Le partage de la nature est aujourd’hui un mythe qui cache une réalité brutale : la mise en danger permanente des citoyens. Qu’il s’agisse d’une simple course à pied ou d’une promenade en famille, la présence de chasseurs transforme nos espaces de liberté en zones de risques majeurs.

Le drame de Lent : Une joggeuse pour cible

Le samedi 17 janvier 2026, à Lent dans le Jura, une jeune femme de 25 ans a vu sa vie basculer alors qu’elle pratiquait simplement son jogging. En pleine matinée, elle a été atteinte au pied par le tir d’un chasseur.

Une enquête a été ouverte pour tenter de déterminer les circonstances de cet incident, qui aurait pu s’avérer bien plus grave. La brigade de Champagnole, ainsi que l’Office français de la biodiversité (OFB) ont été saisis.

Cet accident n’est pas une simple fatalité, mais le résultat de manquements graves aux règles de sécurité élémentaires :

  • Distance non respectée : Le chasseur a tiré à environ 200 mètres, soit le double de la distance maximale préconisée.
  • Direction dangereuse : Le tir a été effectué en direction d’une route ouverte à la circulation.
  • Mauvais positionnement : Le tireur ne se trouvait pas au poste qui lui avait été assigné lors de la battue.

Bien que ses jours ne soient pas en danger, la victime a dû subir une intervention chirurgicale lourde (1, 2, 3).

Des blessures de guerre” à deux pas de chez nous

La chasse n’est pas un sport anodin ; elle utilise des armes de gros calibre dont les effets sur le corps humain sont dévastateurs. Sur ces 20 dernières années, on dénombre 2634 accidents de chasse, soit en moyenne 132 accidents par an avec une réaugmentation ces 2 dernières années, et 11 % d’entre eux sont mortels (4).

Les traumatismes infligés sont comparables à des blessures de guerre en raison de la nature des munitions utilisées :

  • Fragmentation interne : Les balles de grand gibier se fragmentent à l’intérieur du corps, provoquant un “polycriblage” qui détruit les organes vitaux, les muscles et les vaisseaux (5).
  • Séquelles physiques lourdes : Les victimes font face à des risques d’infections majeures, de nécroses tissulaires et de lésions nerveuses souvent irréversibles.
  • Traumatismes psychiques : Au-delà de la chair, l’accident laisse des traces mentales profondes comme le syndrome de stress post-traumatique (ESPT), caractérisé par des flashbacks, des cauchemars et un état d’hypervigilance constant (symptômes les plus fréquents cités par le DSM, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders).

Un climat d’insécurité et de stress permanent

Il n’est pas nécessaire d’être touché par une balle pour subir les conséquences de la chasse. La simple présence de panneaux « chasse en cours » ou d’hommes armés sur des sentiers de loisirs suffit à créer un sentiment d’insécurité croissant.
C’est notamment le cas dans le Val d’Azun (Hautes-Pyrénées), où nous avons constaté la présence de chasseurs au col de Couraduque. Ce site, très fréquenté en hiver, attire de nombreux sportifs venus profiter d’une épaisse couche de neige pour pratiquer le ski de fond, la raquette ou encore le ski de piste.
Pourtant, ces usagers peuvent avoir la mauvaise surprise de se retrouver nez à nez avec des chasseurs sur les pistes. C’est ce qui est arrivé à des promeneurs en raquettes sur la piste « La Mystérieuse », le jeudi 29 janvier. L’incident nous a été rapporté par un loueur de matériel exerçant au col de Couraduque.
Ancien chasseur lui-même, et se disant « sans opposition à la chasse », il estimait toutefois que, par souci de sécurité, les chasseurs devraient s’éloigner des pistes fréquentées par le public.
De notre côté, nous avons également constaté à plusieurs reprises une présence importante de chasseurs dans ce secteur. La forte épaisseur du manteau neigeux facilite la chasse et réduit considérablement les possibilités de fuite des animaux.
À plus de 1 300 mètres d’altitude, il est permis de douter que les vacanciers venus chercher le calme et la beauté du site apprécient les détonations répétées des tirs de chasse.

crédit photo : photo prise le 11 janvier 2026, col de Couraduque

Les impacts collatéraux de la chasse

La Fédération de chasse elle-même reconnaît que “l’erreur humaine est manifeste” dans de nombreux cas. Pour notre association, il est temps que la sécurité de la majorité des citoyens prime sur le loisir d’une minorité armée.