Champ de cadavres dans une estive des Pyrénées

Champ de cadavres dans une estive des Pyrénées

Des cadavres éparpillés dans la montagne, des moutons qui peinent à marcher et des animaux laissés dans une situation préoccupante. Le 20 septembre, près du col du Soulor, Animal Cross a découvert une scène difficilement supportable sur une estive des Pyrénées. Notre association dénonce les conditions de surveillance de ce troupeau et a porté plainte pour délaissement (article 521-1 du code pénal).

Enquête Animal Cross : découverte de moutons morts et en souffrance sur une estive des Pyrénées.

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Une découverte dramatique à près de 2 000 mètres d’altitude

Il faut environ 2 h de marche et 700 mètres de dénivelé positif depuis le cirque du Litor pour rejoindre la cabane de Larue, située à 1 968 mètres d’altitude.

C’est sur cette estive difficile d’accès qu’Animal Cross a découvert une vingtaine de moutons morts récemment, ainsi qu’environ 90 animaux encore vivants. Parmi eux, une douzaine présentaient d’importantes difficultés à marcher.

Selon plusieurs témoignages recueillis par notre association, le bilan réel pourrait être bien plus lourd, environ une cinquantaine de moutons morts. Des sources concordantes rapportent également que les visites du berger ou de l’éleveur auraient été très espacées, laissant les animaux sans la surveillance et les soins réguliers dont ils avaient besoin.

La difficulté d’accès à une estive ne peut justifier de laisser des animaux souffrir sans soins adaptés.

Fièvre catarrhale : le risque sanitaire ne s’arrête pas en altitude

Plusieurs causes de mortalité sont envisagées, notamment la fièvre catarrhale ovine (FCO) et le parasitisme.

Selon une source d’Animal Cross, les moutons n’auraient pas été vaccinés contre la FCO, au motif que l’altitude limiterait la présence des insectes vecteurs. Pourtant, avec les canicules et le réchauffement climatique, des insectes piqueurs seraient présents à près de 2 000 mètres d’altitude.

Le pastoralisme ne doit pas faire oublier la souffrance animale

Derrière l’image idyllique des troupeaux en liberté dans les paysages pyrénéens, la réalité peut être bien différente.

Les animaux envoyés en estive restent dépendants des humains pour leur surveillance, leur protection et leurs soins. Les laisser pâturer en montagne ne dispense pas de veiller à leur état de santé.

Animal Cross dénonce cette situation et a porté plainte pour délaissement. Les animaux d’élevage ont droit à des soins et à une protection effective, y compris en altitude.

Ici, pastoralisme ne rime pas avec romantisme.

Des milliers de moutons meurent en montagne, mais seul le loup fait scandale

Des milliers de moutons meurent en montagne, mais seul le loup fait scandale

 

Lorsqu'un loup tue un mouton, l'indignation est immédiate. Les syndicats agricoles dénoncent une situation insupportable, les responsables politiques réclament des mesures et l'abattage des loups revient au centre des débats. Pourtant, chaque année, des milliers de moutons meurent en montagne, de maladies, d'accidents ou d'autres causes, dans l'indifférence. Comme si la mort d'un mouton était plus grave lorsqu'elle pouvait être attribuée au loup.

Le loup fait polémique, tandis que des milliers de morts sont passés sous silence

Dans les Pyrénées-Atlantiques, où la présence du loup suscite régulièrement de fortes tensions, le cheptel ovin représente environ 600 000 animaux[1].

Animal Cross estime, pour une année normale, que la mortalité annuelle liée à des causes naturelles, aux maladies ou aux défauts de soins se situe entre 2 et 5 % du cheptel (voir explications ci-dessous), soit 12 000 à 30 000 animaux morts chaque année.

Pourtant, selon les chiffres officiels, seulement 12 décès ont été attribués au loup en 2025 dans le département[2]. Cela représente entre 0,04 et 0,1 % de la mortalité annuelle estimée.

Comment Animal Cross estime-t-elle la mortalité annuelle de 2 à 5 % ?

En l'absence de statistiques publiques consolidées sur la mortalité d'ovins hors prédation, Animal Cross s'appuie sur plusieurs études françaises, notamment réalisées dans des élevages de montagne.

