Protection du loup : Le grand écart entre les déclarations officielles et la réalité du terrain

Protection du loup : Le grand écart entre les déclarations officielles et la réalité du terrain

Le gouvernement a opéré un changement de paradigme radical en 2026, préférant les tirs à la protection réelle des troupeaux. Entre enquêtes de terrain accablantes et revers judiciaires injustifiés, Animal Cross dénonce une gestion basée sur des contre-vérités.

Un nouveau statut pour le loup et le règne de l’autodéclaration

Depuis les arrêtés ministériels du 23 février 2026, le statut de protection du loup a été gravement affaibli. Désormais, une simple auto-déclaration de l’éleveur auprès du Préfet suffit pour obtenir un récépissé ayant valeur d'autorisation de tir de défense. Ce système ne demande plus à l'éleveur de prouver l'efficacité ou même la mise en place réelle des mesures de protection déclarées. En résumé, l'État délivre aujourd'hui des permis de tuer sur simple parole. 

 

Le mensonge des récépissés : Ce que notre vidéo révèle

Pour vérifier la véracité de ces déclarations, Animal Cross a mené une enquête de terrain. Le constat, présenté dans notre dernière vidéo, est sans appel : il existe un décalage flagrant entre ce que les éleveurs affichent sur papier et la réalité.
  • L’exemple d'un éleveur du 64 : Dans son récépissé de déclaration préalable (n°30534043-1), cet éleveur affirme utiliser une « surveillance renforcée », des « chiens de protection » et des « parcs intégralement électrifiés ».
  • La réalité : Sur place, nous avons filmé des clôtures non électrifiées, de simples barbelés inefficaces contre le loup, et aucun chien de protection visible.
  • Un système généralisé : Ce cas n’est pas isolé. Quatre autres éleveurs du 64 ont obtenu des droits de tir avec des déclarations identiques de protection "renforcée". Pourtant, nos constatations révèlent systématiquement les mêmes manquements : une protection qui n'est qu'une façade administrative pour obtenir le droit d'abattre un animal protégé.

Audience de Pau : La justice valide la "chronique du faux"

Le 2 juin 2026, Animal Cross, aux côtés de Ferus et de l’ASPAS, a contesté devant le tribunal administratif de Pau onze de ces autorisations de tirs. Malgré nos preuves, nous avons perdu ce procès.

Le tribunal a choisi de suivre les arguments de la préfecture et de la DDTM 64, qui n'ont pas hésité à utiliser des registres émotionnels et des chiffres contestables. La représentante de la DDTM a même évoqué un « danger pour le pastoralisme ».

L'absurdité des moyens mis en œuvre :

  • Un seul loup ciblé : Tous ces moyens de destruction et ces procédures juridiques visent un unique loup présent en Béarn.
  • Un impact minime : En 2025, seulement 12 animaux ont vu leur mort officiellement attribuée au loup dans les Pyrénées-Atlantiques.
  • Comparaison dérisoire : Ce chiffre est à comparer aux 15 000 morts annuels de brebis dus aux maladies dans ce même département.

Il est inacceptable que le tribunal ait donné raison au Préfet pour maintenir des autorisations de tir alors que les mesures de protection sont dérisoires ou inexistantes. Cette gestion fait fi de la science et met gravement en péril l’état de conservation local d’une espèce pourtant protégée par le droit européen.

Animal Cross continuera de se battre pour que le tir ne soit pas la réponse systématique, mais l'ultime recours après de véritables efforts de protection.
Audience « loup » au tribunal administratif de Pau : chronique du faux

Audience « loup » au tribunal administratif de Pau : chronique du faux

Onze autorisations de tirs contestées

Le mardi 2 juin 2026 avait lieu à Pau l’audience du référé des associations Ferus, Animal Cross et ASPAS contre la préfecture des Pyrénées-Atlantiques au sujet de onze autorisations de tirs de défense contre le loup, sous la forme de récépissés d’auto-déclarations d’éleveurs.

