

  • la mise à l’étude dès maintenant d’un nouveau Plan National d’Action en faveur de l’ours, incluant le lâcher de 30 ours dans les Pyrénées d’ici à 2040.

Pour la conservation de l’ours brun des Pyrénées, l’heure n’est plus à la contemplation des courbes d'effectifs, mais à la relance de la restauration démogénétique de la population.

Contact presse :    contact@animal-cross.org

 

 

OURS : un premier bilan 2025 et les perspectives

OURS : un premier bilan 2025 et les perspectives

Cette année 2026 est marquée par le 30e anniversaire du premier lâché d'ours : mais que d’évènements depuis !

La population est factuellement en constante augmentation chaque année (96 ours en 2024 et + 11 % en moyenne depuis 2006), et les dernières observations visuelles et les analyses partielles de l’OFB sur l’année 2025 laissent présager encore une évolution positive de la population d’ours dans les Pyrénées :

-Des portées ont été détectées (à minima 6 avec 9 oursons)

-Le vieil ours NERE a encore été détecté en Ariège et plus récemment en octobre 2025 dans les Hautes-Pyrénées.

Une population en hausse, mais les problèmes génétiques persistent

Tout porterait à croire que  maintenant "c'est gagné", et que l'espèce est saine et viable ; ce sont souvent les arguments repris par leurs détracteurs afin de pousser l’état à réguler l’espèce !

La population d’ours brun dans les Pyrénées fait face à des problèmes génétiques substantiels qui menacent sa viabilité à moyen ou long terme en raison de sa petite taille et de son historique de gestion. Le problème génétique le plus notable est le niveau élevé et croissant de consanguinité au sein de la population :

  • Le coefficient moyen de consanguinité (F) de la population pyrénéenne a plus que doublé entre 2006 (0,063) et 2020 (0,132) .
  • Cette forte consanguinité résulte principalement de la monopolisation de la reproduction par le mâle dominant Pyros jusqu'à sa disparition supposée en 2018.
  • Les accouplements entre individus apparentés sont fréquents, incluant 13 accouplements entre père et fille4 entre frère et sœur et un entre demi-frère et demi-sœur, détectés durant la période d'étude jusqu'en 2020.
  • Ce niveau de consanguinité représente un risque potentiel élevé de dépression de consanguinité (réduction du succès de reproduction et/ou de la survie des individus).

Une étude démo-génétique est actuellement, menée par le Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN), l'OFB et le SLU (Université suédoise des sciences agricoles), afin de quantifier précisément les effets de cette consanguinité sur la démographie des ours dans les Pyrénées. Les résultats complets de cette thèse sont attendus pour la fin de l'année 2026, et nous espérons que l’état tiendra compte des conclusions et lâchera enfin des ours afin de renouveler le patrimoine génétique de la population ursine des Pyrénées.

Consultation : une révision inquiétante des mesures de conditionnement aversif des ours

Consultation : une révision inquiétante des mesures de conditionnement aversif des ours

Un nouveau projet d’arrêté, actuellement soumis à consultation publique, vise à modifier le cadre permettant aux préfets de mettre en place des mesures de conditionnement aversif à l’encontre des ours bruns dans les Pyrénées.

Principaux Changements

Changement de dénomination : Le terme « ours à problème » est remplacé pour se concentrer sur le comportement ponctuel de l'animal plutôt que sur l'individu lui-même.
Retrait de la « surprédation » : Les cas d'attaques répétées sur le bétail ne sont plus traités par ce protocole, mais par un cadre distinct (effarouchements simples et renforcés), car ces dommages sont souvent le fait de plusieurs ours et non d'un seul.
Simplification administrative : Un nouvel arrêté cadre permet aux préfets de mettre en œuvre des mesures de conditionnement sans attendre l'avis systématique du CSRPN (Conseil scientifique régional du patrimoine naturel), ce qui accélère l'intervention.

Comportements ciblés

Le protocole définit deux catégories de comportements justifiant une intervention :
1. La familiarité : Absence de fuite devant l'homme, présence diurne répétée dans des zones habitées, ou alimentation régulière via des ressources liées aux activités humaines.
2. L'agressivité : Grognements, charges d'intimidation non provoquées, ou attaques directes contre l'homme.

Mesures d'Intervention : Le Conditionnement Aversif

Le texte se concentre particulièrement sur l'étape 2 du protocole : le conditionnement aversif.

Méthode : Elle consiste à créer un réflexe de peur chez l'ours en associant un stimulus négatif à son comportement. Cela inclut des tirs de balles en caoutchouc vers l'arrière-train de l'animal et l'usage de munitions à double détonation pour l'effrayer sans le blesser durablement,,.
Exécution : Seuls les agents formés de l'Office français de la biodiversité (OFB) sont autorisés à mener ces opérations,.
Précautions : Une attention particulière est portée aux femelles accompagnées d'oursons pour éviter leur séparation.

Notre association est favorable, sur le principe, au recours au conditionnement aversif en tant qu’outil de gestion de la faune sauvage, lorsqu’il vise à restaurer chez l’ours brun un comportement de fuite naturel face à l’être humain.

Toutefois, nous émettons un avis défavorable sur le projet d’arrêté et le protocole qui lui est associé, en raison de nombreuses lacunes, imprécisions et zones d’ambiguïté. Ces insuffisances rendent son application incertaine, sujette à des interprétations divergentes, et risquent, à terme, de produire des effets contre-productifs pour la conservation de l’espèce. 