Une étude menée en Ariège en 2015 auprès d'élevages transhumants relève des taux de mortalité de 4 % en Haute-Ariège et 8 % dans le Couserans, hors agneaux et toutes causes confondues[1].

Une autre étude publiée en 2020 par l'Institut de l'élevage et les Chambres d'agriculture analyse les résultats de dix élevages ovins allaitants en agriculture biologique du Massif central, dont cinq en zone herbagère et cinq en montagne. Les taux de mortalité des brebis adultes observés en 2018 varient de 1 à 12 % en zone herbagère et de 1 à 13 % dans les élevages de montagne[2].

Ces résultats sont complétés par une étude de l'INRA publiée en 2014 sur les risques sanitaires propres aux estives[3] et par un rapport interministériel de 2018 évoquant des pertes naturelles en montagne estimées par certains professionnels autour de 3 à 4 %[4].

Sur la base de ces références, Animal Cross retient une estimation prudente de 2 à 5 % de mortalité annuelle, hors abattage et prédation, à défaut de disposer d'un taux officiellement établi pour les troupeaux en montagne.

Sources et références

[1] Chambre d'agriculture de l'Ariège, Groupement de défense sanitaire de l'Ariège et École nationale vétérinaire de Toulouse. (2015). Étude des facteurs de variation de la productivité numérique des troupeaux ovins transhumants en Ariège [Rapport d'étude]. Consulter l'étude.
[2] Miquel, M. (2020, avril). Approche technico-économique des exploitations ovines allaitantes en agriculture biologique du Massif central : 5e année de suivi, résultats de la campagne 2018 et comparaison pluriannuelle. Institut de l'élevage et partenaires du projet BioRéférences (pp. 4 et 9). Consulter l'étude.
[3] Alzieu, J.-P., Brugère-Picoux, J., & Brard, C. (2014). Particularités pathologiques des ruminants domestiques en estive dans les montagnes françaises. INRA Productions Animales, 27(1), 31–40. Consulter l'étude.
[4] Ayphassorho, H., Colas, F., Ruiz, J., & Stefanini-Meyrignac, O. (2018). Propositions d'évolution des mesures d'accompagnement aux éleveurs confrontés à la prédation de l'ours et aux difficultés économiques du pastoralisme : cas des Pyrénées centrales [Rapport interministériel]. Consulter le rapport.

Maladies infectieuses, parasitisme, complications lors des mises bas, accidents, défauts de soins, conditions météorologiques extrêmes… Les causes de mortalité sont nombreuses, en bergerie comme en estive.

À l'échelle nationale, les troupeaux comptent environ 6,6 millions d'ovins[3]. En appliquant le même ordre de grandeur de mortalité, ce sont 132 000 à 330 000 décès estimés chaque année qui passent sous les radars du débat public, contre 11 957 animaux victimes indemnisables du loup en France en 2025[4]. Ces victimes représenteraient ainsi l'équivalent de 3,6 à 9,1 % de la mortalité annuelle estimée.

D'un côté, quelques victimes attribuées au loup, qui provoquent manifestations, déclarations politiques et demandes de tirs. De l'autre, des milliers de morts estimées, qui restent dans l'ombre.

Mais derrière les chiffres et les controverses, il y a des animaux sensibles, capables de ressentir la douleur, la peur et la détresse. Pour Animal Cross, la souffrance animale ne devrait pas dépendre de la cause de la mort.

Un mouton qui succombe à une maladie peut souffrir autant qu'un mouton attaqué par un prédateur. Sa vie n'a pas moins de valeur.

Protéger les animaux, c'est à la fois prévenir les attaques de prédateurs, améliorer les pratiques d'élevage, prévenir les maladies et veiller au bien-être des animaux, en estive comme le reste de l'année.

Le loup, coupable idéal d'un débat qui oublie les animaux

Le loup concentre les colères, il incarne le retour d'un prédateur sauvage dans des territoires façonnés par l'élevage, et parce qu'il est plus facile de désigner un responsable que de s'interroger sur les dysfonctionnements de l'élevage.

Un mouton mort de maladie ne mérite-t-il pas autant notre considération qu'un mouton tué par un loup ?

Pour Animal Cross, l'indignation ne doit pas être sélective et la protection des animaux doit être systématique : prévenir les maladies, améliorer les conditions d'élevage, renforcer la surveillance et les soins, mais aussi développer des moyens efficaces de protection des troupeaux permettant la coexistence avec la faune sauvage.

