Deux arrêtés ministériels sont parus le 23 février 2026 au Journal Officiel, l’un précisant son statut de protection, les conditions d’intervention en cas de prédation et les règles de calcul ainsi que de déclenchement du plafond annuel de destructions autorisées, l’autre fixant le nombre maximum d’individus pouvant être tués.
Arrêté du 23 février 2026 définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction – Légifrance
Arrêté du 23 février 2026 modifiant l'arrêté du 23 octobre 2020 fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée chaque année – Légifrance
Un passage en force du gouvernement
Ils font suite à la visite en Haute-Marne de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard et du ministre «de l’Ecologie » Mathieu Lefèvre, qui en avaient annoncé la teneur, en procédant à de la désinformation sur les effectifs de loups en France, qui
ne progressent plus depuis 2023, mais aussi sur l’évolution des dommages. Les deux arrêtés ont été pris de façon unilatérale, sans concertation avec les associations siégeant en groupe national loup, et aussi en dépit des connaissances scientifiques sur la dynamique des populations de loups.
Tirer plutôt que protéger les troupeaux
Le déclenchement des tirs est soit laissé à l’appréciation du préfet, soit consécutif à une simple déclaration de l’éleveur, sans obligation de protéger les troupeaux, qu’ils soient ovins, caprins ou bovins. Il s’agit là d’un nouveau recul des conditions de tir, revenant à ruiner 30 ans d’efforts de protection des troupeaux, seule solution efficace pour limiter le risque de prédation. Le seul recours aux tirs, et non plus aux moyens de protection, est un changement complet de paradigme, qui donne l’illusion non démontrée qu’il s’agit là d’un remède à la prédation.
Un risque réel pour l’avenir du loup
Le maintien de notre population de loups dans un bon état de conservation n’est visiblement pas une priorité française, alors qu’il s’agit d’une obligation européenne.
En effet, la France a relevé le plafond de destructions de loup autorisées annuellement, à 23% de la population estimée (par l’Office Français de la Biodiversité et son réseau loup-lynx).
La conséquence, selon le dernier rapport conjoint de l’OFB et du CNRS 1 (septembre 2025, page 16), c’est que la population de loups a 66% de chances de diminuer, ce qui contrevient à nos obligations. Nos ministres ont ainsi décidé en toute connaissance de cause de faire fi de la science, et de tout mettre en œuvre afin de réduire la population de loups, et de les rendre non viables sur notre territoire.
Animal Cross étudie les possibilités de recours contre ces deux arrêtés ministériels.
(1) Duchamp, C. Milleret C., Gimenez, O. 2025. Etat de conservation du loup en France : mise à jour 2025 de la viabilité démographique de la population sous régime de tirs dérogatoires. Rapport de saisine inter-ministérielle du 04.12.2024. OFB/CEFE-CNRS., France. 25 pages. Disponible sur : https://professionnels.ofb.fr/fr/node/1200


