Consultation public : Plan de chasse dans le 64 pour la période 2026-2032

Consultation public : Plan de chasse dans le 64 pour la période 2026-2032

La consultation publique sur le Schéma Départemental de Gestion Cynégétique (SDGC) 2026-2032 des Pyrénées-Atlantiques est ouverte du 30 avril au 21 mai 2026.

Ce plan, qui définit les règles de chasse pour les six prochaines années, présente de graves lacunes concernant la préservation de la biodiversité, la santé publique et le partage de l'espace naturel.

Nous vous proposons de déposer un avis défavorable pour dénoncer un projet privilégiant les intérêts cynégétiques au détriment de l'intérêt général et de la protection de la faune sauvage.

La réponse proposée 👇​


ATTENTION, POUR QUE VOTRE AVIS SOIT PRIS EN COMPTE, NE REPRENEZ PAS LE TEXTE TEL QUEL

Objet : défavorable au Schéma départemental de gestion cynégétique du département 64

Le Schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC) organise les activités de chasse pour les six prochaines années pour les années 2026-2032 dans le département 64.

L’association Animal Cross, que je soutiens, dénonce le fait que ce schéma souffre de nombreuses faiblesses :

  • Il considère comme une évidence que  les espèces sur la liste des espèces chassables doivent nécessairement être chassées. Or, ce principe pose de nombreux problèmes :
  • La très grande majorité des espèces ne font pas de dégâts aux activités agricoles, forestières et aquacoles, et ne génère pas de risque pour la santé et la sécurité publique. Ainsi des animaux de montagne comme les isards (5000 tués chaque année), le mouflon (une quinzaine par an), la marmotte, ainsi des oiseaux limicoles, etc.
  • De très nombreuses espèces, environ 25,  sont en voie de conservation défavorable selon la liste rouge de l’UICN (perdrix rouges, perdrix grises, perdrix grises de montagne, lapin de garenne, tourterelle des bois…) mais seront quand même chassées dans le département 64. Les chasseurs, qui se présentent comme les plus grands écologistes de France, devraient les laisser en paix.
  • Certaines espèces, comme les faisans, ne peuvent être chassées que parce qu’elles sont élevées et relâchées pour la chasse. Incapables de survivre dans la nature, leurs jours sont comptés.  Aucune indication ne permet de comprendre l’impact des populations d’élevage sur les populations autochtones et la pollution génétique que ces lâchers peuvent engendrer. Il n’est fait aucune référence dans le texte aux autres animaux relâchés, comme les lapins, les canards, les perdrix…
  • Ce plan méconnaît le fait que le grand tétras et le lagopède alpin ne sont plus sur la liste des espèces chassables.

Ce plan fait l’impasse sur des questions majeures :

  • De santé publique liée à la consommation de venaison contaminée par le plomb, déconseillée aux femmes enceintes et aux enfants, et limitée à 3 fois/an pour les adultes (Anses 2018). Encourager la consommation de viande empoisonnée est criminel.
  • D’ordre public. La question de la sécurité à la chasse n’est pas envisagée sous l’angle du partage de la nature avec les autres usagers. Une revendication constante des usagers de la nature (sachant que les chasseurs représentent moins de 1,5% de la population) est de pouvoir se promener tranquillement. Nous demandons des dimanches et vacances scolaires sans chasse.
  • D’ordre juridique. Les chasses traditionnelles ont été annulées par plusieurs arrêts du Conseil d’État. Le SDGC n’en fait aucune mention.
  • D’ordre scientifique. Une étude récente du Museum national d’histoire naturelle (Jiguet et al, mars 2026) ne trouve pas de lien entre les prélèvements de 1 ,7 millions par an d’animaux des Espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (Esod) du groupe 2 et la baisse des dégâts agricole, le système d’indemnisation des dégâts coûtant 8 fois plus cher que les « dégâts » eux-mêmes.

À la fin, il est clair que ce document ne promeut que les intérêts des chasseurs et pas celui de la nature et de ses usagers. Que les services du préfet ne sont qu’une boîte aux lettres qui entérinent le texte des chasseurs sans protéger l’intérêt général.

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Répondre à la consultation publique avant le 20 mars 2026

La direction départementale des territoires (DDT) de Saône-et-Loire met actuellement à consultation du public un projet d’arrêté préfectoral autorisant une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau du 15 juin au 14 septembre 2026.

