Consultation publique : dites non au nouveau classement des animaux « ESOD »

Consultation publique : dites non au nouveau classement des animaux « ESOD »

Le ministère de la Transition écologique soumet actuellement à la consultation du public un projet d’arrêté fixant, pour la période 2026-2029, la liste des espèces dites « susceptibles d’occasionner des dégâts » – les ESOD – ainsi que leurs modalités de destruction. Renards, fouines, martres, belettes, corneilles, pies, geais, corbeaux freux et étourneaux pourraient continuer à être détruits pendant trois années supplémentaires.

Vous pouvez donner votre avis jusqu’au 30 juillet 2026. Animal Cross vous invite à déposer une contribution défavorable.

Pourquoi Animal Cross s’oppose-t-elle à ce projet ?

  • Les dégâts imputés aux ESOD ne reposent pas sur des preuves solides, ils ne sont ni probants ni fiables, puisque la réalité des dégâts ne peut pas réellement être contrôlée. Mieux : Les espèces peuvent être détruites dans des secteurs où aucun dégât n’a été constaté localement, ce qui est contraire aux exigences posées par le Code de l’environnement et rappelées à plusieurs reprises par le Conseil d’État. Le Conseil d’État a ainsi annulé le classement du renard dans plusieurs départements (notamment l’Aveyron, la Haute-Loire et la Lozère) lorsque l’administration n’avait pas démontré que l’espèce était susceptible d’y occasionner des dégâts. Et puis, comment la belette peut-elle être « nuisible » dans un seul département français, comme par hasard celui du président de la Fédération Nationale des Chasseurs alors qu’elle est protégée dans de nombreux pays européens?
  • Les services écologiques apportés par ces espèces ne sont pas pris en compte (par ex. le renard régule les populations de petits rongeurs responsables de dégâts sur les cultures et permet de limiter la propagation de maladies), c’est-à-dire qu’ils ne sont jugés qu’à charge.
  • La prévention des dégâts (protection des cultures et élevages, etc…) devrait systématiquement être mise en œuvre, comme c’est d’ailleurs prévu dans la directive Habitats de 1992  (« vous devrez établir en quoi leur mise en œuvre est impossible ou insatisfaisante «). Ces trois premiers points ont été confirmés par un rapport de l’Inspection Générale de l’Environnement en 2024.
  • L’efficacité des méthodes létales, contre les dégâts supposés, n’a jamais été démontrée, et c’est même le contraire puisque c’est partie remise chaque année avec des centaines de milliers d’animaux que l’on détruit pour rien en France.
  • La réglementation actuelle est totalement obsolète et rétrograde en regard des connaissances actuelles sur les interactions des êtres vivants. Animal Cross demande au ministère de l’écologie sa révision complète depuis plusieurs années.
  • La martre a été indûment réintégrée à la liste des ESOD en dépit de la décision du Conseil d’État qui avait annulé en mai 2025 son classement sur tout le territoire,
  • Le point sur l’inutilité de tuer peut être complété par des travaux scientifiques récents (revue Biological Conservation) qui concluent que non seulement ces destructions massives ne permettent pas de protéger l’agriculture ni de réguler les populations, mais de plus elles ont des effets négatifs.

Comment participer ?

Rendez-vous sur la page officielle de la consultation (il s’agit d’une page du Ministère de la transition écologique et non pas d’une page d’Animal cross) :

https://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-pris-pour-l-application-de-l-a3385.html

Faites défiler la page jusqu’au bouton « Déposer votre commentaire ».

Remplissez les champs demandés.

Faites impérativement apparaître le mot « DÉFAVORABLE » dans le titre de votre contribution.

Vous pouvez rédiger votre propre avis ou reprendre les arguments proposés ci-dessus.

Cliquez sur « Commenter » pour valider votre participation.

