Deux enquêteurs animaliers aux urgences suite à la visite d’une ferme à Habère-Poche (74). « Le prix d’un veau ne vaut pas la peine d’appeler le vétérinaire »

Samedi 14 avril, deux enquêteurs de protection animale des associations Animal Cross et SPA du Chablais se sont rendus à la GAEC LE CRI-COLLET à Habère-Poche (74)

Un petit veau mort git par terre à l’extérieur du bâtiment (1). Les éleveurs autorisent les enquêteurs à entrer à l’intérieur. Ils expliquent que les veaux meurent les uns après les autres, victimes probablement d’un virus.

Pour eux pourtant, il est hors de question d’appeler un vétérinaire pour découvrir l’origine du problème, ils s’y refusent catégoriquement :  » Le prix d’un veau n’en vaut pas la peine ! » (un veau vaut environ 30 euros)

L’un des enquêteurs insiste sur cette nécessité d’investigation et sur le risque de contamination à l’ensemble du troupeau si rien n’est entrepris. Mais ce message ne passe pas du tout et l’un des éleveurs devient même très violent. Un enquêteur est  menacé de coups de fourche. Se retirant du bâtiment, il  reçoit un coup de poing dans le dos. L’autre enquêteur s’interpose et reçoit un violent coup de poing au visage qui le met par terre. Ils finissent aux urgences. 2 certificats pour coups et blessures seront établis dont un certificat avec 3 jours d’ITT, un autre avec un jour d’ITT.

Les 2 enquêteurs ont porté plainte à la gendarmerie de Boëge pour coups et blessures.

Le défaut global de soin du troupeau conduira aussi les associations à porter plainte pour maltraitance commise par un professionnel , qui est un délit (code rural L215-11).

Contactée, la DDPP de Haute-Savoie s’est engagée à réaliser une enquête sanitaire sur le troupeau et à communiquer les résultats aux deux associations. Nous espérons que chaque cas de veau mort sera considéré et examiné pour lui-même au regard de l’article R. 214-17 du code rural (obligation de soin à chaque animal domestique). Souvent ce genre d’enquête se contente de vérifier si l’élevage considéré globalement montre une mortalité supérieure à la moyenne.

Ces veaux morts rappellent le problème lié à la mortalité des veaux laitiers : près de 10% des veaux laitiers ne dépassent pas l’âge de 6 mois dans les élevages de moins de 50 vaches laitières et ce chiffre grimpe à 20% pour les très gros troupeaux de plus de 200 vaches (2) ; Avec une mortalité moyenne de 12 % (2), il est possible d’estimer à environ 950 000, le nombre de veaux qui meurent chaque année en France.

Aujourd’hui en France, on laisse mourir de nombreux veaux parce que le prix d’un veau est inférieur à celui d’une visite vétérinaire.

Nos associations  s’interrogent : la vie d’un animale est-elle si méprisable qu’on laisse les veaux mourir par centaines de milliers chaque année sans que personne n’agisse ? Les éleveurs souffrent, c’est possible, mais les animaux meurent et agonisent sans que personne ne leur vienne en aide.

 

Contact Enquêteurs : Jean-Pierre Legrand, 06 18 18 40 93, Jean-Luc Robier  06 81 70 12 74

Contact mortalité des veaux : Benoît Thomé 06 81 37 96 19, benoit@animal-cross.org

 

Spa du Chablais – Route de la Versoie, Le Genevray. 74200 Thonon-les-Bains.

www< ; http://spaduchablais.pagesperso-orange.fr/index_fichiers/accueil2.htm

Animal Cross – 4, rue C. de Gaulle – BP 55 – La Poste – 64110 Jurançon. www.animal-cross.or

 

  • Le service d’équarrisage nous informe qu’en fait deux veaux ont été retirés de cette ferme ce week-end.
  • Pleinchamp, 25/09/2014 http://www.pleinchamp.com/elevage/bovins-lait/actualites/exploitations-laitieres-10-des-veaux-ne-depassent-pas-l-age-de-6-mois
  • Institut de l’élevage « Adéquation qualitative offre/demande en viande bovine » (dossier n° 379)

 

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