8 Juil 2022
Mercredi 6 juillet à 14h au tribunal correctionnel d’Angers, Monsieur O., 46 ans, a été condamné pour des faits de zoophilie et de maltraitance sur des chevaux.
En mars 2019, la responsable du centre équestre Pélerinière Equitation à St Barthelemy d’Anjou, plus grand centre équestre du département, découvre en pleine nuit un homme les pantalons baissés dans un box avec des chevaux. En mai 2019, un examen vétérinaire de ces animaux conclut à des blessures inexpliquées et des lésions anales sur l’un d’eux.
Suspectant des actes de zoophilie répétés, le centre équestre finit par poser des caméras de surveillance fin décembre 2021. Les 21 et 28 janvier 2022, sur les vidéos de surveillance un homme est découvert. Pendant la nuit, il se déplace d’un box à un autre avec un plot, dont il se serait servi pour se mettre à hauteur du sexe des animaux, et il est vu aussi donner des coups de pied à un cheval.
Suite à un dépôt de plainte, la police identifie un individu déjà condamné pour des faits de zoophilie en 2009 dans le même centre équestre. Sa présence sur les lieux est ensuite confirmée. L’homme prétexte une conduite sous l’emprise de l’alcool.
A la barre, la gérante du centre a déclaré « j’appelle ça un viol de mes chevaux, c’était ma passion. Il a gâché ça ».
Le tribunal le reconnait coupable et le condamne à ce titre à 8 mois de prison, avec 200 € d’amende, avec sursis probatoire d’une durée de 3 ans, au bénéfice de l’exécution provisoire, avec :
- obligation de justifier d’un emploi ou d’une formation ;
- obligation d’indemniser les parties civiles ;
- obligations de soins ;
- interdiction de paraître dans le centre équestre de St Barthélémy d’Anjou.
En d’autres termes, si l’homme ne remplit pas les obligations ci-dessus dans les 3 ans, la peine de prison sera exécutée.
Animal Cross, partie civile, obtient aussi l’interdiction à titre définitif de détenir des animaux.
Les parties civiles obtiennent la somme de 18 000 €, dont 10 000 € pour les écuries de la Pélérinière pour préjudice moral et 150 euros pour Animal Cross. De quoi faire réfléchir les zoophiles qui vont abuser les animaux des autres.
Rappelons que l’association Animal Cross dénonce depuis plusieurs années la zoophilie en France, fait dont l’ampleur est totalement sous-évaluée. L’association estime à plusieurs milliers les personnes qui s’adonnent régulièrement à des actes de zoophilie dans notre pays, comme a personne condamné à Angers. L’ action de l’association a permis de modifier la réglementation sur la zoophilie dans le cadre de la PPL sur la maltraitance animale.
Animal Cross se bat pour protéger l’intégrité physique des animaux contre les violeurs en série que sont les zoophiles.
26 Oct 2021
On nous demande régulièrement ce que pensent les zoophiles et comment ils se comportent. Aussi, nous reprenons ci-dessous un extrait de l’entretien que le responsable du site Animalzoofrance a accordé ce printemps à trois jeunes étudiants en école de journalisme pour expliquer son point de vue. L’intégralité se retrouve sur le site d’Animalzoofrance.
Pour vous, est-il possible de pratiquer la zoophilie tout en prenant en compte le bien-être de l’animal ?
Il faut comprendre ce que représente la zoophilie dans une relation avec un animal.
Tout comme une relation avec un être humain, le sexe ne représente qu’une infime partie du temps passé ensemble.
Il faut donc comprendre la relation que nous avons avec nos animaux, pour pouvoir répondre à votre question.
Les animaux sont pour nous des compagnons de vie au quotidien.
Je « possède » plusieurs animaux, et je fais tout mon possible pour augmenter leur bien-être.
Je sais que ce n’est pas parfait, et que le fait d’avoir un seul chien fait qu’il peut s’ennuyer de temps en temps, même si je suis toujours avec lui (cf. la loi Suisse qui impose d’acquérir les animaux par 2 pour limiter l’ennui)
Je possède un poney, entier, qui a un caractère qui fait que je ne peux pas le mettre avec un autre animal. J’ai déjà essayé, et ça tourne rapidement au drame.