« `

ESOD : La science confirme de nouveau l’absurdité d’un massacre inutile et coûteux

ESOD : La science confirme de nouveau l’absurdité d’un massacre inutile et coûteux

Chez Animal Cross, cela fait des années que nous dénonçons le classement injustifié des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD). Nous avons crié haut et fort que ce terme n’est qu’un habillage « politiquement correct » pour l'ancien mot « nuisible ». Derrière ce sigle se cache une réalité que nous jugeons inconcevable : le piégeage et le tir systématiques de millions d'animaux, autorisés quasiment sans limite et en toute saison.

Aujourd'hui, une étude inédite du Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), publiée le 9 mars 2026 dans la revue Biological Conservation, vient enfin nous donner raison en démontrant scientifiquement l'inefficacité totale et l'aberration économique de cette politique de destruction, mais qu'elle aussi éthiquement injustifiable.

Une étude capitale demandée par l’État lui-même

Fait remarquable, cette étude du MNHN a été commandée et financée par le ministère de la Transition écologique. Pour la première fois, des chercheurs ont eu un accès total aux données administratives nationales couvrant sept saisons de chasse (2015-2022).

L’objectif était clair : évaluer enfin l’efficacité réelle de la destruction de 1,7 million de renards, mustélidés et corvidés abattus chaque année en France.

Un massacre de masse sans aucun résultat

Des millions d'animaux sont abattus pour une promesse de réduction des dégâts agricoles et des risques sanitaires qui n'est jamais tenue.

Les chercheurs ont analysé sept années de données nationales (2015-2022) et leur conclusion est sans appel : il n'existe aucun lien entre l'effort de destruction et l'évolution des dommages déclarés.
Pire, une relation significative a été observée entre l'effort de lutte d'une année et les dégâts déclarés l'année suivante. Plus le nombre d'animaux abattus était élevé, plus les dégâts étaient importants l'année suivante, et cela d'une part pour la pie bavarde, et d'autre part en regroupant toutes les espèces.

En clair, tuer plus d'animaux ne fait pas baisser les factures de dégâts, et, point crucial, réduire ou arrêter ces destructions ne provoque aucune augmentation des dommages. Cette prétendue « régulation » est un mythe : les populations d'oiseaux (corneilles, pies, geais) ne diminuent pas malgré les tirs, car les mécanismes de compensation démographique et la survie des jeunes prennent le relais.

Une aberration économique : on dépense 8 fois plus pour tuer que pour indemniser

L’aspect le plus édifiant de cette étude est sans doute son analyse économique. Pour la première fois, le coût financier des opérations de destruction (temps de travail, matériel, transport) a été calculé. Le résultat est vertigineux : le massacre des ESOD coûte entre 103 et 123 millions d’euros par an à la société. En face, le montant des dégâts officiellement déclarés ne s'élève qu'à 8 à 23 millions d’euros.
Nous dépensons jusqu'à huit fois plus d'argent pour massacrer la faune sauvage que ce qu'elle nous « coûte » en dégâts. Même dans le scénario le plus bas, sans compter le temps de travail bénévole des chasseurs, le coût de la destruction reste supérieur aux dommages.
C'est une faillite rationnelle complète
.

 

Sacrifier nos meilleurs alliés : une perte pour la biodiversité

En nous acharnant sur ces espèces « mal-aimées », nous nous tirons une balle dans le pied. L'étude rappelle que ces animaux rendent des services écosystémiques indispensables que nous perdons en les tuant.
  • Le Renard est un auxiliaire précieux de l'agriculture par sa prédation massive sur les rongeurs.
  • Le Geai des chênes assure la régénération de nos forêts par la dispersion des graines. Le coût de remplacement de ce service par l'humain est estimé à une perte de 100 à 454 millions d'euros pour les seuls geais tués durant la période étudiée.

