Agir pour le vivant
La libre évolution, cela commence dans son jardin
Découvrez les actions concrÚtes que vous pouvez appliquer
Rappel de ce qu’est la libre Ă©volution
La libre Ă©volution, est un concept de protection de la nature qui consiste Ă laisser des espaces se dĂ©velopper spontanĂ©ment, sans intervention humaine directe sur les processus naturels (la ballade sur les sentiers et les Ă©tudes scientifiques restent possibles). ConcrĂštement, il s’agit de laisser les dynamiques Ă©cologiques faire leur travail de rĂ©silience et de crĂ©ation de vie, en abandonnant toute activitĂ© extractive (coupe de bois, agriculture), intrusive (activitĂ© touristique, hors ballades sur les sentiers) ou dĂ©lĂ©tĂšre (chasse, pĂȘche) . Dans ces milieux, la nature n’est ni exploitĂ©e, ni amĂ©nagĂ©e, ni gĂ©rĂ©e : les arbres morts sont par exemple laissĂ©s sur place pour s’intĂ©grer au cycle naturel.
C’est un espace de rĂ©gĂ©nĂ©ration oĂč la vie reprend ses droits.
POURQUOI EST-CE ESSENTIEL ?
L’objectif majeur de la libre Ă©volution est de restaurer la biodiversitĂ© et de retrouver des Ă©cosystĂšmes complets et fonctionnels. En laissant les processus Ă©cologiques spontanĂ©s s’exprimer, ces espaces permettent le retour d’une grande diversitĂ© d’espĂšces animales, vĂ©gĂ©tales et fongiques, notamment celles qui dĂ©pendent de la maturitĂ© des Ă©cosystĂšmes.
Plus un milieu est riche et diversifiĂ©, plus il devient rĂ©sistant et rĂ©silient face aux alĂ©as climatiques et aux pathogĂšnes. Par exemple, une forĂȘt non exploitĂ©e abrite une quantitĂ© importante de bois mort et de vieux arbres Ă cavitĂ©s, qui sont essentiels Ă la survie de nombreuses espĂšces : jusqu’Ă un tiers des espĂšces forestiĂšres dĂ©pendent du bois mort, et 41 % des espĂšces d’oiseaux forestiers en France mĂ©tropolitaine ont besoin de ces cavitĂ©s pour se reproduire.
Les milieux ouverts en libre Ă©volution explosent Ă©galement de vie : la richesse vĂ©gĂ©tale peut ĂȘtre fortement rĂ©duite par le pĂąturage intensif.
Pourquoi l’absence d’activitĂ© humaine sur ces espaces ?
Pour que la nature puisse exprimer son plein potentiel, il est impĂ©ratif d’y proscrire les activitĂ©s humaines, car mĂȘme celles qui semblent anodines perturbent profondĂ©ment les Ă©cosystĂšmes :
- L’exploitation forestiĂšre : Les coupes de bois entraĂźnent une perte d’habitat considĂ©rable en Ă©liminant les vieux arbres et le bois mort. Le passage des engins mĂ©canisĂ©s tasse les sols, les appauvrit en nutriments, et le sol mettra ensuite des centaines d’annĂ©es pour retrouver ses conditions Ă©cologiques antĂ©rieures.
- L’agriculture et le pastoralisme : Le surpĂąturage par le bĂ©tail bouleverse les processus Ă©cologiques, appauvrit drastiquement la flore, et rĂ©duit fortement la diversitĂ© de l’entomofaune (les insectes).
- La chasse et la pĂȘche : Au delĂ du problĂšme Ă©thique de tuer des animaux, la chasse et la pĂȘche engendrent un stress immense et une dĂ©pense d’Ă©nergie nuisible aux animaux, ce qui affaiblit leur condition physique et fait baisser leur taux de reproduction. La chasse pollue Ă©galement les sols et l’eau Ă cause du plomb des munitions.
- La surfrĂ©quentation humaine : MĂȘme la simple prĂ©sence humaine, Ă travers les loisirs et le tourisme hors des sentiers, a un impact. Le dĂ©rangement rĂ©gulier peut modifier le comportement des animaux, les rendant parfois plus nocturne, ce qui modifie les chaĂźnes alimentaires.  Le piĂ©tinement dĂ©truit la couverture vĂ©gĂ©tale ainsi que les processus microbiens du sol.
Les espaces en libre Ă©volution ne doivent pas occuper tout l’espace bien Ă©videmment mais cohabiter avec d’autres systĂšmes de gestion. Et dans ces espaces en libre Ă©volution, on peut accepter des balades contemplative sur les sentiers et des Ă©tudes scientifiques.
Le cycle de la nature et le retour de la forĂȘt
Nous avons filmĂ© un terrain en libre Ă©volution dans le 64, un petit havre de paix pour la faune et la flore, qui a fait l’objet d’une ORE* signĂ©e entre la commune et Animal Cross.
