Découvrez les habitants de notre terrain en libre évolution dans le 64

Découvrez les habitants de notre terrain en libre évolution dans le 64

La semaine dernière, nous vous parlions de notre terrain de 1 ha en libre évolution, dans le 64.

C'est avec joie et émotion que nous avons découvert les premières images capturées par nos caméras, installées pour documenter discrètement les habitants du lieu : Blaireaux, chevreuils, possiblement un chat forestier, mustélidés : la vie est bien là, riche et foisonnante.

Sur seulement 1 ha, il n’est pas rare d’observer le passage de plusieurs espèces : un territoire de blaireaux peut s’étendre sur quelques hectares, un chevreuil peut parcourir plusieurs dizaines d’hectares, et les mustélidés, très discrets, occupent eux aussi ces espaces riches en biodiversité.

Ces images sont une preuve précieuse que lorsqu'on laisse un espace évoluer librement, sans chasse, sans exploitation, sans perturbation humaine, la nature reprend ses droits.

Nous allons continuer à observer, documenter, pour vous faire découvrir ces habitants discrets, leurs habitudes, leurs histoires…

Un voyage au cœur du sauvage, que nous sommes heureux de partager avec vous.

Découvrez les images ici 👇

Que devient la nature quand on lui laisse de la place et du temps ?

Que devient la nature quand on lui laisse de la place et du temps ?

Agir pour le vivant

La libre évolution, cela commence dans son jardin

Découvrez les actions concrètes que vous pouvez appliquer

Rappel de ce qu'est la libre évolution

La libre évolution, est un concept de protection de la nature qui consiste à laisser des espaces se développer spontanément, sans intervention humaine directe sur les processus naturels (la ballade sur les sentiers et les études scientifiques restent possibles). Concrètement, il s'agit de laisser les dynamiques écologiques faire leur travail de résilience et de création de vie, en abandonnant toute activité extractive (coupe de bois, agriculture), intrusive (activité touristique, hors ballades sur les sentiers) ou délétère (chasse, pêche) . Dans ces milieux, la nature n'est ni exploitée, ni aménagée, ni gérée : les arbres morts sont par exemple laissés sur place pour s'intégrer au cycle naturel.

C'est un espace de régénération où la vie reprend ses droits.

POURQUOI EST-CE ESSENTIEL ?

L'objectif majeur de la libre évolution est de restaurer la biodiversité et de retrouver des écosystèmes complets et fonctionnels. En laissant les processus écologiques spontanés s'exprimer, ces espaces permettent le retour d'une grande diversité d'espèces animales, végétales et fongiques, notamment celles qui dépendent de la maturité des écosystèmes.

Plus un milieu est riche et diversifié, plus il devient résistant et résilient face aux aléas climatiques et aux pathogènes. Par exemple, une forêt non exploitée abrite une quantité importante de bois mort et de vieux arbres à cavités, qui sont essentiels à la survie de nombreuses espèces : jusqu'à un tiers des espèces forestières dépendent du bois mort, et 41 % des espèces d'oiseaux forestiers en France métropolitaine ont besoin de ces cavités pour se reproduire.

Les milieux ouverts en libre évolution explosent également de vie : la richesse végétale peut être fortement réduite par le pâturage intensif.

Pourquoi l'absence d'activité humaine sur ces espaces ?

Pour que la nature puisse exprimer son plein potentiel, il est impératif d'y proscrire les activités humaines, car même celles qui semblent anodines perturbent profondément les écosystèmes :

  • L'exploitation forestière : Les coupes de bois entraînent une perte d'habitat considérable en éliminant les vieux arbres et le bois mort. Le passage des engins mécanisés tasse les sols, les appauvrit en nutriments, et le sol mettra ensuite des centaines d'années pour retrouver ses conditions écologiques antérieures.
  • L'agriculture et le pastoralisme : Le surpâturage par le bétail bouleverse les processus écologiques, appauvrit drastiquement la flore, et réduit fortement  la diversité de l'entomofaune (les insectes).
  • La chasse et la pêche : Au delà du problème éthique de tuer des animaux, la chasse et la pêche engendrent un stress immense et une dépense d'énergie nuisible aux animaux, ce qui affaiblit leur condition physique et fait baisser leur taux de reproduction. La chasse pollue également les sols et l'eau à cause du plomb des munitions.
  • La surfréquentation humaine : Même la simple présence humaine, à travers les loisirs et le tourisme hors des sentiers, a un impact. Le dérangement régulier peut modifier le comportement des animaux, les rendant parfois plus nocturne, ce qui modifie les chaînes alimentaires.  Le piétinement détruit la couverture végétale ainsi que les processus microbiens du sol.