 

Un consensus scientifique et administratif grandissant

Cette étude du MNHN n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans une liste de rapports de plus en plus critiques envers la politique française :
  • L’ANSES (2023) a déjà affirmé que le motif sanitaire (comme la lutte contre l'échinococcose ou la rage) ne justifie pas l'élimination des renards, ces mesures étant inefficaces, voire contre-productives en favorisant la dispersion des maladies.
  • La FRB (Fondation pour la recherche sur la biodiversité) en 2024, a souligné que le classement ESOD manque de fondement scientifique et occulte totalement les bénéfices apportés par ces espèces.
  • L’IGEDD (2025), dans un rapport de l’Inspection Générale de l’Environnement, appelle à un « changement de paradigme » et recommande de ne pas renouveler le décret triennal en 2026 pour passer à une gestion collégiale et préventive.
  • L’étude CARELLI (2025), menée dans le Doubs, a prouvé expérimentalement que le statut ESOD ne réduit ni le nombre de renards ni les dégâts sur les volailles. Elle conclut qu'une meilleure protection des poulaillers est bien plus efficace que n'importe quelle campagne de tir.

Pour un changement radical de paradigme

Cette étude enfonce le clou après les rapports de l'ANSES en 2023, de la FRB en 2024, de l'IGEDD en 2025 et de l'étude CARELI en 2025 : la réglementation actuelle est obsolète, subjective et injuste. Le classement ESOD repose trop souvent sur des déclarations de dégâts invérifiées et des décisions prises sous l'influence de lobbies plutôt que sur des bases scientifiques.
Animal Cross demande, avec force :
  1. L'abandon définitif du classement ESOD pour les espèces de catégorie 2 (renard, fouine, martre, belette, corneille, corbeau, pie, geai et étourneau).
  2. Le passage à une stratégie de prévention non-létale : effaroucheurs, semences répulsives et protection des élevages, qui ont prouvé leur efficacité là où le fusil échoue.
  3. La reconnaissance de la dignité et du rôle écologique de ces espèces qui font partie intégrante de notre patrimoine naturel.
  4. La fin d'une gestion dictée par les lobbies au profit d'une politique basée sur la science et l'éthique


Comme le souligne l'étude du MNHN, l'arrêt du décret triennal en 2026 est l'occasion unique de mettre en place un nouveau système de gestion collégial et sensé
.

Il est temps de passer d'une politique de destruction systématique à une cohabitation apaisée avec la faune sauvage.

Sources

ANSES. 2023. Évaluation des impacts sur la santé publique de la dynamique des populations de renards (Rapport d’expertise collective, Saisine n° 2022-SA-0049). Maisons-Alfort : Anses.

Plancke, M., Zemman, C., & Soubelet, H. (2023). Synthèse de l'avis des experts scientifiques et sociétaux sur le classement des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD). Fondation pour la recherche sur la biodiversité.

Castel, F., & Hérault, M.-L. (2025). Parangonnage sur les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (Esod) (Rapport n° 015518-01). Inspection générale de l'Environnement et du Développement durable.

Pépin, D., Feuvrier, P., Powolny, T., & Giraudoux, P. (2025). Investigating the effects of red fox management on poultry beyond the controversy, Jura Massif, France. Scientific Reports, 15, 26238.

Jiguet, F., Morin, A., Courtines, H., Robert, A., Fontaine, B., Levrel, H., & Princé, K. (2026). Ecological and economic assessments of native vertebrate pest control in France. Biological Conservation.

 

 

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Répondre à la consultation publique avant le 20 mars 2026

La direction départementale des territoires (DDT) de Saône-et-Loire met actuellement à consultation du public un projet d’arrêté préfectoral autorisant une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau du 15 juin au 14 septembre 2026.

Cette période dite « complémentaire » permettrait le déterrage des blaireaux en plein été, c’est-à-dire pendant la période d’élevage des jeunes, une pratique particulièrement controversée et dénoncée depuis de nombreuses années par les associations de protection de la nature.

👉 Animal Cross vous invite à participer à la consultation publique et à vous opposer à ce projet d’arrêté.
Attention : pour que votre participation soit valable, pensez à autoriser la publication de votre contribution et à cocher la case « Avis défavorable » avant de déposer votre commentaire.
La mention « Avis favorable au projet d’arrêté » peut apparaître par défaut : ne vous y trompez pas.