En effet, depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté ministériel du 23 février 2026 , les éleveurs peuvent adresser une déclaration de tir de loup à la préfecture, qui émet automatiquement un accusé-réception qui a valeur d’arrêté préfectoral (AP) de tir, dans une forme plus simple, avec moins d’informations et de contraintes que dans les AP antérieurs à cette date.

Une audience sous tension

Cela avait bien commencé, avec un report d’audience signifié à notre avocate alors qu’elle avait déjà réservé son avion. L’audience, suite à ses protestations, a finalement été repoussée en journée, ce qui lui a permis de recevoir le mémoire en réplique de la partie adverse, tout juste quelques heures avant l’audience et ainsi avec un temps de préparation raboté.

Loup en forêt

La notion de « bonne conservation de population locale » au cœur des débats

Notre avocate a brillamment déroulé ses arguments centrés sur les points fraîchement avancés par la préfecture, soit principalement la notion de « bonne conservation de population locale », que la partie adverse a décidé de voir concerner toute la région « Nouvelle Aquitaine » (12 départements), soit jusqu’à 530 km à vol d’oiseau de l’aire de vie de l’unique loup béarnais, celui concerné par les tirs disputés dans ce recours ; et a ainsi énuméré nombre de lieux avec zone de présence permanente dans la plus grande région de France, telle celle du plateau de Millevaches. Est-ce bien sérieux ? Quand on sait que l’esprit de la Directive Habitats-Faune-Flore est de tendre vers une certaine homogénéité de présence du loup sur le territoire, à l’opposé de la volonté de l’Etat français de voir le loup cantonné aux Alpes.

Nous ne revenons pas ici sur des détails discutés en audience, telle la contestation du caractère d’urgence (un référé suspension est en effet demandé), du fait qu’un second tireur par lot n’est pas encore possible, car aucun n’a encore reçu de formation de la part de l’OFB. Notons que cela n’empêche en aucune façon les tireurs de se poster et de tenter d’en finir avec ce loup. Mais concentrons-nous sur quelques aspects de l’audience de nature à choquer.

Des chiffres contestés

Tout d’abord, les propos mensongers de la représentante de la DDTM 64, en soutien de l’avocat, qui a prétendu que "les quotas de tirs n’avaient pas été atteints en 2025" au motif que seuls 170 loups avaient été détruits par tirs durant l’année. La DDT a ainsi profité de la méconnaissance du sujet par Madame le juge car le protocole d’intervention prévoit que les loups reconnus comme ayant été braconnés sont déduits du quota. En l’espèce, ce sont bien 190 loups sur 192 qui ont été volontairement détruits, soit 99%.

Le poids réel de la prédation dans les Pyrénées-Atlantiques

De plus, cette même cadre de l’administration a mis en avant un « danger d’affaissement économique de l’élevage ovin dans le département», rien que ça ; oubliant de mentionner qu’il n’y a eu en 2025 que 10 animaux dont la mort a été officiellement attribuée au loup, sur une population de l’ordre de 560 000 brebis en Pyrénées-Atlantiques * (elle donne quant à elle le nombre de 310 000 brebis transhumantes, mais on peut légitimement s’interroger sur la pertinence de cette sous-estimation qui exclut les brebis ne montant pas en estive, mais demeurent quand-même exposées à la prédation l’essentiel de l’année). Les Pyrénées-Atlantiques sont le second département français par le nombre de ses moutons. Il est communément admis que 3 à 5% meurent de maladies infectieuses ou bactériennes (Fièvre catarrhale, Entérotoxémie, Listériose, etc.), sans compter les maladies handicapantes (piétin). Au bas mot, ce sont donc 15 000 morts annuels par maladie qui sont à comparer aux 10 ovins prédatés qui, eux, donnent lieu au battage médiatique usuel, manifestations d’éleveurs, communiqués de presse alarmistes, le tout appuyé ici par la DDTM. Ce n’est pas sérieux.

Une administration engagée dans une guerre anti-loup ?

