Quels sont les facteurs clés du succès des mobilisations

Quels sont les facteurs clés du succès des mobilisations

L’engagement militant qui permet de récolter plus de 700 000 signatures dans la rue Espagne ou d’assurer une campagne intense de plaidoyer en Pologne.

Le professionnalisme des équipes. La liste RAT est reconnue par la communauté scientifique comme une liste crédible pour remplacer des tests sur les animaux par des tests alternatifs. Les associations bénéficient de salariés avec un haut niveau de qualification qui objectivisent le débat et ne sombrent pas dans le « pathos ».

Le soutien populaire. La campagne est vue et revue dans le pays et suscite un très grand enthousiasme, quelquefois un quasi-consensus. Les pétitions, sondage, et mobilisations de rue l’attestent.

Le temps long et la persévérance. Il a fallu 14 ans aux Polonais pour mettre fin à la fourrure, le projet TAPP en Hollande a commencé en 2019.

La prise en compte des intérêts de ceux qui ont à perdre dans la campagne, en particulier des éleveurs. Ils doivent être justement compensés et traités avec considération. Les Hollandais ont réussi à convaincre les éleveurs que le projet TAPP pouvait améliorer leur existence, les Polonais ont milité pour compenser les éleveurs de fourrures, les paysans suédois ont pu bénéficier d’aides européennes.

La coalition des associations. En travaillant ensemble, les associations ont plus de chance de parvenir à leur fin, même si le travail en commun est difficile pour les associations qui généralement cultivent leur indépendance.

Les arguments autres que la protection animale. Les Suédois ont su jouer sur la corde sensible du lien avec la nature, même pour les animaux, dans la culture traditionnelle suédoise. Les Espagnols ont mis en avant l’autonomie des provinces contre l’autorité centralisatrice de l’État, ressort puissant dans la péninsule ibérique. La liste RAT au Royaume-Uni s’appuie sur le fait que les tests de substitution peuvent être plus rapides et moins chers. Le projet TAPP en Hollande met en avant l’intérêt écologique de réduire la consommation de viande.

Dans cet article, nous partagions des mobilisations de nos voisins qui ont porté leur fruit. Toutes ces campagnes sont la preuve que, même si le modèle européen est en panne, il est toujours possible de gagner dans chaque pays des victoires significatives.

Le bien-être animal est une valeur forte des citoyens européens, qui ne peut que progresser dans les années à venir.

Voici les quelques facteurs clés de succès émergent :

Bien-être animal : Campagnes victorieuses chez nos voisins

Bien-être animal : Campagnes victorieuses chez nos voisins

De nombreuses associations se mobilisent chez nos voisins en faveur des animaux. Certaines initiatives sont très inspirantes et en voici quelques exemples 👇​

Google (Noto Color Emoji 17.0)     Espagne : « Corrida, no es mi cultura » - Ce n'est pas ma culture

En Espagne, une initiative populaire législative sous le nom de « Ce n’est pas ma culture » (« No es mi cultura ») est parvenue à repousser le statut légal de la corrida comme héritage culturel espagnol, inscrite dans une loi de 2013, et a restauré le pouvoir régional et local pour décider de sa propre culture.
716 606 signatures ont été récoltées sur la voie publique par des milliers d’adhérents et des dizaines d’associations, appuyés par de très nombreuses stars espagnoles.

Google (Noto Color Emoji 17.0)     Royaume-Uni : « Replace Animal Testing » - Remplacer les tests sur les animaux

Au Royaume-Uni, la liste RAT (replace animal-testing) est une vue globale, basée sur des preuves scientifiques, constamment à jour, des tests sur les animaux qui peuvent être remplacés par d’autres types de tests. Ces tests représenteraient plus de 1,2 millions de tests à travers toute l’Europe. L’association Cruelty Free international, à l’origine de cette liste, a réussi à l’imposer comme un élément incontournable de la prise de décision au Royaume-Uni pour mener de nouvelles études sur les animaux. Rappelons qu’il existe normalement une obligation de faire appel à un test alternatif pour remplacer les tests sur les animaux lorsque ces tests existent (c’est le premier « R » des trois « R »).