Voir la consultation

Proposition de réponse :

Monsieur le Préfet de la Saône-et-Loire,

La Direction Départementale des Territoires de la Saône-et-Loire propose à la consultation du public un projet d’arrêté préfectoral portant sur la période complémentaire de la vénerie sous terre du Blaireau pour la période allant du 15 juin 2026 au 14 septembre 2026.

Je souhaite déposer un AVIS DÉFAVORABLE à votre projet d’arrêté.

- L'argument d'une prétendue "prolifération" est démenti par les réalités biologiques de l'espèce. Le blaireau présente une vulnérabilité intrinsèque due à une dynamique de reproduction particulièrement lente :

  • Faible taux de reproduction : Seules 30 % des femelles se reproduisent annuellement (1), avec une moyenne de seulement 2,7 blaireautins par portée.
  • Mortalité juvénile critique : Entre 50 % et 70 % des jeunes périssent avant leur première année (collisions routières, conditions climatiques).
  • Il n'existe pas de recensement fiable des populations de blaireaux dans le département 71. Les données fournies par les chasseurs sont partiales et insuffisantes pour prouver une surabondance.

- Il est illegal de tuer les "petits" de mammifères. Scientifiquement, le "petit" désigne l'individu inapte à assurer le renouvellement de l'espèce. Toute intervention avant l'émancipation totale (fin d'automne) impacte directement la pérennité démographique locale. En effet, les blaireautins naissent généralement entre janvier et mars. Ils restent dans le terrier pendant leurs premières semaines de vie et ne commencent à en sortir qu’aux alentours de 6 à 8 semaines, au moment du sevrage. À partir de là, ils apprennent progressivement à se nourrir seuls et à s’intégrer dans la vie sociale du clan. Cependant, leur développement est lent. Les études scientifiques montrent que le blaireau est considéré comme un « petit » tout au long de sa première année de vie (1). Autrement dit, les jeunes nés au printemps sont encore très immatures pendant l’été.
La Cour administrative d’appel de Bordeaux (avis du 24 février 2026) précise que la notion de « petits » correspond à un défaut d'autonomie (incapacité de survivre seul) et que cet état ne doit être assimilé ni à la période de sevrage, ni à la maturité sexuelle.
De plus, la vénerie sous terre est une méthode non-sélective. L'animal étant terré, le chasseur est incapable d'identifier l'âge ou le statut de l'individu avant l'extraction aux pinces.
- La destruction des terriers nuit à la biodiversité globale en impactant les espèces cohabitantes, dont certaines sont protégées : le Putois d'Europe, le Chat forestier, le Renard, le Lapin de garenne et diverses espèces de Chauves-souris.
- Les dégâts aux cultures sont minimes avec seulement 22 cas signalés et la vénerie sous terre n'est pas une solution adaptée pour les dégâts aux infrastructures routières ou ferroviaires.
- Il existe des alternatives non-létales : Les répulsifs naturels ont prouvé leur efficacité pour un coût moindre pour les finances publiques. Il est également possible de recourir à des terriers artificiels.

- La vénerie sous terre, par sa nature même (acculement par les chiens, extraction traumatique aux pinces métalliques, mise à mort manuelle), inflige une souffrance extrême et prolongée. Ce caractère barbare est en rupture totale avec l'évolution des mœurs et les attentes sociétales : 83 % des Français sont favorables à l'interdiction du déterrage (Sondage IPSOS 2018).
 
(1)  https://hal.science/hal-03035073v1  ( François Lebourgeois. Le blaireau européen (Meles meles L.). Synthèse des connaissances européennes. Partie 2: groupes familiaux, dynamiques des populations et domaines vitaux. Revue forestière française, 2020)
 

Lancement d’une pétition commune avec 7 associations pour sortir le renard de la liste “ESOD”

Lancement d’une pétition commune avec 7 associations pour sortir le renard de la liste “ESOD”

Une pétition officielle a été déposée à l’Assemblée nationale pour demander la fin du classement des renards roux en tant qu’ « espèce susceptible d’occasionner des dégâts » (ESOD). Les associations à l’initiative de cette démarche, Animal Cross, ASPAS, AVES, Faune Alfort, FERUS, Focale pour le Sauvage, le Pôle Grands prédateurs et One Voice, appellent à une mobilisation citoyenne urgente afin de mettre fin aux abattages massifs de ces animaux.

