Des pylônes de remontées mécaniques, des moutons agglutinés en mal de plaine, des brebis malades en devenir de carcasse, les gaz nauséabonds de gros 4×4, des hordes de randonneurs bruyants avec leur marmaille gloutonne, leur cortège de déchets, des vestiges de routes goudronnées, au loin des fantassins chasseurs au tir hasardeux et des champs de maïs empoisonné, … mais où suis-je donc ?

Mais bien-sûr : dans un Parc National !!

Pauvres parcs, qu’ils soient nationaux, naturels, régionaux, qui ont été originellement créés afin d’être des havres de paix pour la faune et la flore. Où est passé l’esprit de leurs concepteurs, qui bien avant la vague écologique pressentaient la nécessité de soustraire la biche, la marmotte et le faon à la main cupide et dévastatrice de l’homme ?

Qui aurait cru que la maladie dérogatoire française (1), alliée à la recherche du profit et au fatal plaisir de tuer, aurait conduit en 40 ans à cent fois plus de moutons dans certains parcs (2), à la multiplication des battues, et à la traque du prédateur salvateur ? Souvenons-nous pour ne citer qu’eux, de la battue aux loups organisée dans le Parc national des Ecrins en 2014, et de l’autorisation de la chasse en zone cœur du Parc National des Cévennes depuis 2006.
La richesse florale saura-t-elle se remettre du surpiétinement ovin ? Le chevreuil pourra-il enfin ignorer la fureur du chien et la barbarie du maître ? Est-ce la chèvre qui décidera de la disparition de telle ou telle plante fragile ?

Non !

 

La nuisance absolue de l’homme doit se voir endiguée dans certains espaces. La faune sauvage doit se voir protégée des maladies transmises par l’homme et par ses animaux. Commençons pour cela par rendre à la Nature ses biens en faisant de nos Parcs Nationaux de véritables sanctuaires de vie animale et végétale, dont seraient bannis l’homme et ses activités mortifères. Protégeons ces lieux et leurs habitants par une réglementation, une signalisation et des contrôles salutaires.

La Nature se meurt : stoppons ensemble son agonie.

(1) Les centaines de dérogations annuelles à la protection d’espèces protégées, entraînées par des projets divers, sont devenues la règle. Elles invoquent et dévoient parfois « l’intérêt public majeur”; elles sont heureusement parfois cassées en justice. De plus, au sein même des parcs, des derogations à leurs règlements autorisent des manifestations sportives, des travaux, la traversée d’animaux domestiques, etc …

(2) Stephan Carbonnaux, « Rapport historique et prospectif sur la protection de l’ours dans les Pyrénées », 2008

 

 

 

 

 

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