Les 12 et 13 février 2026, au siège de l’UNESCO à Paris, s’est tenue la troisième édition des Journées de la Libre Évolution, organisée par la Commission nationale française pour l’UNESCO (CNFU) et le Comité français de l’UICN.
Deux jours d’échanges où scientifiques, institutions, associations et acteurs du terrain ont réaffirmé une conviction commune : laisser la nature libre d’évoluer est essentiel pour préserver le vivant et garantir l’avenir des animaux sauvages.
Laisser la nature agir : une stratégie essentielle
Le concept de libre évolution repose sur une idée simple : permettre aux écosystèmes d’évoluer avec un minimum d’intervention humaine. Cette approche, longtemps marginale, est désormais reconnue comme un levier stratégique face à l’effondrement de la biodiversité et au changement climatique.
Un engagement institutionnel renforcé
L’un des résultats majeurs de cette édition est la signature d’une déclaration commune entre la Commission nationale française pour l’UNESCO et la commission française de l’UICN.
Quatre axes de collaboration structurent cette feuille de route pour la période 2025‑2027 :
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Cadre juridique : renforcer la reconnaissance légale des zones en libre évolution.
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Cadre conceptuel : harmoniser les définitions à l’échelle internationale.
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Animation de réseau : maintenir les rencontres et échanges entre acteurs du terrain.
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Données territoriales : améliorer la collecte et le partage d’informations sur ces espaces.
Pour Animal Cross, cette dynamique marque une avancée importante : la libre évolution sort du seul champ expérimental. Cette déclaration renforce la reconnaissance officielle de la libre évolution comme outil stratégique de conservation en France. Elle engage durablement les institutions à coopérer pour lui donner un cadre juridique, scientifique et opérationnel cohérent à l’échelle nationale et internationale.
Droit et éthique : replacer la nature au cœur du débat
Les interventions ont mis en évidence une convergence claire entre droits de la nature et défense de la faune sauvages et de l’environnement. Tant que les écosystèmes resteront des objets juridiques, leur destruction sera toujours possible, donc celle des êtres qui y vivent aussi.
Reconnaître la personnalité juridique des écosystèmes permettrait de:
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Donner une voix légale aux milieux vivants – forêts, rivières, zones humides – capables de se défendre contre les atteintes écologiques.
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Offrir aux animaux sauvages la sécurité d’un habitat durable, non négociable.
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Repenser les politiques publiques autour d’un principe de non‑intervention comme acte de respect et non d’abandon.
Cette évolution du droit permettrait de rejoindre l’objectif qu’Animal Cross défend depuis longtemps : sortir du modèle anthropocentré pour reconnaître la valeur propre du vivant.
Entre libre évolution et responsabilités écologiques
Certaines discussions ont abordé les tensions entre philosophie du « laisser‑faire » et gestion concrète du terrain, notamment face aux espèces exotiques envahissantes.
Ce dilemme montre que la libre évolution n’est pas une absence d’action, mais une réévaluation profonde de la place de l’humain dans la nature. Agir moins, mais mieux ; observer avant d’intervenir ; restaurer les équilibres plutôt que les contrôler.
Une dynamique internationale
Des retours d’expérience venus de Suisse, Pologne, Allemagne et Canada confirment qu’il s’agit d’un mouvement mondial vers une écologie du respect et de la régénération.
Les outils comme la cartographie CARTNAT démontrent la volonté partagée de mieux connaître, suivre et protéger ces espaces où la nature peut s’exprimer sans entraves.

Dominique Souchier et Valérie Thomé pour Animal Cross
Ce que défend Animal Cross
Pour Animal Cross, ces journées confirment une évidence : défendre les animaux, c’est d’abord leur redonner un monde vivable, autonome et respecté.
La libre évolution n’est pas un luxe naturaliste : c’est une condition de survie pour les populations animales. Les forêts qui vieillissent, les sols non retournés, les zones humides intactes, sont des refuges indispensables.
Reconnaître les droits de la nature, développer des zones de libre évolution et protéger les animaux non pas malgré, mais par le sauvage, est un engagement concret pour une plus grande justice écologique et une cohérence éthique.