Cette période dite « complémentaire » permettrait le déterrage des blaireaux en plein été, c’est-à-dire pendant la période d’élevage des jeunes, une pratique particulièrement controversée et dénoncée depuis de nombreuses années par les associations de protection de la nature.

👉 Animal Cross vous invite à participer à la consultation publique et à vous opposer à ce projet d’arrêté.
Attention : pour que votre participation soit valable, pensez à autoriser la publication de votre contribution et à cocher la case « Avis défavorable » avant de déposer votre commentaire.
La mention « Avis favorable au projet d’arrêté » peut apparaître par défaut : ne vous y trompez pas.

Voir la consultation

Proposition de réponse :

Monsieur le Préfet de la Saône-et-Loire,

La Direction Départementale des Territoires de la Saône-et-Loire propose à la consultation du public un projet d’arrêté préfectoral portant sur la période complémentaire de la vénerie sous terre du Blaireau pour la période allant du 15 juin 2026 au 14 septembre 2026.

Je souhaite déposer un AVIS DÉFAVORABLE à votre projet d’arrêté.

- L'argument d'une prétendue "prolifération" est démenti par les réalités biologiques de l'espèce. Le blaireau présente une vulnérabilité intrinsèque due à une dynamique de reproduction particulièrement lente :

  • Faible taux de reproduction : Seules 30 % des femelles se reproduisent annuellement (1), avec une moyenne de seulement 2,7 blaireautins par portée.
  • Mortalité juvénile critique : Entre 50 % et 70 % des jeunes périssent avant leur première année (collisions routières, conditions climatiques).
  • Il n'existe pas de recensement fiable des populations de blaireaux dans le département 71. Les données fournies par les chasseurs sont partiales et insuffisantes pour prouver une surabondance.

- Il est illegal de tuer les "petits" de mammifères. Scientifiquement, le "petit" désigne l'individu inapte à assurer le renouvellement de l'espèce. Toute intervention avant l'émancipation totale (fin d'automne) impacte directement la pérennité démographique locale. En effet, les blaireautins naissent généralement entre janvier et mars. Ils restent dans le terrier pendant leurs premières semaines de vie et ne commencent à en sortir qu’aux alentours de 6 à 8 semaines, au moment du sevrage. À partir de là, ils apprennent progressivement à se nourrir seuls et à s’intégrer dans la vie sociale du clan. Cependant, leur développement est lent. Les études scientifiques montrent que le blaireau est considéré comme un « petit » tout au long de sa première année de vie (1). Autrement dit, les jeunes nés au printemps sont encore très immatures pendant l’été.
La Cour administrative d’appel de Bordeaux (avis du 24 février 2026) précise que la notion de « petits » correspond à un défaut d'autonomie (incapacité de survivre seul) et que cet état ne doit être assimilé ni à la période de sevrage, ni à la maturité sexuelle.
De plus, la vénerie sous terre est une méthode non-sélective. L'animal étant terré, le chasseur est incapable d'identifier l'âge ou le statut de l'individu avant l'extraction aux pinces.
- La destruction des terriers nuit à la biodiversité globale en impactant les espèces cohabitantes, dont certaines sont protégées : le Putois d'Europe, le Chat forestier, le Renard, le Lapin de garenne et diverses espèces de Chauves-souris.
- Les dégâts aux cultures sont minimes avec seulement 22 cas signalés et la vénerie sous terre n'est pas une solution adaptée pour les dégâts aux infrastructures routières ou ferroviaires.
- Il existe des alternatives non-létales : Les répulsifs naturels ont prouvé leur efficacité pour un coût moindre pour les finances publiques. Il est également possible de recourir à des terriers artificiels.

- La vénerie sous terre, par sa nature même (acculement par les chiens, extraction traumatique aux pinces métalliques, mise à mort manuelle), inflige une souffrance extrême et prolongée. Ce caractère barbare est en rupture totale avec l'évolution des mœurs et les attentes sociétales : 83 % des Français sont favorables à l'interdiction du déterrage (Sondage IPSOS 2018).
 
