On nous demande régulièrement ce que pensent les zoophiles et comment ils se comportent. Aussi, nous reprenons ci-dessous un extrait de l’entretien que le responsable du site Animalzoofrance a accordé ce printemps  à trois jeunes étudiants en école de journalisme pour expliquer son point de vue. L’intégralité se retrouve sur le site d’Animalzoofrance.

 

Pour vous, est-il possible de pratiquer la zoophilie tout en prenant en compte le bien-être de l’animal ?

Il faut comprendre ce que représente la zoophilie dans une relation avec un animal.

Tout comme une relation avec un être humain, le sexe ne représente qu’une infime partie du temps passé ensemble.

Il faut donc comprendre la relation que nous avons avec nos animaux, pour pouvoir répondre à votre question.

 

Les animaux sont pour nous des compagnons de vie au quotidien.

Je « possède » plusieurs animaux, et je fais tout mon possible pour augmenter leur bien-être.

Je sais que ce n’est pas parfait, et que le fait d’avoir un seul chien fait qu’il peut s’ennuyer de temps en temps, même si je suis toujours avec lui (cf. la loi Suisse qui impose d’acquérir les animaux par 2 pour limiter l’ennui)

Je possède un poney, entier, qui a un caractère qui fait que je ne peux pas le mettre avec un autre animal. J’ai déjà essayé, et ça tourne rapidement au drame.

Donc, pareil, ce n’est pas parfait pour lui, donc son bien-être n’est pas aussi bien que je le souhaiterais.

 

Mais le bien être de mes animaux est largement, très largement au-dessus des autres animaux de compagnie de la majorité des gens.

Mes animaux sont suivis par un vétérinaire, la nourriture est de bonne qualité, le foin de qualité, etc.

 

Le bien être est donc une priorité. J’ai par exemple « dû » prendre des cours dans une école de chiots il y a quelques années afin que mon chiot grandisse dans de bonnes conditions, avec d’autres chiots.

J’ai appris la communication avec les animaux, à travers des livres, des séances pratiques (cours d’éthologie pour les chevaux par exemple).

 

Donc, le bien-être de l’animal est absolument toujours pris en compte, dans mon cas en tout cas. Je ne peux pas parler au nom des zoophiles, mais vos prochaines questions vont permettre d’aborder ce sujet.

 

Quelles sont les différent(e)s courants/pratique dans la zoophilie ? Pensez vous que certaines soient à bannir/autoriser ?

Il y a une quantité très impressionnante de courants et de pratiques dans la zoophilie.

Il y a d’abord le spectre des relations qu’un Homme peut entretenir avec un animal. Ce spectre va du fantasme, fétichisme, où le fait de caresser un animal procure du plaisir sexuel, au zoo-sadisme, où la violence sur un animal, sinon sa mort, est nécessaire à l’orgasme. Ce sujet est particulier, ce n’est pas pour moi de la zoophilie, mais je me dois de vous en parler pour être transparent et couvrir tout le spectre des possibles.

Entre le fétichisme et le zoo-sadisme, il y a toutes les relations sans pénétration (je classe la fellation dans ce cas-là, avec que la masturbation), et ensuite les relations avec pénétrations (que l’animal pénètre ou soit pénétré).

 

Pour chacune de ces composantes du spectre, il faut prendre en compte l’espèce de l’animal, mais également s’il est actif ou passif dans la relation.

On arrive donc à un spectre des possibles assez complexe. Et c’est, à mon avis, dans cette complexité que le législateur se perd lorsqu’il tente de légiférer sur le sujet.

 

On ne peut pas considérer de la même façon une femme qui masturbe son chien et un homme qui pénètre une chienne.

Pour répondre simplement à votre question :

– il y a donc des pratiques à bannir (on ne peut pas pénétrer une poule ni attacher un poney pour le sodomiser, je ne parle même pas du zoo-sadisme)

– il y a des pratiques à autoriser : la masturbation des animaux mâles ou le cas d’chien qui pénètre une femme

 

Si vous me donnez des exemples précis, je vais pouvoir vous répondre facilement « à bannir » ou « à légaliser ». Mais la difficulté, lorsqu’on fait une loi, réside dans la rédaction du texte.