Donc, pareil, ce n’est pas parfait pour lui, donc son bien-être n’est pas aussi bien que je le souhaiterais.
Mais le bien être de mes animaux est largement, très largement au-dessus des autres animaux de compagnie de la majorité des gens.
Mes animaux sont suivis par un vétérinaire, la nourriture est de bonne qualité, le foin de qualité, etc.
Le bien être est donc une priorité. J’ai par exemple « dû » prendre des cours dans une école de chiots il y a quelques années afin que mon chiot grandisse dans de bonnes conditions, avec d’autres chiots.
J’ai appris la communication avec les animaux, à travers des livres, des séances pratiques (cours d’éthologie pour les chevaux par exemple).
Donc, le bien-être de l’animal est absolument toujours pris en compte, dans mon cas en tout cas. Je ne peux pas parler au nom des zoophiles, mais vos prochaines questions vont permettre d’aborder ce sujet.
Quelles sont les différent(e)s courants/pratique dans la zoophilie ? Pensez vous que certaines soient à bannir/autoriser ?
Il y a une quantité très impressionnante de courants et de pratiques dans la zoophilie.
Il y a d’abord le spectre des relations qu’un Homme peut entretenir avec un animal. Ce spectre va du fantasme, fétichisme, où le fait de caresser un animal procure du plaisir sexuel, au zoo-sadisme, où la violence sur un animal, sinon sa mort, est nécessaire à l’orgasme. Ce sujet est particulier, ce n’est pas pour moi de la zoophilie, mais je me dois de vous en parler pour être transparent et couvrir tout le spectre des possibles.
Entre le fétichisme et le zoo-sadisme, il y a toutes les relations sans pénétration (je classe la fellation dans ce cas-là, avec que la masturbation), et ensuite les relations avec pénétrations (que l’animal pénètre ou soit pénétré).
Pour chacune de ces composantes du spectre, il faut prendre en compte l’espèce de l’animal, mais également s’il est actif ou passif dans la relation.
On arrive donc à un spectre des possibles assez complexe. Et c’est, à mon avis, dans cette complexité que le législateur se perd lorsqu’il tente de légiférer sur le sujet.
On ne peut pas considérer de la même façon une femme qui masturbe son chien et un homme qui pénètre une chienne.
Pour répondre simplement à votre question :
– il y a donc des pratiques à bannir (on ne peut pas pénétrer une poule ni attacher un poney pour le sodomiser, je ne parle même pas du zoo-sadisme)
– il y a des pratiques à autoriser : la masturbation des animaux mâles ou le cas d’chien qui pénètre une femme
Si vous me donnez des exemples précis, je vais pouvoir vous répondre facilement « à bannir » ou « à légaliser ». Mais la difficulté, lorsqu’on fait une loi, réside dans la rédaction du texte.
Comment rédiger un texte pour ne cibler que les cas que l’on souhaite interdire ? C’est quasiment mission impossible dans notre société. Le sujet étant déjà compliqué à aborder, alors aborder ses détails…
Pour ma part, dès qu’il y a contrainte ou violence, c’est à interdire.
Il faut également une compatibilité anatomique des organes génitaux pour les cas de pénétrations, si c’est l’animal qui est pénétré.
Je dirais que le pénis de l’homme ne doit pas être plus important que le pénis de l’animal mâle.
Après, il y a toute la zone que je qualifierais de « grise ». J’ai entendu parler de pratiques avec des animaux qui « utilisent » un animal pour procurer du plaisir çà un être humain.
Je ne suis pas attiré par ces pratiques, mais je ne sais pas quoi en penser. Et pourtant, je devrais avoir un avis sur la question.
Je pense que la réponse à cette question ne devrait pas venir des zoophiles, mais de la société, et sa façon de traiter les animaux sur le plan éthique.
Par exemple, un homme sur qui un veau est en train de faire une fellation. Je trouve ce sujet dérangeant, parce que l’animal ne subit aucun traumatisme, aucune violence. Des recherches que j’ai pu faire, un veau tête tout ce qui passe à proximité et ressemble au pis d’une vache. Et ce veau sera probablement abattu dans quelques mois pour finir à la boucherie. Quel mal y a-t-il à « utiliser » un animal pour procurer du plaisir ?
