Consultation public : Plan de chasse dans le 64 pour la période 2026-2032

Consultation public : Plan de chasse dans le 64 pour la période 2026-2032

La consultation publique sur le Schéma Départemental de Gestion Cynégétique (SDGC) 2026-2032 des Pyrénées-Atlantiques est ouverte du 30 avril au 21 mai 2026.

Ce plan, qui définit les règles de chasse pour les six prochaines années, présente de graves lacunes concernant la préservation de la biodiversité, la santé publique et le partage de l'espace naturel.

Nous vous proposons de déposer un avis défavorable pour dénoncer un projet privilégiant les intérêts cynégétiques au détriment de l'intérêt général et de la protection de la faune sauvage.

La réponse proposée 👇​


ATTENTION, POUR QUE VOTRE AVIS SOIT PRIS EN COMPTE, NE REPRENEZ PAS LE TEXTE TEL QUEL

Objet : défavorable au Schéma départemental de gestion cynégétique du département 64

Le Schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC) organise les activités de chasse pour les six prochaines années pour les années 2026-2032 dans le département 64.

L’association Animal Cross, que je soutiens, dénonce le fait que ce schéma souffre de nombreuses faiblesses :

  • Il considère comme une évidence que  les espèces sur la liste des espèces chassables doivent nécessairement être chassées. Or, ce principe pose de nombreux problèmes :
  • La très grande majorité des espèces ne font pas de dégâts aux activités agricoles, forestières et aquacoles, et ne génère pas de risque pour la santé et la sécurité publique. Ainsi des animaux de montagne comme les isards (5000 tués chaque année), le mouflon (une quinzaine par an), la marmotte, ainsi des oiseaux limicoles, etc.
  • De très nombreuses espèces, environ 25,  sont en voie de conservation défavorable selon la liste rouge de l’UICN (perdrix rouges, perdrix grises, perdrix grises de montagne, lapin de garenne, tourterelle des bois…) mais seront quand même chassées dans le département 64. Les chasseurs, qui se présentent comme les plus grands écologistes de France, devraient les laisser en paix.
  • Certaines espèces, comme les faisans, ne peuvent être chassées que parce qu’elles sont élevées et relâchées pour la chasse. Incapables de survivre dans la nature, leurs jours sont comptés.  Aucune indication ne permet de comprendre l’impact des populations d’élevage sur les populations autochtones et la pollution génétique que ces lâchers peuvent engendrer. Il n’est fait aucune référence dans le texte aux autres animaux relâchés, comme les lapins, les canards, les perdrix…
  • Ce plan méconnaît le fait que le grand tétras et le lagopède alpin ne sont plus sur la liste des espèces chassables.

Ce plan fait l’impasse sur des questions majeures :

  • De santé publique liée à la consommation de venaison contaminée par le plomb, déconseillée aux femmes enceintes et aux enfants, et limitée à 3 fois/an pour les adultes (Anses 2018). Encourager la consommation de viande empoisonnée est criminel.
  • D’ordre public. La question de la sécurité à la chasse n’est pas envisagée sous l’angle du partage de la nature avec les autres usagers. Une revendication constante des usagers de la nature (sachant que les chasseurs représentent moins de 1,5% de la population) est de pouvoir se promener tranquillement. Nous demandons des dimanches et vacances scolaires sans chasse.
  • D’ordre juridique. Les chasses traditionnelles ont été annulées par plusieurs arrêts du Conseil d’État. Le SDGC n’en fait aucune mention.
  • D’ordre scientifique. Une étude récente du Museum national d’histoire naturelle (Jiguet et al, mars 2026) ne trouve pas de lien entre les prélèvements de 1 ,7 millions par an d’animaux des Espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (Esod) du groupe 2 et la baisse des dégâts agricole, le système d’indemnisation des dégâts coûtant 8 fois plus cher que les « dégâts » eux-mêmes.