A premiĂšre vue on peut observer une vĂ©gĂ©tation qui peut sembler dĂ©sordonnĂ©e, et beaucoup d’espaces dominĂ©s par les ronces. Cependant, il est essentiel d’expliquer que ce stade, appelĂ© la “friche”, est une Ă©tape transitoire tout Ă fait normale et vitale vers le retour de la forĂȘt.
La friche : une étape mal comprise
AprĂšs l’arrĂȘt de l’exploitation humaine (la dĂ©prise), la terre entre dans une phase de transition : la friche. Loin dâĂȘtre un abandon, câest un milieu vivant, riche et en pleine transformation.
Elle est souvent colonisĂ©e par ce que l’on appelle Ă tort les “mauvaises herbes” ou les broussailles. Parmi elles, la ronce, frĂ©quemment perçue comme envahissante, est en rĂ©alitĂ© une formidable alliĂ©e du vivant. Telle une “pieuvre vĂ©gĂ©tale”, elle Ă©tend ses tiges et occupe rapidement lâespace.
Ce faisant, elle joue un rĂŽle protecteur essentiel : elle forme un couvert dense qui attire de nombreux insectes, sert de refuge aux petits et grands mammifĂšres, et surtout, protĂšge les jeunes pousses d’arbres de la dent des herbivores.
AccompagnĂ©e d’autres espĂšces pionniĂšres comme le prunellier ou le genĂȘt, la ronce prĂ©pare le terrain et accĂ©lĂšre la dynamique forestiĂšre. Ă l’abri de ces Ă©pines, les jeunes arbres peuvent grandir en toute sĂ©curitĂ©. Petit Ă petit, ils finissent par dĂ©passer les ronces, les privant de lumiĂšre, et la forĂȘt reprend ses droits.
Le retour Ă une forĂȘt vĂ©ritablement mature et sauvage est un processus de temps trĂšs long. Si les premiers arbres peuvent former un boisement en quelques dĂ©cennies, le sol lui-mĂȘme a besoin de plusieurs dizaines et jusqu’Ă des centaines d’annĂ©es pour se remettre des coupes et de l’exploitation passĂ©e.
On considĂšre qu’un boisement devient une “forĂȘt ancienne” lorsque le sol a connu une continuitĂ© boisĂ©e sans modification d’usage depuis plusieurs siĂšcles.
Enfin, pour que la forĂȘt accomplisse la totalitĂ© de son cycle biologique naturel et devienne ce que l’on appelle une “vieille forĂȘt” (avec ses trĂšs gros arbres, son bois mort au sol et sa naturalitĂ© maximale), il faut compter entre 300 et 400 ans. C’est un travail patient, tĂȘtu et serein que seule la nature peut accomplir, Ă condition qu’on lui en laisse le temps et l’espace.
Mais ce temps long ne signifie pas quâil ne se passe rien. Bien au contraire.
DĂšs les premiĂšres annĂ©es, les changements sont visibles : les plantes sauvages recolonisent les sols, les insectes reviennent, les oiseaux rĂ©apparaissent. La vie sâinstalle Ă nouveau, rapidement, dĂšs que la pression humaine disparaĂźt.
Puis, au fil des décennies, les milieux se structurent, se diversifient, deviennent plus riches et plus stables. Les arbres poussent, les habitats se complexifient, les équilibres se recréent.
Les centaines dâannĂ©es concernent les stades les plus avancĂ©s â les forĂȘts anciennes, les Ă©cosystĂšmes pleinement matures. Mais les bĂ©nĂ©fices, eux, commencent immĂ©diatement.
La vie ne tarde pas Ă revenir. Elle attend seulement quâon lui laisse la possibilitĂ© de le faire.
Exemple de bois mort utilisé par différentes espÚces : champignons, insectes, végétaux etc.
Alors agissons dĂšs maintenant !
La libre évolution, cela commence dans son jardin
Découvrez les actions concrÚtes que vous pouvez appliquer
*L’ORE (Obligation RĂ©elle Environnementale) est un outils juridique de protection de la biodiversitĂ©. C’est un dispositif foncier impliquant des personnes morales de droit privĂ© comme public ainsi que des personnes physiques. Ce dispositif permet Ă tout propriĂ©taire dâun bien immobilier de mettre en place, sâil le souhaite, une protection environnementale attachĂ©e Ă ce bien. Une solution particuliĂšrement utile afin dâen garantir la protection d’un espace naturel sur une pĂ©riode pouvant aller jusquâĂ 99 ans.
Pour aller plus loin
Notre site internet dĂ©diĂ© Ă la libre Ă©volution đâ
Notre manifeste sur la libre Ă©volution đâ
Visionnez notre vidĂ©o explicative sur la lire Ă©volution et son intĂ©rĂȘt đâ

