C’est reparti pour une consultation publique sur la chasse ! REPONDRE AVANT LE 8 AVRIL

Il est très important de participer car la synthèse de la consultation publique peut apporter un argument supplémentaire si elle est très majoritairement en notre faveur.

Si vous souhaitez consulter les arrêtés, c’est par là :

https://www.pyrenees-atlantiques.gouv.fr/Politiques-publiques/Cadre-de-vie-eau-environnement-et-risques-majeurs/Consultation-du-public/Arretes-prefectoraux-reglementant-la-campagne-cynegetique-2021-2022

La procédure est toujours la même :

  • Vous accédez sur la page de la préfecture à l’adresse suivante pour votre réponse :

https://www.pyrenees-atlantiques.gouv.fr/Contactez-nous/Par-theme

  • Vous choisissez comme thème « environnement – consultation du public et comme sujet « Non aux arrêtés préfectoraux réglementant la campagne cynégétique 2021-2022 » (descendez dans la page proposée au niveau de la section « votre message », vous avez plusieurs thèmes dans un menu déroulant, à cet endroit vous pouvez sélectionner « environnement – consultation du public ».)
  • Vous vous inspirez des arguments proposés ci-dessous pour le corps du message
  • Vous envoyez votre message !

A vous de jouer !

Arguments dont vous pouvez vous inspirer sans faire de copier-coller, au risque que votre avis ne soit pas pris en compte :

Je m’oppose fermement aux projets d’arrêtés fixant les dates d’ouverture et clôture de la chasse pour la saison 2021-2022 dans le département des Pyrénées Atlantiques pour les raisons suivantes :

-Des espèces sur liste rouge de l’UICN sont encore inscrites aux plans de chasse telles que le mouflon et le Grand Tétras (déjà disparu des Alpes) qui sont classés vulnérables et la perdrix rouge qui est classée quasi menacée. Quel autre lobby en France peut ainsi se targuer d’avoir un pouvoir si important qu’il peut mettre en péril des espèces sauvages déjà menacées au profit d’une minorité ?

-Le tir du chevreuil à plomb est encore autorisé dans cet arrêté. » Comment se fait-il que la chasse au plomb soit encore permise quand on sait que chaque année dans l’Union européenne, c’est environ 21 000 tonnes de ce métal lourd qui sont déversées dans la nature par les adeptes de la chasse et qui peuvent avoir un vrai impact en termes de santé publique et santé de la faune sauvage comme l’illustre encore un article publié en ce début de mois (https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/oiseaux/grece-des-flamants-roses-meurent-empoisonnes-par-les-plombs-des-chasseurs_152381)

– Sur l’ouverture de la chasse anticipée concernant les grands ongulés, le motif invoqué pour ouvrir prématurément la période de chasse est le dégâts causés par les animaux. Or, selon le Schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC)  le cerf n’a pas causé de dégâts de  2014 à 2018, il existe une quasi stagnation  des prélèvements des chevreuils entre 2009 et 2019, donc cette population ne semble pas augmenter. Les dégâts causés par le chevreuil aux cultures sont minimes (+- 20 k€, sur la saison, soit 11% des dégâts des grands ongulés sur la période 2012-2018). Concernant les zones de montagne, les dégâts causés par les sangliers aux cultures sont ridicules, ce qui est normal car ce ne sont pas des zones cultivées. Sur la période 2018-2019, il y avait 4 dossiers sur l’UG16 (montagne béarnaise), 7 sur l’UG 15 (Oloron), 5 sur l’UG 14 (Nay) contre une moyenne de 280 dossiers par UG sur le département.

-Selon l’article R425-1-1 et comme mentionné dans les arrêtés, les dates d’ouvertures et fermetures de la chasse des cerfs élaphes, mouflons, chamois, isards et chevreuils ont été fixées après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage. Or, comment imaginer que les ouvertures anticipées s’expliquent par des dégâts significatifs qui ne peuvent être gérés par des solutions alternatives quand on sait que les CDCFS sont composées d’une majorité de chasseurs et que les voix des représentants des associations de protection de la nature peinent à se faire entendre ?

-Pour certaines espèces, l’article R424-1 qui permet de limiter le nombre de jours de chasse est appliqué. Lorsque seuls certains jours de la semaine sont autorisés pour chasser individuellement ou via des battus, les jours sélectionnés sont les mercredis, samedis, dimanches et jours fériés à savoir les jours où les promeneurs ou autres usagers de la nature sont les plus nombreux ce qui peut favoriser les accidents. Ces décisions sont pour le moins surprenantes et incohérentes alors que l’on sait combien le président de la FNC est attaché à améliorer la sécurité lors des chasses comme répété lors de chacun de ses discours.