1. Flou dans les critères de déclenchement

Le projet d’arrêté repose sur les notions d’« interactions négatives » et de « comportement anormal ou dangereux » (article 2), dont la définition demeure trop imprécise.
Ces termes, excessivement larges, peuvent recouvrir des situations très différentes, allant de la simple présence de l’ours sans dommage à de réels risques pour les biens ou les personnes.
Cette absence de critères clairs et objectivables ne garantit ni une application proportionnée ni une cohérence dans le recours au conditionnement aversif. Il est indispensable de définir des seuils précis et gradués, fondés sur des données éthologiques explicites.

2. Affaiblissement du processus décisionnel

Le nouveau protocole affaiblit le cadre de consultation et de décision.

D’une part, la notion de « partenaires locaux » mentionnée à l’article 2 n’est pas définie, ce qui ne garantit pas l’association systématique des organisations de protection de l’ours, pourtant détentrices d’une expertise scientifique et de terrain essentielle. Cette imprécision ouvre la voie à des décisions insuffisamment étayées sur les plans biologique et éthologique.

D’autre part, le protocole remplace l’obligation faite au préfet de réunir les acteurs concernés par une simple faculté (« peut réunir »). Cette évolution constitue une régression majeure : elle supprime le caractère collégial et obligatoire de la consultation préalable à une décision dérogatoire lourde de conséquences, au détriment de la transparence et de la légitimité du dispositif.

Conclusion

Nous demandons que le projet d’arrêté et le protocole soient révisés afin :

  • de définir de manière objective et graduée les situations justifiant le recours au conditionnement aversif
  • de rétablir l’obligation formelle de consultation collégiale de l’ensemble des services de l’État et des partenaires, y compris les associations de protection, avant toute décision.

Ces garanties sont indispensables pour assurer une application rigoureuse du dispositif, compatible à la fois avec la sécurité des personnes et la conservation durable de l’ours brun dans les Pyrénées.

Pour en savoir plus sur la consultation 👇​

Pour participer

Allez tout en bas de la consultation et cliquez sur : 

Voici une une proposition de texte :

Objet : Défavorable au projet d’arrêté préfectoral

Je suis opposé à ce projet car le protocole doit être révisé afin :

  1. de définir de manière objective et graduée les situations justifiant le recours au conditionnement aversif ;
  2. de rétablir l’obligation formelle de consultation collégiale de l’ensemble des services de l’État et des partenaires, y compris les associations de protection, avant toute décision.

Ces garanties sont indispensables pour assurer une application rigoureuse du dispositif, compatible à la fois avec la sécurité des personnes et la conservation durable de l’ours brun dans les Pyrénées.

 

Nous avons jusqu'au 30 décembre.

Merci pour votre participation.

 

OURS : un premier bilan 2025 et les perspectives

🐻 Population d’ours dans les Pyrénées : 2024, une année record pour les naissances… mais l’urgence génétique persiste

Comme chaque année, l’Office Français de la Biodiversité a publié son rapport sur la population d’ours brun dans les Pyrénées françaises et espagnoles au mois d’avril 2025.

Grâce aux analyses génétiques et aux indices retrouvés, l’effectif d’ours détecté en 2024 est de 96 individus, avec un quasi-équilibre entre les mâles et les femelles sur l’ensemble du massif (60 % de femelles chez les adultes potentiellement reproducteurs).
De plus, au moins 13 portées ont été détectées, comprenant un minimum de 22 oursons ! L’année 2024 devient ainsi celle ayant enregistré le plus grand nombre de femelles suitées depuis 1996.

Répartition spatiale de l’ours en 2024 :

Remarques :

  • L’aire totale de présence de l’ours dans les Pyrénées est de l’ordre de 7 200 km², soit une très faible évolution par rapport à 2023. Elle est répartie sur 5 départements (64, 65, 31, 66, 09), 3 communautés espagnoles et l’Andorre.

  • La population s’étend de plus en plus vers l’est et le sud, selon les indices recueillis sur l’ensemble du massif pyrénéen (environ 2 000 indices en France et 1 580 hors de France).

  • L’effectif 2023 a été corrigé à 90 individus (selon la méthode EMR) selon les nouvelles détections de 2024.

  • Au moins 13 portées, avec un minimum de 22 oursons, ont été identifiées en 2024 ; cela représente un peu moins de la moitié des femelles adultes susceptibles de se reproduire (13 sur 30 en 2024).

  • Cette étude met en évidence que les méthodes de calcul actuellement utilisées (EMD, EMR) pour estimer les effectifs d’ours sont de moins en moins adaptées. La méthode d’estimation CMR, qui prend en compte d’autres facteurs, devrait les remplacer. Elle évalue la population à 104 ours en 2024, avec un intervalle compris entre 97 et 123 individus.

  • Le taux d’accroissement moyen de la population entre 2006 et 2023 est estimé à +11,12 % (selon EMR).

  • Cinq ours sont considérés comme disparus en 2024, car non repérés depuis 2022 (1 femelle adulte et 4 subadultes).

  • Sur les 16 oursons nés en 2023, au moins 9 ont survécu, soit un taux de survie de 56 %.

Une dynamique encourageante freinée par une diversité génétique en déclin

Malgré une hausse continue du nombre d’individus depuis plusieurs années, la diversité génétique diminue d’année en année. La dynamique d’une population s’évalue à la fois sur le nombre d’individus et sur sa bonne santé génétique. Or, plus de 90 % de la population d’ours des Pyrénées descend de seulement trois individus (deux femelles et un mâle).

Malgré ce constat évident, l’État refuse toujours de relâcher de nouveaux spécimens afin de pallier le problème de consanguinité.
Des études menées par le MNHN (Musée National d'Histoire Naturelle) , entre autres, sont en cours pour évaluer les effets potentiels de cette consanguinité sur l’avenir de la population.
Les résultats de ces recherches seront rendues publics fin 2026.

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