Déposition d’une proposition de loi au Sénat pour lutter contre les maladies héréditaires chez les chiens et les chats

Déposition d’une proposition de loi au Sénat pour lutter contre les maladies héréditaires chez les chiens et les chats

Pau, le 26 mai 

Une proposition de loi visant à lutter contre les maladies héréditaires et les dérives de sélection chez les chiens et les chats a été déposée par sénateur Daniel Salmon d'Ille-et-Vilaine (Bretagne), groupe EELV,  afin de renforcer la protection du bien-être animal et d’encadrer plus strictement la reproduction des animaux de compagnie.

des souffrances largement documentées

Le texte part d’un constat simple : certaines pratiques de sélection ont conduit au développement de races exposées à des pathologies graves et prévisibles, générant des souffrances chroniques parfois incompatibles avec une vie normale, pour des centaines de milliers de chien. Difficultés respiratoires chez les races brachycéphales, dysplasies articulaires, maladies cardiaques, troubles neurologiques ou dermatologiques : ces atteintes ne relèvent plus de cas isolés mais de prédispositions largement documentées par la littérature scientifique et vétérinaire.
Une maltraitance génétique s’est institutionnalisée.

La situation actuelle, comptant sur la bonne volonté des acteurs des filières (éleveurs, clubs de race, Société centrale canine - SCC et Livre Officiel des Origines Félines - LOOF) est très insuffisante, certains éleveurs pratiquant des sélections responsables alors que d’autres s’en affranchissent. Ce texte traite en même temps des animaux de race et d’apparence pour éviter que les obligations pesant sur les races ne créent un développement des animaux d’apparence (chiens et chats issus des races mais sans être inscrits au livre généalogique), revendication principale de la SCC et du LOOF.
Il place le vétérinaire au cœur du système car lui seul peut déterminer si les chiens et chats sont à faible risque de maladie héréditaire, l’absence de risque n’existant pas. On peut estimer qu’au moins 600 000 chiens sont concernés (LOF et chiens d’apparence) et des dizaines de milliers de chats.

Les principales mesures de la proposition de loi :

La proposition de loi prévoit notamment :

  • l’interdiction de la commercialisation et de l’importation d’animaux de compagnie issus sélection génétique à risque
  •  l’interdiction de la reproduction de chiens et chats lorsque les croisements ne permettent pas de réduire au minimum les risques de souffrance liés aux maladies héréditaires ;
  • l’interdiction des races dans une impasse génétique ;
  • l’inscription sur le livre généalogique seulement des chiens et chats à risque minime de maladies héréditaires ;
  • la délivrance du certificat de cession vétérinaire, certificat existant déjà, uniquement pour les chiots et chatons issus d’un croisement minimisant les risques  de  maladies héréditaires;
  • l’obligation de faire figurer dans les annonces de cession les résultats des tests de dépistage ;
  • l’interdiction à terme de l’appellation chiens et chats “d’apparence”, les chiens et chats d’apparence  ne pouvant plus se revendiquer d’une race;
  • l’interdiction de la publicité pour des races à risque ;
  • la possibilité pour les associations de protection animale de recourir en justice contre les élevages pratiquant la maltraitance génétique.

L’adoption récente d’un règlement européen sur le bien‑être des chiens et des chats applicable à partir de 2030 demeure insuffisante, le texte ne couvrant pas pleinement les animaux d’apparence et ne prévoyant pas de modalités de contrôle adaptées. 

 

CONTACT 

 

Benoît Thomé

be****@**********ss.org

Maladies raciales d’origine génétique : Une 1ère en France, Animal Cross porte plainte contre l’État

Maladies raciales d’origine génétique : Une 1ère en France, Animal Cross porte plainte contre l’État

L’association Animal Cross dépose un recours contre L’État pour non-contrôle des maladies héréditaires dans deux élevages de chiens dans un contexte général de lacune généralisée de contrôle des élevages (une fois tous les 25 ans).

Identification des élevages à problèmes

L’association Animal Cross a passé en revue des centaines d’annonces de cession de chiots entre juin 2025 et janvier 2026 pour des races à problème de dysplasie de hanche (ex. berger australien, labrador, golden retriever, cane corso, dogue de Bordeaux, bouledogue continental), de coude (ex. chow chow), d’affections cardiaques (cavalier king charles, les annonces ne mentionnant pas l’échographie cardiaque), de maladies monogéniques (ex. welsh corgi, colley).

L’association a vérifié sur le site de la Société centrale canine Lof select si les chiens avaient été dépistés sur les maladies génétiques concernées et si le croisement minimisait le risque de problème de santé.