Pour éclairer le grand public sur le sujet et rappeler les enjeux de cette pétition, une journée d’action sur le terrain, est organisée samedi 17 janvier dans 11 villes, à l’initiative de One Voice.

Un classement ESOD à l’origine d’abattages massifs et inutiles

Chaque année en France, au moins 500 000 renards sont tués par tir, piégeage ou déterrage, pratiques rendues possibles par leur inclusion sur la liste ESOD, dans 88 départements à ce jour. Ce chiffre glaçant met en lumière une réalité alarmante : les renards subissent ces pratiques cruelles à grande échelle, à l’image du déterrage, une méthode documentée depuis longtemps par nos associations comme étant particulièrement barbare.

Le renard, un allié écologique et sanitaire essentiel pour nos écosystèmes

Cette persécution ne repose pourtant sur aucun fondement scientifique. Les renards sont des alliés majeurs de nos territoires : ils régulent les rongeurs ravageurs des cultures et porteurs de maladies telle que la borréliose de Lyme, réduisant ainsi pertes agricoles, dépendance aux rodenticides toxiques et propagation d’une zoonose touchant plusieurs dizaines de milliers de personnes chaque année en France.

Animaux omnivores disséminant les espèces végétales et charognards éliminant les carcasses, ils constituent en outre un maillon essentiel de nos écosystèmes.

La “régulation” des renards : une inefficacité démontrée

L’ANSES l’a confirmé en 2023 :  les renards ne présentent pas de risque pour la santé publique. Ils ne sont plus porteurs de la rage depuis l’éradication de la maladie en 2001 et leur abattage accroît la circulation de l’échinococcose.

Les dégâts prétendument invoqués sont tout aussi infondés, les études, dont le programme CARELI, démontrant que tuer des renards ne réduit en rien les prédations et que seules des protections adaptées des poulaillers sont réellement efficaces.

Enfin, la régulation naturelle de l’espèce est parfaitement assurée par la disponibilité des ressources, comme l’illustrent les résultats du Luxembourg où l’arrêt de la chasse aux renards n’a provoqué ni surpopulation ni déséquilibre écologique. Ces conclusions ont été confirmées par plusieurs rapports et études scientifiques récents, qui soulignent l’inefficacité des actions de « régulation » des renards (FRB, 2023) et recommandent expressément de les supprimer de la liste des ESOD (IGEDD, 13 février 2025).

Le Conseil d’Etat a d’ailleurs déjà annulé partiellement leur classement en Aveyron, en Haute-Loire et en Lozère, faute de justification des abattages systématiques. La rapporteure publique avait d’ailleurs à cette occasion considéré que la raison commande d’accompagner la remise à plat du régime des ESOD.

L’opinion publique largement opposéE

L’opinion publique est elle aussi claire : 65% des Françaises et des Français sont contre ce classement, et 71% s’opposent à ces massacres (sondage IFOP, 2023).

Avec l’effondrement massif de la biodiversité, l’année 2026 devrait être l’année charnière d’une préservation accrue des espèces. Elle ne doit pas être celle du renouvellement de l’arrêté triennal maintenant les renards sur la liste des ESOD, en contradiction totale avec les données juridiques, scientifiques et les attentes sociétales.

Aves Francel’ASPAS, Animal Cross, Faune AlfortFocale pour le SauvageFERUS, le Pôle Grands Prédateurs et One Voice appellent ensemble le ministère de la transition écologique à mettre fin au classement des renards en tant qu’ « ESOD ».

Chaque voix compte pour eux. Pour changer la loi autorisant cette liste mortifère, nous appelons le grand public à signer et partager massivement notre pétition commune à l’Assemblée nationale.

