Le statut du loup en France traverse une zone de fortes turbulences. Entre des arrêtés ministériels toujours plus permissifs sur les tirs et une volonté politique de réduire les populations, l’association Animal Cross reste en première ligne.
Si le gouvernement semble avoir choisi de « tirer plutôt que de protéger », nos récents recours devant le Conseil d’État montrent que le droit peut encore freiner ces reculs écologiques.
Une situation alarmante : Le loup en ligne de mire
Depuis 2025, le gouvernement multiplie les textes réglementaires visant à simplifier l’abattage des loups. En février 2026, de nouveaux arrêtés ont été publiés, fixant le plafond annuel de destructions à 21 % de la population estimée, avec une extension possible jusqu’à 23 %, avec des initiatives comme celle du député Xavier Roseren (ICI) pour relever le plafond sur des bases très discutables.
Cette gestion est d’autant plus problématique que, selon les données scientifiques de l’OFB et du CNRS, une telle pression de tir donne à la population de loups 66 % de chances de diminuer, ce qui contrevient à nos obligations européennes de maintien de l’espèce dans un état de conservation favorable. Nous dénonçons un véritable « passage en force » qui fait fi de la science et de l’absence de progression de la population lupine depuis 2023.
Nos recours : Entre ténacité et lueurs d’espoir
- L’arrêté du 7 février 2025 (Recours rejeté) : Ce texte visait notamment à faciliter les tirs pour protéger les troupeaux de bovins et d’équins. Le Conseil d’État a malheureusement rejeté notre demande d’annulation le 28 avril 2026, estimant que ces tirs restaient subordonnés à un risque de dommages « suffisamment avéré ».
- L’arrêté du 21 juin 2025 (Victoire partielle et « onde de positivité ») : C’est ici que notre combat porte ses fruits. Le Conseil d’État a prononcé l’annulation partielle de cet arrêté. Les juges ont censuré la disposition qui considérait le simple « renforcement du rythme d’inspection des animaux » (une visite quotidienne) comme une mesure de protection suffisante pour autoriser des tirs de défense. Et même si cet arrêté a été remplacé par celui du 23 février 2026, le texte (article 5.III) y est inchangé ce qui rend notre victoire utile pour l’arrêté ministériel actuel.
Parce que le juge a reconnu que cette simple visite est inefficace pour réduire la vulnérabilité des troupeaux. En conséquence, l’État ne peut plus autoriser des tirs de destruction en se basant sur une mesure aussi dérisoire. Cela réaffirme une règle d’or que nous défendons : le tir ne doit être que l’ultime recours, après l’échec de véritables solutions alternatives.
Ce qui est problématique dans les nouveaux arrêtés
- L’absence d’obligation de protection réelle : Pour de nombreux troupeaux, le déclenchement des tirs peut désormais se faire sur simple déclaration, sans que l’éleveur n‘ait l’obligation de mettre en place des mesures de protection efficaces.

