15 mai : Journée mondiale du blaireau – Protégeons l’architecte de nos forêts

15 mai : Journée mondiale du blaireau – Protégeons l’architecte de nos forêts

Le 15 mai marque la Journée mondiale du blaireau, une occasion de mettre en lumière ce mustélidé méconnu, mais aussi de dénoncer les persécutions dont il est victime en France.

Un rôle écologique fondamental

Surnommé « l'architecte du milieu naturel », le blaireau joue un rôle crucial pour la biodiversité. Ses terriers complexes, qu'il entretient avec soin, servent de refuges à de nombreuses autres espèces, dont certaines sont protégées comme le chat forestier, la loutre d'Europe, diverses chauves-souris (petit rhinolophe) ou encore la salamandre tachetée. En se nourrissant d'insectes et de petits rongeurs, il agit également comme un auxiliaire précieux pour l'agriculture.

Une pratique barbare : la vénerie sous terre

Malgré son utilité, le blaireau est la cible d'une chasse particulièrement cruelle appelée vénerie sous terre ou déterrage. Chaque année en France, environ 12 000 individus périssent par ce mode de chasse.

Le processus est d'une grande violence : des chiens sont introduits dans les galeries pour acculer l'animal pendant des heures, lui provoquant un stress extrême. Les chasseurs creusent ensuite à la pelle et à la pioche pour atteindre l'animal et l'extirper brutalement de son foyer à l'aide de grosses pinces métalliques avant de le mettre à mort.

Pourquoi se mobiliser contre le déterrage ?

Il est urgent d'abolir cette pratique pour plusieurs raisons majeures :
  • Protection des petits : Le 15 mai correspond souvent à l'ouverture de périodes de chasse « complémentaires ». À cette date, les blaireautins sont encore dépendants de leur mère, rendant leur destruction illégale au regard du Code de l'environnement.
  • Inutilité sanitaire : Contrairement aux arguments avancés, le déterrage n'aide pas à lutter contre la tuberculose bovine. Au contraire, il peut favoriser la dispersion de la maladie en déstructurant les groupes sociaux.
  • Absence de données scientifiques : La France autorise ces abattages sans connaître précisément l'état des populations, ce qui viole la Convention de Berne.
  • Rejet massif : Aujourd'hui, 83 % des Français sont favorables à l'interdiction de cette pratique, déjà bannie chez presque tous nos voisins européens.

Agissez maintenant : participez aux consultations publiques en cours

Plusieurs préfectures envisagent d’autoriser ou d’avancer la période de vénerie sous terre (déterrage des blaireaux), parfois en dehors des périodes habituelles. Ces projets sont soumis à consultation publique : chacun peut donner son avis avant leur adoption.

Vos avis comptent et peuvent mener à la suspension de ces arrêtés devant les tribunaux.

Nous vous avons proposé une réponse aux consultations mais ATTENTION POUR QUE VOTRE AVIS SOIT PRIS EN COMPTE, NE REPRENEZ PAS LE TEXTE TEL QUEL MODIFIER LE POUR QU'IL SOIT DIFFÉRENT.

 

Proposition de texte de réponse
Objet : Avis défavorable au projet d'arrêté – Chasse au blaireau par déterrage
Monsieur le Préfet,
Je souhaite exprimer mon opposition ferme au projet d’arrêté autorisant la vénerie sous terre du blaireau dans notre département pour les raisons suivantes :
  • Cruauté et souffrance animale : Cette pratique est d'une violence extrême. L'animal subit un stress intense pendant des heures, acculé par des chiens au fond de son terrier, avant d'être extirpé brutalement avec des pinces métalliques.
  • Inutilité sanitaire : La vénerie sous terre n'est pas un outil de lutte contre la tuberculose bovine. Au contraire, elle favorise la dispersion de la maladie en déstructurant les groupes sociaux, ce qui augmente le risque de transmission.
  • Impact sur la biodiversité : Le déterrage détruit des habitats essentiels qui servent de gîtes à de nombreuses espèces protégées (chat forestier, loutre, chauves-souris, salamandres).
  • Méconnaissance des populations : La France autorise ces abattages sans données scientifiques fiables sur l'état des populations locales, ce qui contrevient aux principes de la Convention de Berne.
  • Rejet sociétal : Cette pratique est interdite dans presque tous les pays voisins et est rejetée par 83 % des Français (source sondage IPSOS 2018).