Comment rédiger un texte pour ne cibler que les cas que l’on souhaite interdire ? C’est quasiment mission impossible dans notre société. Le sujet étant déjà compliqué à aborder, alors aborder ses détails…

Pour ma part, dès qu’il y a contrainte ou violence, c’est à interdire.

Il faut également une compatibilité anatomique des organes génitaux pour les cas de pénétrations, si c’est l’animal qui est pénétré.

Je dirais que le pénis de l’homme ne doit pas être plus important que le pénis de l’animal mâle.

 

Après, il y a toute la zone que je qualifierais de « grise ». J’ai entendu parler de pratiques avec des animaux qui « utilisent » un animal pour procurer du plaisir çà un être humain.

Je ne suis pas attiré par ces pratiques, mais je ne sais pas quoi en penser. Et pourtant, je devrais avoir un avis sur la question.

Je pense que la réponse à cette question ne devrait pas venir des zoophiles, mais de la société, et sa façon de traiter les animaux sur le plan éthique.

Par exemple, un homme sur qui un veau est en train de faire une fellation. Je trouve ce sujet dérangeant, parce que l’animal ne subit aucun traumatisme, aucune violence. Des recherches que j’ai pu faire, un veau tête tout ce qui passe à proximité et ressemble au pis d’une vache. Et ce veau sera probablement abattu dans quelques mois pour finir à la boucherie. Quel mal y a-t-il à « utiliser » un animal pour procurer du plaisir ?

En quoi est ce différent qu’un veau une fellation à un homme ou qu’une femme fasse un parcours de CSO avec son cheval ? Dans quel cas l’animal est le moins violenté ?

Je ne peux donc pas répondre à cette question. Si on écarte ici la question sanitaire, mais si on prend le cas d’une personne en bonne santé, je ne pense pas que pratiquer une fellation puisse mettre les jours du veau en danger, ni le consommateur de viande derrière.

Mais il faudrait étudier le sujet pour en être sûr.

Mais tout ceci pour vous démontrer que c’est un sujet complexe, et je ne peux donc pas vous répondre sur « qu’est-ce qu’il y a à légaliser dans la zoophilie ? »

 

Personnellement, mon « militantisme » repose non pas sur la défense de la zoophilie en général. Mais sur la défense de ma façon de vivre, donc de certaines pratiques uniquement.

Ces pratiques incluent la masturbation, la fellation et la pénétration par les animaux.

Ces pratiques s’entendent en totale liberté, sans aucune contrainte, avec des animaux que nous connaissons, et pour les individus avec lesquels nous savons communiquer.

Et j’arrive donc à votre prochaine question :

 

– Votre sexualité a-t-elle un impact sur votre vie personnelle et professionnelle ?

Mon orientation sexuelle, et son acceptation, a eu un impact et continue d’avoir un impact, sur absoluement tous les aspects de ma vie.

Si je passe autant de temps pour lutter contre cette proposition de loi, c’est parce que si elle passe, et que par malheur on me retire mes animaux et le droit d’en avoir, ma vie ne servira plus à rien.

Comme si vous rendiez un musicien sourd.

 

Ma vie personnelle d’abord, parce qu’il y a eu tout un personnage fictif à créer, des réponses à préparer. Avec le temps c’est devenu une habitude.

Mon style de vie peut faire poser des questions à mon entourage : Pourquoi célibataire ? Pourquoi des animaux à la maison ? Pourquoi que des hommes qui viennent me voir ?

Sur ma vie professionnelle, l’impact est énorme. Mon style de vie nécessite que je sois à la campagne. Mais mes études me poussent à être cadre dans l’informatique, donc dans une grande ville.

Il y a donc des compromis à trouver.

Lorsqu’on a des animaux auxquels on tient, on doit poser des jours de congés lorsqu’ils sont malades. Ce n’est pas facile à expliquer parfois à l’employeur.

Parfois je me dis « bien heureux les simples d’esprit ».

C’est pourquoi je me refuse à tout racolage, à tout encouragement de la zoophilie.

Aucun prosélytisme n’est toléré dans nos rangs : être zoophile, c’est avoir une vie « à part ».

Et les conséquences sont trop importantes pour encourager des personnes dans cette voie là.

 

 

 

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