À la fin, il est clair que ce document ne promeut que les intérêts des chasseurs et pas celui de la nature et de ses usagers. Que les services du préfet ne sont qu’une boîte aux lettres qui entérinent le texte des chasseurs sans protéger l’intérêt général.

Protection du loup : Pourquoi nous ne lâcherons rien face aux dérives de l’État

Protection du loup : Pourquoi nous ne lâcherons rien face aux dérives de l’État

Le statut du loup en France traverse une zone de fortes turbulences. Entre des arrêtés ministériels toujours plus permissifs sur les tirs et une volonté politique de réduire les populations, l’association Animal Cross reste en première ligne.

Si le gouvernement semble avoir choisi de « tirer plutôt que de protéger », nos récents recours devant le Conseil d'État montrent que le droit peut encore freiner ces reculs écologiques.​

Une situation alarmante : Le loup en ligne de mire

Depuis 2025, le gouvernement multiplie les textes réglementaires visant à simplifier l'abattage des loups. En février 2026, de nouveaux arrêtés ont été publiés, fixant le plafond annuel de destructions à 21 % de la population estimée, avec une extension possible jusqu'à 23 %avec des initiatives comme celle du député Xavier Roseren (ICI) pour relever le plafond sur des bases très discutables.

Cette gestion est d'autant plus problématique que, selon les données scientifiques de l'OFB et du CNRS, une telle pression de tir donne à la population de loups 66 % de chances de diminuer, ce qui contrevient à nos obligations européennes de maintien de l'espèce dans un état de conservation favorable. Nous dénonçons un véritable « passage en force » qui fait fi de la science et de l'absence de progression de la population lupine depuis 2023.

Nos recours : Entre ténacité et lueurs d'espoir

Face à cette offensive, Animal Cross, aux côtés d'autres associations, a déposé plusieurs recours devant le Conseil d'État pour contester la légalité de ces mesures.
  1. L'arrêté du 7 février 2025 (Recours rejeté) : Ce texte visait notamment à faciliter les tirs pour protéger les troupeaux de bovins et d'équins. Le Conseil d'État a malheureusement rejeté notre demande d'annulation le 28 avril 2026, estimant que ces tirs restaient subordonnés à un risque de dommages « suffisamment avéré ».
  2. L'arrêté du 21 juin 2025 (Victoire partielle et « onde de positivité ») : C'est ici que notre combat porte ses fruits. Le Conseil d'État a prononcé l'annulation partielle de cet arrêté. Les juges ont censuré la disposition qui considérait le simple « renforcement du rythme d'inspection des animaux » (une visite quotidienne) comme une mesure de protection suffisante pour autoriser des tirs de défense. Et même si cet arrêté a été remplacé par celui du 23 février 2026, le texte (article 5.III) y est inchangé ce qui rend notre victoire utile pour l'arrêté ministériel actuel.
Pourquoi est-ce positif ?
Parce que le juge a reconnu que cette simple visite est inefficace pour réduire la vulnérabilité des troupeaux. En conséquence, l'État ne peut plus autoriser des tirs de destruction en se basant sur une mesure aussi dérisoire. Cela réaffirme une règle d'or que nous défendons : le tir ne doit être que l'ultime recours, après l'échec de véritables solutions alternatives.

Ce qui est problématique dans les nouveaux arrêtés

Le cadre réglementaire actuel opère un changement de paradigme dangereux. Voici le point majeur que nous controns :
  • L'absence d'obligation de protection réelle : Pour de nombreux troupeaux, le déclenchement des tirs peut désormais se faire sur simple déclaration, sans que l'éleveur n'ait l'obligation de mettre en place des mesures de protection efficaces.
ESOD : La science confirme de nouveau l’absurdité d’un massacre inutile et coûteux

ESOD : La science confirme de nouveau l’absurdité d’un massacre inutile et coûteux

Chez Animal Cross, cela fait des années que nous dénonçons le classement injustifié des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD). Nous avons crié haut et fort que ce terme n’est qu’un habillage « politiquement correct » pour l'ancien mot « nuisible ». Derrière ce sigle se cache une réalité que nous jugeons inconcevable : le piégeage et le tir systématiques de millions d'animaux, autorisés quasiment sans limite et en toute saison.