Les espaces en libre évolution ne doivent pas occuper tout l'espace bien évidemment mais cohabiter avec d'autres systèmes de gestion. Et dans ces espaces en libre évolution, on peut accepter des balades contemplative sur les sentiers et des études scientifiques.

Le cycle de la nature et le retour de la forêt

Nous avons filmé un terrain en libre évolution dans le 64, un petit havre de paix pour la faune et la flore, qui a fait l'objet d'une ORE* signée entre la commune et Animal Cross.

A première vue on peut observer une végétation qui peut sembler désordonnée, et beaucoup d'espaces dominés par les ronces. Cependant, il est essentiel d'expliquer que ce stade, appelé la "friche", est une étape transitoire tout à fait normale et vitale vers le retour de la forêt.

La friche : une étape mal comprise

Après l'arrêt de l'exploitation humaine (la déprise), la terre entre dans une phase de transition : la friche. Loin d’être un abandon, c’est un milieu vivant, riche et en pleine transformation.

Elle est souvent colonisée par ce que l'on appelle à tort les "mauvaises herbes" ou les broussailles. Parmi elles, la ronce, fréquemment perçue comme envahissante, est en réalité une formidable alliée du vivant. Telle une "pieuvre végétale", elle étend ses tiges et occupe rapidement l’espace.

Ce faisant, elle joue un rôle protecteur essentiel : elle forme un couvert dense qui attire de nombreux insectes, sert de refuge aux petits et grands mammifères, et surtout, protège les jeunes pousses d'arbres de la dent des herbivores.

Accompagnée d'autres espèces pionnières comme le prunellier ou le genêt, la ronce prépare le terrain et accélère la dynamique forestière. À l'abri de ces épines, les jeunes arbres peuvent grandir en toute sécurité. Petit à petit, ils finissent par dépasser les ronces, les privant de lumière, et la forêt reprend ses droits.

Le temps, élément essentiel au retour de la vie

Le retour à une forêt véritablement mature et sauvage est un processus de temps très long. Si les premiers arbres peuvent former un boisement en quelques décennies, le sol lui-même a besoin de plusieurs dizaines et jusqu'à des centaines d'années pour se remettre des coupes et de l'exploitation passée.

On considère qu'un boisement devient une "forêt ancienne" lorsque le sol a connu une continuité boisée sans modification d'usage depuis plusieurs siècles.

Enfin, pour que la forêt accomplisse la totalité de son cycle biologique naturel et devienne ce que l'on appelle une "vieille forêt" (avec ses très gros arbres, son bois mort au sol et sa naturalité maximale), il faut compter entre 300 et 400 ans. C'est un travail patient, têtu et serein que seule la nature peut accomplir, à condition qu'on lui en laisse le temps et l'espace.

Mais ce temps long ne signifie pas qu’il ne se passe rien. Bien au contraire.

Dès les premières années, les changements sont visibles : les plantes sauvages recolonisent les sols, les insectes reviennent, les oiseaux réapparaissent. La vie s’installe à nouveau, rapidement, dès que la pression humaine disparaît.

Puis, au fil des décennies, les milieux se structurent, se diversifient, deviennent plus riches et plus stables. Les arbres poussent, les habitats se complexifient, les équilibres se recréent.

Les centaines d’années concernent les stades les plus avancés — les forêts anciennes, les écosystèmes pleinement matures. Mais les bénéfices, eux, commencent immédiatement.

La vie ne tarde pas à revenir. Elle attend seulement qu’on lui laisse la possibilité de le faire.

Exemple de bois mort utilisé par différentes espèces : champignons, insectes, végétaux etc.

Alors agissons dès maintenant !

