En France, des centaines de milliers de chiens de race souffrent de maladies héréditaires évitables, causées par des décennies de . Atrophie progressive de la rétine, , dysplasie de la hanche, syringomyélie, ou encore maladies cardiaques : ces pathologies, souvent douloureuses et invalidantes, ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat d’un , où , et où les intérêts économiques l’emportent sur le bien-être animal.
Nous dénonçons cette maltraitance programmée. La race passe avant l’individu, la beauté avant la santé. » Une logique intenable, d’autant plus que le d’animaux sur des critères nuisibles à leur santé ou à leur bien-être (article R. 214-23).
Un bilan accablant : des chiens condamnés dès la naissance
On peut distinguer deux type de maux, il y a les maladies monogéniques causées par la mutation d’un seul gène (ex: atrophie de la rétine, myélopathie), elles touchent entre 27% (chiffres Société Centrale Canine) et 46 % (chiffres Antagène, études internationales) des chiens des dix races les plus populaires (Berger australien: sensibilité médicamenteuse 40%, Cavalier King Charles : myélopathie dégénérative 62%, Golden Retriever : ichtyose 34%, chiffres Société Centrale Canine)
Ainsi que les maladies polygéniques dont les hypertypes, résultant d’une sélection esthétique extrême (museaux écrasés, corps trop longs) et d’une part environnementale (poids, âge etc.). Elles provoquent des troubles respiratoires graves (SORB), des hernies discales ou des dysplasies de la hanche.
Cela se traduit par des chiffres alarmants :
- Plus de 100 000 chiens brachycéphales (bouledogues, carlins, cavaliers King Charles) souffrent du syndrome obstructif respiratoire (SORB), une pathologie qui handicape leur respiration, réduit leur espérance de vie, et entraîne des souffrances quotidiennes :
- Entre 40 et 50% des Bouledogues français, et entre 50 et 60% des Bulldogs anglais, ce qui est incompatible avec une vie normale.
- 59% des cavaliers King Charles de plus de 4 ans développent une 100% des chiens en sont atteints à partir de 10 ans. Elle peut également se développer chez le caniche (10 à 20%) et le schnauzer nain (20 à 30%).
- La , pratiquée pour “fixer” des traits esthétiques, elle toucherait 5 % des chiens de race, augmentant la fréquence des gènes défectueux et réduisant l’espérance de vie des animaux de plus d’un an dans certains cas.
Ces maladies ne sont pas des accidents. Elles sont le résultat direct de , où des traits comme un museau écrasé, un corps déformé ou une tête surdimensionnée sont privilégiés, au mépris de la santé des animaux.
Un système à bout de souffle
La sélection d’animaux sur des critères nuisibles à leur santé est interdite par la loi. Il est temps de faire respecter cette interdiction.
Malgré les alertes répétées des vétérinaires, des associations, et même des instances européennes, . L’État reste passif, le Ministère de l’Agriculture délègue la gestion des races à La Celle-ci, chargée de gérer le Livre des Origines Français (LOF), se contente de recommandations non contraignantes. La procédure de “confirmation”, étape nécessaire pour obtenir un pedigree, se limite souvent à un examen visuel rapide (moins d’une minute) sans exiger de certificats de santé ou de tests génétiques
Pire, certains tests, comme le BREATH (censé évaluer la capacité respiratoire des chiens brachycéphales), sont inefficaces : il ne permet d’exclure que moins d’1 % des chiens atteints de SORB (syndrôme obstructif des races brachycéphales), alors qu’entre 40 % et 60 % des chiens en souffre.
Comme nous le soulignions dans une interview du Monde, article paru en décembre 2025, « la France accuse un retard criant dans la protection des chiens de race, alors que des pays comme les Pays-Bas, la Norvège ou la Wallonie ont déjà mis en place des mesures strictes pour encadrer l’élevage. ».
En Norvège, la Cour suprême a même interdit l’élevage des cavaliers King Charles, jugée contraire à la loi sur le bien-être animal en raison des souffrances infligées à ces chiens.
Des solutions concrètes, inspirées de nos voisins européens
Animal Cross propose une feuille de route ambitieuse pour mettre fin à ces souffrances évitables. Parmi nos revendications phares :
- Rendre obligatoires les tests génétiques pour les maladies monogéniques avant toute reproduction.
- Interdire la reproduction et la confirmation des animaux atteints de maladies héréditaires ou d’hypertypes invalidants (SORB, dysplasie sévère, syringomyélie, etc.).
- Réviser les standards de race pour bannir les hypertypes en particulier les races françaises comme le bouledogue français (museaux écrasés, corps déformés, têtes disproportionnées).
- Instaurer un (6,25 %) pour préserver la diversité génétique.
- Interdire les publicités et les messages valorisant les animaux hypertypes, qui entretiennent une demande irresponsable.
- Engager une réflexion sur la suppression des races qui sont dans une impasse comme le Cavalier King Charles (maladies cardiaques, SORB, syringomyélie…) ou le Bouvier Bernois (sarcome hystiocitaire, dysplasie…)
- Créer un pour suivre l’évolution de la santé des chiens de race et sanctionner les éleveurs non conformes.
Ces mesures, déjà appliquées avec succès à l’étranger, prouvent qu’un autre modèle est possible.
Agir maintenant
Animal Cross ne se résout pas à cette inertie. Nous appelons :
- Le ministère de l’Agriculture à engager sans délai une réforme du cadre légal, en s’inspirant des modèles étrangers.
- Les éleveurs et les clubs de race à cesser de reproduire des chiens malades, sous peine de sanctions. Il est possible de produire des chiens en bonne santé, sans sacrifier leur bien-être.
- Les futurs propriétaires à se renseigner sur les conditions d’élevage et à refuser les races hypertypes, synonymes de souffrance en privilégiant des animaux sains, issus de refuges ou d’élevages éthiques.
- Favoriser les , moins sujettes aux maladies génétiques, méritent d’être promues.
- Privilégier l’adoption en refuge : où il y a plus de chiens croisés moins sujets aux maladies génétiques.


