Le printemps signe le retour des beaux jours, mais c’est avant tout une période cruciale et très sensible pour la biodiversité : c’est la période de reproduction et de naissance pour de nombreuses espèces. Pour cohabiter harmonieusement avec la nature, voici les gestes essentiels à adopter.

Chiens en laisse : éviter les divagations pour respecter le repos de la faune

Du 15 avril au 30 juin, une réglementation stricte impose de tenir les chiens en laisse en dehors des allées forestières (routes, chemins, sentiers balisés).

Le printemps est la saison où les mammifères mettent bas et les oiseaux nidifient. La simple présence d’un chien en liberté, qu’il fouine dans un terrier ou s’approche d’un nid au sol (comme ceux des courlis, vanneaux ou certains rapaces), peut causer un stress immense aux animaux sauvages, provoquer des fausses couches et l’abandon des petits par leurs parents, ou mener à la destruction directe des couvées.

C’est ici qu’une règle de bon sens s’impose : la liberté de notre chien doit s’arrêter à celle de la faune sauvage. Tout animal a droit au respect, et il ne devrait y avoir aucune hiérarchie entre notre animal de compagnie et la faune locale qui lutte pour sa survie.

Le non-respect de cette obligation de tenue en laisse est d’ailleurs passible d’une amende pouvant atteindre 750 €.

Des Haies SANS élagage pour protéger les oiseaux et leurs nids

Laissez les outils dans votre remise du 15 mars à fin août !

Pour protéger les oiseaux, il est fortement recommandé de ne plus tailler les haies ni d’élaguer les arbres entre la mi-mars et la fin du mois d’août. C’est dans ces branchages que de nombreuses espèces (merle noir, rougegorge, verdier d’Europe, mésange) s’installent pour créer leurs nids.

Tailler les haies durant cette période risque de détruire cet habitat vital et de déranger les couvées avant l’envol des derniers oisillons. Les haies sont de véritables écosystèmes offrant protection et nourriture, indispensables à la biodiversité.

Toutefois, certains arbres, notamment fruitiers peuvent être taillés pour leur vigueur et leur productivité.

À noter qu’ « Il est interdit de détruire, d’enlever ou d’endommager intentionnellement les nids et les œufs, de ramasser les œufs dans la nature et de les détenir (…) » Article L424-10 du Code d l’environnement.

Au jardin : des espaces au service de la nature

Avoir un beau jardin ne signifie pas que tout doit être rasé de près. Pour aider la biodiversité chez soi, le meilleur réflexe est de laisser une partie de votre jardin sans tonte pour faire place à la nature.

En laissant les herbes folles pousser et en épargnant certaines zones, notamment en laissant des bandes enherbées le long de vos haies, vous offrez un habitat et un refuge propices au développement des insectes, des amphibiens et des petits mammifères, comme les hérissons.

Petite astuce : si vous devez tondre, commencez par le milieu du jardin pour laisser à la petite faune le temps de fuir vers les abris périphériques.

En nature : Rencontres avec des bébés animaux, prudence !

Lors de vos balades printanières, il n’est pas rare de croiser un jeune animal seul au sol, comme un faon, un levraut ou un oisillon. Le réflexe absolu est de ne pas les toucher et de s’en éloigner rapidement.

Contrairement aux apparences, ces bébés sont très rarement abandonnés ; leur mère est souvent partie s’alimenter ou reste cachée à cause de votre présence. Récupérer ces jeunes animaux compromet gravement leurs chances de survie et c’est une pratique interdite par la loi.

Ne contactez un centre de soins de la faune sauvage ou l’OFB QUE si l’animal est manifestement blessé ou si la mère est morte à proximité.

Enfin, lors de vos promenades, restez toujours sur les sentiers pour ne pas déranger les animaux en pleine période de reproduction ni piétiner son environnement.

Sur les routes, soyons vigilants : le danger est critique

Soyez également particulièrement vigilants au volant sur les routes, car les déplacements de la faune (notamment les jeunes inexpérimentés) sont fréquents à cette saison.

Réduisez votre vitesse (en dessous de 90 km/h) et redoublez de vigilance à l’aube et au crépuscule. Soyez très attentifs près des lisières de forêts et des zones humides, tout particulièrement lors des nuits pluvieuses.

Cette saison est critique pour les amphibiens qui entament leurs migrations massives vers leurs sites de reproduction. Leur lenteur et leur comportement consistant à s’immobiliser face aux phares les rendent extrêmement vulnérables.

Le printemps (avril-juin) est également la période la plus meurtrière pour le chevreuil, en raison de la dispersion territoriale des jeunes. De plus, la consommation de bourgeons printaniers a tendance à rendre ces cervidés “ivres”, ce qui diminue fortement leur prudence.