47 DDPP contactées : la probabilité pour un éleveur d’être contrôlé est une fois tous les 25 ans

Sur cette base, Animal Cross a envoyé un courrier à 47 Directions Départementales de la Protection des Populations dans toute la France  afin de savoir si les élevages ayant procédé à  des reproductions à risque avaient été contrôlés entre 2020 et 2025.

Le résultat est sans appel : 35 DDPP ont répondu (certaines après recours à la CADA),7 élevages ont été contrôlés en 5 ans, soit 20%, ou 4% par an.

En d’autres termes, même parmi les élevages à risque, la probabilité d’être contrôlé est une fois tous les 25 ans. De plus, sur les 7 élevages contrôlés, il n’est relevé aucune sélection génétique à risque.

Devant cet état de fait, l’association dépose un recours contre l’État pour carence fautive des services de l’État dans le contrôle de deux élevages canins.

Premier recours

Dans le premier cas, il s’agit d’un élevage de type grand chien. De 2023 à 2025, 9 reproductions ont été constatées pour des chiens (reproducteur 1/reproducteur 2) avec

  • Dysplasie du coude * (sévère/moyenne, deux fois, sévère/absente, deux fois, moyenne/absente, trois fois),
  • Dysplasie de hanche (sévère/absente, deux fois, moyenne/absente une fois)
  • Affections cardiaques et rénales (un reproducteur non testé 5 fois)

Au sein de cette race, les maladies cardiaques et rénales sont très préoccupantes et des causes importantes de la faible espérance de vie de 8 ans. Une femelle a reproduit 4 fois en 22 mois (le maximum est de 3 fois en 24 mois). 57 chiots sont nés de ces reproductions à risque.

Le club de race recommande de ne pas faire reproduire des chiens non dépistés, en particulier pour les maladies cardiaques ou rénales, ou deux reproducteurs ayant des dysplasies moyennes à sévères (HD-D ,ED-2, et plus). Les reproductions avec des chiens avec des dysplasies sévères (HD-E, ED-3) mettent aussi à risque la descendance.

Deuxième recours

Pour le deuxième cas, il s’agit d’un élevage de chien type retriever.

De 2023 à 2025, 5 reproductions ont été constatées pour des chiens avec dysplasie de hanche (reproducteur 1/reproducteur 2): dysplasie sévère/dysplasie moyenne (deux fois), dysplasie sévère/non testé, dysplasie moyenne/dysplasie légère (deux fois). 13 chiots en sont nés.

Le club de race recommande de ne pas faire reproduire des chiens avec dysplasie moyenne ou sévère (HD-D, HD-E) ou non testée.

Animal cross décide d'agir et porte plainte contre l'État pour non contrôle : une première en France

Les DDPP des deux départements ont répondu à Animal Cross que ces élevages n’ont pas été inspectés de 2020 à 2025.

L’association Animal Cross considère que la carence des  DDPP dans l’exécution de leurs missions constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l’État.

C’est la première fois en France qu’une association met en cause la responsabilité de l’État pour défaut de contrôle des maladies héréditaires.

Rappelons que « La sélection des animaux de compagnie sur des critères de nature à compromettre leur santé et leur bien-être ainsi que ceux de leurs descendants est interdite » (Code rural 214-23).
La loi rend très difficile le fait pour une association de porter plainte directement contre un élevage sur la base de cet article, d’où le choix de cette stratégie juridique indirecte.

* Rappel
  • Premier  élevage : dysplasie du coude: ED-3/ED-2, deux fois, ED-3/ED-0, deux fois, ED-2/ED-0, trois fois,de hanche : HD-E/HD-A, deux fois, HD-D/HD-A une fois
  • Deuxième élevage : HD-E/HD-C (deux fois), HD-E/non testé, HD-D/HD-C (deux fois). 13 chiots en sont nés.
  • HD dysplasie de hanche HD-C : léger, HD-D : modéré, HD-E : sévère. ED dysplasie du coude, 1 : léger, 2 : modéré, 3 : sévère)
  • HD-E/HD-C (deux fois), HD-E/non testé, HD-D/HD-C (deux fois). 13 chiots en sont nés.
  • Absente : pas de contrôle de la dysplasie
Émission Sur le Front : Une remise en cause des dépistages des maladies héréditaires au sein d’une race à faible espérance de vie

Émission Sur le Front : Une remise en cause des dépistages des maladies héréditaires au sein d’une race à faible espérance de vie

Animal Cross était interviewé sur le sujet des maladies génétiques, dans l'émission "Sur le Front" de Hugo Clément diffusée le Le 25 mai.

Dans le reportage une éleveuse de Dogues de Bordeaux remet en cause le bien-fondé des dépistages des maladies héréditaires chez cette race, dont l'espérance de vie est de moins de 8 ans, estimant en savoir plus en regardant ses chiens qu’en lisant des tests.

Voici des informations complémentaires pour vous permettre de vous faire une opinion.

