2025 : une année décisive au service du vivant

2025 : une année décisive au service du vivant

En 2025, Animal Cross a renforcé son engagement pour la protection du vivant à travers des actions juridiques, des campagnes de sensibilisation, des mobilisations citoyennes et des sauvetages.

L'association s'est également affirmée comme un acteur de référence sur des sujets clés, tels que les Maladies raciales d’origine génétique chez les chiens et la libre évolution.

Protéger les animaux domestiques : une mobilisation de chaque instant

► Sauvetages : une année intense avec 139 animaux secourus dont 78 ont été adoptés. Cela fait presque 3 animaux sauvés par semaine. Aujourd'hui nous prenons toujours soin de 82 chats, 23 chiens, 7 chevaux, 7 chèvres et 2 moutons. Certains ne sont pas adoptables et resteront avec nous, d'autres sont en soin, d'autres, encore, sont à l'adoption.

► Actions en justice : procès, dépôts de plaintes et suivi rigoureux de toutes les affaires de maltraitance.

► Maladies raciales d’origine génétique chez les chiens : publication d’un dossier de référence dénonçant les sélections génétiques délétères pour la santé animale, interview de notre président, Benoît Thomé, dans Le Monde, et mobilisation auprès de vétérinaires et de la Société Centrale Canine.

► Lancement du projet "Compagnon de vie, même dans l'épreuve" : Garde solidaire temporaire, pour les animaux des personnes isolées et précaires pour que votre animal reste dans votre vie quoiqu’il arrive (départ à l'hôpital, en maison de retraite, accident de la vie...) Animal Cross a été lauréat de l'appel à projet d'Almo Nature et termine en seconde position.

► Campagnes de sensibilisation : foie gras, maltraitance et formation du personnel de Domofrance, entreprise sociale pour l'habitat, à la maltraitance animale.

Soulager la nature : nos avancées pour la libre évolution

Dans son ouvrage « Article 0 », véritable plaidoyer pour le respect de la vie sauvage, Animal Cross a dévoilé tout l’intérêt de la libre évolution pour la nature.

Pour contribuer au développement d'espaces de nature en libre évolution :

► Nous sensibilisons et éduquons le public et les décideurs publics à travers des conférences et des rencontres. Par exemple en intervenant à l'UNESCO aux Journées de la Libre évolution, en animant une table ronde sur les droits de la nature à Pau en février ou en organisant, avec les associations de la Coordination Libre Evolution, une série de conférences le 17 octobre à l'Académie du Climat à Paris.

► Nous animons un collectif rassemblant 19 acteurs et associations autour de la libre évolution : la “Coordination Libre Evolution” (CLE).

► Nous nous efforçons à inciter les propriétaires fonciers, publics ou privés, à créer des zones de libre évolution sur leurs terrains. Nous avons signé en 2025 notre première Obligation Réelle Environnementale de libre évolution avec la mairie d’un village des Pyrénées-Atlantiques afin de protéger 1,5 ha de bois en libre évolution pendant 99 ans.

indemnisation dégâts gibier

Faune sauvage : des combats essentiels pour préserver la biodiversité

Consultations publiques et mobilisation citoyenne : Animal Cross a encouragé la participation du public aux consultations sur la gestion cynégétique pour faire entendre la voix de la faune sauvage, notamment avec la consultation sur les prélèvements du petit gibier pour la saison 2025-2026.

Actions contre des arrêtés menaçant la faune :nous avons dénoncé des projets d’arrêtés préfectoraux et réglementations qui risquaient de fragiliser les espèces sauvages, comme le nouvel arrêté susceptible de signer le déclin du loup et le projet de décret assouplissant les règles de protection des espèces.

Dénonciation des impacts de la chasse sur la faune :nos prises de position ont abordé les effets néfastes de la chasse, comme dans les articles Ouverture de la chasse : chevreuils en crise, sangliers en excès ou Chamois et Isards : quand la chasse met en danger la montagne. Nous sommes également intervenus lors de la conférence de l’Université de Brest à Quimper «La chasse en France, un déni démocratique ».

Propositions concrètes pour la cohabitation homme-faune :à travers des articles comme Stop aux collisions routières avec la faune sauvage et Combien d'animaux sont tués sur les routes paru sur RFI, Animal Cross a proposé des mesures concrètes (bases de données nationales, dispositifs de protection, zones sans chasse…) pour réduire les victimes de la circulation et améliorer la coexistence avec l'homme.

Mobilisation juridique et médiatique :en 2025, Animal Cross s’est également impliquée avec ses partenaires pour faire condamner des abattages injustifiés d’animaux sauvages avec par exemple la victoire judiciaire pour les bouquetins du Bargy, obtenue en octobre 2025 après de nombreux recours et celle sur les ESOD qui a sauvé la vie à plus de 100 000 animaux !

Vous avez été à nos côtés toute cette année et nous voulions vous dire MERCIcar si nous avons pu accomplir autant, c'est d'abord grâce à vous.