Aujourd'hui, une étude inédite du Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), publiée le 9 mars 2026 dans la revue Biological Conservation, vient enfin nous donner raison en démontrant scientifiquement l'inefficacité totale et l'aberration économique de cette politique de destruction, mais qu'elle aussi éthiquement injustifiable.

Une étude capitale demandée par l’État lui-même

Fait remarquable, cette étude du MNHN a été commandée et financée par le ministère de la Transition écologique. Pour la première fois, des chercheurs ont eu un accès total aux données administratives nationales couvrant sept saisons de chasse (2015-2022).

L’objectif était clair : évaluer enfin l’efficacité réelle de la destruction de 1,7 million de renards, mustélidés et corvidés abattus chaque année en France.

Un massacre de masse sans aucun résultat

Des millions d'animaux sont abattus pour une promesse de réduction des dégâts agricoles et des risques sanitaires qui n'est jamais tenue.

Les chercheurs ont analysé sept années de données nationales (2015-2022) et leur conclusion est sans appel : il n'existe aucun lien entre l'effort de destruction et l'évolution des dommages déclarés.
Pire, une relation significative a été observée entre l'effort de lutte d'une année et les dégâts déclarés l'année suivante. Plus le nombre d'animaux abattus était élevé, plus les dégâts étaient importants l'année suivante, et cela d'une part pour la pie bavarde, et d'autre part en regroupant toutes les espèces.

En clair, tuer plus d'animaux ne fait pas baisser les factures de dégâts, et, point crucial, réduire ou arrêter ces destructions ne provoque aucune augmentation des dommages. Cette prétendue « régulation » est un mythe : les populations d'oiseaux (corneilles, pies, geais) ne diminuent pas malgré les tirs, car les mécanismes de compensation démographique et la survie des jeunes prennent le relais.

Une aberration économique : on dépense 8 fois plus pour tuer que pour indemniser

L’aspect le plus édifiant de cette étude est sans doute son analyse économique. Pour la première fois, le coût financier des opérations de destruction (temps de travail, matériel, transport) a été calculé. Le résultat est vertigineux : le massacre des ESOD coûte entre 103 et 123 millions d’euros par an à la société. En face, le montant des dégâts officiellement déclarés ne s'élève qu'à 8 à 23 millions d’euros.
Nous dépensons jusqu'à huit fois plus d'argent pour massacrer la faune sauvage que ce qu'elle nous « coûte » en dégâts. Même dans le scénario le plus bas, sans compter le temps de travail bénévole des chasseurs, le coût de la destruction reste supérieur aux dommages.
C'est une faillite rationnelle complète
.

 

Sacrifier nos meilleurs alliés : une perte pour la biodiversité

En nous acharnant sur ces espèces « mal-aimées », nous nous tirons une balle dans le pied. L'étude rappelle que ces animaux rendent des services écosystémiques indispensables que nous perdons en les tuant.
  • Le Renard est un auxiliaire précieux de l'agriculture par sa prédation massive sur les rongeurs.
  • Le Geai des chênes assure la régénération de nos forêts par la dispersion des graines. Le coût de remplacement de ce service par l'humain est estimé à une perte de 100 à 454 millions d'euros pour les seuls geais tués durant la période étudiée.