Google (Noto Color Emoji 17.0)     Suède : « I want to graze » - Je veux brouter

En Suède, les vaches étaient menacées d’être maintenue en permanence à l’intérieur des bâtiments sans accès à l’extérieur, alors qu’une réglementation ancienne leur garantissait l’accès à l’herbe en été. L’association Project 1882, une des associations de protection animale les plus connues de ce pays, a lancé la campagne « I want to graze » (« je veux brouter ») pour exprimer le fait que la place des vaches est dans les prés, pas entre quatre murs, et qu’elles aussi devaient profiter de la belle nature suédoise.

Le projet d’enfermer les vaches a été abandonné suite à cette action !

Google (Noto Color Emoji 17.0)    Pologne : « Non à la fourrure » 

En Pologne, deuxième pays le plus important de production de fourrure dans le monde, l’association Animal International est parvenue à faire arrêter cette production. Après 14 ans de combat et 7 tentatives avortées, elle a profité de la désorganisation de la filière suite au COVID et à la guerre en Ukraine, signifiant la fin des échanges économiques avec la Russie, pour convaincre les parlementaires d’interdire de nouvelles installations et prévoir une période de transition de 8 ans pour les installations existantes.

Google (Noto Color Emoji 17.0)     Pays-Bas : Taxer la viande 

Au Pays-Bas une coalition d’associations plaide pour changer les règles fiscales concernant la nourriture. Le projet TAPP propose de taxer au vrai prix les protéines animales pour un meilleur avenir. L’élevage de vaches et porcs, fortement producteur de gaz à effet de serre, serait plus taxé que celle de poulets.
Une absence de taxe serait appliquée aux fruits et légumes. Les taxes récoltées doivent permettre d’améliorer la vie des éleveurs et d’aider les foyers les plus modestes. Bien qu’une telle loi ne soit pas encore votée, mais commence à faire consensus, un premier succès a été obtenu sur le fait d’interdire la publicité sur les promotions moins chères sur la viande. La ville d’Amsterdam a même carrément interdit la publicité pour la viande.

Bien-être animal : que pouvons-nous attendre de l’Europe ?

Bien-être animal : que pouvons-nous attendre de l’Europe ?

L’Union européenne traverse une phase décisive pour la protection et le bien-être animaleAlors qu’elle a été longtemps moteur dans ce domaine, elle a récemment marqué le pas. Nous faisons le point sur les initiatives et règlements en cours au niveau européen.

Décryptage 👇​

Les Initiatives Citoyennes Européennes

« Fur Free Europe » - Une Europe sans fourrure

Lancée en 2022 par un collectif de 60 ONG, cette initiative citoyenne a recueilli 1,5 million de signatures pour demander l’interdiction de l’élevage et de la vente de fourrure dans l'UE. En juillet 2025, l'EFSA a scientifiquement conclu que les souffrances animales sont structurelles et inévitables dans les systèmes de cages actuels.

Malgré cette preuve et l'échéance de mars 2026, la Commission européenne semble hésiter à proposer une interdiction totale, envisageant de simples normes de bien-être renforcées sous la pression de l'industrie. Ce possible revirement contredit l'attente démocratique alors que 15 États membres, dont la France et la Pologne (premier producteur européen), ont déjà légiféré pour la fin de ces élevages.

« End of the Cage Age » - Une Europe sans cages

L'initiative « End the Cage Age », lancée en 2018 par CIWF et 170 ONG, a réuni 1,4 million de signatures pour mettre fin aux cages de 300 millions d'animaux d'élevage. Bien que la Commission européenne se soit engagée en 2021 à légiférer d'ici fin 2023, cette promesse n'a pas été tenue, provoquant une action en justice historique en 2024 pour manquement à agir.

Après une audience majeure le 5 mars 2026, le verdict de la Cour de justice de l'UE est attendu pour fin juillet 2026. En parallèle, une consultation publique ayant révélé un soutien massif de 99 % des participants maintient la pression pour que de nouvelles propositions législatives soient présentées au quatrième trimestre 2026.

Proposition de lois sur le bien-être animal

Transport d'animaux : Un changement de règles attendu mais en demi teinte

En décembre 2023, la Commission a proposé de nouvelles règles pour réduire la souffrance de 1,6 milliard d'animaux transportés annuellement. Les mesures clés prévoient la réduction des temps de trajet (9h max pour l'abattage), l'augmentation de l'espace et un contrôle des températures extrêmes.