La libre évolution, cela commence dans son jardin

Découvrez les actions concrètes que vous pouvez appliquer

*L'ORE (Obligation Réelle Environnementale) est un outils juridique de protection de la biodiversité. C'est un dispositif foncier impliquant des personnes morales de droit privé comme public ainsi que des personnes physiques. Ce dispositif permet à tout propriétaire d’un bien immobilier de mettre en place, s’il le souhaite, une protection environnementale attachée à ce bien. Une solution particulièrement utile afin d’en garantir la protection d'un espace naturel sur une période pouvant aller jusqu’à 99 ans.

Pour aller plus loin

Notre site internet dédié à la libre évolution 👇​

Notre manifeste sur la libre évolution 👇​

Visionnez notre vidéo explicative sur la lire évolution et son intérêt 👇​

2025 : une année décisive au service du vivant

2025 : une année décisive au service du vivant

En 2025, Animal Cross a renforcé son engagement pour la protection du vivant à travers des actions juridiques, des campagnes de sensibilisation, des mobilisations citoyennes et des sauvetages.

L'association s'est également affirmée comme un acteur de référence sur des sujets clés, tels que les Maladies raciales d’origine génétique chez les chiens et la libre évolution.

Protéger les animaux domestiques : une mobilisation de chaque instant

► Sauvetages : une année intense avec 139 animaux secourus dont 78 ont été adoptés. Cela fait presque 3 animaux sauvés par semaine. Aujourd'hui nous prenons toujours soin de 82 chats, 23 chiens, 7 chevaux, 7 chèvres et 2 moutons. Certains ne sont pas adoptables et resteront avec nous, d'autres sont en soin, d'autres, encore, sont à l'adoption.

► Actions en justice : procès, dépôts de plaintes et suivi rigoureux de toutes les affaires de maltraitance.

► Maladies raciales d’origine génétique chez les chiens : publication d’un dossier de référence dénonçant les sélections génétiques délétères pour la santé animale, interview de notre président, Benoît Thomé, dans Le Monde, et mobilisation auprès de vétérinaires et de la Société Centrale Canine.

► Lancement du projet "Compagnon de vie, même dans l'épreuve" : Garde solidaire temporaire, pour les animaux des personnes isolées et précaires pour que votre animal reste dans votre vie quoiqu’il arrive (départ à l'hôpital, en maison de retraite, accident de la vie...) Animal Cross a été lauréat de l'appel à projet d'Almo Nature et termine en seconde position.

► Campagnes de sensibilisation : foie gras, maltraitance et formation du personnel de Domofrance, entreprise sociale pour l'habitat, à la maltraitance animale.

Soulager la nature : nos avancées pour la libre évolution

Dans son ouvrage « Article 0 », véritable plaidoyer pour le respect de la vie sauvage, Animal Cross a dévoilé tout l’intérêt de la libre évolution pour la nature.

Pour contribuer au développement d'espaces de nature en libre évolution :

► Nous sensibilisons et éduquons le public et les décideurs publics à travers des conférences et des rencontres. Par exemple en intervenant à l'UNESCO aux Journées de la Libre évolution, en animant une table ronde sur les droits de la nature à Pau en février ou en organisant, avec les associations de la Coordination Libre Evolution, une série de conférences le 17 octobre à l'Académie du Climat à Paris.

► Nous animons un collectif rassemblant 19 acteurs et associations autour de la libre évolution : la “Coordination Libre Evolution” (CLE).

► Nous nous efforçons à inciter les propriétaires fonciers, publics ou privés, à créer des zones de libre évolution sur leurs terrains. Nous avons signé en 2025 notre première Obligation Réelle Environnementale de libre évolution avec la mairie d’un village des Pyrénées-Atlantiques afin de protéger 1,5 ha de bois en libre évolution pendant 99 ans.

indemnisation dégâts gibier

Faune sauvage : des combats essentiels pour préserver la biodiversité

Consultations publiques et mobilisation citoyenne : Animal Cross a encouragé la participation du public aux consultations sur la gestion cynégétique pour faire entendre la voix de la faune sauvage, notamment avec la consultation sur les prélèvements du petit gibier pour la saison 2025-2026.