 

Un consensus scientifique et administratif grandissant

Cette étude du MNHN n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans une liste de rapports de plus en plus critiques envers la politique française :
  • L’ANSES (2023) a déjà affirmé que le motif sanitaire (comme la lutte contre l'échinococcose ou la rage) ne justifie pas l'élimination des renards, ces mesures étant inefficaces, voire contre-productives en favorisant la dispersion des maladies.
  • La FRB (Fondation pour la recherche sur la biodiversité) en 2024, a souligné que le classement ESOD manque de fondement scientifique et occulte totalement les bénéfices apportés par ces espèces.
  • L’IGEDD (2025), dans un rapport de l’Inspection Générale de l’Environnement, appelle à un « changement de paradigme » et recommande de ne pas renouveler le décret triennal en 2026 pour passer à une gestion collégiale et préventive.
  • L’étude CARELLI (2025), menée dans le Doubs, a prouvé expérimentalement que le statut ESOD ne réduit ni le nombre de renards ni les dégâts sur les volailles. Elle conclut qu'une meilleure protection des poulaillers est bien plus efficace que n'importe quelle campagne de tir.

Pour un changement radical de paradigme

Cette étude enfonce le clou après les rapports de l'ANSES en 2023, de la FRB en 2024, de l'IGEDD en 2025 et de l'étude CARELI en 2025 : la réglementation actuelle est obsolète, subjective et injuste. Le classement ESOD repose trop souvent sur des déclarations de dégâts invérifiées et des décisions prises sous l'influence de lobbies plutôt que sur des bases scientifiques.
Animal Cross demande, avec force :
  1. L'abandon définitif du classement ESOD pour les espèces de catégorie 2 (renard, fouine, martre, belette, corneille, corbeau, pie, geai et étourneau).
  2. Le passage à une stratégie de prévention non-létale : effaroucheurs, semences répulsives et protection des élevages, qui ont prouvé leur efficacité là où le fusil échoue.
  3. La reconnaissance de la dignité et du rôle écologique de ces espèces qui font partie intégrante de notre patrimoine naturel.
  4. La fin d'une gestion dictée par les lobbies au profit d'une politique basée sur la science et l'éthique


Comme le souligne l'étude du MNHN, l'arrêt du décret triennal en 2026 est l'occasion unique de mettre en place un nouveau système de gestion collégial et sensé
.

Il est temps de passer d'une politique de destruction systématique à une cohabitation apaisée avec la faune sauvage.

Sources

ANSES. 2023. Évaluation des impacts sur la santé publique de la dynamique des populations de renards (Rapport d’expertise collective, Saisine n° 2022-SA-0049). Maisons-Alfort : Anses.

Plancke, M., Zemman, C., & Soubelet, H. (2023). Synthèse de l'avis des experts scientifiques et sociétaux sur le classement des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD). Fondation pour la recherche sur la biodiversité.

Castel, F., & Hérault, M.-L. (2025). Parangonnage sur les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (Esod) (Rapport n° 015518-01). Inspection générale de l'Environnement et du Développement durable.

Pépin, D., Feuvrier, P., Powolny, T., & Giraudoux, P. (2025). Investigating the effects of red fox management on poultry beyond the controversy, Jura Massif, France. Scientific Reports, 15, 26238.

Jiguet, F., Morin, A., Courtines, H., Robert, A., Fontaine, B., Levrel, H., & Princé, K. (2026). Ecological and economic assessments of native vertebrate pest control in France. Biological Conservation.

 

 

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Répondre à la consultation publique avant le 20 mars 2026

La direction départementale des territoires (DDT) de Saône-et-Loire met actuellement à consultation du public un projet d’arrêté préfectoral autorisant une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau du 15 juin au 14 septembre 2026.

Cette période dite « complémentaire » permettrait le déterrage des blaireaux en plein été, c’est-à-dire pendant la période d’élevage des jeunes, une pratique particulièrement controversée et dénoncée depuis de nombreuses années par les associations de protection de la nature.

👉 Animal Cross vous invite à participer à la consultation publique et à vous opposer à ce projet d’arrêté.
Attention : pour que votre participation soit valable, pensez à autoriser la publication de votre contribution et à cocher la case « Avis défavorable » avant de déposer votre commentaire.
La mention « Avis favorable au projet d’arrêté » peut apparaître par défaut : ne vous y trompez pas.