Merci : votre engagement est notre force

Consultation : dans le 65, un projet d’arrêté préfectoral à charge pour le sanglier

Consultation : dans le 65, un projet d’arrêté préfectoral à charge pour le sanglier

Le projet d’arrêté préfectoral soumis pour l’année 2026 pour le département 65 a pour objectif de « fixer le cadre de l’organisation des mesures administratives au sanglier » : c’est-à-dire d’autoriser, sous certaines conditions, des interventions, notamment par tir, pour réguler les populations de sangliers.

L’argument avancé pour justifier cet arrêté repose sur des critères comme l’ampleur des dégâts que les sangliers pourraient causer (sur les cultures, les biens, les biens des particuliers), ou les risques potentiels à la sécurité des personnes et des biens, y compris la sécurité routière.

Mais, en l’état, l’arrêté proposé contient des dispositions, explicites ou implicites, qui méritent d’être questionnées. 

 

indemnisation dégâts gibier
indemnisation dégâts gibier
indemnisation dégâts gibier

Animal Cross se positionne comme étant défavorable au projet d’arrêté préfectoral visant à encadrer les « mesures administratives » sur le sanglier en 2026. Plusieurs points du texte nous semblent problématiques et contraires à une gestion responsable de la faune sauvage.

❌ Risque d’encouragement au braconnage

L’arrêté ne précise pas si les monoculaires à vision thermique peuvent être fixés sur les armes. Si tel est le cas, cela ouvre la voie à des usages illégaux en dehors du cadre prévu. Les AP concernant le loup, par exemple, encadrent clairement l’usage de ces dispositifs : ce projet ne le fait pas.

❌ Atteinte au droit de propriété

Le texte autorise des battues sur des terrains dont les propriétaires ont pourtant déclaré leur opposition à la chasse. Une contradiction avec le principe même du respect du droit de propriété, souvent invoqué par les chasseurs.

❌ Un vocabulaire partial et scientifiquement infondé

Le terme « malfaisant », utilisé pour qualifier le sanglier, est non seulement inapproprié mais occulte ses rôles écologiques essentiels :
– dispersion des graines,
– aération et fertilisation des sols,
– limitation de certaines espèces ravageuses.

❌ Absence de prise en compte des risques sanitaires

La maladie d’Aujeszky, très présente dans les populations de sangliers du département, est mortelle pour les chiens. Le projet d’arrêté ne prévoit aucune mesure claire pour prévenir la contamination lors des battues ou tirs administratifs.

Ce projet d’arrêté manque de clarté, fragilise la protection de la faune, néglige les enjeux sanitaires et porte atteinte à des principes fondamentaux. Nous appelons à une gestion plus rigoureuse, respectueuse des propriétaires et fondée sur des données écologiques plutôt que sur des considérations idéologiques.

 

Pour en savoir plus sur la consultation 👇​

Pour participer

Envoyez un email à la DDT des Hautes-Pyrénées : ddt-chasse-faunesauvage@hautes-pyrenees.gouv.fr

Voici une une proposition de texte :

Objet : Défavorable au projet d’arrêté préfectoral « FIXANT LE CADRE DE L’ORGANISATION DES MESURES ADMINISTRATIVES AU SANGLIER POUR L’ANNÉE 2026 «

Je suis opposé à ce projet car :

· l'AP ne précise pas si les monoculaires à vision thermique sont adaptables sur la carabine, et si oui, alors il s'agit pour les chasseurs équipés d’une invitation au braconnage, car ils seront amenés à vouloir utiliser l’objet de leur investissement en dehors de cet acte-là ; dans les AP dérogatoires de tir de loup, on précise bien leur objet : « lunettes de tir à visée thermique « .

· les battues peuvent avoir lieu sur des terrains dont le propriétaire a déclaré une opposition à la chasse ; alors que les chasseurs invoquent souvent le caractère sacré du droit de propriété lorsqu’il s’agit d’y chasser.

· le qualificatif "malfaisant" ( Qui fait ou cherche à faire du mal, à nuire, https://www.cnrtl.fr/definition/malfaisant ) dans les considérants, est déplacé. Rappelons ses actions bénéfiques : dispersion des graines (zoochorie), retournement des horizons superficiels des sols (élimination d’espèces herbacées très recouvrantes et compétitives pour l’installation des jeunes semis d’arbres, aération du sol, minéralisation de la matière organique…), destruction d’animaux ravageurs, etc … .

· Risque de dissémination et de contamination des chiens par la maladie d’Aujeszky (elle leur est fatale), très présente dans les populations de sangliers des Hautes-Pyrénées.

 

 

Nous avons jusqu'au 22 décembre.

Merci pour votre participation.

 

Source photos : © Wikimedia Commons, chassepassion.net

Consultation publique : un nouvel arrêté qui pourrait signer le déclin du loup

Consultation publique : un nouvel arrêté qui pourrait signer le déclin du loup

Nous y sommes, après que la France ait souscrit successivement au déclassement du statut de protection du loup auprès de la convention de Berne puis de la directive européenne « Habitats » (lien), le ministère dit de l’Ecologie a transposé cette régression dans la loi française par le biais d’un arrêté ministériel soumis à consultation publique.