La réponse à la souffrance des moutons ne peut pas se résumer à tuer des loups.

Si nous voulons réellement défendre les moutons, commençons par nous préoccuper de toutes ceux qui meurent, et pas seulement de celles dont la mort permet de désigner un coupable.

Fièvre catarrhale : quand la prévention devrait être une priorité

Des brebis mortes en estive : pourtant, des vaccins existent

Animal Cross a récemment découvert une vingtaine de brebis mortes sur une estive des Pyrénées-Atlantiques. La fièvre catarrhale ovine (FCO), une maladie pouvant entraîner une forte mortalité chez les ovins, pourrait être en cause.[5] Selon nos informations, ces animaux n’étaient pas vaccinés.

Nous nous interrogeons sur l’absence de vaccination des troupeaux, alors que les Pyrénées-Atlantiques sont particulièrement touchées par la FCO et que des vaccins existent pour protéger les animaux et limiter les conséquences de la maladie.[6]

Mais la vaccination représente aussi un coût pour les éleveurs, environ 5 à 6 € par animal, avec une facture atteignant plusieurs milliers d'euros pour un troupeau important.

En 2025, l'État a financé une partie de la prévention contre la FCO, notamment en mettant gratuitement à disposition des vaccins contre certains sérotypes. Une aide qui doit être prolongée pour garantir une protection accessible à tous les troupeaux.[7]

Animal Cross demande que l'État prenne intégralement en charge la vaccination contre la FCO.

La prévention sanitaire doit devenir une priorité aussi forte que la lutte contre la prédation. Il est difficilement acceptable que des animaux puissent mourir de maladies contre lesquelles nous disposons de moyens de protection, sans que leur sort mobilise autant l'attention.

Sources et références

[1] Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). (2026). Cheptel présent dans les exploitations agricoles en fin d’année 2024 : comparaisons régionales et départementales [Données Agreste]. Consulter les données officielles.
[2] Direction départementale des territoires et de la mer des Pyrénées-Atlantiques. (2026, 7 avril). Bilan départemental des dommages dans les Pyrénées-Atlantiques en 2025 [Extrait de diaporama, séance du 7 avril 2026]. Consulter.
[3] Agreste. (2025). Graph'Agri 2025 : Ovins, caprins, collecte de lait (p. 167–168). Ministère de l'Agriculture. Consulter la publication.
[4] Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement Auvergne-Rhône-Alpes. (2026, 12 mai). Bilan 2025 : données sur les dommages attribués au loup au 31 décembre 2025. Préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Consulter le bilan officiel (PDF).
[5] Animal Cross. (2026). Observations et témoignages recueillis concernant la mortalité de brebis sur une estive [Informations de terrain non publiées ; cause des décès non confirmée].
[6] Ministère de l’Agriculture. (2024, 4 octobre). Qu’est-ce que la FCO ? Consulter la publication.
[7] Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. (2025, 4 juillet). Fièvre catarrhale ovine (FCO) : lancement de la campagne de vaccination contre les sérotypes 1 et 8. Consulter la publication.
 
Fin des cages en Europe : la voix est donnée aux éleveurs

Fin des cages en Europe : la voix est donnée aux éleveurs

Le 21 septembre marque le coup d’envoi de la campagne « La voix des éleveurs compte », lancée par l’association Compassion in World Farming (CIWF) France.[1]
Intégrée à la mobilisation européenne globale « It’s Time Campaign », cette initiative donne la parole aux producteurs avicoles pour démontrer qu’ils sont prêts à tourner définitivement la page de l’élevage en cage. Alors que la Commission européenne prépare ses propositions législatives pour réviser la réglementation sur le bien-être animal, cet appel vise à convaincre les ministres et parlementaires français et européens de fixer un cadre ferme, juste et protecteur.[1]

Vers une Europe sans cage : la filière avicole en 1ère ligne

La Commission européenne s’était engagée en 2021 à présenter des textes visant à interdire progressivement l’élevage en cage dans l’Union européenne. Les poules pondeuses doivent normalement constituer la toute première filière concernée par cette transition, avec une proposition de réglementation attendue d’ici la fin de l’année 2026, qui sera suivie par celle relative aux truies en 2027.[1][2]

Poules pondeuses élevées en cages en FrancePoules pondeuses dans un élevage en cages en France, 2018 – photo d’illustration. Photo : L214 /
Wikimedia Commons –
CC BY 3.0.