En quoi est ce différent qu’un veau une fellation à un homme ou qu’une femme fasse un parcours de CSO avec son cheval ? Dans quel cas l’animal est le moins violenté ?
Je ne peux donc pas répondre à cette question. Si on écarte ici la question sanitaire, mais si on prend le cas d’une personne en bonne santé, je ne pense pas que pratiquer une fellation puisse mettre les jours du veau en danger, ni le consommateur de viande derrière.
Mais il faudrait étudier le sujet pour en être sûr.
Mais tout ceci pour vous démontrer que c’est un sujet complexe, et je ne peux donc pas vous répondre sur « qu’est-ce qu’il y a à légaliser dans la zoophilie ? »
Personnellement, mon « militantisme » repose non pas sur la défense de la zoophilie en général. Mais sur la défense de ma façon de vivre, donc de certaines pratiques uniquement.
Ces pratiques incluent la masturbation, la fellation et la pénétration par les animaux.
Ces pratiques s’entendent en totale liberté, sans aucune contrainte, avec des animaux que nous connaissons, et pour les individus avec lesquels nous savons communiquer.
Et j’arrive donc à votre prochaine question :
– Votre sexualité a-t-elle un impact sur votre vie personnelle et professionnelle ?
Mon orientation sexuelle, et son acceptation, a eu un impact et continue d’avoir un impact, sur absoluement tous les aspects de ma vie.
Si je passe autant de temps pour lutter contre cette proposition de loi, c’est parce que si elle passe, et que par malheur on me retire mes animaux et le droit d’en avoir, ma vie ne servira plus à rien.
Comme si vous rendiez un musicien sourd.
Ma vie personnelle d’abord, parce qu’il y a eu tout un personnage fictif à créer, des réponses à préparer. Avec le temps c’est devenu une habitude.
Mon style de vie peut faire poser des questions à mon entourage : Pourquoi célibataire ? Pourquoi des animaux à la maison ? Pourquoi que des hommes qui viennent me voir ?
Sur ma vie professionnelle, l’impact est énorme. Mon style de vie nécessite que je sois à la campagne. Mais mes études me poussent à être cadre dans l’informatique, donc dans une grande ville.
Il y a donc des compromis à trouver.
Lorsqu’on a des animaux auxquels on tient, on doit poser des jours de congés lorsqu’ils sont malades. Ce n’est pas facile à expliquer parfois à l’employeur.
Parfois je me dis « bien heureux les simples d’esprit ».
C’est pourquoi je me refuse à tout racolage, à tout encouragement de la zoophilie.
Aucun prosélytisme n’est toléré dans nos rangs : être zoophile, c’est avoir une vie « à part ».
Et les conséquences sont trop importantes pour encourager des personnes dans cette voie là.
21 Oct 2021
Les lecteurs avertis auront peut-être découvert l’ouvrage de Maëva Gallimard qui est la référence juridique des zoophiles. Nous vous donnons ici notre avis sur cet ouvrage.
Si l’animal est un être sensible depuis 1976 dans le code rural et 2015 dans le code civil, il est certain que Maëva Gallimard ne l’a pas rencontré. Son mémoire de master II publié dans l’ouvrage « L’incrimination de zoophilie » est un raisonnement théorique et froid qui ne rencontre jamais la réalité des animaux violés et agressés sexuellement par les êtres humains.
Depuis 2004, la loi prévoit de réprimer les sévices de nature sexuelle sur les animaux à l’article 521-1 du Code pénal. En 2007 la cour de cassation a jugé qu’en cas de pénétration de l’animal il n’était pas nécessaire de rechercher les conditions de violence. La pénétration seule suffit pour retenir l’incrimination de sévices sexuels sur les animaux. Cette décision, Mme Gallimard ne peut pas l’accepter, jugeant la décision de la cour contra legem, c’est-à-dire contre la loi, au motif que la loi pénale est d’application stricte. Les juges auraient donc oublié le droit. Dès lors, puisque leur décision ne serait pas motivée par le droit, M. Gallimard imagine qu’ils ont fondé leur décision sur des bases morales. Les intégristes de tout poil seraient de retour avec tout leur obscurantisme moyenâgeux. Elle l’imagine, car rien dans la décision des juges ne permet de le dire. Elle aurait tout aussi bien pu dire que les juges cherchaient à protéger les animaux.