Voir la consultation

Proposition de réponse :

Monsieur le Préfet de la Saône-et-Loire,

La Direction Départementale des Territoires de la Saône-et-Loire propose à la consultation du public un projet d’arrêté préfectoral portant sur la période complémentaire de la vénerie sous terre du Blaireau pour la période allant du 15 juin 2026 au 14 septembre 2026.

Je souhaite déposer un AVIS DÉFAVORABLE à votre projet d’arrêté.

- L'argument d'une prétendue "prolifération" est démenti par les réalités biologiques de l'espèce. Le blaireau présente une vulnérabilité intrinsèque due à une dynamique de reproduction particulièrement lente :

  • Faible taux de reproduction : Seules 30 % des femelles se reproduisent annuellement (1), avec une moyenne de seulement 2,7 blaireautins par portée.
  • Mortalité juvénile critique : Entre 50 % et 70 % des jeunes périssent avant leur première année (collisions routières, conditions climatiques).
  • Il n'existe pas de recensement fiable des populations de blaireaux dans le département 71. Les données fournies par les chasseurs sont partiales et insuffisantes pour prouver une surabondance.

- Il est illegal de tuer les "petits" de mammifères. Scientifiquement, le "petit" désigne l'individu inapte à assurer le renouvellement de l'espèce. Toute intervention avant l'émancipation totale (fin d'automne) impacte directement la pérennité démographique locale. En effet, les blaireautins naissent généralement entre janvier et mars. Ils restent dans le terrier pendant leurs premières semaines de vie et ne commencent à en sortir qu’aux alentours de 6 à 8 semaines, au moment du sevrage. À partir de là, ils apprennent progressivement à se nourrir seuls et à s’intégrer dans la vie sociale du clan. Cependant, leur développement est lent. Les études scientifiques montrent que le blaireau est considéré comme un « petit » tout au long de sa première année de vie (1). Autrement dit, les jeunes nés au printemps sont encore très immatures pendant l’été.
La Cour administrative d’appel de Bordeaux (avis du 24 février 2026) précise que la notion de « petits » correspond à un défaut d'autonomie (incapacité de survivre seul) et que cet état ne doit être assimilé ni à la période de sevrage, ni à la maturité sexuelle.
De plus, la vénerie sous terre est une méthode non-sélective. L'animal étant terré, le chasseur est incapable d'identifier l'âge ou le statut de l'individu avant l'extraction aux pinces.
- La destruction des terriers nuit à la biodiversité globale en impactant les espèces cohabitantes, dont certaines sont protégées : le Putois d'Europe, le Chat forestier, le Renard, le Lapin de garenne et diverses espèces de Chauves-souris.
- Les dégâts aux cultures sont minimes avec seulement 22 cas signalés et la vénerie sous terre n'est pas une solution adaptée pour les dégâts aux infrastructures routières ou ferroviaires.
- Il existe des alternatives non-létales : Les répulsifs naturels ont prouvé leur efficacité pour un coût moindre pour les finances publiques. Il est également possible de recourir à des terriers artificiels.

- La vénerie sous terre, par sa nature même (acculement par les chiens, extraction traumatique aux pinces métalliques, mise à mort manuelle), inflige une souffrance extrême et prolongée. Ce caractère barbare est en rupture totale avec l'évolution des mœurs et les attentes sociétales : 83 % des Français sont favorables à l'interdiction du déterrage (Sondage IPSOS 2018).
 
(1)  https://hal.science/hal-03035073v1  ( François Lebourgeois. Le blaireau européen (Meles meles L.). Synthèse des connaissances européennes. Partie 2: groupes familiaux, dynamiques des populations et domaines vitaux. Revue forestière française, 2020)
 

Destruction illégale d’un loup dans le Cantal : nous ne laisserons pas faire !

Destruction illégale d’un loup dans le Cantal : nous ne laisserons pas faire !