Au vu des conséquences néfastes de cet arrêté pour l’avenir du loup en France, le Conseil National de Protection de la Nature s’est positionné à l’unanimité de ses 21 membres scientifiques, contre cette nouvelle atteinte au grand prédateur (Ici). Il souligne dans ses conclusions sa grande inquiétude quant à la « politique nationale envers cette espèce », ainsi que la volonté de l’Etat de réduire la population de loups sur le territoire français. Et ajoute qu’ainsi notre pays nie les bénéfices écologiques associés à sa présence, ainsi que les vertus des mesures de protection dont l’efficacité est attestée par la stabilisation des attaques sur troupeaux domestiques.

Avec ces nouvelles dispositions, les tirs de loup s’intensifient, et l’Etat risque d’en perdre le contrôle, mettant ainsi en danger l’espèce dans notre pays, puisqu’actuellement sa population est sur un fil instable, et risque de chuter au-delà d’un certain nombre de tirs, légaux et illégaux.

L’arrêté prévoit un système purement déclaratif, sans autorisation préalable par la préfecture, et sans contrôle par l’OFB (Office Français de la biodiversité), même si l’article 3 prévoit encore un quota de loups à exécuter, indexé sur l’estimation de population réalisée par l’OFB. Le CNPN regrette au passage qu’aucun répit ne soit laissé aux loups pendant l’année, pas même en période de reproduction.

Alors que sous le régime actuel, nous constatons sur le terrain que les conditions de protection prévues par les arrêtés dérogatoires sont bien souvent non respectées, nous pouvons craindre le pire si les éleveurs tireurs ne sont soumis à aucune contrainte. Les tirs seront autorisés sans condition préalable de protection des troupeaux (parc électrifié, berger, chiens de protection), ce qui annihile trente ans d’efforts, à la fois des représentants de l’Etat (DDT, OFB, DREAL) mais aussi des éleveurs dont une partie grandissante a finalement accepté la cohabitation avec le loup, et adopté les bonnes pratiques de protection et de conduite.

Comme si cela ne suffisait pas, il n’est plus nécessaire de justifier de l’existence d’attaques sur son troupeau pour mettre en œuvre un tir de loup ; au vu du niveau de fébrilité de nombre d’éleveurs en « zone à loups «, on peut craindre la multiplication des foyers de tir, et une perte totale de contrôle de la situation.

Un certain nombre de nouveautés est parfaitement incompréhensible, comme l’intervention d’agents de l’OFB et de lieutenants de louveterie aux abords de troupeaux protégés, alors que le régime déclaratif et l’absence d’obligation de protéger vont exclure ces cas.

L’effarouchement, qui constituait voici 20 ans un préalable nécessaire, est relégué à l’état d’option possible, tout juste non interdite, tout comme dans l’arrêté ministériel de février 2024. Y consacrer trois articles dans le nouvel arrêté est une plaisanterie, au vu de la libéralisation totale et inconditionnelle des tirs létaux.

Bien entendu, le volet « indemnisation » des dommages demeure inchangé, ce qui signifie qu’il n’y a plus aucune contrainte ni contrepartie au fait de voir les dommages, réels ou pas, indemnisés. En trente ans, les syndicats d’élevage ont obtenu de l’Etat plus qu’ils ne pouvaient rêver à l’époque.

Animal Cross est fermement opposé à cet arrêté et à ces nouvelles dispositions irresponsables, et demande à ce que les citoyens, largement favorables au retour du loup, ainsi que les associations, soient réellement consultés pour donner une chance à une cohabitation du grand prédateur avec les activités humaines. L’association souhaite également que le bon état de conservation du loup, qui demeure sa dernière assurance-vie prévue par la directive européenne « Habitats « , soit garantie non seulement au niveau national, mais aussi local.

Pour participer à la consultation :

Cliquez sur (en bas de la page)

 

 

Nous avons jusqu'au 19 décembre.

Voici un exemple de réponse que vous pouvez utiliser :

« Avis défavorable »

· Je suis opposé à la politique du pays visant à restreindre les populations de loups au seul territoire alpin, comme le relève le CNPN.

· Je regrette que notre pays nie les bénéfices écologiques associés à la présence du loup, et n’ait qu’une gestion basée sur les tirs, dont l’efficacité n’a jamais été démontrée.

· Je considère que cet arrêté met en danger l’espèce dans notre pays, car les tirs de loup vont s’intensifier, et tout indique que l’Etat va en perdre le contrôle.

· Un système basé sur la déclaration des éleveurs, et sans contrainte de protection, est irresponsable.

· Trente ans d’efforts, à la fois des représentants de l’Etat (DDT, OFB, DREAL) mais aussi des éleveurs dont une partie grandissante a finalement accepté la cohabitation avec le loup (et adopté les bonnes pratiques de protection et de conduite), vont être perdus.

· Je suis opposé à l’indemnisation des dommages en l’absence de protection des troupeaux.

