La Journée mondiale des animaux, célébrée le 4 octobre, a été officialisée en 1931 lors d’un congrès international de protection animale à Florence. Le choix de cette date fait écho à la figure de Saint François d’Assise, souvent associée à une vision respectueuse du vivant. Depuis, cette journée permet de remettre, au moins une fois par an, les animaux dans le champ de l’attention publique — qu’ils soient sauvages, domestiques ou exploités.
Une réalité qui dépasse la célébration
Si cette journée existe, c’est parce que la condition animale reste largement ignorée dans les faits. Chaque année, plus de 80 milliards d’animaux terrestres sont tués dans le monde pour l’alimentation humaine, selon la FAO. La destruction des milieux naturels, la chasse, l’élevage intensif, la captivité ou l’expérimentation continuent d’impacter profondément la biodiversité, comme le rappelle le Programme des Nations unies pour l’environnement.
Derrière les messages de compassion ou les initiatives ponctuelles, la dépendance de notre société à l’exploitation animale reste massive.
En France : une reconnaissance encore théorique
Depuis 2015, les animaux sont considérés dans le Code civil comme des « êtres vivants doués de sensibilité ». Mais cette reconnaissance n’a pas aboli les pratiques qui les traitent comme des ressources : chasse, abattage industriel, élevage intensif, divertissement, expérimentation, commerce.
L’écart entre le langage juridique et la réalité reste immense. La Journée mondiale des animaux rappelle ce paradoxe.
La position d’Animal Cross
Chez Animal Cross, nous pensons que cette date a un sens réel : si un regard de compassion se pose sur les animaux, même un jour par an, cela crée une brèche dans l’indifférence.
Nous défendons l’Article 0, qui affirme que tous les êtres vivants « naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs ». Ce principe rompt avec la vision utilitariste et hiérarchique du vivant qui domine encore.
Pour nous, le 4 octobre une occasion de rendre visibles :
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les vies massacrées dans les abattoirs,
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les animaux confinés dans les élevages et les laboratoires,
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la faune sauvage menacée par l’artificialisation des milieux,
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les individus réduits au statut de nuisibles ou de biens.
Un jour symbolique, mais pas inutile
La Journée mondiale des animaux n’efface ni la domination, ni l’exploitation, ni la violence institutionnalisée. Mais elle oblige, ne serait-ce qu’un instant, à reconnaître l’existence des autres êtres vivants.
Elle met en lumière un enjeu éthique et politique : considérer les animaux pour eux-mêmes, et non pour ce qu’ils produisent, rapportent ou représentent.
Tant que leur existence sera conditionnée par l’intérêt humain, aucune société ne pourra se prétendre juste. Le 4 octobre ne résout rien, mais il rappelle que les animaux ne sont pas des ressources — et que leur dignité mérite d’être respectée.