Comment l’élevage a-t-il été identifié ?

L’élevage a été repéré par Animal Cross à partir des petites annonces des portées en vente. L’association a vérifié sur le site de la Société centrale Canine Lof select, si les chiens avaient été dépistés sur les maladies d’intérêt et si le croisement minimisait le risque de problème de santé. L’élevage a été contacté en amont du film pour vérifier certaines informations.

Quel est l’état de santé des reproducteurs de cet élevage ?

Les parents de la portée n’ont pas été testés pour les affections cardiaques et rénales.

Le père souffre de dysplasie sévère de la hanche, pas du coude (HD-E, ED-0).  Aucun des grands-parents, ou arrière-grands-parents ne sont testés car ils sont issus d’élevage d’Europe de l’Est.

Du côté de la mère, elle n’est pas testée pour les dysplasies.

3 des 6 parents et arrière-grands-parents sont testés. Sur 14 ascendants, 4 seulement sont testés dont 4 avec test de maladie : dysplasie sévère de la hanche ou HD-E (2 fois), dysplasie légère de la hanche ou HD-C(1 fois)  ou dysplasie sévère du coude ou ED-3 (1 fois).  11 ascendants sont sans test ou information.

Le père, et non la mère, a été testé pour la keratose plantaire.

Juste après notre visite la fiche du père a été enlevé du site Lofselect. Néanmoins, nous en avions réalisé une copie avant notre visite de l’élevage.

Quelle est la position du club de race ?

Le Club de race en France souligne l’importance de la détection et du fait d’enlever de la reproduction tout individu porteur d’une maladie cardiaque, de maladie rénale ou de kératose plantaire.

Les croisements avec des chiens non testés à la dysplasie ne sont pas non plus recommandés.

Source : site de la Société centrale canine.

https://www.centrale-canine.fr/sites/default/files/2023-11/18.01.01%20conseil%20%2B%20%20TGI.pdf

https://www.centrale-canine.fr/lofselect/articles/dogue-de-bordeaux-informations-sur-la-sante

Que peut-on dire de l’état des maladies héréditaires chez le dogue de Bordeaux ?

Au sein de la race du Dogue de Bordeaux, les maladies cardiaques et rénales sont particulièrement préoccupantes et constituent des causes majeures de la faible espérance de vie, estimée autour de 8 ans [1][2].

La sténose aortique sous-valvulaire (SAS) est la maladie cardiaque génétique la plus largement documentée chez le Dogue de Bordeaux [3][4].

Dans l’étude de cohorte française de Vachet (2018), les néphropathies représentaient 8,8 % des décès chez la race, tandis que les cardiopathies représentaient 13,2 % des causes de mortalité, se classant comme la deuxième cause de mortalité après le cancer (29,4 %) [1]. La durée moyenne de vie du panel était de 7,6 ans [1], faisant du Dogue de Bordeaux l’une des races canines à l’espérance de vie la plus courte.

Les chiens gravement atteints de SAS présentent une espérance de vie fortement réduite ; les formes sévères sont associées à une mortalité précoce et à un risque important de mort subite [3][4]. Aucun traitement n’a démontré de manière définitive une amélioration significative de l’espérance de vie ou de la qualité de vie dans les formes sévères de SAS, ce qui souligne le lourd impact de cette maladie pour les chiens et leurs propriétaires [3].

La kératodermie plantaire du Dogue de Bordeaux est une affection douloureuse à transmission autosomique récessive. Les chiens atteints développent un épaississement hyperkératosique sévère et des fissures des coussinets, apparaissant généralement entre 10 semaines et 1 an, provoquant boiteries, douleurs à la marche et infections secondaires [5].

Chez le Dogue de Bordeaux, la prévalence de la dysplasie de la hanche était d’environ 32 % en 2023 et 45 % en 2024 selon les statistiques publiées par la SCC [6]. Ces données sont sous-estimées car elles n’estiment que la dysplasie des hanches des chiens que les éleveurs ont bien voulu faire tester. Par comparaison, la dysplasie du coude est estimée à environ 20% par la SCC alors qu’une étude sur l’ensemble des chiens l’estime à 32% [3].

Le dogue de Bordeaux  est sur le podium des races les plus touchées en France pour la dysplasie de la hanche et du coude, sur plus de 300 races.