(1)  https://hal.science/hal-03035073v1  ( François Lebourgeois. Le blaireau européen (Meles meles L.). Synthèse des connaissances européennes. Partie 2: groupes familiaux, dynamiques des populations et domaines vitaux. Revue forestière française, 2020)
 

Lancement d’une pétition commune avec 7 associations pour sortir le renard de la liste “ESOD”

Lancement d’une pétition commune avec 7 associations pour sortir le renard de la liste “ESOD”

Une pétition officielle a été déposée à l’Assemblée nationale pour demander la fin du classement des renards roux en tant qu’ « espèce susceptible d’occasionner des dégâts » (ESOD). Les associations à l’initiative de cette démarche, Animal Cross, ASPAS, AVES, Faune Alfort, FERUS, Focale pour le Sauvage, le Pôle Grands prédateurs et One Voice, appellent à une mobilisation citoyenne urgente afin de mettre fin aux abattages massifs de ces animaux.

Pour éclairer le grand public sur le sujet et rappeler les enjeux de cette pétition, une journée d’action sur le terrain, est organisée samedi 17 janvier dans 11 villes, à l’initiative de One Voice.

Un classement ESOD à l’origine d’abattages massifs et inutiles

Chaque année en France, au moins 500 000 renards sont tués par tir, piégeage ou déterrage, pratiques rendues possibles par leur inclusion sur la liste ESOD, dans 88 départements à ce jour. Ce chiffre glaçant met en lumière une réalité alarmante : les renards subissent ces pratiques cruelles à grande échelle, à l’image du déterrage, une méthode documentée depuis longtemps par nos associations comme étant particulièrement barbare.

Le renard, un allié écologique et sanitaire essentiel pour nos écosystèmes

Cette persécution ne repose pourtant sur aucun fondement scientifique. Les renards sont des alliés majeurs de nos territoires : ils régulent les rongeurs ravageurs des cultures et porteurs de maladies telle que la borréliose de Lyme, réduisant ainsi pertes agricoles, dépendance aux rodenticides toxiques et propagation d’une zoonose touchant plusieurs dizaines de milliers de personnes chaque année en France.

Animaux omnivores disséminant les espèces végétales et charognards éliminant les carcasses, ils constituent en outre un maillon essentiel de nos écosystèmes.

La “régulation” des renards : une inefficacité démontrée

L’ANSES l’a confirmé en 2023 :  les renards ne présentent pas de risque pour la santé publique. Ils ne sont plus porteurs de la rage depuis l’éradication de la maladie en 2001 et leur abattage accroît la circulation de l’échinococcose.

Les dégâts prétendument invoqués sont tout aussi infondés, les études, dont le programme CARELI, démontrant que tuer des renards ne réduit en rien les prédations et que seules des protections adaptées des poulaillers sont réellement efficaces.

Enfin, la régulation naturelle de l’espèce est parfaitement assurée par la disponibilité des ressources, comme l’illustrent les résultats du Luxembourg où l’arrêt de la chasse aux renards n’a provoqué ni surpopulation ni déséquilibre écologique. Ces conclusions ont été confirmées par plusieurs rapports et études scientifiques récents, qui soulignent l’inefficacité des actions de « régulation » des renards (FRB, 2023) et recommandent expressément de les supprimer de la liste des ESOD (IGEDD, 13 février 2025).

Le Conseil d’Etat a d’ailleurs déjà annulé partiellement leur classement en Aveyron, en Haute-Loire et en Lozère, faute de justification des abattages systématiques. La rapporteure publique avait d’ailleurs à cette occasion considéré que la raison commande d’accompagner la remise à plat du régime des ESOD.

L’opinion publique largement opposéE

L’opinion publique est elle aussi claire : 65% des Françaises et des Français sont contre ce classement, et 71% s’opposent à ces massacres (sondage IFOP, 2023).

Avec l’effondrement massif de la biodiversité, l’année 2026 devrait être l’année charnière d’une préservation accrue des espèces. Elle ne doit pas être celle du renouvellement de l’arrêté triennal maintenant les renards sur la liste des ESOD, en contradiction totale avec les données juridiques, scientifiques et les attentes sociétales.

Aves Francel’ASPAS, Animal Cross, Faune AlfortFocale pour le SauvageFERUS, le Pôle Grands Prédateurs et One Voice appellent ensemble le ministère de la transition écologique à mettre fin au classement des renards en tant qu’ « ESOD ».

Chaque voix compte pour eux. Pour changer la loi autorisant cette liste mortifère, nous appelons le grand public à signer et partager massivement notre pétition commune à l’Assemblée nationale.