De là, 124 pages qui tournent et retournent les mêmes idées dans tous les sens, dans un exercice rhétorique, sans doute très sophistiqué d’un point vue formel mais bien peu abouti sur le fond.
L’auteur aurait pu voir dans la décision de la Cour de cassation l’idée que la violence est contenue dans toute pénétration sexuelle des animaux. Curieusement, elle ne cite pas l’étude de référence du vétérinaire Munro qui, en 2004, établit que 6% des actes de violence sur les animaux en consultation vétérinaire sont d’origine sexuelle au Royaume-Uni. Ce vétérinaire dresse une liste accablante des atteintes des animaux… Dans la foulée, M. Gallimard aurait pu rappeler qu’il y a un consensus unanime de la part de l’ensemble de la profession vétérinaire, au niveau français et européen, pour affirmer que toutes les pratiques sexuelles avec les animaux doivent être considérées comme des abus sexuels et donc comme des maltraitances animales.
Elle aurait pu analyser cette décision à l’aune de la définition du viol pour l’être humain qui est une atteinte sexuelle avec pénétration commise avec violence, contrainte, menace ou surprise. Contrainte, menace ou surprise sont donc des conditions suffisantes pour établir le viol chez l’être humain.
Elle aurait pu faire une analyse anatomique pour savoir si le fait d’être pénétré par le sexe d’un homme est une partie de plaisir pour un chien.
Elle aurait pu réfléchir au fait qu’un animal de compagnie, et plus particulièrement un chien, peut être dressé pour être l’esclave sexuel de son détenteur. A force d’exercices, de privation ou d’encouragement, un chien peut être perverti au point de penser que son maître attend de lui d’être un objet sexuel. La violence est aussi psychique. Et il y a toujours à plus ou moins long terme des conséquences psychologiques qui sont de différents ordres. Le chien peut devenir anxieux avec une sensibilité exacerbée et difficile à corriger.
Elle aurait pu citer la décision de cours de cassation de 2017 (n° 16-85.637) qui oppose l’homosexualité, qui est une orientation sexuelle, et la zoophilie « qui constitue pour la psychiatrie un trouble de l’objet sexuel ».
La pauvreté du fond se retrouve aussi dans les cas de zoophilie présentés. 5 cas seulement ont droit à la considération de Mme Gallimard. Elle les cite dans une courte partie où elle voit dans l’absence de sanction de prison, le fait que le juge a voulu minimiser ces actes. Peu familière des peines données par les tribunaux, elle ne sait sans doute pas que la prison n’est quasiment jamais retenue dans des cas similaires d’actes de cruauté sur les animaux. A l’inverse, elle cite abondamment Marcela Iacub connue pour son intérêt pour la pornographie animale.
Nous avons discuté avec Mme Gallimard qui rédige actuellement une thèse sur la question de la maltraitance. C’est une personne ouverte d’esprit et modérée, mais très naïve. Elle pense que son mémoire est équilibré, nous ne sommes pas de cet avis. C’est pour cela que les zoophiles du site Animalzoofrance ont pu s’engouffrer dans les brèches de son ouvrage et qu’elle est devenue, à son corps défendant, peut-être, leur justification juridique. Elle avait la possibilité de se désolidariser des zoophiles, pour réexpliquer ses idées, elle a choisi de ne pas le faire. Cela souligne son ambiguïté.
A la fin, Mme Gallimard et nous-mêmes nous rejoignons sur l’idée qu’il faudrait dépasser la notion de « sévices sexuels » sur les animaux pour une définition n’impliquant pas la notion de violence ou de maltraitance. C’est pour cela qu’avec la Fondation Brigitte Bardot, nous proposons de sanctionner les actes à caractère sexuel avec ou envers un animal appelées aussi atteintes sur les animaux.