Sources

  1. Vachet, A. (2018). Étude de cohorte sur les causes de mortalité et l’espérance de vie du Dogue de Bordeaux en France. Étude citée dans les travaux vétérinaires français sur la race.
  2. PuppyLongevity. (s. d.). Dogue de Bordeaux lifespan and health statistics. PuppyLongevity. 
  3. Ohad, D. G., Avrahami, A., Waner, T., & David, L. (2013). The occurrence and suspected mode of inheritance of congenital subaortic stenosis and tricuspid valve dysplasia in Dogue de Bordeaux dogs. The Veterinary Journal, 197(2), 351-357. https://doi.org/10.1016/j.tvjl.2013.01.012
  4. Universities Federation for Animal Welfare (UFAW). (s. d.). Dogue de Bordeaux – Aortic stenosis. UFAW.  UFAW
  5. Murgiano, L., et al. (2016). A recessively inherited footpad hyperkeratosis associated with an FAM83G variant in the Dogue de Bordeaux. Canine Genetics and Epidemiology, 3(1).
  6. Société Centrale Canine (SCC). (2023–2024). Statistiques officielles de dépistage de la dysplasie de la hanche et du coude chez le Dogue de Bordeaux. SCC LOF Select / statistiques de santé raciale.
  7. Genevois, J. P., et al. (2008). Prevalence of elbow dysplasia according to official radiographic screening in France. Veterinary and Comparative Orthopaedics and Traumatology, 21(1), 21-24.

 

L’élevage a-t-il été contrôlé par la DDPP ?

DDPP : Direction Départementale de la Protection des Populations

À la demande d’Animal Cross, la DDPP a répondu que cet élevage n’avait pas été contrôlé de 2020 à 2025.

Maladies raciales d’origine génétique chez les chiens : une souffrance évitable, une inaction coupable

Maladies raciales d’origine génétique chez les chiens : une souffrance évitable, une inaction coupable

En France, des centaines de milliers de chiens de race souffrent de maladies héréditaires évitables, causées par des décennies de . Atrophie progressive de la rétine, , dysplasie de la hanche, syringomyélie, ou encore maladies cardiaques : ces pathologies, souvent douloureuses et invalidantes, ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat d’un , où , et où les intérêts économiques l’emportent sur le bien-être animal.

Nous dénonçons cette maltraitance programmée. La race passe avant l’individu, la beauté avant la santé. » Une logique intenable, d’autant plus que le d’animaux sur des critères nuisibles à leur santé ou à leur bien-être (article R. 214-23).

Un bilan accablant : des chiens condamnés dès la naissance

On peut distinguer deux type de maux, il y a les maladies monogéniques causées par la mutation d'un seul gène (ex: atrophie de la rétine, myélopathie), elles touchent entre 27% (chiffres Société Centrale Canine) et 46 % (chiffres Antagène, études internationales) des chiens des dix races les plus populaires (Berger australien: sensibilité médicamenteuse 40%, Cavalier King Charles : myélopathie dégénérative 62%, Golden Retriever : ichtyose 34%, chiffres Société Centrale Canine)

Ainsi que les maladies polygéniques dont les hypertypes, résultant d'une sélection esthétique extrême (museaux écrasés, corps trop longs) et d'une part environnementale (poids, âge etc.). Elles provoquent des troubles respiratoires graves (SORB), des hernies discales ou des dysplasies de la hanche. 

Cela se traduit par des chiffres alarmants :

  • Plus de 100 000 chiens brachycéphales (bouledogues, carlins, cavaliers King Charles) souffrent du syndrome obstructif respiratoire (SORB), une pathologie qui handicape leur respiration, réduit leur espérance de vie, et entraîne des souffrances quotidiennes :
  • Entre 40 et 50% des Bouledogues français, et entre 50 et 60% des Bulldogs anglais, ce qui est incompatible avec une vie normale.
  • 59% des cavaliers King Charles de plus de 4 ans développent une 100% des chiens en sont atteints à partir de 10 ans. Elle peut également se développer chez le caniche (10 à 20%) et le schnauzer nain (20 à 30%).
  • La , pratiquée pour "fixer" des traits esthétiques, elle toucherait 5 % des chiens de race, augmentant la fréquence des gènes défectueux et réduisant l'espérance de vie des animaux de plus d'un an dans certains cas.

Ces maladies ne sont pas des accidents. Elles sont le résultat direct de , où des traits comme un museau écrasé, un corps déformé ou une tête surdimensionnée sont privilégiés, au mépris de la santé des animaux.

Un système à bout de souffle

 

La sélection d’animaux sur des critères nuisibles à leur santé est interdite par la loi. Il est temps de faire respecter cette interdiction.

Malgré les alertes répétées des vétérinaires, des associations, et même des instances européennes, . L'État reste passif, le Ministère de l'Agriculture délègue la gestion des races à La Celle-ci, chargée de gérer le Livre des Origines Français (LOF), se contente de recommandations non contraignantes. La procédure de "confirmation", étape nécessaire pour obtenir un pedigree, se limite souvent à un examen visuel rapide (moins d'une minute) sans exiger de certificats de santé ou de tests génétiques

Pire, certains tests, comme le BREATH (censé évaluer la capacité respiratoire des chiens brachycéphales), sont inefficaces : il ne permet d’exclure que moins d'1 % des chiens atteints de SORB (syndrôme obstructif des races brachycéphales), alors qu'entre 40 % et 60 % des chiens en souffre.