One Voice organise le 17 janvier une journée d’action dans 11 villes

Pour éclairer le grand public sur le sujet et rappeler les enjeux de cette pétition, One Voice organise le 17 janvier prochain une journée d’action sur le terrain, dans 11 villes : Fréjus (83)Nice (06)Metz (57)Brive-la-Gaillarde (19)Montpellier (34)Bar-le-Duc (55)Nantes (44)Troyes (10) et Limoges (87). Deux autres actions sont planifiées, le 18 janvier à Toulouse (31) et La Rochelle (17) le 24 janvier (informations à venir).

Chasse et déclin de la biodiversité : une pression insoutenable sur la faune sauvage en France

Chasse et déclin de la biodiversité : une pression insoutenable sur la faune sauvage en France

En France, la chasse s’exerce sur un nombre particulièrement élevé d’espèces animales, alors même que la biodiversité connaît un déclin massif et documenté. Si la destruction des habitats, l’agriculture intensive et la pollution figurent parmi les principales causes de l’érosion du vivant, de nombreuses études scientifiques indiquent que la chasse peut constituer une mortalité additive, c’est-à-dire une mortalité qui s’ajoute aux autres pressions et peut aggraver la situation d’espèces déjà fragilisées[1][2].

Un nombre d’espèces chassables sans équivalent en Europe occidentale

En métropole, la France autorise la chasse de 91 espèces animales, un chiffre exceptionnel en Europe occidentale. Cette liste comprend à la fois des espèces effectivement chassées chaque année et des espèces placées sous moratoire temporaire, mais qui demeurent juridiquement chassables[3]. Plusieurs analyses comparatives soulignent le caractère atypique de ce niveau d’autorisation au regard de l’état de conservation préoccupant de nombreuses populations sauvages européennes.

Un état de la biodiversité scientifiquement jugé alarmant

Les données disponibles sont préoccupantes. Selon la Liste rouge nationale de l’UICN, une part significative de la faune française est menacée. En métropole, 32 % des oiseaux nicheurs, 14 % des mammifères et 23 % des amphibiens évalués présentent un risque de disparition[4]. À l’échelle mondiale, les évaluations de l’IPBES indiquent que l’exploitation directe des ressources (dont la chasse, mais aussi la pêche, l’exploitation forestière et d’autres formes de prélèvements) constitue, depuis 1970, le deuxième facteur ayant le plus d’impact négatif sur la nature, juste après les changements d’usage des terres et des mers[5].

Des prélèvements cynégétiques sur des espèces déjà en difficulté

De nombreux travaux scientifiques et rapports institutionnels montrent que certaines espèces toujours chassées présentent un état de conservation défavorable, à l’échelle nationale ou européenne[6]. Le rapport State of Nature in the EU 2020 de l’Agence européenne pour l’environnement souligne qu’une part importante des populations d’oiseaux d’intérêt communautaire se trouve dans un état de conservation jugé défavorable ou insuffisamment connu, notamment par manque de données[6].

Parmi elles figurent des oiseaux migrateurs chassables, dont les tendances démographiques sont suivies par des programmes de monitoring coordonnés à l’échelle européenne[7]. Lorsque ces espèces déclinent, il est évidemment nécessaire de stopper toute chasse, en particulier si elle intervient sur des populations déjà affaiblies.

Des groupes d’experts européens, notamment le NADEG et le TFRB, expliquent que, pour certaines espèces, les prélèvements cynégétiques peuvent compromettre la capacité de rétablissement des populations et recommandent, selon les cas, des réductions de prélèvements ou des suspensions temporaires[8]. À l’échelle nationale, la Liste rouge UICN France confirme que certaines espèces chassées sont classées comme vulnérables ou quasi menacées[4].

Le grand tétras (Tetrao urogallus) illustre de manière emblématique les contradictions entre politiques de conservation et pratiques de chasse. Les suivis montrent une division par cinq de ses effectifs en France depuis les années 1960, ainsi qu’une extinction locale dans les Alpes[9].

Sur la base de ces éléments, le Conseil d’État a jugé en 2022 que la chasse du grand tétras était incompatible avec l’état de conservation de l’espèce, et a enjoint l’État à la suspendre pour une durée de cinq ans[10].