Malgré ces avancées, les associations dénoncent le maintien des exportations vers les pays tiers et du transport maritime. Actuellement en cours d'examen par le Parlement et le Conseil, le texte prévoit une transition de cinq ans avant son application complète.

Bien-être des chiens et des chats et leur traçabilité

Ce règlement européen a été approuvé et vise à instaurer des normes minimales harmonisées de bien-être et de traçabilité pour les chiens et les chats élevés ou vendus par des professionnels, afin de garantir de meilleures conditions de vie aux animaux et de lutter efficacement contre le commerce illégal au sein de l'Union.

Pour mieux comprendre  👇​

*Initiative citoyenne européenne (ICE)
Une Initiative citoyenne européenne (ICE) est un mécanisme de démocratie participative qui permet aux citoyens de l’Union européenne d'interpeller directement la Commission européenne pour proposer une nouvelle législation.
Pour qu'une initiative soit recevable et examinée par les institutions, elle doit remplir des critères précis :
  • Soutien massif : Elle doit recueillir plus d'un million de signatures de citoyens européens.
  • Représentativité géographique : Un seuil minimal de signatures doit être atteint dans au moins sept États membres différents.
Une fois ces conditions remplies, la Commission européenne a l'obligation de répondre officiellement à l'interpellation des citoyens. Bien qu'elle soit juridiquement libre de ne pas proposer la loi demandée, l'ICE impose aux institutions de justifier leurs choix face à une demande citoyenne de grande ampleur.
*EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments)

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est l'une des principales agences de l'Union européenne.

Voici ses caractéristiques et missions principales selon les sources :

  • Rôle scientifique : Elle fournit des avis scientifiques indépendants sur les risques liés à l'alimentation, mais traite également de manière approfondie les sujets relatifs à la santé et au bien-être des animaux.
  • Aide à la décision : Son travail sert de base scientifique à la Commission européenne pour évaluer la nécessité et la faisabilité de nouvelles législations ou de mesures politiques.
  • Surveillance sanitaire : En collaboration avec d'autres agences (comme l'ECDC), elle assure une surveillance constante des menaces zoonotiques (maladies transmises de l'animal à l'humain) comme la Covid-19 ou la grippe aviaire, dans le cadre d'une approche « One Health » (Une seule santé).

Son rôle spécifique dans l'initiative « Fur Free Europe » : La Commission européenne a mandaté l'EFSA pour produire un avis scientifique indépendant sur le bien-être des animaux élevés pour leur fourrure (visons, renards, chiens viverrins et chinchillas). Dans son rapport publié le 30 juillet 2025, l'EFSA a conclu que les souffrances animales identifiées dans ces élevages sont structurelles et inhérentes aux systèmes de cages, et qu'elles ne peuvent être ni prévenues ni réduites de manière substantielle dans les systèmes actuels.

À lire  👇​

Expérimentation animale : bonnes nouvelles venues de Suisse

Expérimentation animale : bonnes nouvelles venues de Suisse

Dans la Confédération Helvétique, le nombre d’animaux utilisés pour l’expérimentation animale a vu un net recul en 2012.

« Le nombre d’animaux utilisés en 2012 dans le domaine de l’expérimentation animale a diminué de 8,4% à 606’434 (-55‘694) par rapport à 2011. Le recul a été de 15% dans les expériences sur animaux à contrainte sévère de degré de gravité 3, qui représentaient en 2012 encore 1,9% des expériences sur animaux. Aucun animal d’expérience n’a été utilisé pour tester des cosmétiques ou des composants de cosmétiques. »

Pour plus de détails, cliquer ici.

Il faut savoir qu’en Suisse il existe une classification des expériences sur animaux selon leur degré de gravité (catégories de contrainte) ce qui explique que la législation suisse sur la protection des animaux (LPA) est l’une des plus avancées au monde.

Pour en savoir plus consulter le site ethique.ibps.fr

 Qu’en est-il du reste de l’Europe ?

Il semblerait que la situation soit un peu plus confuse. D’une part nous ne disposons que du RAPPORT DE LA COMMISSION AU CONSEIL ET AU PARLEMENT EUROPÉEN. Mais d’autre part ce septième rapport sur les statistiques concernantle nombre d’animaux utilisés à des fins expérimentales et à d’autres fins scientifiques dans les États membres de l’Union européenne, pourtant daté du 5/12/2013, nous donne des chiffres s’arrêtant à 2011.

Le rapport mentionne que « le nombre total d’animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d’autres fins scientifiques est légèrement inférieur à 11,5 millions (les données de la France se réfèrent à 2010). »

Il faut savoir que ce chiffre n’inclut pas les animaux utilisés dans des organismes privés.  Ce même rapport dit qu’ « on constate une diminution de plus d’un demi-million du nombre d’animaux utilisés dans l’UE par rapport au nombre communiqué en 2008. »

Quel bel effort en trois ans, on croît rêver !

Finalement on constate que le nombre d’animaux utilisés à des fins expérimentales, reste à peu près constant, avec une légère diminution en ce qui concerne les rats et les souris.

La Commission reconnaît en outre qu’ étant données les différences dans l’année de référence et l’augmentation du nombre des États membres au fil des ans, il n’est pas possible de tirer des conclusions quantitatives précises sur l’évolution de l’utilisation d’animaux à des fins expérimentales dans l’UE. Des comparaisons entre les tendances ont toutefois été effectuées et toute évolution substantielle de cette utilisation a été soulignée dans le rapport.

Site de la Commission

TELETHON et Recherche Animale « J’ai fait un rêve …. »

TELETHON et Recherche Animale « J’ai fait un rêve …. »

Cette proclamation historique faisait, comme un grand phare, briller la lumière de l’espérance aux yeux de millions d’esclaves noirs marqués au feu d’une brûlante injustice. Ce fut comme l’aube joyeuse qui mettrait fin à la longue nuit de leur captivité. Mais aujourd’hui l’existence du Noir est toujours tristement entravée par les liens de la ségrégation, les chaînes de la discrimination. Il en est de même à ce jour du règne animal. Qu’entendons nous en ce soir du Téléthon : que la science progresse pour combattre les maladies génétiques ; que ces progrès pourront bientôt être appliqués à l’humain …cela sous entend bien sûr qu’on essaie de progresser grâce à des tests sur les animaux. Des gros plans sont réalisés dans cette émission du Téléthon sur des jeunes handicapés ( c’est triste bien sûr ..) mais pourquoi ne nous montre pas des images aussi tristes, sinon inacceptables d’animaux (chiens en l’occurrence) qui servent de cobayes. L’Animal serait-il inférieur à l’Humain ? Nous vous conseillons de lire à ce sujet l’excellent article paru dans le journal « Rue 89 ».

Voici l’adresse du site

Expérimentation animale : bonnes nouvelles venues de Suisse

STOP VIVISECTION : DERNIÈRE MINUTE !

 L’initiative citoyenne STOP VIVISECTION a atteint, et même dépassé, le 24 octobre 2013, une semaine avant la date limite, le million requis : 1 006 588 signatures, soit 100,65 % de son objectif. Maintenant, on va pouvoir discuter de l’abrogation de la directive 201/63/EU au Parlement européen. De plus Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Slovénie, Slovaquie, Bulgarie : sept pays, dont le quota était indispensable à l’aboutissement de l’ICE, l’ont atteint — et même un 8e, la Hongrie, et un neuvième… la France !

À quoi sert une ICE, et qui a déposé Stop Vivisection ?

Depuis le 1er avril 2012, les citoyens européens peuvent participer à l’activité législative de l’Union européenne. Avec ce nouvel outil, la Commission européenne est tenue d’analyser les demandes des citoyens dans les trois mois suivant le dépôt du million de signatures nécessaires, en organisant une audition publique du comité organisateur et en publiant par la suite une communication expliquant de quelle manière elle entend intervenir. Pour cette raison, l’initiative européenne est beaucoup plus efficace qu’une pétition classique.

Concrètement, c’est la députée italienne Sonia Alfano qui est à l’origine de l’initiative, avec un groupe d’eurodéputés. Déposée en mars 2012, l’ICE fut validée par l’Union européenne en juin. La récolte des signatures sur papier a débuté en septembre 2012, mais sur Internet seulement en janvier 2013 (retard dû à des problèmes techniques). Moins d’un an donc !

L’objectif de cette initiative est de faire appel à la Commission européenne afin d’abroger la directive 2010/63/EU, dite « pour la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques », en présentant une nouvelle proposition de directive visant à arrêter définitivement l’expérimentation animale.