Nous avons été frappés par le fait que cette administration, la DDTM, en charge des audits de protection des troupeaux, du conseil à la protection d’une façon générale, se soit à ce point lancée dans une guerre anti-loup, allant même jusqu’à tromper le tribunal avec des informations fausses. Un dernier exemple : pour appuyer le fait qu’il y aurait localement de nombreux loups, l’affirmation selon laquelle « il y a la présence de meutes à la frontière espagnole », qui, fort heureusement, a été corrigée suite à une question de Madame le juge sur le lieu précis : les Pyrénées-Orientales … .

Le registre émotionnel invité à l’audience

Ensuite vint le clou du spectacle, le sketch sur le registre émotionnel d’un éleveur bien connu dans notre région, dont le regretté Baudoin de Menten avait en son temps commenté les exactions. Tout d’abord, la litanie selon laquelle l’OFB fait mal son travail, il y aurait beaucoup plus de loups que ce que l’on dit (avec force détails d’amis bergers qui ont des photos), et les dommages sont sous-évalués dans un rapport de un à dix, rien que ça ! La crédibilité scientifique de l’OFB, associée dans ses articles au CNRS, n’y change rien, c’est nous les bergers qui connaissons la réalité du terrain.

Puis vint le clou du spectacle, repris par la presse locale « Ne nous laissez pas tomber, madame la présidente, laissez-nous ce moyen de protection (les tirs) », alors que les moyens de protection mis à disposition des éleveurs par l’Etat ne sont globalement que très peu utilisés sur les lieux des arrêtés ici disputés. S’ensuivit la traditionnelle mise en cause de l’une de nos associations avant que l’audience ne puisse arriver à son terme.

Dans l’attente de l’analyse juridique

Cette dernière scène a eu le mérite d’égayer Madame le juge, espérons que l’analyse des arguments légaux et réglementaires aura ensuite repris ses droits !

* : source IDELE

Protection du loup : Pourquoi nous ne lâcherons rien face aux dérives de l’État

Protection du loup : Pourquoi nous ne lâcherons rien face aux dérives de l’État

Le statut du loup en France traverse une zone de fortes turbulences. Entre des arrêtés ministériels toujours plus permissifs sur les tirs et une volonté politique de réduire les populations, l’association Animal Cross reste en première ligne.

Si le gouvernement semble avoir choisi de « tirer plutôt que de protéger », nos récents recours devant le Conseil d'État montrent que le droit peut encore freiner ces reculs écologiques.​

Une situation alarmante : Le loup en ligne de mire

Depuis 2025, le gouvernement multiplie les textes réglementaires visant à simplifier l'abattage des loups. En février 2026, de nouveaux arrêtés ont été publiés, fixant le plafond annuel de destructions à 21 % de la population estimée, avec une extension possible jusqu'à 23 %avec des initiatives comme celle du député Xavier Roseren (ICI) pour relever le plafond sur des bases très discutables.

Cette gestion est d'autant plus problématique que, selon les données scientifiques de l'OFB et du CNRS, une telle pression de tir donne à la population de loups 66 % de chances de diminuer, ce qui contrevient à nos obligations européennes de maintien de l'espèce dans un état de conservation favorable. Nous dénonçons un véritable « passage en force » qui fait fi de la science et de l'absence de progression de la population lupine depuis 2023.

Nos recours : Entre ténacité et lueurs d'espoir

Face à cette offensive, Animal Cross, aux côtés d'autres associations, a déposé plusieurs recours devant le Conseil d'État pour contester la légalité de ces mesures.
  1. L'arrêté du 7 février 2025 (Recours rejeté) : Ce texte visait notamment à faciliter les tirs pour protéger les troupeaux de bovins et d'équins. Le Conseil d'État a malheureusement rejeté notre demande d'annulation le 28 avril 2026, estimant que ces tirs restaient subordonnés à un risque de dommages « suffisamment avéré ».
  2. L'arrêté du 21 juin 2025 (Victoire partielle et « onde de positivité ») : C'est ici que notre combat porte ses fruits. Le Conseil d'État a prononcé l'annulation partielle de cet arrêté. Les juges ont censuré la disposition qui considérait le simple « renforcement du rythme d'inspection des animaux » (une visite quotidienne) comme une mesure de protection suffisante pour autoriser des tirs de défense. Et même si cet arrêté a été remplacé par celui du 23 février 2026, le texte (article 5.III) y est inchangé ce qui rend notre victoire utile pour l'arrêté ministériel actuel.
Pourquoi est-ce positif ?
Parce que le juge a reconnu que cette simple visite est inefficace pour réduire la vulnérabilité des troupeaux. En conséquence, l'État ne peut plus autoriser des tirs de destruction en se basant sur une mesure aussi dérisoire. Cela réaffirme une règle d'or que nous défendons : le tir ne doit être que l'ultime recours, après l'échec de véritables solutions alternatives.