Comme nous le soulignions dans une interview du Monde, article paru en décembre 2025, « la France accuse un retard criant dans la protection des chiens de race, alors que des pays comme les Pays-Bas, la Norvège ou la Wallonie ont déjà mis en place des mesures strictes pour encadrer l’élevage. ».
En Norvège, la Cour suprême a même interdit l’élevage des cavaliers King Charles, jugée contraire à la loi sur le bien-être animal en raison des souffrances infligées à ces chiens.

Des solutions concrètes, inspirées de nos voisins européens

Animal Cross propose une feuille de route ambitieuse pour mettre fin à ces souffrances évitables. Parmi nos revendications phares :

  1. Rendre obligatoires les tests génétiques pour les maladies monogéniques avant toute reproduction.
  2. Interdire la reproduction et la confirmation des animaux atteints de maladies héréditaires ou d'hypertypes invalidants (SORB, dysplasie sévère, syringomyélie, etc.).
  3. Réviser les standards de race pour bannir les hypertypes en particulier les races françaises comme le bouledogue français (museaux écrasés, corps déformés, têtes disproportionnées).
  4. Instaurer un (6,25 %) pour préserver la diversité génétique.
  5. Interdire les publicités et les messages valorisant les animaux hypertypes, qui entretiennent une demande irresponsable.
  6. Engager une réflexion sur la suppression des races qui sont dans une impasse comme le Cavalier King Charles (maladies cardiaques, SORB, syringomyélie...) ou le Bouvier Bernois (sarcome hystiocitaire, dysplasie...)
  7. Créer un pour suivre l’évolution de la santé des chiens de race et sanctionner les éleveurs non conformes.

Ces mesures, déjà appliquées avec succès à l’étranger, prouvent qu’un autre modèle est possible.

Agir maintenant

 

Animal Cross ne se résout pas à cette inertie. Nous appelons :

  • Le ministère de l’Agriculture à engager sans délai une réforme du cadre légal, en s’inspirant des modèles étrangers.
  • Les éleveurs et les clubs de race à cesser de reproduire des chiens malades, sous peine de sanctions. Il est possible de produire des chiens en bonne santé, sans sacrifier leur bien-être.
  • Les futurs propriétaires à se renseigner sur les conditions d’élevage et à refuser les races hypertypes, synonymes de souffrance en privilégiant des animaux sains, issus de refuges ou d’élevages éthiques.
  • Favoriser les , moins sujettes aux maladies génétiques, méritent d’être promues.
  • Privilégier l'adoption en refuge : où il y a plus de chiens croisés moins sujets aux maladies génétiques.

Pour aller plus loin

 

  • Lire notre communiqué de presse du 19 mai 2025 sur le sujet :
  • Aidez-nous dans ce combat en signant notre pétition : Chiens en souffrance à vie pour leur apparence raciale : mettons fin à ces pratiques👇​
  • Visionnez nos vidéos explicatives et témoignages sur notre chaine youtube 

Des races créées, des chiens dénaturés pour chasser

Des races créées, des chiens dénaturés pour chasser

Article issu de notre livre Article 0, disponible ici

Les chiens de chasse? “Ils sont nés pour ça!” “La chasse ne fait qu’utiliser leur instinct naturel.” Est-ce vraiment le cas? D’où viennent ces races de chiens, utilisées pour repérer, courser, marquer l’arrêt, rapporter, voire tuer les animaux sauvages? Issus de l’évolution naturelle ou artefacts créés par les hommes pour servir leurs viles passions?

D'où viennent les chiens de rue ?

En regardant les chiens cherchant leur nourriture dans les décharges de Mexico, de Casablanca, ou de Bombay, beaucoup d’entre nous penseraient : “ce sont des chiens de rue, des bâtards, des croisés”. L’idée sous-jacente est que les chiens de race sont les ancêtres des chiens de village. De nombreuses personnes ont tendance à penser que si un chien ne ressemble pas à un chien de race d’une société canine, alors c’est un hybride ou un bâtard. En réalité, les races de chiens sont issues d’une sélection génétique artificielle pratiquée par l’homme.