Ce que disent les éleveurs : un soutien massif et des exigences précises

Contrairement aux idées reçues, les éleveurs avicoles ne s’opposent pas à la transition hors cage. Selon un sondage réalisé par l’institut Savanta pour CIWF, 88 % des éleveurs français interrogés soutiennent l’interdiction de l’élevage en cage au niveau de l’Union européenne. Sur le terrain, leurs témoignages traduisent une volonté d’avancer, assortie de trois conditions majeures : un calendrier réglementaire strict, des financements adéquats et une protection commerciale.[1][2]

Pour David Léger, éleveur en Seine-Maritime, « il faut une réglementation claire avec une date définitive de fin de production pour que la filière s’organise mais aussi une interdiction de la commercialisation et des importations d’œufs issus de poules en cages ».[1]
La recherche de sens et de bientraitance animale constitue aussi un moteur essentiel pour la profession. Christophe Baslé, éleveur en Ille-et-Vilaine, souligne : « Pour moi, la sortie des cages est une évidence. Sans bien-être animal, mon métier n’a pas de sens ».[1]

En France : une dynamique bien engagée mais freinée par l’incertitude

Premier producteur d’œufs en Europe, la France fait figure de pionnière dans la transition hors cage. Plus de la moitié des poules pondeuses hexagonales (51 %) bénéficient désormais d’un accès au plein air. Par ailleurs, l’interprofession avicole (CNPO) s’est fixé pour objectif de porter à 90 % la part des poules élevées hors cage d’ici 2030.[1][2]

Pourtant, environ 23 % des poules pondeuses françaises restent logées dans des cages aménagées. Ces œufs issus du « code 3 » sont principalement destinés aux industriels de l’agroalimentaire et à la restauration hors domicile sous forme d’ovoproduits, où le mode de production demeure peu visible pour le consommateur. Les producteurs engagés ou désireux de franchir le pas se heurtent aujourd’hui au flou réglementaire et à la crainte d’une concurrence déloyale.[1][2]

Un appel décisif adressé aux décideurs politiques

À travers la campagne « La voix des éleveurs compte », qu’Animal Cross soutient, CIWF et les professionnels du secteur lancent un message limpide aux pouvoirs publics. Les éleveurs ont réalisé d’importants investissements et sont prêts à achever la transition vers le 100 % hors cage. Il appartient désormais à l’Europe puis à la France d’inscrire cette interdiction dans la loi et de garantir des règles du jeu équitables pour protéger leur avenir économique.

Vous êtes éleveur ou connaissez un éleveur ?
Soutenez la campagne et partagez-la pour que d’autres éleveurs témoignent pour un avenir sans cage.

Je participe à la campagne  →

Poules pondeuses biologiques avec accès à l'extérieur en NormandiePoules pondeuses biologiques avec accès à l’extérieur à Bailleul-Neuville, en Normandie – photo d’illustration. Photo : Tsaag Valren /
Wikimedia Commons –
CC BY-SA 4.0.

Sources et références

[1] Compassion in World Farming France – « Ces éleveurs qui interpellent la France : mettre fin aux cages en Europe » –

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[2] Le Monde – 18 septembre 2026 – « Bien-être animal : comment les éleveurs de poules pondeuses anticipent l’interdiction à venir des cages » –

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Crédits photographiques
Photo 1 : L214, « Poules en cage », 2018 – Wikimedia Commons – licence CC BY 3.0.
Photo 2 : Tsaag Valren, « Poules en bio à Bailleul-Neuville 07 », Normandie, 2017 – Wikimedia Commons – licence CC BY-SA 4.0.

Sauvetage d’urgence : 96 animaux sauvés de la canicule

Sauvetage d’urgence : 96 animaux sauvés de la canicule

Le 23 juin, la gendarmerie d'Oloron nous appelle en urgence. Sur place, le thermomètre affiche 42°C. Les animaux sont en plein soleil, sans eau. 

Partout, la même scène d'horreur. Des poules sont déjà mortes. Des lapins agonisent dans leurs clapiers brûlants. Des bébés sont morts. D'autres ont été dévorés par leur mère.