Des impacts indirects majeurs : dérangement, évitement et fragmentation des habitats

Les effets de la chasse ne se limitent pas aux animaux tués. Chez les oiseaux d’eau notamment, des études montrent que les périodes et zones de chasse peuvent entraîner un évitement de sites pourtant favorables à l’alimentation ou au repos, au profit de zones moins perturbées mais parfois de moindre qualité écologique[11].

Ce type de réponse comportementale est souvent décrit à travers le concept de « paysage de la peur » (landscape of fear) : une perturbation humaine perçue comme un risque de mortalité modifie durablement la vigilance, l’utilisation de l’espace et le temps consacré à des activités vitales comme l’alimentation ou le repos[12]. À l’échelle du paysage, cela peut créer une fragmentation des habitats, même lorsque les milieux restent physiquement présents.

Oiseaux migrateurs : des déclins documentés et une responsabilité partagée

Des indicateurs paneuropéens mettent en évidence des déclins marqués pour plusieurs espèces migratrices, y compris certaines encore chassées. Entre 2005 et 2021, les effectifs ont notamment diminué d’environ –30 % pour le fuligule milouin, –40 % pour le canard siffleur et –25 % pour la caille des blés[13].

Pour les migrateurs, la dynamique des populations dépend de la continuité des sites utilisés tout au long de l’année (reproduction, haltes migratoires, hivernage). Dans ce contexte, plusieurs travaux suggèrent que la mortalité liée à la chasse, lorsqu’elle s’ajoute à d’autres facteurs de stress (dégradation des habitats, pollution, changement climatique), peut contribuer à freiner le rétablissement de populations déjà en déclin[14].

Située sur plusieurs axes migratoires majeurs et accueillant de nombreuses espèces en halte ou en hivernage, la France fait partie des pays où les décisions de gestion peuvent peser sur la trajectoire de certaines populations à l’échelle européenne.

La chasse, source persistante de pollution au plomb

L’utilisation de munitions au plomb constitue encore aujourd’hui une source importante de contamination de l’environnement[15]. Les effets toxiques du plomb sont largement documentés et peuvent entraîner intoxications, troubles neurologiques, atteintes physiologiques et mortalité chez de nombreuses espèces animales[16].

Blessures non létales : une mortalité largement sous-estimée

La pression de chasse ne se résume pas aux animaux effectivement retrouvés. Selon les espèces, le type d’armes, les distances de tir et les conditions de chasse, une part des animaux est blessée sans être récupérée, avec des souffrances prolongées et une mortalité différée rarement comptabilisée[17]. Cette sous-estimation complique l’évaluation réelle de l’impact des prélèvements sur les populations.

NOTRE DEMANDE : Placer la science et le principe de précaution au cœur des politiques de chasse

Dans un contexte d’effondrement du vivant, la chasse constitue une pression supplémentaire. Il nous semble donc nécessaire et urgent que les politiques publiques soient fondées sur l’état de conservation réel des espèces, l’analyse des pressions cumulées et l’application du principe de précaution[5].  

   

Références

  1. Lebreton J.-D. (2005). Dynamique des populations d’oiseaux et mortalité additive. Comptes Rendus Biologies.
  2. Sandercock B.K. et al. (2011). Is hunting mortality additive or compensatory? Journal of Applied Ecology. Lien
  3. OFB. Les espèces chassables en France.
  4. UICN France (2021). La Liste rouge des espèces menacées en France.
  5. IPBES (2019). Global Assessment Report.
  6. EEA (2020). State of Nature in the EU 2020.
  7. PECBMS (2023). Trends of Common Birds 2023.
  8. NADEG/TFRB (2024). Huntable birds under Birds Directive.
  9. Ministère de la Transition écologique (2012-2021). PNA Grand tétras.
  10. Conseil d’État (2022). Décision n°453232.
  11. Michelat D. & Giraudoux P. (2022). Hunting disturbance on waterbirds. Biological Conservation.
  12. Frid A. & Dill L. (2002). Human-caused disturbance as a form of predation risk.
  13. PECBMS (2023). Trends of Common Birds 2023.
  14. Péron G. et al. (2013). Hunting pressure and migratory birds. Ecology Letters.
  15. ECHA. Lead in ammunition.
  16. Pain D.J. et al. (2019). Lead poisoning of wildlife. Ambio.
  17. Fox A.D. et al. (2016). Wounding rates in hunting. European Journal of Wildlife Research.
Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Répondre à la consultation publique avant le 20 mars 2026 La direction départementale des territoires (DDT) de Saône-et-Loire met actuellement à consultation du public un projet d’arrêté préfectoral autorisant une période complémentaire de vénerie sous terre du...