Avant 1861, l'absence d'uniformité

En 1755, Buffon, célèbre scientifique naturaliste, écrivait que “dans un même pays, un chien diffère beaucoup d’un autre, et entre les climats, les espèces semblent changées. De ce fait, le nombre et le mélange des races sont si grands qu’il est presque impossible de les reconnaître ou de les énumérer (1)”. “Les variétés de chiens sont extrêmement nombreuses et, comme elles sont apparemment produites par les croisements, il y a à peine de limite au nombre qui peut être décrit (2)”, note un des auteurs les plus connus en Angleterre en 1859. Les termes utilisés sont “variété de chiens”, “sorte”, “type”, “tribu”, “race”. “À l’intérieur de ces groupes, la variation de forme était normale et attendue, avec des étendues de taille, couleur et autres caractéristiques. La fonction du type de chien était liée à la forme, avec des capacités, un caractère et un tempérament caractéristiques (…). Il n’y avait pas d’attente d’uniformité dans les variétés (3).”

les races de chien, une création récente pour fixer artificiellement des caractéristiques qu'on fait passer pour "naturelles"

La fixation des caractères est intrinsèquement liée au concept de standard qui a émergé au XVIe siècle. Le développement des standards a connu une expansion significative au XIXe siècle, en Angleterre, notamment à travers les premières expositions canines dédiées à deux races de chiens de chasse : les Pointers et les Setters. En 1863, le Great International Dog Show a marqué un évènement majeur en réunissant 1 678 chiens. Cet engouement pour la cynophilie s’est propagé, conduisant à la création en 1881 de la Société Centrale Canine en France et en 1911 de la Fédération Cynologique Internationale (4).

Le développement d’une classe moyenne citadine au XIXe siècle a conduit à l’adoption généralisée du chien en tant qu’animal de compagnie. Cette évolution a entraîné une transition vers la recherche de critères esthétiques pour les races canines, contrairement aux pratiques antérieures où la sélection se basait davantage sur l’utilité des animaux, telle que la conduite des troupeaux, la garde ou la chasse.

Les variations à l’intérieur d’une race ont ensuite diminué, avec de plus en plus de chiens qui se rapprochaient du standard de la race, créant une uniformité. Le standard lui-même demeurait en évolution selon les types de chien, mais le principe de l’uniformité par rapport au standard se maintenait (5).

Dominer et maîtriser la nature

Au XIXe siècle, l’idée de progrès comme domination et maîtrise de la nature était importante, et développer des races de chien était en accord avec la pensée ambiante. Des chiens relativement proches étaient croisés ensemble pour sélectionner des génotypes et phénotypes spécifiques. Il ne faut en effet pas plus de 5 à 8 générations de chien, soit quelques dizaines d’années seulement, pour parvenir à des races ayant les caractéristiques recherchées, exprimant certains gènes au détriment des autres.

On cherchait à “améliorer les races (6)″, comme l’écrit encore aujourd’hui la Société Centrale canine (7). En termes plus basiques, on peut dire qu’on cherchait à maîtriser la génétique des animaux pour livrer des caractéristiques correspondant à ce qui était recherché : le flair, l’endurance, la taille des animaux, l’aboiement, etc., pour les chiens de chasse par exemple. Ainsi, dire que les Setters marquent naturellement l’arrêt revient à constater que les sélections génétiques pour fixer cette caractéristique chez cette race de chien ont bien fonctionné.

Les races de chiens de chasse ont permis et permettent toujours d’asservir les animaux en remplaçant les caractéristiques et l’instinct naturel par les caractéristiques et l’instinct de la race.

C’est comme si on avait croisé ensemble dans un groupe d’athlètes les marathoniens avec les marathoniens, les sauteurs en hauteur avec les sauteurs en hauteur et les lanceurs de marteau avec les lanceurs de marteau. Au bout de plusieurs générations, le résultat correspond à des types d’hommes et de femmes spécialement adaptés à courir le marathon, sauter en hauteur, lancer le marteau.

Il n’est pas surprenant dans ces conditions que des chercheurs américains, spécialistes des études génétiques, aient récemment pu identifier chez les chiens de chasse des gènes très spécifiques expliquant leurs performances sportives, y compris la fonction cardiaque, l’appareil musculaire, les fonctions neurologiques (8).

“La différence entre avant et après les races peut être comparée à la manière dont les couleurs apparaissent dans un arc-en-ciel et dans une sélection de couleurs pantone. L’arc-en-ciel a différentes couleurs, mais elles se mélangent entre elles. La sélection de couleurs Pantone est un jeu de couleurs distinct, séparé et uniforme. Le faible nombre de races au début du XIXe siècle est comme les 7 couleurs de l’arc-en-ciel alors que les 204 races maintenant reconnues par le Kennel club anglais (équivalent de la société canine française) sont comme autant de couleurs Pantone (9).

Parmi les races de chiens de chasse, certaines sont plus anciennes et ont été améliorées au XIXe siècle, d’autres ont été créées après. Ainsi parmi les chiens anglais, qui sont dominants à la chasse, les Pointers, Setters et Spaniels sont des types de chiens déjà présents au début du XIXe siècle.