Ce qui est problématique dans les nouveaux arrêtés

Le cadre réglementaire actuel opère un changement de paradigme dangereux. Voici le point majeur que nous controns :
  • L'absence d'obligation de protection réelle : Pour de nombreux troupeaux, le déclenchement des tirs peut désormais se faire sur simple déclaration, sans que l'éleveur n'ait l'obligation de mettre en place des mesures de protection efficaces.
Arrêtés sur le loup 2026 : le gouvernement choisit de tirer plutôt que de protéger

Arrêtés sur le loup 2026 : le gouvernement choisit de tirer plutôt que de protéger

Deux arrêtés ministériels sont parus le 23 février 2026 au Journal Officiel, l’un précisant son statut de protection, les conditions d’intervention en cas de prédation et les règles de calcul ainsi que de déclenchement du plafond annuel de destructions autorisées, l’autre fixant le nombre maximum d’individus pouvant être tués.

- Arrêté du 23 février 2026 définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction - Légifrance

- Arrêté du 23 février 2026 modifiant l'arrêté du 23 octobre 2020 fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée chaque année - Légifrance

 

Un passage en force du gouvernement

Ils font suite à la visite en Haute-Marne de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard et du ministre «de l’Ecologie » Mathieu Lefèvre, qui en avaient annoncé la teneur, en procédant à de la désinformation sur les effectifs de loups en France, qui ne progressent plus depuis 2023, mais aussi sur l’évolution des dommages. Les deux arrêtés ont été pris de façon unilatérale, sans concertation avec les associations siégeant en groupe national loup, et aussi en dépit des connaissances scientifiques sur la dynamique des populations de loups.

Tirer plutôt que protéger les troupeaux

Le déclenchement des tirs est soit laissé à l’appréciation du préfet, soit consécutif à une simple déclaration de l’éleveur, sans obligation de protéger les troupeaux, qu’ils soient ovins, caprins ou bovins. Il s’agit là d’un nouveau recul des conditions de tir, revenant à ruiner 30 ans d’efforts de protection des troupeaux, seule solution efficace pour limiter le risque de prédation. Le seul recours aux tirs, et non plus aux moyens de protection, est un changement complet de paradigme, qui donne l’illusion non démontrée qu’il s’agit là d’un remède à la prédation.

Un risque réel pour l’avenir du loup

Le maintien de notre population de loups dans un bon état de conservation n’est visiblement pas une priorité française, alors qu’il s’agit d’une obligation européenne.
En effet, la France a relevé le plafond de destructions de loup autorisées annuellement, à 23% de la population estimée (par l’Office Français de la Biodiversité et son réseau loup-lynx).

La conséquence, selon le dernier rapport conjoint de l’OFB et du CNRS 1 (septembre 2025, page 16), c’est que la population de loups a 66% de chances de diminuer, ce qui contrevient à nos obligations. Nos ministres ont ainsi décidé en toute connaissance de cause de faire fi de la science, et de tout mettre en œuvre afin de réduire la population de loups, et de les rendre non viables sur notre territoire.
Animal Cross étudie les possibilités de recours contre ces deux arrêtés ministériels.