One Voice organise le 17 janvier une journée d’action dans 11 villes

Pour éclairer le grand public sur le sujet et rappeler les enjeux de cette pétition, One Voice organise le 17 janvier prochain une journée d’action sur le terrain, dans 11 villes : Fréjus (83)Nice (06)Metz (57)Brive-la-Gaillarde (19)Montpellier (34)Bar-le-Duc (55)Nantes (44)Troyes (10) et Limoges (87). Deux autres actions sont planifiées, le 18 janvier à Toulouse (31) et La Rochelle (17) le 24 janvier (informations à venir).

Halte au « choc de régulation » : classer les cervidés en ESOD, et puis quoi encore ?

Halte au « choc de régulation » : classer les cervidés en ESOD, et puis quoi encore ?

Une solution extrême pour un problème non scientifiquement démontré

Un rapport conjoint des inspections générales (CGAAER et IGEDD) , qui a pour objectif d’évaluer la mise en œuvre du contrat État – Office national des forêts (ONF) 2021-2025 et de proposer des perspectives pour l’élaboration du prochain contrat couvrant la période 2026-2030[1], a récemment jeté un pavé dans la mare en proposant des mesures ultra-radicales pour rétablir le soi-disant équilibre sylvo-cynégétique dans les forêts domaniales[2].
Ce rapport, publié en mai 2025, évalue la mise en œuvre du contrat État–ONF 2021-2025 et propose des perspectives pour l’avenir.
Au cœur de ses recommandations : le classement, certes temporaire et localisé, des cerfs et chevreuils en Espèces Susceptibles d’Occasionner des Dégâts (ESOD), ainsi qu’un véritable « choc de régulation des ongulés sauvages », comme régulièrement préconisé par l’ONF.
Et cela bien que les effectifs de chevreuils soient en chute[3].

L’Office national des forêts (ONF) identifie le déséquilibre forêt-ongulés comme un risque majeur[4], constatant que les zones en déséquilibre dans les forêts domaniales sont passées de 38 % en 2019 à 50 % en 2023.
Cependant, en dépit de l’urgence invoquée pour justifier ce classement ESOD et ces abattages massifs, l’absence flagrante de deux éléments fondamentaux rend ce projet non seulement disproportionné, mais potentiellement écologiquement irresponsable : l’absence d’études scientifiques sérieuses et l’ignorance totale du rôle de la prédation naturelle par le loup.

Les termes employés dans le rapport, évoquant un « plan d’action de crise » et des mesures comparables à celles mises en place en 2019 pour lutter contre la peste porcine africaine (PPA) dans les « zones blanches », font froid dans le dos.
Une telle approche, calquée sur une urgence sanitaire pour traiter une problématique écologique complexe, révèle une vision simpliste de l’écosystème forestier.

L’absence de justification scientifique démontrée

Le rapport préconise des actions extrêmement brutales, notamment le classement temporaire en ESOD et l’augmentation significative des tirs, y compris sur les groupes matriarcaux (biches et faons). Pourtant, les sources elles-mêmes soulignent que le dialogue sur l’équilibre forêt-ongulés est perturbé par des désaccords concernant les indicateurs de dommage et de régénération.

Il est essentiel de rappeler que l’ONF et les forestiers en général ont été incapables, dans certains cas récents (comme dans la Réserve naturelle des Hauts Plateaux du Vercors), de présenter des documents sérieux concernant l’impact réel des cerfs sur la forêt. Les ongulés sauvages, dont les cerfs et chevreuils, consomment naturellement la régénération.
Ce sont donc des études solides sur les dommages en matière de régénération forestière à long terme et sur les impacts économiques qui doivent étayer toute demande d’intensification de la pression de tir, et non de simples constats d’abroutissement (phénomène naturel en présence d’herbivores).

Le rapport reconnaît d’ailleurs que les expérimentations actuelles pour rétablir l’équilibre sont jugées insuffisantes et trop limitées. Il est demandé à l’ONF de produire des « dossiers d’alerte » argumentés et étayés pour objectiver les dégâts dans les régénérations et les jeunes peuplements, en s’appuyant sur des outils comme enclos/exclos (par exemple en forêt de Schirmeck, dans le Bas-Rhin) ou le protocole IRSTEA[5]. Néanmoins, même des outils reconnus, comme les Indicateurs de Changement Écologique (ICE), nécessitent un suivi d’au moins trois ans pour fournir une représentation fiable de l’évolution des dégâts.
Imposer un « choc de régulation » avant des diagnostics partagés et robustes interroge sur la priorité donnée à une résolution rapide plutôt qu’à une gestion durable fondée sur des données incontestables.