· L’annexe VI de la directive habitat faune flore interdit l’usage de "dispositifs de visée pour tir de nuit comprenant un amplificateur d'images ou un convertisseur d'images électroniques".

· Le loup doit au contraire être vu comme une chance pour l’équilibre faune-flore (cf. les sangliers, la régénération forestière, etc …), tout comme l’ensemble de la faune sauvage.

 

Merci pour votre participation.

Ongulés sauvages : quand la chasse dérègle la nature

Ongulés sauvages : quand la chasse dérègle la nature

Cerfs, chevreuils, sangliers, mouflons, chamois… Les ongulés sauvages occupent une place essentielle dans nos écosystèmes forestiers et montagnards.
Pourtant, ils sont les principales cibles de la chasse en France : plus de 1,5 million d’entre eux sont abattus chaque année [1].
Les chasseurs justifient cette pratique au nom de la « régulation » des populations ou de la « protection des cultures ». Mais la réalité écologique est bien plus complexe.

La science montre que la chasse ne remplace pas les régulations naturelles disparues. Pire, elle peut amplifier les déséquilibres qu’elle prétend corriger. Une gestion réellement durable devrait reposer sur la compréhension des mécanismes naturels, la coexistence avec les prédateurs, et des alternatives non létales.

La chasse n’est pas un outil écologique universel : elle agit souvent contre les processus naturels de régulation qu’elle prétend restaurer.

Les régulations naturelles : un équilibre longtemps brisé

Dans les écosystèmes naturels, les populations d’ongulés sont maintenues par la prédation exercée par les grands carnivores — loup, lynx, ours — et par la disponibilité des ressources alimentaires.
Ces prédateurs ciblent les individus faibles ou malades, renforçant la santé globale du groupe et évitant les surpopulations [2].

En France, la disparition quasi complète de ces espèces au XIXe siècle a entraîné une rupture des chaînes trophiques [3]. Là où le loup recolonise le territoire (Alpes, Cévennes, Jura, Massif central), les suivis écologiques montrent une diminution progressive
des densités d’ongulés et une meilleure répartition spatiale des troupeaux [4].

Selon une étude publiée dans Proceedings of the Royal Society B, la prédation du loup permettrait d’éviter chaque année plusieurs milliers de collisions routières impliquant des ongulés, représentant jusqu’à 7,8 millions d’euros d’économies [5].
La présence du loup ne crée donc pas un déséquilibre : elle rétablit un équilibre écologique perdu.

Le retour des prédateurs naturels, comme le loup, contribue à restaurer des équilibres écologiques stables et à limiter naturellement les excès de populations d’ongulés.

La chasse : une régulation artificielle et perturbatrice

La chasse humaine agit différemment de la prédation naturelle. Elle vise souvent les individus en pleine force — mâles reproducteurs, beaux trophées — au lieu des animaux faibles ou malades. Cette pression sélective inversée modifie la structure d’âge et de sexe des populations [6].

Les travaux sur le sanglier montrent que, dans les zones à forte pression de chasse, les femelles atteignent la maturité sexuelle plus tôt,
parfois dès 8 à 10 mois, et que les portées sont plus nombreuses [7].
Cette réponse biologique au stress et à la mortalité s’appelle l’effet rebond démographique : plus on chasse, plus les populations se reconstituent rapidement.

Ce mécanisme est bien documenté dans la littérature scientifique européenne [8] et constitue une des principales explications du paradoxe observé : malgré la multiplication des tirs, les effectifs d’ongulés augmentent toujours.

L’« effet rebond » contredit l’idée d’une chasse régulatrice : la mortalité provoquée stimule la reproduction et maintient la surpopulation.

Des millions de tirs pour un résultat incertain

En cinquante ans, le nombre de tirs d’ongulés en France a été multiplié par dix à vingt selon les espèces [1,9]. Et pourtant, la densité moyenne de sangliers reste en hausse dans la majorité des départements [10]. Cela s’explique par une combinaison de facteurs :

  • la disparition des grands prédateurs dans de vastes zones ;
  • le nourrissage artificiel ou la mise en culture de parcelles attractives ;
  • et bien sûr, l’effet rebond lié aux prélèvements excessifs.

L’OFB reconnaît que la régulation par la chasse seule ne permet pas de stabiliser durablement les populations [10]. Une approche écosystémique, intégrant la prédation naturelle et la restauration des habitats, serait plus efficace.

L’intensification des tirs ne résout rien : elle entretient un cycle de surpopulation et de conflits écologiques.

Le stress et la souffrance invisibles

La chasse ne tue pas seulement : elle perturbe durablement.
Les ongulés exposés à la chasse adoptent une activité nocturne forcée, fuient les zones riches en ressources et vivent dans un état de stress chronique [11].

Les niveaux de cortisol — hormone du stress — augmentent fortement chez les animaux poursuivis ou exposés aux tirs [12].
Cette charge physiologique altère leur immunité, leur reproduction et leur longévité. Il s’agit d’une souffrance réelle, bien que rarement visible.

