Une nouvelle consultation publique est en cours sur le projet d’arrêté relatif à l’ouverture et à la clôture de la chasse pour la saison 2025-2026 dans les Deux-Sèvres. C’est une occasion précieuse pour les citoyens de faire entendre leur voix face aux dérives de la chasse, trop souvent tolérées au détriment de la faune sauvage et du bien-être animal.
Animal Cross vous invite à y participer activement : chaque avis compte pour faire évoluer les pratiques et protéger les animaux. Trop de décisions sont encore prises sans réelle prise en compte de la biodiversité, des données scientifiques ou des attentes sociétales.
➡️ Cliquez ici pour accéder à la consultation et déposer votre contribution : Projet d’arrêté relatif à l’ouverture et à la clôture de la chasse pour la campagne 2025-2026 – Les consultations en cours – Consultation du public – Environnement, eau, risques naturels et technologiques – Actions de l’État – Les services de l’État dans les Deux-Sèvres
⏳ Date limite de participation : 23 mai
Merci de votre engagement pour les animaux et la nature.
Voici un exemple de texte de réponse à envoyer par mail à ddt-chasse-consultation-public @deux-sevres.gouv.fr :
Dans le cadre de la consultation publique sur le projet d’arrêté préfectoral relatif à l’ouverture et à la clôture de la chasse pour la campagne 2025-2026 dans les Deux-Sèvres, nous souhaitons exprimer notre opposition à plusieurs aspects de cette réglementation.
- Des espèces d’oiseaux sur liste rouge de l’UICN, encore inscrites aux plans de chasse
Certaines espèces d’oiseaux, dont les périodes d’ouverture et les modalités spécifiques de chasse sont fixées par arrêtés ministériels et synthétisées dans l’annexe au projet d’arrêté, sont en mauvais état de conservation à l’échelle nationale.
Parmi elles :
- Deux espèces sont classées en “danger critique” dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de métropole : la bécassine des marais, et l’eider à duvet.
- Au moins 6 autres espèces sont classées “vulnérables” : l’oie des moissons (catégorie “oiseaux hivernants”), l’oie cendrée, la sarcelle d’hiver, la sarcelle d’été et le fuligule corlieu (catégorie “oiseaux nicheurs”) et le courlis corlieu (catégorie “oiseaux de passage”)
- Au moins 2 espèces sont classées “quasi menacées” : le vanneau huppé et l’alouette des champs dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de la métropole.
La perdrix rouge quant à elle, est classée “quasi menacée” dans le monde et en Europe, et montre également des signes de déclin en France. L’espèce est notamment classée “disparue” des oiseaux nicheurs de Franche-Comté.
La présence de ces espèces sur les plans de chasse, alors même que leur état de conservation est défavorable, soulève de sérieuses questions. En effet, la chasse d’espèces d’oiseaux en mauvais état de conservation est contraire à l’article 7 de la Directive Oiseaux, qui impose aux États membres de veiller à ce que les activités humaines, y compris la chasse, n’aggravent pas la situation des populations protégées.
- Le tir du chevreuil à la grenaille de plomb, encore autorisé
L’arrêté autorise encore l’usage de la grenaille de plomb pour le tir du chevreuil en dehors des zones humides, alors que ce métal est reconnu comme toxique pour la faune sauvage et la santé humaine. Depuis février 2023, son usage est interdit dans et autour des zones humides au niveau européen. Cette mesure ne suffit pas : le plomb reste une source majeure de pollution diffuse. Chaque année, environ un million d’oiseaux meurent dans l’UE par empoisonnement au plomb. Il est incohérent de continuer à l’autoriser alors que des alternatives existent. Le préfet devrait étendre cette interdiction à tout le département, par principe de précaution.
- Extension injustifiée et non transparente de la chasse au sanglier
- Absence de transparence et de données publiques
L’arrêté justifie l’ouverture anticipée de la chasse au sanglier par un “objectif de réduction de 20 % des surfaces agricoles faisant l’objet de déclarations de dégâts expertisées et indemnisées”, mais aucune étude ni données chiffrées ne sont présentées pour démontrer l’ampleur réelle des dégâts, leur évolution, ni pour évaluer l’efficacité des battues en avril-mai. Il est inacceptable de fonder une dérogation à la période normale de chasse sur des éléments non vérifiables par le public.
- Manque de justification du choix de la méthode létale
L’arrêté affirme qu’il faut “mettre une pression de chasse supplémentaire”, mais aucune comparaison n’est faite avec des alternatives non létales, comme les moyens de dissuasion, les clôtures, la gestion de l’attractivité des cultures, ou la régulation ciblée sans battue collective. On accepte comme allant de soi que seule la mise à mort intensive peut réduire les dégâts.
- Incohérence écologique dans les zones Natura 2000
Autoriser des battues en avril-mai au sein même des ZPS (zones de protection spéciale) du réseau Natura 2000 et de la zone Natura 2000 de la Sylve d’Argenson, censées protéger des espèces sensibles, est une contradiction majeure. Même si c’est « très localisé », cela va à l’encontre de l’esprit des directives européennes de protection de la biodiversité, en période de reproduction pour de nombreuses espèces.
- Chasse en été : nuisances et dangers au détriment de la biodiversité et de la sécurité
L’arrêté autorise la chasse au sanglier et au chevreuil pendant toute la période estivale, privant ainsi la faune sauvage d’une période indispensable de repos et de reproduction. Par ailleurs, l’article R424-8 permet également la chasse du renard en été, élargissant encore la pression exercée sur la biodiversité durant une période déjà sensible.
La pratique de la chasse en pleine période de vacances scolaires favorise les conflits d’usage et augmente les risques d’accidents, alors même que les chasseurs disposent déjà d’un accès privilégié à la nature sur au moins six mois par an. Cette situation soulève des questions légitimes quant à la conciliation entre activités cynégétiques, protection de la faune et sécurité du public.
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Risques écologiques liés au lâcher de perdrix et de faisans d’élevage
La présentation de l’arrêté rappelle que les espèces de perdrix et faisan, peuvent “faire l’objet de lâchers d’animaux d’élevages, or cette pratique est problématique pour plusieurs raisons :
- Pollution génétique : Les perdrix et faisans d’élevage peuvent s’hybrider avec les populations sauvages, altérant leur génétique et fragilisant leur capacité d’adaptation aux conditions de vie locales.
- Risque sanitaire : Les oiseaux issus d’élevages intensifs peuvent être porteurs de maladies susceptibles de se propager aux populations sauvages, comme l’influenza aviaire hautement pathogène. L’introduction massive d’individus d’élevage peut favoriser la diffusion de pathogènes affectant d’autres espèces d’oiseaux ou même des mammifères.
Les oiseaux d’élevage, souvent mal préparés à la vie en milieu naturel, meurent rapidement ou deviennent des proies faciles pour les prédateurs, perturbant la chaîne alimentaire.