Au sein d’un type de chien, une grande variété existait. Par exemple, un auteur de l’époque écrivait à propos des Cockers (Spaniels) qu’il y a tellement de variétés “qu’il est impossible d’en donner une description spécifique (10)″.
Comparé à son ancêtre espagnol, le Pointer anglais avait déjà été “amélioré”. La variété anglaise avait une forme, des jambes et des pieds très différents. Le chien choisi pour être le prototype du Pointer, un chien nommé Major, était exceptionnellement grand pour un Pointer, dans le but d’être plus efficace à la chasse (11).

Apparition des races hypertypes

De nombreuses tares génétiques apparaissent, car la sélection dans les élevages se fait surtout sur des critères de races hypertypées avec une forte consanguinité.

On favorise à la fois des caractères recherchés, mais on sélectionne aussi des allèles récessifs désavantageux pour l’espèce. Les maladies génétiques sont normalement rares, mais si elles apparaissent, elles sont la plupart du temps dues à des allèles récessifs. Et si l’allèle dominant, dit “normal” est présent, la maladie ne s’exprime pas. Mais si seuls les allèles déficients récessifs sont présents, l’anomalie génétique s’exprime et l’individu ne pourra transmettre à sa descendance que cet allèle déficient.

En résumé, si les caractères recherchés deviennent fréquents, il en est de même pour les maladies génétiques dont l’origine est la présence unique d’allèles déficients (on dit que l’individu est homozygote pour un gène).

Parmi les problèmes génétiques les plus souvent rencontrés chez les chiens de chasse, celui des chiens courants est récurrent. Le Retriever est apparu au XIXe siècle, en même temps que la chasse à la battue. Sa principale caractéristique devait être de ne pas abîmer le “gibier” (12).

Le chien courant suisse (exemple le Lucernois) est apparu dans les années 1930. Alors que le Braque allemand serait issu de croisements au Moyen Age, ses caractéristiques ont été fixées plus récemment, en 1897. Il aurait ensuite été croisé dans les années 1920 à 1930 avec le Doberman et le Pointer pour donner sa forme actuelle.

Multiplication des problèmes de santé

“Avant le XIXe siècle, les chiens n’avaient pas de standard, mais ils avaient une santé”, disait Robert Triquet (13), ancien président de la FCI (Fédération cynophile internationale).

Les chiens trapus et longs, essentiellement les chiens courants, en offrent un bon exemple (14). Les races de chiens officiellement reconnues sont classées en 10 groupes distincts, eux-mêmes divisés en sections, créés en fonction des origines, des comportements et spécificités de chaque race. Les chiens trapus et longs, comme les chiens courants pour la chasse, sont sélectionnés pour leurs aptitudes morphologiques, olfactives, psychiques et de train (endurants et rapides). Sur les dix groupes, ils constituent le 6e groupe, avec 74 races de chiens courants et de recherche au sang dans le monde. Les plus recherchés sont le Basset hound et le Beagle.

Les chiens courants ont une homogénéité de type morphologique. Ils souffrent de pathologies du squelette (retrognathisme, dépassement de la mandibule) et d’affections de l’œil et de l’oreille. Le bassetisme, raccourcissement du corps par rapport au modèle original, est dû à des mutations génétiques qui modifient le développement des os pendant la vie intra-utérine : cette pathologie s’appelle l’achondroplasie. La sélection a fixé ce caractère pathologique chez les Bassets.

Le Basset hound, en raison de sa morphologie particulière, de ses courtes pattes et de son corps long est prédisposé à la dysplasie du coude (15) et de la hanche. Ses longues oreilles et ses yeux tombants conduisent également à des problèmes oculaires similaires à celui du Saint-Hubert, tels que l’entropion et l’ectropion (16), entraînant des conjonctivites, des glaucomes (17) et des cataractes. De plus, le Basset hound et le Saint Hubert sont sujets aux otites résultant d’un manque d’aération des oreilles, ainsi qu’à la dermatite des plis de peau. Par ailleurs, le Basset hound partage avec le Teckel la propension aux chondrodysplasies, aux hernies discales intervertébrales (25 % des Teckels) (18) et aux hernies inguinales.

Le Beagle souffre lui aussi des complications liées aux déformations du squelette de ces races achondroplasiques. Il est fréquemment confronté à des crises d’épilepsie, à des hernies ombilicales, à la sténose pulmonaire et à l’hypothyroïdie (19).

