La consultation publique sur le projet de SDGC 2025-2031 de la Haute-Savoie est ouverte jusqu’au 29 juillet 2025. Ce document, qui encadre la chasse pour les six prochaines années dans le département, soulève de très sérieuses inquiétudes.

Nous appelons à rejeter ce projet de SDGC

Ce projet ne garantit ni la sécurité, ni la conservation des espèces, ni le respect de l’équilibre écologique. Il s’inscrit dans une vision dépassée de la chasse, au mépris des enjeux climatiques et de biodiversité.

🗓️ La consultation est ouverte jusqu’au 29 juillet 2025.
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Une validation biaisée

Le document affirme que la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS) a donné un avis favorable. Ce qu’il omet de préciser, c’est que cette commission est majoritairement composée de représentants du monde cynégétique, tandis que les associations de protection de l’environnement comme FNE et LPO y sont très minoritaires. Cet avis favorable ne reflète donc pas un consensus écologique, mais un déséquilibre institutionnel.

Voici mes remarques au sujet des différents documents soumis à consultation.

En premier lieu, vous écrivez que la CDCFS a rendu un avis favorable à ce projet ; il faut alors en préciser les modalités, à savoir que les associations de protection de l’environnement, ici la LPO et FNE, sont en très large minorité, et que c’est donc le mode de scrutin qui a pour conséquence la validation du projet.
Sur le plan de la sécurité, l’objectif 10 est beaucoup trop vague ; il faudrait mettre en place de véritables tests de tir, contrôlés par une autorité indépendante de la FDC, et pouvant invalider le permis de chasser. Il conviendrait également d’imposer un certificat médical annuel, comme c’est le cas pour le tir sportif.

Petit gibier de montagne :
Même si la FDC capte des crédits publics pour le suivi du tétras-lyre, de la perdrix bartavelle, du lagopède alpin, de la gélinotte des bois, du lièvre variable et de la marmotte, elle n’est pas crédible dans ces études, qui devraient être confiées à une entité indépendante de la FDC/FNC.
La mesure réglementaire 44 (« …plan de chasse tétras-lyre est obligatoire »), complétée de l’annexe 8 fixant les attributions maximales, décrédibilise totalement ce SDGC au vu du mauvais état de conservation de cette espèce dans les Alpes.
Il en est de même, respectivement, pour le lagopède alpin, le lièvre variable, la perdrix bartavelle et la gélinotte des bois.
Poursuivre la chasse archaïque de la marmotte est également un non-sens. Cette espèce est en déclin et a fait l’objet, fin 2024, d’un projet de loi d’abolition de cette chasse, déposé par 81 parlementaires.
L’agrainage, même réglementé par l’annexe 3, devrait être interdit, car il est finalement utilisé pour maintenir les sangliers sur un territoire et développer les populations de sangliers, alors que chasseurs et agriculteurs se plaignent de leur surpopulation.

Lâchers de gibier d’élevage
Le SDGC doit prendre des mesures pour l’interdiction de lâchers du lièvre d’Europe sur les communes où le lièvre variable est présent. Ce lagomorphe ne reste pas où il est lâché.
Avec le réchauffement climatique, il monte en altitude et entre en compétition avec ce dernier. On constate que la compétition entre les deux espèces s’intensifie et qu’elle est en défaveur du lièvre variable.
De plus, le SDGC ne se positionne pas sur les lâchers de gibier issus d’élevage (faisans, perdrix, lièvres…) qui sont introduits dans la nature dans le seul but d’une chasse à court terme, sans objectifs réels de gestion des populations ou des habitats.
Le département est donc ouvert à toutes les opérations dans ce domaine, encourageant les excès liés à cette activité : conditions d’élevage souvent effroyables, mortalité accrue car les individus sont inaptes à la vie sauvage, risques sanitaires, etc.

Le renard
Il est déjà classé ESOD sur l’ensemble du département. L’orientation donnée par l’objectif 26 montre que l’archaïsme prévaut, et que les services écosystémiques rendus par le renard sont niés.

Oiseaux de passage et gibier d’eau
Le renouvellement du SDGC aurait dû être l’occasion de prendre en compte les oiseaux de passage et le gibier d’eau dont l’état de conservation est mauvais et qui sont, à ce jour, chassables dans le département de la Haute-Savoie, tels que le canard milouin, la bécassine des marais, la bécassine sourde, la caille des blés et l’alouette des champs.
Ces espèces ne commettent aucun dégât agricole ou forestier.

Grands prédateurs et dégâts forestiers
Il convient de mentionner le loup et le lynx dans le SDGC en tant qu’espèces faisant partie de la faune locale, et de prendre en considération leur action bénéfique exercée sur la forêt.
Le SDGC doit tenir compte de la présence des grands prédateurs lors du calcul des attributions du plan de chasse des ongulés, et ne pas simplement mentionner les projets de suivi du loup qui, par le passé, malgré des subventions très importantes, n’ont servi qu’à perturber et tenter de déstabiliser le travail de l’OFB dans ce domaine.

Dérangement de la faune sauvage par les activités humaines (objectif 3)
La problématique du dérangement de la faune sauvage dû aux activités de plein air (sportives et touristiques) est évoquée dans le SDGC.
Ne pas mentionner que l’activité cynégétique — en particulier les battues — est un facteur important de dérangement, et ne pas tenter d’en limiter les effets, est tristement ridicule.