Des cochons suffoquent. Deux chiens, un patou et un braque sont enfermés dans un petit espace, ils ne peuvent même pas rejoindre un point d'eau.

Les gendarmes sont à pied d'œuvre depuis 8h. Formidables, ils ne cessent de leur apporter de l'eau pour les maintenir en vie. Lorsque nous approchons, la jeune chienne braque peine à marcher. À quelques mètres, une chienne Patou reste couchée, immobile, résignée. Libérée de sa chaîne, elle ne réagit presque plus. Après de longues minutes à l'encourager, elle trouve la force de se lever et nous suit lentement.

Une décision exceptionnelle Face à cette situation dramatique, le Parquet ordonne immédiatement la saisie de tous les animaux. Trois associations unissent leurs forces :

  • La Ferme des Choupinous prend en charge les 52 lapins.

  • La Ferme des Trois Pommes accueille l'âne et la mule.

  • Animal Cross prend en charge tous les autres animaux : les chiens, les moutons, les chèvres, les canards et les chatons.

  • Pendant deux jours, sous une chaleur écrasante, bénévoles, gendarmes et associations travaillent ensemble. Au total, 96 animaux sont sauvés : 52 lapins, 23 moutons, 2 chèvres, 6 chiens, 2 chatons, 1 âne, 1 mule, 20 canards.

Les premiers examens vétérinaires révèlent l'étendue des souffrances

Certains animaux sont conduits immédiatement chez le vétérinaire. Beaucoup souffrent d'un coup de chaleur. Certains lapins peinent à respirer. Ils sont aujourd'hui chez le vétérinaire sous assistance respiratoire.Mais c'est la jeune braque, âgée d'à peine un an et demi, qui nous bouleverse le plus. Elle a 18 mois mais porte déjà sur son corps les traces d'anciennes blessures. Les radiographies révèlent plusieurs fractures anciennes jamais soignées : plusieurs fractures du bassin ; une fracture de la hanche qui s'est consolidée de travers ; une déformation importante de l'articulation. Elle boite des deux pattes arrière. Comme si cela ne suffisait pas, elle souffre également d'un énorme abcès au cou, gros comme une balle de tennis, rempli de pus. Quant à la chienne Patou, son collier a fini par s'enfoncer dans sa chair...

Tous les animaux ont été placés et pris en charge. Ils reçoivent maintenant les soins nécessaires. Une cagnotte a été lancée et relayée sur les réseaux sociaux et dans les journaux locaux.

lien vers la cagnotte - merci pour eux 💚​ 

Quels sont les facteurs clés du succès des mobilisations

Quels sont les facteurs clés du succès des mobilisations

L’engagement militant qui permet de récolter plus de 700 000 signatures dans la rue Espagne ou d’assurer une campagne intense de plaidoyer en Pologne.

Le professionnalisme des équipes. La liste RAT est reconnue par la communauté scientifique comme une liste crédible pour remplacer des tests sur les animaux par des tests alternatifs. Les associations bénéficient de salariés avec un haut niveau de qualification qui objectivisent le débat et ne sombrent pas dans le « pathos ».

Le soutien populaire. La campagne est vue et revue dans le pays et suscite un très grand enthousiasme, quelquefois un quasi-consensus. Les pétitions, sondage, et mobilisations de rue l’attestent.

Le temps long et la persévérance. Il a fallu 14 ans aux Polonais pour mettre fin à la fourrure, le projet TAPP en Hollande a commencé en 2019.

La prise en compte des intérêts de ceux qui ont à perdre dans la campagne, en particulier des éleveurs. Ils doivent être justement compensés et traités avec considération. Les Hollandais ont réussi à convaincre les éleveurs que le projet TAPP pouvait améliorer leur existence, les Polonais ont milité pour compenser les éleveurs de fourrures, les paysans suédois ont pu bénéficier d’aides européennes.

La coalition des associations. En travaillant ensemble, les associations ont plus de chance de parvenir à leur fin, même si le travail en commun est difficile pour les associations qui généralement cultivent leur indépendance.

Les arguments autres que la protection animale. Les Suédois ont su jouer sur la corde sensible du lien avec la nature, même pour les animaux, dans la culture traditionnelle suédoise. Les Espagnols ont mis en avant l’autonomie des provinces contre l’autorité centralisatrice de l’État, ressort puissant dans la péninsule ibérique. La liste RAT au Royaume-Uni s’appuie sur le fait que les tests de substitution peuvent être plus rapides et moins chers. Le projet TAPP en Hollande met en avant l’intérêt écologique de réduire la consommation de viande.