Même sans être abattus, les animaux chassés subissent un stress chronique comparable à un traumatisme,
réduisant leur bien-être et la stabilité des populations.

Quand la chasse dérègle les forêts

On accuse souvent les ongulés de dégrader les jeunes forêts. Mais la responsabilité est partagée : la chasse provoque des concentrations anormales dans certaines zones-refuges et des déséquilibres spatiaux [13]. Les animaux chassés se déplacent davantage, broutant intensément là où ils se sentent en sécurité.

Ces effets de fuite accentuent les dégâts localisés et dégradent la régénération forestière.
Dans les forêts où la chasse est suspendue ou limitée, les densités s’équilibrent souvent sans intervention humaine [14].

En perturbant la répartition naturelle des ongulés, la chasse contribue aux dégâts forestiers qu’elle prétend prévenir.

Des alternatives existent

Plusieurs solutions non létales et écologiquement efficaces peuvent être mises en œuvre :

  • protéger durablement les prédateurs naturels (loup, lynx, ours) ;
  • restaurer des corridors écologiques pour faciliter la dispersion naturelle ;
  • expérimenter la contraception immunologique, notamment en zones périurbaines ;
  • créer des zones sans chasse pour permettre la stabilisation naturelle des populations [15].

Ces approches ne sont pas utopiques : elles sont déjà testées avec succès dans plusieurs pays européens.
Elles s’inscrivent dans une logique de coexistence, fondée sur la science et le respect du vivant.

La restauration des prédateurs et les solutions non létales offrent des moyens durables et éthiques de gérer la faune sauvage.

L’éthique du vivant

La chasse d’agrément ne peut plus être justifiée au nom d’une régulation inefficace.
Les ongulés sont des êtres sensibles, capables d’émotions, d’attachement et de souffrance [17].
Leur mort ou leur traumatisme ne peuvent être des instruments de loisir.

Respecter le vivant, c’est reconnaître le rôle des processus naturels et la valeur intrinsèque de chaque individu.
C’est aussi renoncer à une domination héritée d’un autre temps.

Les preuves s’accumulent : la chasse des ongulés sauvages ne régule pas durablement les populations.
Elle désorganise les structures sociales, alimente la surpopulation et fragilise les écosystèmes.
Une gestion moderne de la faune doit intégrer les prédateurs, limiter les perturbations humaines et miser sur des solutions non létales.

Protéger les équilibres naturels, c’est protéger la vie. La coexistence entre l’humain et la faune sauvage est non seulement possible, mais indispensable à la santé des écosystèmes.

 

Notes et références

  1. OFB (2024). Prélèvements d’ongulés sauvages – Saison 2024-2025.
  2. Anceau C. et al. (2015). La prédation du loup sur les ongulés sauvages : impacts directs et indirects. Faune Sauvage, n° 306.
  3. Commission européenne (2024). The situation of the wolf (Canis lupus) in the EU.
  4. Lenoir L. (2024). Impacts de la présence du loup sur les ongulés sauvages et les élevages ovins. Université de Liège.
  5. Chapron G. et al. (2022). Does predation by wolves reduce collisions between ungulates and vehicles in France ? Proceedings of the Royal Society B.
  6. Maillard D. & Morellet N. (2016). Ungulates and their management in France. In : European Ungulates and Their Management in the 21st Century.
  7. Gamelon M. et al. (2011). High hunting pressure selects for earlier birth date: wild boar as a case study. Evolution, 65(11).
  8. Vajas P. (2020). Hunting pressure on wild boar relates to simple metrics of hunting effort. Science of the Total Environment, 698.
  9. Saint-Andrieux C., Barboiron A. et al. (2024). Évolution des populations d’ongulés sauvages en France métropolitaine. OFB.
  10. Observatoire de la forêt – IGN/MTE (2025). Les ongulés sauvages : l’équilibre sylvo-cynégétique.
  11. Chassagneux A. (2020). Vers une intégration du comportement spatial dans la gestion de la faune sauvage par la chasse : l’exemple du cerf et du sanglier. Thèse de doctorat.
  12. Sheriff M.J. et al. (2011). Measuring stress in wildlife : techniques for quantifying glucocorticoids. Oecologia, 166.
  13. CNPF (2024). Les ongulés sauvages et l’équilibre sylvo-cynégétique.
  14. Roussel V. (2020). L’augmentation démographique du cerf dans le massif des Vosges : compétition entre usages de l’environnement. VertigO.
  15. Ministère de la Transition écologique (2022). Les ongulés sauvages de France métropolitaine – Évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (EFESE).
  16. Tack J. et al. (2018). Wild Boar (Sus scrofa) Populations in Europe.
  17. Boissy A. et al. (2007). Assessment of positive emotions in animals to improve their welfare. Physiology & Behavior, 92(3).
Munitions au plomb : une catastrophe sanitaire

Munitions au plomb : une catastrophe sanitaire

Impacts sur l’environnement, la faune sauvage et la santé humaine, cadre réglementaire et alternatives.