Le silence assourdissant sur le loup en tant que solution

L’aspect le plus troublant du projet de « choc de régulation » réside dans l’omission totale de la prédation par le loup comme facteur régulateur des populations d’ongulés. Bien que le rapport reconnaisse implicitement que la surabondance d’ongulés sauvages a été favorisée, entre autres, par la diminution du nombre de grands prédateurs depuis les années 1970 (loup, lynx, ours), il n’évoque à aucun moment la régulation naturelle par le loup, ni l’intérêt qu’il y aurait à réduire les tirs de loups afin de rétablir l’équilibre forêt-faune.

La mission conjointe recommande une série d’actions coercitives menées par les préfets, incluant des abattages massifs et potentiellement la classification ESOD. Sachant pertinemment que la classification ESOD actuelle des espèces interroge déjà quant à la reconnaissance des services rendus par la faune sauvage, le rapport ne dit mot de la prédation naturelle du loup et de ses effets sur les chevreuils et les cerfs.
Comment l’État peut-il envisager un plan d’action d’une telle ampleur, axé sur la restauration de l’équilibre des écosystèmes forestiers, tout en ignorant l’un des mécanismes naturels les plus puissants pour contrôler les populations de cervidés ?

La présence du loup (effets de dispersion, de stress, et de prélèvement sur les ongulés) est un facteur de résilience des écosystèmes qui, s’il était pris en compte, pourrait réduire la nécessité de recourir à des plans d’abattage administratifs et coûteux.
Le maintien de la biodiversité et la résilience des écosystèmes forestiers font partie des objectifs majeurs de l’ONF et de l’État, mais ce « choc de régulation » ignore la contribution écologique des grands prédateurs à cet objectif.

Conclusion : une démarche administrative contre-nature

Le projet de classement des cerfs et chevreuils en ESOD dans certaines forêts domaniales, et le recours à un « choc de régulation », constituent une réponse administrative alarmante face aux défis écologiques. Cette stratégie est doublement défaillante : d’une part, elle s’appuie sur des constats de déséquilibre dont la gravité n’est pas toujours appuyée par des études sérieuses et incontestées (souvent de simples indicateurs ou diagnostics controversés) ; d’autre part, elle écarte l’unique force capable d’assurer une régulation naturelle et durable des ongulés : le loup.

Avant d’exiger des « tirs de nuit encadrés » et des « abattages massifs » comparables à la lutte contre la PPA, l’État et l’ONF doivent impérativement faire preuve de transparence et de rigueur scientifique.
Nous exigeons que la gestion des populations, si elle doit avoir lieu, soit basée sur des données scientifiques robustes et qu’elle intègre les dynamiques naturelles de prédation, pour une gestion forestière véritablement durable et écologique.
En l’état, le classement ESOD et le « choc de régulation » s’apparentent davantage à une opération de communication qu’à un plan de gestion crédible.

 

Sources

    1. Rapport CGAAER n° 24100, IGEDD n° 015934-01 —téléchargement (agriculture.gouv.fr)
    2. Le Chasseur Français — « Cerfs et chevreuils bientôt classés “nuisibles” dans les forêts domaniales ? » — lire l’article
    3. Animal Cross — « Ouverture de la chasse : chevreuils en crise, sangliers en excès » — lire l’article
    4. Rapport CGAAER n° 24100, IGEDD n° 015934-01 (p. 15) — voir le document
    5. Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture
Corneilles, geais des chênes… Ces « ESOD » sensibles, utiles et intelligentes !

Corneilles, geais des chênes… Ces « ESOD » sensibles, utiles et intelligentes !