Actions contre des arrêtés menaçant la faune :nous avons dénoncé des projets d’arrêtés préfectoraux et réglementations qui risquaient de fragiliser les espèces sauvages, comme le nouvel arrêté susceptible de signer le déclin du loup et le projet de décret assouplissant les règles de protection des espèces.

Dénonciation des impacts de la chasse sur la faune :nos prises de position ont abordé les effets néfastes de la chasse, comme dans les articles Ouverture de la chasse : chevreuils en crise, sangliers en excès ou Chamois et Isards : quand la chasse met en danger la montagne. Nous sommes également intervenus lors de la conférence de l’Université de Brest à Quimper «La chasse en France, un déni démocratique ».

Propositions concrètes pour la cohabitation homme-faune :à travers des articles comme Stop aux collisions routières avec la faune sauvage et Combien d'animaux sont tués sur les routes paru sur RFI, Animal Cross a proposé des mesures concrètes (bases de données nationales, dispositifs de protection, zones sans chasse…) pour réduire les victimes de la circulation et améliorer la coexistence avec l'homme.

Mobilisation juridique et médiatique :en 2025, Animal Cross s’est également impliquée avec ses partenaires pour faire condamner des abattages injustifiés d’animaux sauvages avec par exemple la victoire judiciaire pour les bouquetins du Bargy, obtenue en octobre 2025 après de nombreux recours et celle sur les ESOD qui a sauvé la vie à plus de 100 000 animaux !

Vous avez été à nos côtés toute cette année et nous voulions vous dire MERCIcar si nous avons pu accomplir autant, c'est d'abord grâce à vous.

Merci : votre engagement est notre force

Animal Cross parle de libre évolution de la nature à l’UNESCO !

Animal Cross parle de libre évolution de la nature à l’UNESCO !

Lundi et mardi dernier, le Comité Français de l'UICN a organisé, en partenariat avec la Commission nationale française pour l'UNESCO, un séminaire inter-réseaux sur la libre évolution des milieux naturels au siège de l'UNESCO. Deux journées passionnantes durant lesquelles nous avons pu échanger sur les enjeux de la libre évolution.

Ces deux journées ont permis de créer une convergence  des acteurs et actrices de ce sujet : gestionnaires de forêts, responsables d’espaces naturels, scientifiques, associations de protection de la nature… La première journée, consacrée à la présentation du sujet, a permis de l’appréhender sous différents angles : scientifique, juridique, philosophique. Animal Cross y a présenté, au titre de la Coordination Libre Evolution, l'intérêt du développement des ORE (Obligations Réelles Environnementales) de libre évolution par les collectivités territoriales.
 
La seconde journée fut dédiée à des ateliers pratiques, pour réfléchir ensemble  à la mise en place concrète des zones en libre évolution, notamment dans les zones urbaines et agricoles. 

Une déclaration commune a été signée par la Présidente du Comité français de l’UICN, Maud Lelievre, et le Secrétaire Général de la Commission nationale française pour l'UNESCO, Alexandre Navarro.

Parmi les engagements pris dans cette déclaration : la poursuite des actions sur la libre évolution et la valorisation de cette approche dans les instances engagées, la poursuite de la convergence des acteurs français de la libre évolution et l’ouverture d’une réflexion sur les formes de valorisation possible de la libre évolution au sein de l’UNESCO (chaire UNESCO spécifique sur la libre évolution, reconnaissance de territoires au Patrimoine Mondial au titre de la libre évolution, proclamation d'une charte internationale de la libre évolution).

Les différents acteurs seront invités également à signer cette déclaration.

Stratégie nationale Biodiversité 2030 : qu’en est-il de la libre évolution ?

Stratégie nationale Biodiversité 2030 : qu’en est-il de la libre évolution ?

E. Macron a publié le 31 juillet la Stratégie Nationale Biodiversité 2030. Mais qu'en est-il de la libre évolution dans ce plan ?