La grenaille utilisée pour la chasse dans les zones terrestres contient du plomb. Bien qu’interdite dans les zones humides, la dispersion passée et actuelle de billes de plomb persiste des dizaines, voire des centaines d’années. Le plomb est aussi présent dans les balles pour le grand gibier. Les effets sur la santé des animaux sauvages et des humains sont considérables, mais difficiles à percevoir : l’empoisonnement au plomb de chasse est une « maladie cachée »[1].

Des tonnes de plomb déversées chaque année

Chaque année en Europe, selon l’ECHA, 30 000 à 40 000 tonnes de plomb sont utilisées dans des munitions de types variés. 21 000 tonnes sont utilisées par les chasseurs ; environ 7 000 tonnes sont dispersées dans les zones humides et 14 000 tonnes sur la terre ferme[10]. La France, qui compte ~20 % des 5,2 millions de chasseurs européens[2], représenterait à elle seule près de 2 800 tonnes utilisées chaque année sur la terre ferme.

30–40 000 T de plomb munitions/an en Europe
14 000 T déposées sur sols terrestres
7 000 T déposées en zones humides
2,8 000 T estimées/an en France (terre ferme)

Le plomb n’étant pas biodégradable, la grenaille se délite, s’oxyde, s’érode ou s’enfouit, mais demeure accessible et biodisponible pendant des décennies, voire des centaines d’années. Des études de terrain montrent des niveaux élevés dans des sites chassés (ex. étangs du Parc naturel régional de la Forêt d’Orient)[3], ou encore sur le col de Lizarrieta (Natura 2000) où des champignons dépassent de 4 à 14 fois les seuils autorisés[4]. Au delta de l’Èbre (Espagne), malgré l’interdiction de la grenaille de plomb depuis 2001, on relevait encore en 2014 97 à 266 grenailles/m² dans les 20 premiers centimètres de sédiments[5].

La réintroduction en 2024 de la chevrotine (gros plomb à courte distance) lors de battues dans de nombreux départements accroîtrait mécaniquement la pollution liée à la grenaille, principal vecteur de saturnisme aviaire.

 

Impacts sur la faune et la chaîne alimentaire

L’accumulation de plomb dans les compartiments du milieu naturel engendre des problèmes sanitaires majeurs. Chez les oiseaux d’eau, l’ingestion accidentelle de billes avec l’alimentation est documentée : par exemple, 6 billes ingérées le matin peuvent être totalement solubilisées le soir et passées dans le sang, avec une absorption jusqu’à 20 fois plus rapide avec des grains durs (ex. maïs) qu’avec des aliments « mous »[6].

Mortalité estimée chez les canards selon le nombre de billes ingérées

Plombs ingérés Mortalité
1 9 %
2 25 %
3 67 %
4 99 %

Données sur 20 jours d’ingestion chez les canards [7].

Chaîne détritique : vautours et charognards

Les charognards (vautours notamment) consomment les dépouilles et viscères abandonnés après une chasse de grand gibier. Les balles (souvent à cœur de plomb) fragmentent à l’impact, disséminant des particules microscopiques dans les tissus. Le risque de saturnisme est alors élevé pour ces espèces nécrophages, avec des cas documentés en Espagne et en France.

Faune chassée et résidus dans la viande

Au-delà des oiseaux, des teneurs notables en plomb diffus sont retrouvées dans les muscles de sangliers et cervidés (différents du plomb « environnemental » davantage stocké dans le foie), en lien avec la fragmentation balistique[8]. Le cœur de nombreuses balles reste en plomb.

 

Exposition humaine via la venaison

Des fragments de plomb se dispersent largement dans les tissus sous forme de particules micro- voire nanoscopiques ; parer généreusement autour de la plaie ne suffit pas à éliminer tout le plomb potentiellement absorbable par le consommateur[10]. Le plomb est un puissant neurotoxique et suspect perturbateur endocrinien pouvant allonger le délai de conception[9].

Selon l’ECHA, en Europe, environ 1 million d’enfants sont exposés à des effets toxiques du plomb via la viande de gibier et les articles de pêche ; réduire la consommation de venaison chez les enfants pourrait éviter une baisse de QI chez ~7 000 d’entre eux[10].

En France, l’Anses (2018) recommande :

  • femmes en âge de procréer et enfants → éviter toute consommation de grand gibier sauvage ;
  • autres publics → limiter à une fréquence occasionnelle (ordre de trois fois par an)[11].

Réglementation : où en est-on ?

En France, l’usage de grenaille de plomb est interdit en zones humides et à 30 m alentour (arrêté du 9 mai 2005), renforcé au niveau européen depuis février 2023 avec une interdiction dans les 100 m autour des zones humides (Règlement UE 2021/57). La Convention de Bonn (2014, Quito) appelle à la fin du plomb pour la chasse sous 3 ans.
L’agence chimique européenne (ECHA) a proposé une suppression des grenailles de plomb pour la chasse dans un délai dès 2021 [12]. En février 2025, la Commission européenne , suivant les recommandations de l’ECHA, a proposé un plan pour modifier la réglementation REACH et éliminer à terme le plomb dans les munitions pour la chasse.

