A l’occasion du Congrès mondial de la nature qui se tiendra à Abou Dhabi en 2025 et par le biais de votes en ligne, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a adopté à une large majorité la motion 092 : « Promouvoir la libre évolution et des outils permettant de la pérenniser ».

Un vote largement favorable

Les résultats du scrutin témoignent d’un soutien clair en faveur de la libre évolution :

  • Catégorie A (États et autorités publiques) : 83,5 % de « oui » (76 voix), 16,5 % de « non ».

  • Catégories B et C (ONG, organisations internationales et peuples autochtones) : 83,6 % de « oui » (447 voix), 16,4 % de « non ».

Dans les deux collèges, plus de quatre votes sur cinq se sont exprimés en faveur de la motion. Ce consensus international montre la reconnaissance croissante de la libre évolution comme outil central de la conservation de la biodiversité.

La libre évolution, un concept au cœur des enjeux actuels

La libre évolution (LE) désigne des zones où les processus écologiques se déroulent sans intervention humaine. Elle permet aux écosystèmes de retrouver leur dynamique naturelle et de jouer pleinement leur rôle :

  • constituer des réservoirs de biodiversité,

  • stocker du carbone et contribuer à la lutte contre le changement climatique,

  • offrir des espaces d’émerveillement et de sensibilisation,

  • créer des opportunités de développement local durable.

La motion rappelle également la nécessité d’impliquer et de respecter les droits des peuples autochtones et communautés locales, dont les systèmes de gouvernance traditionnels ont souvent permis à la nature de prospérer.

Une réussite française portée à l’international

Selon un expert français, « c’est d’abord une réussite pour le groupe de travail nature férale et wilderness qui a élaboré cette motion, et pour le comité français de l’UICN qui a su la faire adopter au niveau international ».

La France joue en effet un rôle moteur : la Commission nationale française pour l’UNESCO, déjà organisatrice de colloques sur la libre évolution en 2024 et 2025 avec l’UICN, travaille activement avec d’autres pays pour porter cette vision. L’adoption de la motion marque donc une étape décisive pour mettre la libre évolution au cœur des débats mondiaux sur la conservation.

Et après ?

La motion ouvre la voie, mais son application dépendra de la manière dont les acteurs internationaux s’en saisiront. L’avenir dira jusqu’où les États, ONG, peuples autochtones et communautés locales traduiront cet engagement en actions concrètes.