Le 4 février 2026, la dépouille d’un loup mâle était découverte dans le Cantal. Le même jour, un chasseur se présentait de lui-même, auprès des autorités, en expliquant avoir confondu l’animal avec un renard lors d’une battue le 31 janvier 2026, soit 5 jours plus tôt. Il ressort de l’examen que ce loup est bien mort à la suite d’un tir non autorisé. Il s’agit donc d’un acte de destruction illégale d’une espèce protégée par la loi. Cependant, selon la procureure de la République en charge du dossier, il n’y aurait pas eu d’intentionnalité ici ce qui écarterait la thèse du braconnage. Une enquête est toujours en cours mais le chasseur ne pourrait être finalement sanctionné que d’un rappel à la loi. Nous, Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement, ne pouvons pas fermer les yeux sur cette indulgence judiciaire extrêmement dangereuse pour le loup ! Nous notons la promptitude des auteurs de braconnage à s’abriter derrière la « non-intentionnalité » de leur acte, scandaleusement protégé par la loi d’orientation agricole de mars 2025.

Une plainte commune contre ce chasseur vient d’être portée par certaines associations du collectif Cap Loup : ANIMAL CROSS, l’ASPAS, l’ASPA VOSGES, CARDUELIS, Éducation Éthique Animale, FERUS, Focale pour le Sauvage, la FRANE, le Groupe Mammalogique d’Auvergne (GMA), le Pôle Grands Prédateurs et la SFEPM.

Un loup ne ressemble pas à un renard : une confusion est peu probable. Nos associations s’étonnent d’autant plus d’une telle méprise que la chasse et les formations au permis de chasse insistent sur la sécurité du tir qui implique l’obligation formelle d’identifier sa cible avant de tirer, puis de vérifier son tir, l’objectif étant notamment de ne pas laisser une bête agonisante. Deux impératifs que ce chasseur ne semble pas avoir respectés.

Nous rappelons que la population de loups sur le territoire français stagne depuis 2022. Surtout, le Conseil européen[1] et l’OFB-CEFE[2] estiment réel le risque de baisse de la population, notamment depuis l’augmentation inacceptable du nombre de destructions de loup autorisées annuellement (contre laquelle nous avons bien l’intention d’agir) — jusqu’à 23% de la population lupine —, ce qui porte à 2/3 le risque de la faire diminuer. Les tirs illégaux augmentent encore cette probabilité, c’est pourquoi il est important de condamner ces infractions pour prévenir ce fort risque de décroissement. Le loup est une espèce clé de voûte qui joue un rôle écologique primordial pour nos paysages et nos cultures. Prédateur naturel, il participe à la régulation des ongulés sauvages.

La présence du loup dans le Cantal est très irrégulière depuis les années 2000 ce qui pourrait potentiellement s’expliquer par des faits de braconnage. La destruction de ce mâle, dans un département qui ne compte qu’un à deux individus, est très préjudiciable à l’espèce et porte donc directement atteinte à son bon état de conservation localement. C’est pourquoi nos associations portent plainte collectivement contre ce chasseur qui a reconnu avoir abattu « par inadvertance » ce loup. Il est hors de question de laisser cette « erreur » se reproduire ou devenir une habitude. L’avenir du loup sur notre territoire en dépend !

 

 

CONTACTS PRESSE

Animal Cross :

Pascal Sourdin, référent loup : 06 38 37 78 33

ASPAS :

Thierry Ruf : 06 10 27 44 23 / thierry.ruf@aspas-nature.org

Carduelis :

Carmen Munoz Pastor et Vincent Primault : carduelis@laposte.net / 05 55 83 17 78 / 06 62 61 05 25

Éducation Éthique Animale :

Marie-Laure Laprade :  06 28 37 48 83 / educ.ethic.animal@gmail.com

FERUS :

Denis Doublet Vice-président et coordinateur loup : coordination.loup@ferus.org / 07 82 75 75 55