Dans cet article, nous partagions des mobilisations de nos voisins qui ont porté leur fruit. Toutes ces campagnes sont la preuve que, même si le modèle européen est en panne, il est toujours possible de gagner dans chaque pays des victoires significatives.

Le bien-être animal est une valeur forte des citoyens européens, qui ne peut que progresser dans les années à venir.

Voici les quelques facteurs clés de succès émergent :

Bien-être animal : Campagnes victorieuses chez nos voisins

Bien-être animal : Campagnes victorieuses chez nos voisins

De nombreuses associations se mobilisent chez nos voisins en faveur des animaux. Certaines initiatives sont très inspirantes et en voici quelques exemples 👇​

Google (Noto Color Emoji 17.0)     Espagne : « Corrida, no es mi cultura » - Ce n'est pas ma culture

En Espagne, une initiative populaire législative sous le nom de « Ce n’est pas ma culture » (« No es mi cultura ») est parvenue à repousser le statut légal de la corrida comme héritage culturel espagnol, inscrite dans une loi de 2013, et a restauré le pouvoir régional et local pour décider de sa propre culture.
716 606 signatures ont été récoltées sur la voie publique par des milliers d’adhérents et des dizaines d’associations, appuyés par de très nombreuses stars espagnoles.

Google (Noto Color Emoji 17.0)     Royaume-Uni : « Replace Animal Testing » - Remplacer les tests sur les animaux

Au Royaume-Uni, la liste RAT (replace animal-testing) est une vue globale, basée sur des preuves scientifiques, constamment à jour, des tests sur les animaux qui peuvent être remplacés par d’autres types de tests. Ces tests représenteraient plus de 1,2 millions de tests à travers toute l’Europe. L’association Cruelty Free international, à l’origine de cette liste, a réussi à l’imposer comme un élément incontournable de la prise de décision au Royaume-Uni pour mener de nouvelles études sur les animaux. Rappelons qu’il existe normalement une obligation de faire appel à un test alternatif pour remplacer les tests sur les animaux lorsque ces tests existent (c’est le premier « R » des trois « R »).

Google (Noto Color Emoji 17.0)     Suède : « I want to graze » - Je veux brouter

En Suède, les vaches étaient menacées d’être maintenue en permanence à l’intérieur des bâtiments sans accès à l’extérieur, alors qu’une réglementation ancienne leur garantissait l’accès à l’herbe en été. L’association Project 1882, une des associations de protection animale les plus connues de ce pays, a lancé la campagne « I want to graze » (« je veux brouter ») pour exprimer le fait que la place des vaches est dans les prés, pas entre quatre murs, et qu’elles aussi devaient profiter de la belle nature suédoise.

Le projet d’enfermer les vaches a été abandonné suite à cette action !

Google (Noto Color Emoji 17.0)    Pologne : « Non à la fourrure » 

En Pologne, deuxième pays le plus important de production de fourrure dans le monde, l’association Animal International est parvenue à faire arrêter cette production. Après 14 ans de combat et 7 tentatives avortées, elle a profité de la désorganisation de la filière suite au COVID et à la guerre en Ukraine, signifiant la fin des échanges économiques avec la Russie, pour convaincre les parlementaires d’interdire de nouvelles installations et prévoir une période de transition de 8 ans pour les installations existantes.

Google (Noto Color Emoji 17.0)     Pays-Bas : Taxer la viande 

Au Pays-Bas une coalition d’associations plaide pour changer les règles fiscales concernant la nourriture. Le projet TAPP propose de taxer au vrai prix les protéines animales pour un meilleur avenir. L’élevage de vaches et porcs, fortement producteur de gaz à effet de serre, serait plus taxé que celle de poulets.
Une absence de taxe serait appliquée aux fruits et légumes. Les taxes récoltées doivent permettre d’améliorer la vie des éleveurs et d’aider les foyers les plus modestes. Bien qu’une telle loi ne soit pas encore votée, mais commence à faire consensus, un premier succès a été obtenu sur le fait d’interdire la publicité sur les promotions moins chères sur la viande. La ville d’Amsterdam a même carrément interdit la publicité pour la viande.