Consultation : dans le 65, un projet d’arrêté préfectoral à charge pour le sanglier

Consultation : dans le 65, un projet d’arrêté préfectoral à charge pour le sanglier

Le projet d’arrêté préfectoral soumis pour l’année 2026 pour le département 65 a pour objectif de « fixer le cadre de l’organisation des mesures administratives au sanglier » : c’est-à-dire d’autoriser, sous certaines conditions, des interventions, notamment par tir,...

Consultation : dans le 65, un projet d’arrêté préfectoral à charge pour le sanglier

Consultation : dans le 65, un projet d’arrêté préfectoral à charge pour le sanglier

Le projet d’arrêté préfectoral soumis pour l’année 2026 pour le département 65 a pour objectif de « fixer le cadre de l’organisation des mesures administratives au sanglier » : c’est-à-dire d’autoriser, sous certaines conditions, des interventions, notamment par tir, pour réguler les populations de sangliers.

L’argument avancé pour justifier cet arrêté repose sur des critères comme l’ampleur des dégâts que les sangliers pourraient causer (sur les cultures, les biens, les biens des particuliers), ou les risques potentiels à la sécurité des personnes et des biens, y compris la sécurité routière.

Mais, en l’état, l’arrêté proposé contient des dispositions, explicites ou implicites, qui méritent d’être questionnées. 

 

indemnisation dégâts gibier
indemnisation dégâts gibier
indemnisation dégâts gibier

Animal Cross se positionne comme étant défavorable au projet d’arrêté préfectoral visant à encadrer les « mesures administratives » sur le sanglier en 2026. Plusieurs points du texte nous semblent problématiques et contraires à une gestion responsable de la faune sauvage.

❌ Risque d’encouragement au braconnage

L’arrêté ne précise pas si les monoculaires à vision thermique peuvent être fixés sur les armes. Si tel est le cas, cela ouvre la voie à des usages illégaux en dehors du cadre prévu. Les AP concernant le loup, par exemple, encadrent clairement l’usage de ces dispositifs : ce projet ne le fait pas.

❌ Atteinte au droit de propriété

Le texte autorise des battues sur des terrains dont les propriétaires ont pourtant déclaré leur opposition à la chasse. Une contradiction avec le principe même du respect du droit de propriété, souvent invoqué par les chasseurs.

❌ Un vocabulaire partial et scientifiquement infondé

Le terme « malfaisant », utilisé pour qualifier le sanglier, est non seulement inapproprié mais occulte ses rôles écologiques essentiels :
– dispersion des graines,
– aération et fertilisation des sols,
– limitation de certaines espèces ravageuses.

❌ Absence de prise en compte des risques sanitaires

La maladie d’Aujeszky, très présente dans les populations de sangliers du département, est mortelle pour les chiens. Le projet d’arrêté ne prévoit aucune mesure claire pour prévenir la contamination lors des battues ou tirs administratifs.

Ce projet d’arrêté manque de clarté, fragilise la protection de la faune, néglige les enjeux sanitaires et porte atteinte à des principes fondamentaux. Nous appelons à une gestion plus rigoureuse, respectueuse des propriétaires et fondée sur des données écologiques plutôt que sur des considérations idéologiques.

 

Pour en savoir plus sur la consultation 👇​

Pour participer

Envoyez un email à la DDT des Hautes-Pyrénées : dd*********************@******************uv.fr

Voici une une proposition de texte :

Objet : Défavorable au projet d’arrêté préfectoral « FIXANT LE CADRE DE L’ORGANISATION DES MESURES ADMINISTRATIVES AU SANGLIER POUR L’ANNÉE 2026 «

Je suis opposé à ce projet car :

· l'AP ne précise pas si les monoculaires à vision thermique sont adaptables sur la carabine, et si oui, alors il s'agit pour les chasseurs équipés d’une invitation au braconnage, car ils seront amenés à vouloir utiliser l’objet de leur investissement en dehors de cet acte-là ; dans les AP dérogatoires de tir de loup, on précise bien leur objet : « lunettes de tir à visée thermique « .