-L’arrêté mentionne qu’il a été rédigé en « considérant l’importance des dégâts commis par le sanglier sur la zone de plaine et les périodes de sensibilité du blé et du maïs ainsi que l’enjeu à préserver les cultures maïsicoles et à maintenir l’équilibre agro-sylvo-cynégétique », en « considérant les battues administratives ordonnées en 2020 et 2021 pour des opérations de destruction de chevreuils et de sangliers suite à des dégâts aux activités forestières et agricoles » et en « considérant les dégâts causés par le grand gibier sur l’ensemble du département ». Où sont les études qui présentent ces dégâts qui semblent démesurés et qui montrent que seules les méthodes létales permettent de diminuer ces dégâts ? Les montants des dégâts sont tels qu’ils justifient les ouvertures anticipée et tardive du sanglier, anticipée du chevreuil et du cerf et les « prélèvements » autorisés même au sein des réserves de chasse et faune sauvage et des zones d’exclusion temporaire de la chasse?

-On retrouve encore une fois dans cet arrêté toute l’ambiguïté du monde cynégétique face à la prétendue régulation nécessaire des espèces sauvages : par exemple, la chasse anticipée du chevreuil est autorisée à partir du 1er juin sous entendue pour empêcher des dégâts significatifs qui ne peuvent être évités autrement mais par contre le tir des chevrettes est interdit car il ne faudrait quand même pas diminuer le capital « gibier » protégé ardemment par les chasseurs.

-Les ouvertures anticipées de la chasse autorisées dans cet arrêté qui permettent de chasser durant toute la période estivale empêche à la faune sauvage d’avoir une période de repos. De plus, la chasse d’été en pleine périodes de vacances scolaires est en faveur de conflits d’usage et de plus d’accidents alors même que les chasseurs s’octroient déjà la nature durant au minimum 6 mois de l’année. Enfin, concernant la chasse d’été, les rares jeunes lagopèdes naissant en été, totalement vulnérables (le lagopède est nidifuge, seuls 11% des jeunes atteignent l’âge de 2 mois), sont mis en danger par la chasse d’été en montagne.

-L’article 4 est très surprenant : « Toute personne autorisée à chasser le chevreuil ou le sanglier avant l’ouverture générale peut également chasser le renard dans les mêmes conditions dans le cadre de la chasse au sanglier ou au chevreuil autorisée. »

Peut-on savoir sur quelle réflexion scientifique repose cette dérogation alors même que le renard est connu comme étant un auxiliaire de culture indéniable et comme permettant de contrôler la maladie de Lyme en recrudescence ces dernières années?

-L’agrainage est autorisé alors même que l’on sait qu’il est impossible de distinguer l’agrainage dit dissuasif d’un agrainage qui aurait comme conséquence un nourrissage de la faune sauvage. Cette pratique contribue aussi à conserver des populations denses de sangliers sur une zone géographique limitée entraînant ainsi des risques sanitaires liés à la concentration d’individus.

-La chasse du sanglier en milieu montagnard est possible du 1er juillet à l’ouverture générale de la chasse « considérant les dégâts commis par le sanglier en 2020 et les populations présentes sur le massif montagnard ». Or, une fois de plus, les dégâts observés justifient-ils la chasse dans un milieu où vivent de nombreuses espèces protégées dont les ours et qui aura donc un impact sur leur tranquillité. De plus, la chasse dans ces milieux contribue à des rencontres fortuites avec l’ours qui ont déjà conduit à la mise à mort de l’ours Sarousse au cours d’une battue lors de la dernière saison de chasse.

-La vénerie sous terre du blaireau est autorisée pour une période complémentaire alors que l’on sait pertinemment qu’il existe de multiples arguments en faveur d’une abolition de cette pratique cruelle d’une autre époque. Entre autres, la vénerie sous terre a un impact sur d’autres espèces puisque la destruction même partielle des terriers au cours de cette pratique peut impacter les autres espèces qui utilisent les terriers des blaireaux dont certaines sont réglementairement protégées par arrêté ministériel et directive européenne, comme le Chat forestier (Felis silvestris) ou des chiroptères lorsque certaines espèces sont en phase d’hibernation pendant la période de septembre/octobre à fin avril : «Le Petit rhinolophe hiberne dans des gîtes souterrains (mines, caves, sous-sols ou même terriers de Renard ou de Blaireau)» source Atlas des Mammifères de Bretagne éd. 2015. De plus, en autorisant une période complémentaire de vénerie sous terre, l’arrêté ne respecte par la Convention de Berne qui stipule qu’il faut au préalable vérifier « que la dérogation ne nuise pas à la survie de la population concernée pour prévenir des dommages importants aux cultures, au bétail, aux forêts, aux pêcheries, aux eaux et aux autres formes de propriété ». Or, où se trouve l’étude prouvant l’absence de nuisance sur la survie de la population et les dégâts importants engendrés par cette espèce qui nécessitent une période complémentaire ? D’autant plus que la période complémentaire intervient lorsque les jeunes sont encore dépendants de leurs mères ce qui peut impacter leur survie. D’autres départements sont en avance et n’autorisent plus la période complémentaire du blaireau, et notamment les départements des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes, de l’Aude, des Bouches-du-Rhône (depuis 2016), de la Côte d’Or (depuis 2015), de l’Hérault (depuis 2014), du Var, du Vaucluse, des Vosges, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Qu’en sera-t-il des Pyrénées Atlantiques ?

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