Focale pour le Sauvage :

Sandra Bérénice Michel, Co-présidente : 07 85 75 48 63 / sandra.b-michele@live.fr

Pôle Grands Prédateurs :

Mickaël Paul, Co-président : 07 77 23 85 97

 

[1] Évaluation de l’état de conservation du loup (Canis lupus) en Europe, Conseil européen, T-PVS/Inf(2022)45

[2] État de conservation du loup en France, CEFE-OFB, 2025

Loup tué dans le Cantal : Animal Cross dénonce une destruction inacceptable

Loup tué dans le Cantal : Animal Cross dénonce une destruction inacceptable

Animal Cross exprime sa profonde préoccupation suite à la mort d’un loup lors d’une battue le 31 janvier dernier à Laveissenet, dans les Monts du Cantal. Cet événement tragique touche une espèce dont la présence est encore faible dans le Massif central, rendant la perte de cet individu particulièrement préjudiciable pour la conservation locale de l’espèce.

Le communiqué de presse d’une organisation syndicale montre que le chasseur s’abrite derrière la loi d’orientation agricole de mars 2025, qui prévoit que seules les atteintes commises « de manière intentionnelle ou par négligence grave » sont désormais passibles de poursuites pénales. Il va de soi que démontrer le caractère intentionnel des actes de braconnage est très difficile, et que cette loi ouvre la porte à tous les excès. Qu’un chasseur prenne un loup pour un renard conforte l’association dans ses demandes, depuis de nombreuses années, de voir des contrôles d’aptitude associés à la validation périodique du permis de chasser.

 

Un silence de cinq jours qui interpelle

Le déroulement des faits soulève d’importantes questions sur la transparence de cette opération de chasse. Le cadavre de l’animal n’a été découvert que cinq jours après les faits. Ce n’est qu’à la suite de cette découverte fortuite que le chasseur responsable s’est manifesté auprès de la gendarmerie.

Pour Animal Cross, cette chronologie est révélatrice : sans cette découverte due au hasard, l’acte de destruction d'une espèce protégée serait probablement resté ignoré, comme l’est la grande majorité des actes de braconnage de loups, en augmentation, qui seuls peuvent expliquer la stagnation de la population française depuis 2022.

 

source graphique : OFB https://www.loupfrance.fr/suivi-du-loup/situation-du-loup-en-france/

 

 

Une menace pour l'équilibre de nos écosystèmes

Le loup n'est pas seulement un symbole de vie sauvage ; il est une espèce clé de voûte (encore) protégée par les lois européennes et françaises. Son rôle écologique est primordial pour la santé de nos paysages :

  • Régulateur naturel : Il limite la surabondance des ongulés sauvages (cerfs, chevreuils, sangliers).
  • Allié des forêts : En régulant ces populations, il réduit l’abroutissement des jeunes pousses, favorisant ainsi la régénération naturelle des forêts, essentielle face aux enjeux climatiques actuels.

Animal Cross demande

  1. Une enquête rigoureuse de L'Office Français de la Biodiversité (OFB) pour déterminer s'il s'agit d'un acte de braconnage caractérisé.
  2. Que la justice tire toutes les conséquences de cette « destruction non autorisée d'espèce protégée ».

Nous rappelons que la responsabilité est aussi institutionnelle. En laissant une trop grande liberté dans la « gestion » de la faune sauvage sans contrôles suffisants, et en augmentant année après année les possibilités légales de tuer des loups, l'État porte une part de responsabilité dans ces soi-disant accidents, en installant des conditions favorables à l’impunité.

Animal Cross se joindra aux actions judiciaires en cours et déposera plainte pour destruction non autorisée d’espèce protégée. Il est impératif que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce tir et que les responsabilités soient clairement établies pour que la loi protégeant notre biodiversité ne soit pas une lettre morte.

Contact Presse :  contact@animal-cross.org

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