· les battues peuvent avoir lieu sur des terrains dont le propriétaire a déclaré une opposition à la chasse ; alors que les chasseurs invoquent souvent le caractère sacré du droit de propriété lorsqu’il s’agit d’y chasser.

· le qualificatif "malfaisant" ( Qui fait ou cherche à faire du mal, à nuire, https://www.cnrtl.fr/definition/malfaisant ) dans les considérants, est déplacé. Rappelons ses actions bénéfiques : dispersion des graines (zoochorie), retournement des horizons superficiels des sols (élimination d’espèces herbacées très recouvrantes et compétitives pour l’installation des jeunes semis d’arbres, aération du sol, minéralisation de la matière organique…), destruction d’animaux ravageurs, etc … .

· Risque de dissémination et de contamination des chiens par la maladie d’Aujeszky (elle leur est fatale), très présente dans les populations de sangliers des Hautes-Pyrénées.

 

 

Nous avons jusqu'au 22 décembre.

Merci pour votre participation.

 

Source photos : © Wikimedia Commons, chassepassion.net

Le chevreuil : destructeur de forêts ou victime d’idées reçues ?

Le chevreuil : destructeur de forêts ou victime d’idées reçues ?

Depuis plusieurs années, le chevreuil est accusé de porter atteinte à la régénération naturelle des forêts françaises. On l’accuse de broutage excessif, de destruction de jeunes pousses, de menacer la biodiversité. Mais qu’en est-il vraiment ? Et si cette image de destructeur de forêts masquait d’autres responsabilités ?

 

Un coupable bien pratique pour masquer une gestion forestière industrielle

 

Comme l’explique Annik Schnitzler, écologue spécialiste des forêts tempérées, « ce ne sont pas les chevreuils qui déboisent les forêts, ce sont les engins forestiers » [1]. Les plantations artificielles, en monoculture, fragiles et peu résilientes, sont davantage affectées par l’abroutissement que les forêts naturelles diversifiées.

La sylviculture intensive, la chasse, et la suppression des prédateurs naturels sont autant de facteurs qui créent un déséquilibre que l’on fait injustement porter au chevreuil [2].

 

Un rôle écologique bénéfique pour la forêt

 

Le chevreuil joue un rôle clé dans l’écosystème forestier. Il contribue à maintenir un certain équilibre végétal en limitant certaines espèces dominantes et en favorisant l’ouverture de clairières bénéfiques à d’autres espèces (oiseaux, insectes, petits mammifères) [3].

Contrairement aux idées reçues, sa présence n’empêche pas la régénération naturelle – au contraire, elle participe à la dynamique naturelle de la forêt lorsqu’elle est équilibrée [4].

 

La surpopulation de chevreuils : un mythe tenace

 

On parle souvent de surpopulation, mais dans la nature, les populations s’auto-régulent : ressources alimentaires, prédateurs, qualité de l’habitat sont autant de facteurs de contrôle [5].

La chasse, loin d’être une solution neutre, peut aggraver les déséquilibres en stimulant la reproduction ou en fragmentant les groupes sociaux [6].

 

Et si le vrai problème était notre modèle forestier ?

 

En réalité, le problème réside moins dans la présence du chevreuil que dans nos choix de gestion :

- Plantations artificielles sans diversité végétale [2]

- Disparition des prédateurs naturels (lynx, loup) [5]

- Recherche de rentabilité immédiate au détriment des cycles naturels [7]

Il est temps de cesser de faire du chevreuil un bouc émissaire et de repenser la place de la faune sauvage dans nos paysages forestiers.

 

Sources

  1. Annik Schnitzler. (2020). Intervention publique sur la faune et les forêts. Cité dans plusieurs articles et conférences sur les équilibres écologiques.
  2. ASPAS. (2022). Le mythe du gibier en surnombre. www.aspas-nature.org
  3. ONF. (2021). Rapport sur la régénération forestière. Office National des Forêts. www.onf.fr
  4. Société Française d'Écologie. (2020). Faune et forêts : des équilibres naturels. www.sfe-ecologie.org
  5. WWF France. (2020). Biodiversité forestière et faune sauvage. www.wwf.fr
  6. Petzold, H. (2022). Forest herbivory in Europe: A misunderstood role. In Ecological Studies Series.
  7. Ministère de la Transition Écologique. (2023). Rapport annuel sur la biodiversité forestière. www.ecologie.gouv.fr

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