 

Des alternatives existent

Pour la grenaille, la première alternative est l’acier — de coût proche du plomb mais plus léger (compensation par taille de grenaille). D’autres options : tungstène, cuivre, bismuth (souvent plus onéreux). Le fer, le tungstène et l’alliage bismuth‑étain sont reconnus non toxiques en Amérique du Nord[13].

Pour les balles, des projectiles en cuivre ou alliages de cuivre offrent une efficacité comparable[14]. La transition peut impliquer la mise à niveau d’armes anciennes, ce qui ne saurait justifier des subventions publiques massives à l’échelle demandée par certaines organisations.

 

  1. Proceedings of the Oxford Lead Symposium (2014) – Lead Ammunition: understanding and minimising the risks to human and environmental health, p. 127.
  2. Foucart, S. (2018). « Les munitions au plomb menacent l’environnement et la santé ». Le Monde, 13/09/2018. lien.
  3. Gautier, C. (Pôle ZH I) – Étude des micropolluants des étangs du PNR de la Forêt d’Orient (Courrier scientifique n° 30). (réf. pôle‑zhi.org).
  4. Association CPAL (2023). Rapport sur la présence de plomb (zone Natura 2000 col de Lizarrieta).
  5. Loury, R. (2014). « Le chasseur moins exposé au plomb » ; données citées par Mateo Soria et al. (IREC, Ciudad Real).
  6. Conservation‑nature – « Pollutions par les munitions ». lien.
  7. OPECST (2001). Rapport n° 261 « Les effets des métaux lourds sur l’environnement et la santé ». lien. Cité par A. Meignie (2023).
  8. ANSES – Avis « Risque sanitaire lié à la consommation de gibier … » (cadmium, plomb, etc.). PDF.
  9. Bied Damon, V. & Mirakian, P. – Environnement et infertilité (MSD). lien.
  10. ECHA – Dossier restriction « Lead use » : exposition via venaison et pêche. lien.
  11. ANSES (23/03/2018). « Consommation de gibier sauvage : agir pour réduire les expositions… ». lien.
  12. ECHA/NR/21/07 – Towards sustainable outdoor shooting and fishing – ECHA proposes restrictions on lead use.
  13. Proceedings of the Oxford Lead Symposium (2014), p. 128 – matériaux non toxiques (fer, tungstène, bismuth‑étain) reconnus en Amérique du Nord.
  14. Solognac – « Le sans plomb : le futur de nos balles de chasse ». lien.

 

Halte au « choc de régulation » : classer les cervidés en ESOD, et puis quoi encore ?

Halte au « choc de régulation » : classer les cervidés en ESOD, et puis quoi encore ?

Une solution extrême pour un problème non scientifiquement démontré

Un rapport conjoint des inspections générales (CGAAER et IGEDD) , qui a pour objectif d’évaluer la mise en œuvre du contrat État – Office national des forêts (ONF) 2021-2025 et de proposer des perspectives pour l’élaboration du prochain contrat couvrant la période 2026-2030[1], a récemment jeté un pavé dans la mare en proposant des mesures ultra-radicales pour rétablir le soi-disant équilibre sylvo-cynégétique dans les forêts domaniales[2].
Ce rapport, publié en mai 2025, évalue la mise en œuvre du contrat État–ONF 2021-2025 et propose des perspectives pour l’avenir.
Au cœur de ses recommandations : le classement, certes temporaire et localisé, des cerfs et chevreuils en Espèces Susceptibles d’Occasionner des Dégâts (ESOD), ainsi qu’un véritable « choc de régulation des ongulés sauvages », comme régulièrement préconisé par l’ONF.
Et cela bien que les effectifs de chevreuils soient en chute[3].

L’Office national des forêts (ONF) identifie le déséquilibre forêt-ongulés comme un risque majeur[4], constatant que les zones en déséquilibre dans les forêts domaniales sont passées de 38 % en 2019 à 50 % en 2023.
Cependant, en dépit de l’urgence invoquée pour justifier ce classement ESOD et ces abattages massifs, l’absence flagrante de deux éléments fondamentaux rend ce projet non seulement disproportionné, mais potentiellement écologiquement irresponsable : l’absence d’études scientifiques sérieuses et l’ignorance totale du rôle de la prédation naturelle par le loup.

Les termes employés dans le rapport, évoquant un « plan d’action de crise » et des mesures comparables à celles mises en place en 2019 pour lutter contre la peste porcine africaine (PPA) dans les « zones blanches », font froid dans le dos.
Une telle approche, calquée sur une urgence sanitaire pour traiter une problématique écologique complexe, révèle une vision simpliste de l’écosystème forestier.

L’absence de justification scientifique démontrée

Le rapport préconise des actions extrêmement brutales, notamment le classement temporaire en ESOD et l’augmentation significative des tirs, y compris sur les groupes matriarcaux (biches et faons). Pourtant, les sources elles-mêmes soulignent que le dialogue sur l’équilibre forêt-ongulés est perturbé par des désaccords concernant les indicateurs de dommage et de régénération.

