Deux membres d’Animal Cross ont pu visiter pendant une après-midi le site de Bonrepos détenu par la Sacpa près de Toulouse. Ce rendez-vous faisait suite à une sollicitation d’Animal Cross auprès de la mairie de Pau à la mi-janvier 2015 pour s’assurer de la « traçabilité » des animaux. Les responsables de la Sacpa se sont prêtés de bon gré au jeu des questions réponses.

Le site du Bonrepos a une autorisation pour 49 chiens. Il sert principalement de fourrière aux communes de l’ouest de Toulouse et a servi de fourrière durant une courte période aux communes du Béarn de janvier à avril 2015, ce jusqu’à l’ouverture de la fourrière de Monein (64).

Règlementairement parlant tout est en ordre

Nous avons pu retrouver les 17 chiens et chats du listing de la mairie. Les conditions d’hébergement sont bonnes pour les chiens. Les box possèdent une partie intérieure fermée le soir et une partie extérieure. Les bâtiments sont propres et en bon état. Les chats sont en revanche dans des petites caisses, ce qui se justifie au niveau sanitaire mais est moins souhaitable au niveau du bien-être animal.

L’horrible surprise découlant de l’examen du cahier des « entrées-sorties des animaux placés en fourrière » est que 25% des chats auraient été éliminés. Selon la Sacpa il s’agirait de chatons « non sevrés ou malades ».

La Sacpa nous a permis de regarder son livre des « entrées et sorties » pour l’ensemble de l’activité du centre. Du 2/10/13 au 26/03/15, sur 500 chats récupérés, 126, soit près de 25%, auraient été abattus. Le terme « euthanasie » usité en ce cas, nous concernant, ne conviendrait pas, puisque ce terme se rapporte au fait d’abréger les souffrances d’un animal. Aussi est-il galvaudé.

Les responsables du refuge, visiblement, ne s’en cachent pas, en justifiant que des chatons non encore sevrés, voire pour certains étant malades, il serait difficile selon eux de les conserver : « On ne peut pas les garder car ils viendraient prendre la place des chats adultes déjà difficile à placer ». Il convient de préciser que ces chats ne concernent pas l’agglomération Paloise mais celle des communes de l’ouest de Toulouse. Pour autant, un effort, nous semble-t-il, pourrait être fourni en sollicitant des associations en vue de l’adoption de ces chatons, au lieu d’utiliser une solution extrême à nos yeux.

Lorsque nous avons fait observer au responsable de la Sacpa que l’entreprise serait largement bénéficiaire (plus d’un million d’euros de bénéfice) et que cet argent pourrait permettre de prendre en charge ces animaux, il nous répondu que le rôle de la Sacpa, c’était « la fourrière » et que si des associations « qui ont des dons et des legs, contrairement à [nous] » veulent prendre les chatons et s’en occuper et aussi payer pour les frais de vétérinaires des chiens en mauvais état, qu’elles le fassent »…

Ceci étant, nous ne prétendons pas que s’occuper des chats non sevrés est une sinécure. De là, à les destiner, semble-t-il, à une mort inéluctable, il y a un abîme, dont on ne peut que s’émouvoir.

Le vétérinaire donne une version sensiblement différente à propos de ces chats : « beaucoup de chats tués étaient des chats « sauvages » ».

Contacté par téléphone, le vétérinaire s’occupant du site nous a donné une autre version. Leur clinique vétérinaire travaille depuis 14 mois avec la Sacpa. Avant leur arrivée (fin 2013, début 2014), la Sacpa procédait à des « euthanasies » de chat « sauvages, qu’ils n’arrivaient pas à placer », à la demande des mairies.

Son cabinet n’a accepté de travailler avec la Sacpa qu’à la condition que cette pratique cesse. Force a été de constater à la lecture du registre que beaucoup plus de chats ont été tués au début de la période concernée par le registre qu’à la fin : 39% de chats tués sur les 200 premiers chats, puis beaucoup moins par la suite. A ce niveau-là, à cette période, nous pourrions même parler de ce qu’il conviendrait de désigner davantage comme un massacre.

Il faut savoir que le terme de « chat sauvage » est une dénomination générique, bien connu des associations de protection animale, qui désigne en fait un chat errant non identifié. Les « chats sauvages » vivant dans les bois ne sont pas dans les fourrières !

Pour finir, une précision : Le fait de tuer les animaux dans une fourrière est-il illégal ? Non, si les animaux sont tués après le délais de fourrière de 8 jours ouvrés. Nous n’avons pas pu vérifier la date d' »euthanasie ».

 

 

 

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