(1) Duchamp, C. Milleret C., Gimenez, O. 2025. Etat de conservation du loup en France : mise à jour 2025 de la viabilité démographique de la population sous régime de tirs dérogatoires. Rapport de saisine inter-ministérielle du 04.12.2024. OFB/CEFE-CNRS., France. 25 pages. Disponible sur : https://professionnels.ofb.fr/fr/node/1200

Destruction illégale d’un loup dans le Cantal : nous ne laisserons pas faire !

Destruction illégale d’un loup dans le Cantal : nous ne laisserons pas faire !

Le 4 février 2026, la dépouille d’un loup mâle était découverte dans le Cantal. Le même jour, un chasseur se présentait de lui-même, auprès des autorités, en expliquant avoir confondu l’animal avec un renard lors d’une battue le 31 janvier 2026, soit 5 jours plus tôt. Il ressort de l’examen que ce loup est bien mort à la suite d’un tir non autorisé. Il s’agit donc d’un acte de destruction illégale d’une espèce protégée par la loi. Cependant, selon la procureure de la République en charge du dossier, il n’y aurait pas eu d’intentionnalité ici ce qui écarterait la thèse du braconnage. Une enquête est toujours en cours mais le chasseur ne pourrait être finalement sanctionné que d’un rappel à la loi. Nous, Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement, ne pouvons pas fermer les yeux sur cette indulgence judiciaire extrêmement dangereuse pour le loup ! Nous notons la promptitude des auteurs de braconnage à s’abriter derrière la « non-intentionnalité » de leur acte, scandaleusement protégé par la loi d’orientation agricole de mars 2025.

Une plainte commune contre ce chasseur vient d’être portée par certaines associations du collectif Cap Loup : ANIMAL CROSS, l’ASPAS, l’ASPA VOSGES, CARDUELIS, Éducation Éthique Animale, FERUS, Focale pour le Sauvage, la FRANE, le Groupe Mammalogique d’Auvergne (GMA), le Pôle Grands Prédateurs et la SFEPM.

Un loup ne ressemble pas à un renard : une confusion est peu probable. Nos associations s’étonnent d’autant plus d’une telle méprise que la chasse et les formations au permis de chasse insistent sur la sécurité du tir qui implique l’obligation formelle d’identifier sa cible avant de tirer, puis de vérifier son tir, l’objectif étant notamment de ne pas laisser une bête agonisante. Deux impératifs que ce chasseur ne semble pas avoir respectés.

Nous rappelons que la population de loups sur le territoire français stagne depuis 2022. Surtout, le Conseil européen[1] et l’OFB-CEFE[2] estiment réel le risque de baisse de la population, notamment depuis l’augmentation inacceptable du nombre de destructions de loup autorisées annuellement (contre laquelle nous avons bien l’intention d’agir) — jusqu’à 23% de la population lupine —, ce qui porte à 2/3 le risque de la faire diminuer. Les tirs illégaux augmentent encore cette probabilité, c’est pourquoi il est important de condamner ces infractions pour prévenir ce fort risque de décroissement. Le loup est une espèce clé de voûte qui joue un rôle écologique primordial pour nos paysages et nos cultures. Prédateur naturel, il participe à la régulation des ongulés sauvages.

La présence du loup dans le Cantal est très irrégulière depuis les années 2000 ce qui pourrait potentiellement s’expliquer par des faits de braconnage. La destruction de ce mâle, dans un département qui ne compte qu’un à deux individus, est très préjudiciable à l’espèce et porte donc directement atteinte à son bon état de conservation localement. C’est pourquoi nos associations portent plainte collectivement contre ce chasseur qui a reconnu avoir abattu « par inadvertance » ce loup. Il est hors de question de laisser cette « erreur » se reproduire ou devenir une habitude. L’avenir du loup sur notre territoire en dépend !