Il est essentiel de rappeler que l’ONF et les forestiers en général ont été incapables, dans certains cas récents (comme dans la Réserve naturelle des Hauts Plateaux du Vercors), de présenter des documents sérieux concernant l’impact réel des cerfs sur la forêt. Les ongulés sauvages, dont les cerfs et chevreuils, consomment naturellement la régénération.
Ce sont donc des études solides sur les dommages en matière de régénération forestière à long terme et sur les impacts économiques qui doivent étayer toute demande d’intensification de la pression de tir, et non de simples constats d’abroutissement (phénomène naturel en présence d’herbivores).

Le rapport reconnaît d’ailleurs que les expérimentations actuelles pour rétablir l’équilibre sont jugées insuffisantes et trop limitées. Il est demandé à l’ONF de produire des « dossiers d’alerte » argumentés et étayés pour objectiver les dégâts dans les régénérations et les jeunes peuplements, en s’appuyant sur des outils comme enclos/exclos (par exemple en forêt de Schirmeck, dans le Bas-Rhin) ou le protocole IRSTEA[5]. Néanmoins, même des outils reconnus, comme les Indicateurs de Changement Écologique (ICE), nécessitent un suivi d’au moins trois ans pour fournir une représentation fiable de l’évolution des dégâts.
Imposer un « choc de régulation » avant des diagnostics partagés et robustes interroge sur la priorité donnée à une résolution rapide plutôt qu’à une gestion durable fondée sur des données incontestables.

Le silence assourdissant sur le loup en tant que solution

L’aspect le plus troublant du projet de « choc de régulation » réside dans l’omission totale de la prédation par le loup comme facteur régulateur des populations d’ongulés. Bien que le rapport reconnaisse implicitement que la surabondance d’ongulés sauvages a été favorisée, entre autres, par la diminution du nombre de grands prédateurs depuis les années 1970 (loup, lynx, ours), il n’évoque à aucun moment la régulation naturelle par le loup, ni l’intérêt qu’il y aurait à réduire les tirs de loups afin de rétablir l’équilibre forêt-faune.

La mission conjointe recommande une série d’actions coercitives menées par les préfets, incluant des abattages massifs et potentiellement la classification ESOD. Sachant pertinemment que la classification ESOD actuelle des espèces interroge déjà quant à la reconnaissance des services rendus par la faune sauvage, le rapport ne dit mot de la prédation naturelle du loup et de ses effets sur les chevreuils et les cerfs.
Comment l’État peut-il envisager un plan d’action d’une telle ampleur, axé sur la restauration de l’équilibre des écosystèmes forestiers, tout en ignorant l’un des mécanismes naturels les plus puissants pour contrôler les populations de cervidés ?

La présence du loup (effets de dispersion, de stress, et de prélèvement sur les ongulés) est un facteur de résilience des écosystèmes qui, s’il était pris en compte, pourrait réduire la nécessité de recourir à des plans d’abattage administratifs et coûteux.
Le maintien de la biodiversité et la résilience des écosystèmes forestiers font partie des objectifs majeurs de l’ONF et de l’État, mais ce « choc de régulation » ignore la contribution écologique des grands prédateurs à cet objectif.

Conclusion : une démarche administrative contre-nature

Le projet de classement des cerfs et chevreuils en ESOD dans certaines forêts domaniales, et le recours à un « choc de régulation », constituent une réponse administrative alarmante face aux défis écologiques. Cette stratégie est doublement défaillante : d’une part, elle s’appuie sur des constats de déséquilibre dont la gravité n’est pas toujours appuyée par des études sérieuses et incontestées (souvent de simples indicateurs ou diagnostics controversés) ; d’autre part, elle écarte l’unique force capable d’assurer une régulation naturelle et durable des ongulés : le loup.

Avant d’exiger des « tirs de nuit encadrés » et des « abattages massifs » comparables à la lutte contre la PPA, l’État et l’ONF doivent impérativement faire preuve de transparence et de rigueur scientifique.
Nous exigeons que la gestion des populations, si elle doit avoir lieu, soit basée sur des données scientifiques robustes et qu’elle intègre les dynamiques naturelles de prédation, pour une gestion forestière véritablement durable et écologique.
En l’état, le classement ESOD et le « choc de régulation » s’apparentent davantage à une opération de communication qu’à un plan de gestion crédible.

 

Sources

    1. Rapport CGAAER n° 24100, IGEDD n° 015934-01 —téléchargement (agriculture.gouv.fr)
    2. Le Chasseur Français — « Cerfs et chevreuils bientôt classés “nuisibles” dans les forêts domaniales ? » — lire l’article
    3. Animal Cross — « Ouverture de la chasse : chevreuils en crise, sangliers en excès » — lire l’article
    4. Rapport CGAAER n° 24100, IGEDD n° 015934-01 (p. 15) — voir le document
    5. Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture