À Brême, un “permis” est désormais obligatoire pour avoir un chien : une idée à suivre en France ?

À Brême, avoir un chien suppose désormais de prouver ses compétences
La nouvelle législation du Land de Brême change profondément la logique habituelle : il ne suffit plus de vouloir acquérir un chien pour être considéré comme suffisamment préparé à en prendre la responsabilité.
Depuis le 1er juillet 2026, les nouveaux détenteurs doivent obtenir un certificat de compétence, le Hundeführerschein.[1]
L’examen comporte deux étapes. La première est théorique et doit être réussie avant l’arrivée du chien. Elle porte notamment sur les besoins et le comportement du chien, les règles de protection animale et la capacité à anticiper des situations potentiellement dangereuses.
La seconde est pratique. Elle doit être passée dans l’année suivant l’acquisition, lorsque le chien a au moins douze mois. Le détenteur doit montrer qu’il sait comprendre son animal, le conduire correctement et prévenir les situations problématiques.[1][2]
Particularité importante : l’épreuve pratique doit être renouvelée avec chaque nouveau chien, car les autorités considèrent que chaque animal possède son propre comportement et ses propres besoins.
L’objectif : agir avant que les problèmes apparaissent
Le gouvernement de Brême explique cette réforme par un constat assez simple : aimer les chiens ne signifie pas nécessairement savoir répondre à leurs besoins.
Une mauvaise compréhension du comportement canin peut conduire à une éducation inadaptée, à des conditions de vie insuffisantes, à des conflits ou à des comportements devenus difficiles à gérer. Dans certains cas, le chien finit abandonné ou confié à un refuge.
Un chien n’est ni un objet que l’on apprend à utiliser après l’achat, ni un animal dont les besoins se résument à être nourri et promené. C’est un individu sensible, avec des besoins comportementaux, sociaux, physiques et médicaux qui devront être satisfaits pendant parfois quinze ans.
Non, toute l’Allemagne n’impose pas encore ce permis
L’Allemagne est un État fédéral et les règles concernant les chiens varient fortement selon les Länder. Il n’existe actuellement aucun Hundeführerschein obligatoire pour tous les propriétaires de chiens à l’échelle nationale.
En Basse-Saxe, les personnes qui acquièrent leur premier chien doivent déjà, depuis 2013, passer une épreuve théorique avant l’acquisition puis une épreuve pratique pendant la première année de détention.[4]
À Berlin, en revanche, le Hundeführerschein reste en principe facultatif pour les chiens ordinaires et permet notamment d’obtenir une dérogation à certaines obligations de tenue en laisse.[5]
Lors d’une audition publique du Bundestag en avril 2026, l’éducateur canin Martin Rütter a demandé qu’une preuve de compétence soit exigée avant toute détention d’un chien.[6] Il s’agit à ce stade d’une proposition et non d’une décision fédérale.
Et en France ?
Depuis octobre 2022, toute personne acquérant pour la première fois un chien doit signer en France un certificat d’engagement et de connaissance, remis au moins sept jours avant l’acquisition.[7]
C’est utile. Mais il existe une différence fondamentale avec Brême : le futur détenteur français n’a aucune connaissance à démontrer.
Il lit et signe un document. Il n’y a ni examen théorique, ni mise en situation pratique, ni vérification ultérieure de sa capacité à comprendre et conduire son chien.

En Allemagne, plusieurs Länder imposent déjà aux nouveaux détenteurs de chiens de démontrer leurs connaissances. Photo d’illustration.
Notre demande : passer de l’information à une véritable compétence
Le certificat français constitue une première étape, mais son principe pourrait être renforcé.
Animal Cross propose d’étudier la mise en place, pour les nouveaux détenteurs de chiens, d’un véritable parcours de connaissance préalable : une formation accessible, suivie d’une validation des connaissances essentielles sur le comportement, la santé, les besoins physiologiques et la protection de l’animal.
Une partie pratique pourrait ensuite permettre de vérifier que la relation entre le chien et son détenteur s’établit dans de bonnes conditions.
















