L’attaque de la Russie sur l’Ukraine pousse ses ressortissants ukrainiens à quitter leur foyer. Et suite à cette situation de guerre, un million d’ukrainiens ont déjà fui vers l’étranger au 3 mars, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Mais ici, ces personnes ne vivaient pas toujours seules. Quel avenir pour leurs animaux de compagnie ?

Ne pas laisser un membre de la famille tomber

Les exemples d’habitants de l’Ukraine faisant tout pour ne pas laisser leur compagnon à quatre pattes derrière eux sont nombreux, et ces histoires font chaud au cœur !

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Valentina et Leonid Stoynov, le couple de vétérinaire
Ce duo déterminé à œuvrer pour les animaux possède une clinique vétérinaire à Odessa, Vet Crew. Ils proposent d’accueillir les animaux abandonnés, dans leur bâtiment barricadé. Ils ont également créé une cagnotte. « Nous resterons à Odessa aussi longtemps qu’on le pourra. Nous n’allons nulle part et nous exercerons notre métier. »

Copyright_Andrea Cisterno et Vlada Shalutko

Andrea Cisterno, le partisan du « un pour tous »
Ce photographe originaire de Rome s’était reconverti en directeur de refuge à Kiev, nommé Italia KJ2, où il œuvre avec sa femme Vlada Shalutko. Il est aussi possible de faire des dons pour sa fondation-refuge. Aujourd’hui, il affirme qu’il voudrait « plutôt mourir » que de laisser les 400 chats, chiens, chèvres et moutons derrière lui. « J’ai décidé que je pourrais mourir ici aussi. »

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Lydia Sokolova, la courageuse « cat-lady »
Cette courageuse dame de 74 ans fait passer le bien-être du chat avant tout. Peu importe le couvre-feu de Kiev, le danger et les sirènes anti-bombardement, Lydia affronte la nuit pour aller prendre soin et nourrir le chat de son fils, habitant plus loin.

Arya Aldrin via Twitter

Arya Aldrin, l’étudiante téméraire
L’étudiante indienne a fait le buzz sur les réseaux. En effet, hors de question pour elle de fuir l’Ukraine, où elle étudiait la médecine, sans son Husky. Ayra a donc à la fois pris son chien et son courage à deux mains pour fuir la zone de guerre sous les missiles et retrouver l’Inde, qui a d’ailleurs assoupli les conditions d’entrée sur son territoire pour les animaux de compagnie, mais ce n’est malheureusement pas le cas pour tous les pays…

Un laisser-passer compliqué

Beaucoup d’ukrainiens embarquent donc leurs compagnons avec eux, ou du moins essaient. Le passage aux frontières d’animaux de compagnie peut s’avérer compliqué voire impossible si l’animal ne coche pas les conditions pour le passage de douane. Le protocole relatif aux mouvements non commerciaux des animaux de compagnie dans l’Union Européenne demande que l’animal en question soit identifié d’une puce électronique ou d’un tatouage clairement lisible appliqué avant le 3 juillet 2011, qu’il ait été vacciné contre la rage et qu’il détienne un certificat sanitaire européen. Mais à propos de ce document, l’Union Européenne explique que « si vous voyagez depuis un pays ou un territoire situé en dehors de l’UE, votre animal de compagnie doit détenir un certificat sanitaire délivré par un vétérinaire officiel dans le pays de départ, au plus tard 10 jours avant son arrivée dans l’UE ». Or, la situation d’urgence est telle qu’il est impossible pour les réfugiés de guerre de suivre ce protocole pour leurs animaux.

Heureusement, la Pologne, la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie, pays frontaliers de l’Ukraine, permettent aux réfugiés d’entrer avec leur animal sur leur territoire selon des formalités allégées. Ils acceptent les chiens, chats voire furets sans certificat, non identifiés et non vaccinés. Un formulaire est parfois demandé, une quarantaine peut être mise en place ainsi qu’une vaccination contre la rage et une identification dans les refuges des pays d’accueil. Par exemple, l’association roumaine Eduxanima propose de tester contre la rage, vacciner, soigner et nourrir gratuitement les chiens et chats voyageurs.

En France, nous sommes dans l’attente d’un assouplissement des conditions d’entrée d’animaux de compagnie sur le territoire. La Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a reçu une demande de PETA pour une simplification généralisée des règles d’entrée des animaux de compagnie sur le territoire de l’Union européenne. Nous attendons de connaître la décision.

Les conditions pour les autres pays de l’UE et hors UE divergent. Vous pouvez suivre les mises à jour de la situation sur la page dédiée, de l’association PETA ici.

Des orphelins de plus en plus nombreux et affamés

Il arrive que des ukrainiens abandonnent donc leurs compagnons derrière eux. Selon, Newsweek, il y aurait suite à cela déjà près de 50 000 animaux errants dans les rues ukrainiennes. Les refuges craignent de rapidement manquer de ressources notamment alimentaires pour ces animaux. Le souci principal est le réapprovisionnement impossible à cause des zones de guerre, où aucun transporteur n’accepte de livrer. L’association Happy Paw, à laquelle il est possible de faire des dons, affirme que le plus important est de ne pas arrêter de soutenir ces animaux.

Les conséquences impactent également les zoos qui devront aussi faire face aux difficultés d’acheminement de nourriture. Pour le sanctuaire animalier Save Wild de Kiev, c’est une situation encore plus extrême qui s’est produite : les animaux ont dû être évacués vers la Pologne au zoo de Poznan après que l’établissement ait été encerclé de chars d’assaut russes. Le zoo polonais a affirmé qu’une fois l’opération de sauvetage des animaux ukrainiens réussie, il se chargera de l’envoi de fournitures et d’aide au zoo de Lviv. Le zoo de Kiev a déclaré sur Facebook que les actions militaires ont causé du stress à leurs animaux, mais jusqu’à présent, toutes leurs conditions sont stables. « Le zoo est fermé aux visiteurs, mais les soins aux animaux ne s’arrêtent pas », explique-t-il. « La guerre cause un stress terrible aux animaux, c’est pourquoi certains d’entre eux ont été déplacés vers des enclos intérieurs et des galeries souterraines. Les vétérinaires surveillent leur état émotionnel et, si nécessaire, leur fournissent un sédatif. »

Qu’il s’agisse de fuite du pays ou de survie au sein le pays, les conditions de cette guerre s’avèrent accablantes, tant pour les humains que les animaux des zoos, de compagnie ou sauvages. Aidons autant que nous le pouvons les refuges sur place, supportons les initiatives et poussons l’UE à accueillir les animaux réfugiés pour ne laisser aucun membre de la famille derrière.

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