L’Union européenne traverse une phase décisive pour la protection et le bien-être animale. Alors qu’elle a été longtemps moteur dans ce domaine, elle a récemment marqué le pas. Nous faisons le point sur les initiatives et règlements en cours au niveau européen.
Décryptage 👇
Les Initiatives Citoyennes Européennes
« Fur Free Europe » – Une Europe sans fourrure
Lancée en 2022 par un collectif de 60 ONG, cette initiative citoyenne a recueilli 1,5 million de signatures pour demander l’interdiction de l’élevage et de la vente de fourrure dans l’UE. En juillet 2025, l‘EFSA a scientifiquement conclu que les souffrances animales sont structurelles et inévitables dans les systèmes de cages actuels.
Malgré cette preuve et l’échéance de mars 2026, la Commission européenne semble hésiter à proposer une interdiction totale, envisageant de simples normes de bien-être renforcées sous la pression de l’industrie. Ce possible revirement contredit l’attente démocratique alors que 15 États membres, dont la France et la Pologne (premier producteur européen), ont déjà légiféré pour la fin de ces élevages.
« End of the Cage Age » – Une Europe sans cages
L’initiative « End the Cage Age », lancée en 2018 par CIWF et 170 ONG, a réuni 1,4 million de signatures pour mettre fin aux cages de 300 millions d’animaux d’élevage. Bien que la Commission européenne se soit engagée en 2021 à légiférer d’ici fin 2023, cette promesse n’a pas été tenue, provoquant une action en justice historique en 2024 pour manquement à agir.
Après une audience majeure le 5 mars 2026, le verdict de la Cour de justice de l’UE est attendu pour fin juillet 2026. En parallèle, une consultation publique ayant révélé un soutien massif de 99 % des participants maintient la pression pour que de nouvelles propositions législatives soient présentées au quatrième trimestre 2026.
Proposition de lois sur le bien-être animal
Transport d’animaux : Un changement de règles attendu mais en demi teinte
En décembre 2023, la Commission a proposé de nouvelles règles pour réduire la souffrance de 1,6 milliard d’animaux transportés annuellement. Les mesures clés prévoient la réduction des temps de trajet (9h max pour l’abattage), l’augmentation de l’espace et un contrôle des températures extrêmes.
Malgré ces avancées, les associations dénoncent le maintien des exportations vers les pays tiers et du transport maritime. Actuellement en cours d’examen par le Parlement et le Conseil, le texte prévoit une transition de cinq ans avant son application complète.
Bien-être des chiens et des chats et leur traçabilité
Ce règlement européen a été approuvé et vise à instaurer des normes minimales harmonisées de bien-être et de traçabilité pour les chiens et les chats élevés ou vendus par des professionnels, afin de garantir de meilleures conditions de vie aux animaux et de lutter efficacement contre le commerce illégal au sein de l’Union.
Pour mieux comprendre 👇
*Initiative citoyenne européenne (ICE)
- Soutien massif : Elle doit recueillir plus d’un million de signatures de citoyens européens.
- Représentativité géographique : Un seuil minimal de signatures doit être atteint dans au moins sept États membres différents.
*EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments)
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est l’une des principales agences de l’Union européenne.
Voici ses caractéristiques et missions principales selon les sources :
- Rôle scientifique : Elle fournit des avis scientifiques indépendants sur les risques liés à l’alimentation, mais traite également de manière approfondie les sujets relatifs à la santé et au bien-être des animaux.
- Aide à la décision : Son travail sert de base scientifique à la Commission européenne pour évaluer la nécessité et la faisabilité de nouvelles législations ou de mesures politiques.
- Surveillance sanitaire : En collaboration avec d’autres agences (comme l’ECDC), elle assure une surveillance constante des menaces zoonotiques (maladies transmises de l’animal à l’humain) comme la Covid-19 ou la grippe aviaire, dans le cadre d’une approche « One Health » (Une seule santé).
Son rôle spécifique dans l’initiative « Fur Free Europe » : La Commission européenne a mandaté l’EFSA pour produire un avis scientifique indépendant sur le bien-être des animaux élevés pour leur fourrure (visons, renards, chiens viverrins et chinchillas). Dans son rapport publié le 30 juillet 2025, l’EFSA a conclu que les souffrances animales identifiées dans ces élevages sont structurelles et inhérentes aux systèmes de cages, et qu’elles ne peuvent être ni prévenues ni réduites de manière substantielle dans les systèmes actuels.