 

Une définition de la protection forte sans ambition

 

Soyons clairs. La libre évolution de la nature telle que nous la concevons, c'est à dire sans intervention humaine hormis les ballades et les études scientifiques ne trouve pas sa place dans ce plan. La notion qui est la plus proche de la libre évolution est la "protection forte" qui est ainsi évoquée :

"Conformément au décret du 12 février 2022 définissant les critères de la protection forte, l'effectivité de la protection forte sera assurée dans ces zones en limitant fortement, voire en supprimant, les pressions engendrées par les activités humaines sur les enjeux écologiques d'importance des zones considérées. Ces activités seront définies au cas par cas en fonction de la réalité de chaque territoire."

La question est bien sûr : qu'est-ce qu'un enjeu écologique d'importance ? On va voir que la chasse, la pêche, l'agriculture et le pâturage peuvent sans problème faire partie des aires de protection forte.

Une nouvelle labellisation d'une partie des aires protégées, qui fait monter artificiellement le chiffre de la protection forte

 

Le ministère acte "la reconnaissance « automatique » comme zone de protection forte de certains outils dès leur création (par exemple à terre : les cœurs de parcs nationaux, les réserves naturelles, les réserves biologiques et les arrêtés de protection) ."
Vous le savez hélas, dans les cœurs de parcs nationaux, les réserves naturelles, les réserves biologiques et les arrêtés de protection, la chasse et la pêche sont le plus souvent autorisées ! Même chose pour l'agriculture, parfois avec pesticides, ou encore le pâturage d'animaux dont les excréments contiennent des subsances chimiques comme les antibiotiques qui impactent la microflore et les insectes.

Il valide aussi "la reconnaissance en protection forte, après examen au cas par cas, d'espaces en forêts domaniales et forêts de protection."(...) "70 000 ha de forêts seront mises en protection forte en métropole dont 50 000 ha de forêts domaniales métropolitaines (soit 10% de forêts domaniales sous protection forte en métropole, chiffre désormais atteint, à travers la création de nouvelles réserves biologiques mais aussi le déploiement de la reconnaissance en protection forte après examen au cas par cas d'espaces terrestres notamment en forêts domaniales et forêts de protection."

Ici il ne s'agit en fait que de changer des espaces de catégorie. La nature et les animaux ne s'apercevront sans doute de rien !

 

Et des espoirs de progrès avec une meilleure protection de certaines aires existantes et la création de nouvelles aires de protection forte

 

Par ailleurs, le ministère s'engage sur :

  • "l'extension, après concertation et analyse multicritère au cas par cas de certaines règles de protection au sein d'aires protégées existantes" : il faut s'attendre à une hausse de la protection de certaines aires protégées, c'est un point à surveiller.
  • "la création de nouvelles aires protégées". Il parle de 450 nouvelles aires protégées (qui ne seront pas toutes en protection forte). C'est là que se portera principalement notre action en multipliant les démarches pour les encourager.
  • "la construction d' un plan de protection des forêts subnaturelles",  ce qui est une bonne chose évidemment !

 

Aires protégées : des espaces dans lesquels la faune continue d’avoir peur

Aires protégées : des espaces dans lesquels la faune continue d’avoir peur

Les aires protégées contribuent directement à la lutte contre l’érosion de la biodiversité et le changement climatique. Leur développement est fondamental pour préserver la nature et inventer de nouvelles manières de vivre avec elle.

En France métropolitaine terrestre, la surface totale des aires protégées représente 32 % du territoire national. Ces espaces sont censés concrétiser l’ambition de la France de protéger dès 2022, 30% de notre territoire national et des espaces maritimes sous juridiction, dont 1/3 sous protection forte.

Pourtant côté protection de la faune sauvage, il reste d’énormes progrès à faire dans ces espaces, y compris ceux de protection forte.

 

LES PARCS NATURELS RÉGIONAUX : DES ESPACES CENTRÉS SUR L’HUMAIN, ET NON SUR LA NATURE (17,3% des aires protégées)

Les Parcs naturels Régionaux font partie des aires protégées françaises. Ce sont des lieux où l’on cherche à développer la vie économique agricole et touristique, mais toujours pour mettre en valeur un patrimoine naturel, culturel et humain.

Chacun des Parcs possède un service consacré à l’environnement et met en place des programmes de recherches scientifiques, des mesures de protection de la faune, de la flore et des paysages. Mais il ne s’agit que d’actions ponctuelles.