Chasse, collisions routières, destruction des habitats naturels… Les animaux sauvages doivent lutter au quotidien pour leur survie dans un monde où la place de l’humain est omniprésente. Même les animaux d’espèces protégées peuvent être tués, en vertu de dérogations dont les régimes ne cessent de s’assouplir. Mais les pires victimes de l’Homme sont les animaux dont l’espèce a été classée « susceptible d’occasionner des dégâts » ! Au total, 9 espèces indigènes peuvent être piégées toute l’année et tirées hors période de chasse…

Pourtant, tous ces animaux sont des êtres vivants, sensibles et indispensables dans la nature ! Certains ont même des capacités cognitives extraordinaires. En cette journée mondiale des intelligences animales, Animal Cross souhaite leur rendre hommage en rappelant toutes ces vertus déjà mises en lumière dans son ouvrage « Article 0 ».

Les corbeaux et corneilles, des auxiliaires de la nature aux compétences incroyables !

Plusieurs études scientifiques ont souligné les capacités cognitives surprenantes des corvidés, parmi lesquelles : la permanence de l’objet (un objet retiré de leur vue continue d’exister), la patience (il leur est loisible de différer une récompense pour en obtenir une autre plus importante), le voyage mental dans le temps (ils peuvent anticiper ou retrouver des événements), le raisonnement (en imaginant des solutions), la reconnaissance dans le miroir, ou encore, l’apprentissage vocal (en provenance de leur propre espèce ou d’autres espèces (Trends in Cognitive Sciences, 2016).

Et comme nombre d’animaux, les corvidés rendent divers services à la nature… et par ricochet à l’humain. En se nourrissant de limaces, d’insectes et de petits mammifères, les corbeaux et corneilles sont d’excellents auxiliaires de l’agriculture. La corneille joue un rôle de nettoyeur grâce à son régime charognard : elle nettoie nos routes et autoroutes de milliers de victimes du trafic routier. Sa présence est également vitale pour une espèce de rapace d’importance patrimoniale : le hibou moyen-duc qui ne construit pas de nid mais utilise les nids abandonnés des corneilles ! Enfin les corvidés dispersent les graines et participent ainsi au repeuplement naturel des espèces végétales.

Le geai des chênes, reboiseur et sentinelle de la forêt

Typiquement forestier, le geai des chênes entretient des relations privilégiées avec le chêne. L’arbre lui fournit de la nourriture, et en retour, l’oiseau assure sa régénération sur plusieurs kilomètres. Capable de transporter jusqu’à neuf glands sur plusieurs kilomètres, il en disperse annuellement 4600.

En outre, à l’approche d’un intrus, son cri strident alerte ses congénères et d’autres animaux des sous-bois et de la forêt. L’écureuil roux et le renard tout particulièrement savent exploiter ces informations… d’où sa réputation de « sentinelle de la forêt » !

La pie bavarde, cruciale pour les écosystèmes

Elle aussi injustement mal-aimée, la pie bavarde jour un rôle sanitaire essentiel. En tant que nécrophage, elle contribue à nettoyer le sol des déchets organiques. Dans les jardins, elle contribue à l’élimination de nombreux insectes et limaces.

Comme les corvidés et les geais des chênes, elle permet aussi le dispersement de graines et participe ainsi au repeuplement naturel des espèces végétales.

Enfin, elle assure la survie des populations de coucous geais : une espèce patrimoniale menacée qui utilise les nids de cette hôtesse !

 L’étourneau sansonnet, auxiliaire des jardins

Malgré sa réputation, l’étourneau sansonnet est fort utile à l’humain, particulièrement dans les jardins où il engloutit un nombre important d’insectes et d’invertébrés durant le printemps !

Pour la petite anecdote, le passereau peut même reproduire les sons d’autres espèces d’oiseaux, voire des sons familiers pour l’Homme, comme une sonnerie de téléphone, un carillon ou un claquement de porte !

Pour toutes ces raisons, Animal Cross souhaite faire sortir ces oiseaux de la liste des ESOD et propose d’utiliser des mesures d’effarouchement non létales en cas de dégâts avérés.