 

 

CONTACTS PRESSE

Animal Cross :

Pascal Sourdin, référent loup : 06 38 37 78 33

ASPAS :

Thierry Ruf : 06 10 27 44 23 / thierry.ruf@aspas-nature.org

Carduelis :

Carmen Munoz Pastor et Vincent Primault : carduelis@laposte.net / 05 55 83 17 78 / 06 62 61 05 25

Éducation Éthique Animale :

Marie-Laure Laprade :  06 28 37 48 83 / educ.ethic.animal@gmail.com

FERUS :

Denis Doublet Vice-président et coordinateur loup : coordination.loup@ferus.org / 07 82 75 75 55

Focale pour le Sauvage :

Sandra Bérénice Michel, Co-présidente : 07 85 75 48 63 / sandra.b-michele@live.fr

Pôle Grands Prédateurs :

Mickaël Paul, Co-président : 07 77 23 85 97

 

[1] Évaluation de l’état de conservation du loup (Canis lupus) en Europe, Conseil européen, T-PVS/Inf(2022)45

[2] État de conservation du loup en France, CEFE-OFB, 2025

Loup tué dans le Cantal : Animal Cross dénonce une destruction inacceptable

Loup tué dans le Cantal : Animal Cross dénonce une destruction inacceptable

Animal Cross exprime sa profonde préoccupation suite à la mort d’un loup lors d’une battue le 31 janvier dernier à Laveissenet, dans les Monts du Cantal. Cet événement tragique touche une espèce dont la présence est encore faible dans le Massif central, rendant la perte de cet individu particulièrement préjudiciable pour la conservation locale de l’espèce.

Le communiqué de presse d’une organisation syndicale montre que le chasseur s’abrite derrière la loi d’orientation agricole de mars 2025, qui prévoit que seules les atteintes commises « de manière intentionnelle ou par négligence grave » sont désormais passibles de poursuites pénales. Il va de soi que démontrer le caractère intentionnel des actes de braconnage est très difficile, et que cette loi ouvre la porte à tous les excès. Qu’un chasseur prenne un loup pour un renard conforte l’association dans ses demandes, depuis de nombreuses années, de voir des contrôles d’aptitude associés à la validation périodique du permis de chasser.

 

Un silence de cinq jours qui interpelle

Le déroulement des faits soulève d’importantes questions sur la transparence de cette opération de chasse. Le cadavre de l’animal n’a été découvert que cinq jours après les faits. Ce n’est qu’à la suite de cette découverte fortuite que le chasseur responsable s’est manifesté auprès de la gendarmerie.

Pour Animal Cross, cette chronologie est révélatrice : sans cette découverte due au hasard, l’acte de destruction d'une espèce protégée serait probablement resté ignoré, comme l’est la grande majorité des actes de braconnage de loups, en augmentation, qui seuls peuvent expliquer la stagnation de la population française depuis 2022.

 

source graphique : OFB https://www.loupfrance.fr/suivi-du-loup/situation-du-loup-en-france/

 

 

Une menace pour l'équilibre de nos écosystèmes

Le loup n'est pas seulement un symbole de vie sauvage ; il est une espèce clé de voûte (encore) protégée par les lois européennes et françaises. Son rôle écologique est primordial pour la santé de nos paysages :

  • Régulateur naturel : Il limite la surabondance des ongulés sauvages (cerfs, chevreuils, sangliers).
  • Allié des forêts : En régulant ces populations, il réduit l’abroutissement des jeunes pousses, favorisant ainsi la régénération naturelle des forêts, essentielle face aux enjeux climatiques actuels.

Animal Cross demande

  1. Une enquête rigoureuse de L'Office Français de la Biodiversité (OFB) pour déterminer s'il s'agit d'un acte de braconnage caractérisé.
  2. Que la justice tire toutes les conséquences de cette « destruction non autorisée d'espèce protégée ».

Nous rappelons que la responsabilité est aussi institutionnelle. En laissant une trop grande liberté dans la « gestion » de la faune sauvage sans contrôles suffisants, et en augmentant année après année les possibilités légales de tuer des loups, l'État porte une part de responsabilité dans ces soi-disant accidents, en installant des conditions favorables à l’impunité.

Animal Cross se joindra aux actions judiciaires en cours et déposera plainte pour destruction non autorisée d’espèce protégée. Il est impératif que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce tir et que les responsabilités soient clairement établies pour que la loi protégeant notre biodiversité ne soit pas une lettre morte.

Contact Presse :  contact@animal-cross.org