Pour preuve, la chasse et la pêche y sont autorisées sans limitation et il n’existe pas de réglementation particulière concernant les activités humaines. Ce qui veut dire que la faune peut y être dérangée sans limite. Et que l’usage des pesticides n’y est pas partout limité.
On peut donc y faire de l'agriculture intensive, de la sylviculture intensive (coupes rases et plantations d'arbres).

LES RESERVES DE BIOSPHERE (7,54% des aires protegées) : des espaces prescrits par l’unesco

La mission de l’UNESCO dans ces réserves de biosphère est essentiellement centrée sur l’humain et ses activités. La priorité n’est pas du tout la sauvegarde des biotopes et de la faune sauvage. Comme dans les Parcs naturels Régionaux, la chasse, la pêche, l'agriculture intensive et la sylviculture intensive sont possibles.

LES ESPACES NATURELS SOUS PROTECTION FORTE

  • Les zones cœurs des parcs nationaux (0.7 % des aires protégées)

Créés sur des territoires inhabités, ils ont pour but premier de préserver un milieu naturel remarquable et fragile. Ils sont constitués d’une zone cœur, la plus protégée, et d’une zone d’adhésion qui entoure le cœur du parc, et résulte de la libre adhésion des communes à la charte du parc national[2]. En zone cœur, il est possible d’avoir une réserve intégrale avec présence humaine limitée, et pourtant il n’en existe qu’une seule en France Métropolitaine, la réserve intégrale de Lauvitel (Alpes).

Mais, comme l’expliquent plusieurs agents de parcs nationaux interviewés par Animal Cross au printemps 2019, un sentiment répandu est que l’objectif des Parcs Nationaux a été perdu de vue, au profit d’évènements sportifs, culturels, et de restaurations diverses.

L'élevage et le pâturage sont autorisés, ce qui engendre des conflits d'usage avec la faune sauvage. On y fait des coupes de bois.

La chasse est pratiquée en zone cœur des Parcs nationaux des Cévennes, des Calanques et de Forêts.

  • Les Réserves Naturelles (0.36% des aires protégées)

Une réserve naturelle a pour vocation de protéger une faune et une flore spécifiques en règlementant les usages de l’espace et en définissant des mesures de protection, le plus souvent sur un territoire restreint.

Si les Réserves Naturelles peuvent être très protectrices, la chasse est néanmoins autorisée dans la plupart des Réserves Naturelles.

  • Les arrêtés de protection du biotope (0.34 % des espaces protégés)

L’arrêté de protection de biotope a pour vocation la conservation de l’habitat d’espèces protégées. C’est un outil de protection réglementaire de niveau départemental, dont la mise en œuvre est relativement souple.

Les Arrêtés de Protection de Biotope permettent aux préfets d’interdire certaines activités humaines telles que la chasse, la pêche, la cueillette, le camping, l’écobuage, le dépôt de déchets ou de matériaux, la plantation d’arbres. Ces mesures s’appliquent sur des espaces restreints et de façon temporaire, ce qui est bien regrettable.

  • Les réserves biologiques : une protection presque aboutie

Les réserves biologiques sont des espaces protégés en milieu forestier public gérées par l’Office National des Forêts.

Il existe 2 types de Réserves Biologiques :

  • Les Réserves Biologiques Dirigées (RBD). Les interventions du gestionnaire sur le milieu sont orientées vers l’objectif de conservation des espèces ou milieux remarquables.

    Les activités humaines traditionnelles (sylviculture, circulation du public, chasse…), y sont restreintes ou interdites en fonction de leur compatibilité avec les objectifs de gestion de chaque réserve.

  • Les Réserves Biologiques Intégrales (RBI) sont des espaces protégés, laissés en libre évolution pour y étudier la dynamique spontanée des écosystèmes.

    Dans les Réserves biologiques intégrales (RBI), l’exploitation forestière est proscrite et la forêt est rendue à une évolution naturelle. Vouées à la naturalité, les RBI ont, en particulier, vocation à conserver de rares noyaux de forêts subnaturelles - sans exploitation depuis au moins 50 ans - qui existent en métropole. En l’absence de prédateurs naturels, le tir de régulation des grands ongulés (cerf, chevreuil, sanglier…) peut être autorisée dans les RBI.

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