Sources

(1) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross — p. 2
(2) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross — p. 52
(3) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross — p. 26
(4) Thèse de Morgane Caradec, “ Relecture de 84 standards de la Fédération Cynologique Internationale afin de mettre en évidence les risques d’apparition d’hypertypes “, 2022, 180 pages, page 25-28
(5) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross — p. 87
(6) La race est une “population animale prise au sein d’une espèce, caractérisée par un génotype moyen particulier conduisant à la manifestation d’un phénotype intéressant la morphologie (conformation), la robe et une certaine tendance d’aptitude (physiologie et psychologie) pouvant varier en fonction des conditions de milieu dans lequel sont exploités les animaux” (Théret, 1981).
(7) La Société Centrale Canine a pour objectif “d’assurer l’amélioration et la reconstitution des races de chiens d’utilité, de sport et d’agrément en France”. https://www.centrale-canine.fr/articles/nous-connaitre
(8) Jaemin Kim, Falina J. Williams, Dayna L; Dreger, Jocelyn Plassais, Brian W. Davis, Heidi G. Parker and Elaine A. Ostrander, “ Genetic selection of athletic success in sport-hunting dogs “, July 2018. https://www.pnas.org/content/115/30/E7212
(9) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross - p. 2
(10) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross - p. 44
(11) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross - p. 83
(12) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross - p. 45
(13) Guintard C. et Leroy G., “Standard, Santé et Génétique chez le Chien”, Société Centrale Canine en collaboration avec la Fédération cynophile Internationale et le Kennel Club suédois à Paris en 2017
(14) Document de présentation de l’Avis de l’Académie Vétérinaire de France sur la nécessité de renforcer la prévention et la lutte contre les “Hypertypes” canins, Académie Vétérinaire de France, adopté en séance académique le 21 juin 2018
(15) Site scientifique anglais https://www.ufaw.org.uk/dogs/basset-hound-elbow-dysplasia
(16) Site scientifique anglais https://www.ufaw.org.uk/dogs/bloodhound-ectropion
(17) Oliver, J.A.C., Ekiri, A. & Mellersh, C.S. Prevalence of pectinate ligament dysplasia and associations with age, sex and intraocular pressure in the Basset hound, Flatcoated retriever and Dandie Dinmont terrier. Canine Genet Epidemiol 3, 1 (2016). https://doi. org/10.1186/s40575-016-0033-1
(18) Site scientifique anglais https://www.ufaw.org.uk/dogs/dachshund-intervertebral-disc-disease
(19) Site scientifique anglais https://www.ufaw.org.uk/dogs/beagle-hypothyroidism

Maladies raciales d’origine génétique chez le chien : les vétérinaires tirent la sonnette d’alarme

Maladies raciales d’origine génétique chez le chien : les vétérinaires tirent la sonnette d’alarme

Depuis plus de 30 ans, les vétérinaires du monde entier dénoncent les dérives de la sélection canine axée sur l’apparence. À force de privilégier des traits exagérés, on condamne certains chiens à une vie de souffrances. Aujourd’hui, la mobilisation est unanime : il faut mettre fin aux maladies raciales d'origine génétique chez le chien.

Une alerte internationale dès les années 1990

La WSAVA (Association mondiale des vétérinaires spécialisés en petits animaux) a été la première à alerter sur les dangers de certaines sélections extrêmes. Dans ses vidéos éducatives, des vétérinaires du monde entier témoignent de la souffrance des chiens atteints du syndrome obstructif respiratoire brachycéphale (SORB), très fréquent chez les races à museau écrasé.

Lors de son congrès mondial à Copenhague en 2017, la WSAVA a même lancé un appel :

« Certaines caractéristiques exagérées qui plaisent aux propriétaires entraînent des problèmes de santé pour les animaux. La préférence pour les races pures favorise aussi les maladies liées à la consanguinité. »

L’Europe vétérinaire unie contre les dérives

En juin 2018, deux grandes instances européennes – la FVE (Fédération vétérinaire européenne) et la FECAVA (Fédération européenne des vétérinaires pour animaux de compagnie) – publient un dépliant d’alerte ( à voir ici) :

« L’hypertype peut conduire à une mauvaise santé et un mal-être des animaux, au point de les faire souffrir. »

Elles dénoncent aussi les traitements chroniques, coûteux, et la détresse des adoptants, souvent impuissants ou contraints à l’abandon.

Une prise de position ferme en France

La même année, l’Académie vétérinaire de France publie un avis officiel : « La nécessité de renforcer la prévention et la lutte contre les hypertypes canins ».
Pour le vétérinaire Gilles Chaudieu, l’hypertype est une erreur de sélection :

  • Esthétique, car il déforme le type racial original
  • Sanitaire, car il engendre souffrance et maladies

Une sensibilisation qui s’intensifie

En 2019, l’AFVAC (Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie) lance une campagne choc :

« Souffrir pour plaire, non merci ! Les sujets hypertypés ne sont ni attendrissants, ni craquants : ils souffrent toute leur vie. »

Et en 2023, la chaire Bien-être animal de VetAgro Sup rappelle que les critères de beauté extrêmes peuvent mener à la souffrance.

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