Cordialement,

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Répondre à la consultation publique avant le 20 mars 2026

La direction départementale des territoires (DDT) de Saône-et-Loire met actuellement à consultation du public un projet d’arrêté préfectoral autorisant une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau du 15 juin au 14 septembre 2026.

Cette période dite « complémentaire » permettrait le déterrage des blaireaux en plein été, c’est-à-dire pendant la période d’élevage des jeunes, une pratique particulièrement controversée et dénoncée depuis de nombreuses années par les associations de protection de la nature.

👉 Animal Cross vous invite à participer à la consultation publique et à vous opposer à ce projet d’arrêté.
Attention : pour que votre participation soit valable, pensez à autoriser la publication de votre contribution et à cocher la case « Avis défavorable » avant de déposer votre commentaire.
La mention « Avis favorable au projet d’arrêté » peut apparaître par défaut : ne vous y trompez pas.

Voir la consultation

Proposition de réponse :

Monsieur le Préfet de la Saône-et-Loire,

La Direction Départementale des Territoires de la Saône-et-Loire propose à la consultation du public un projet d’arrêté préfectoral portant sur la période complémentaire de la vénerie sous terre du Blaireau pour la période allant du 15 juin 2026 au 14 septembre 2026.

Je souhaite déposer un AVIS DÉFAVORABLE à votre projet d’arrêté.

- L'argument d'une prétendue "prolifération" est démenti par les réalités biologiques de l'espèce. Le blaireau présente une vulnérabilité intrinsèque due à une dynamique de reproduction particulièrement lente :

  • Faible taux de reproduction : Seules 30 % des femelles se reproduisent annuellement (1), avec une moyenne de seulement 2,7 blaireautins par portée.
  • Mortalité juvénile critique : Entre 50 % et 70 % des jeunes périssent avant leur première année (collisions routières, conditions climatiques).
  • Il n'existe pas de recensement fiable des populations de blaireaux dans le département 71. Les données fournies par les chasseurs sont partiales et insuffisantes pour prouver une surabondance.

- Il est illegal de tuer les "petits" de mammifères. Scientifiquement, le "petit" désigne l'individu inapte à assurer le renouvellement de l'espèce. Toute intervention avant l'émancipation totale (fin d'automne) impacte directement la pérennité démographique locale. En effet, les blaireautins naissent généralement entre janvier et mars. Ils restent dans le terrier pendant leurs premières semaines de vie et ne commencent à en sortir qu’aux alentours de 6 à 8 semaines, au moment du sevrage. À partir de là, ils apprennent progressivement à se nourrir seuls et à s’intégrer dans la vie sociale du clan. Cependant, leur développement est lent. Les études scientifiques montrent que le blaireau est considéré comme un « petit » tout au long de sa première année de vie (1). Autrement dit, les jeunes nés au printemps sont encore très immatures pendant l’été.
La Cour administrative d’appel de Bordeaux (avis du 24 février 2026) précise que la notion de « petits » correspond à un défaut d'autonomie (incapacité de survivre seul) et que cet état ne doit être assimilé ni à la période de sevrage, ni à la maturité sexuelle.
De plus, la vénerie sous terre est une méthode non-sélective. L'animal étant terré, le chasseur est incapable d'identifier l'âge ou le statut de l'individu avant l'extraction aux pinces.
- La destruction des terriers nuit à la biodiversité globale en impactant les espèces cohabitantes, dont certaines sont protégées : le Putois d'Europe, le Chat forestier, le Renard, le Lapin de garenne et diverses espèces de Chauves-souris.
- Les dégâts aux cultures sont minimes avec seulement 22 cas signalés et la vénerie sous terre n'est pas une solution adaptée pour les dégâts aux infrastructures routières ou ferroviaires.
- Il existe des alternatives non-létales : Les répulsifs naturels ont prouvé leur efficacité pour un coût moindre pour les finances publiques. Il est également possible de recourir à des terriers artificiels.

- La vénerie sous terre, par sa nature même (acculement par les chiens, extraction traumatique aux pinces métalliques, mise à mort manuelle), inflige une souffrance extrême et prolongée. Ce caractère barbare est en rupture totale avec l'évolution des mœurs et les attentes sociétales : 83 % des Français sont favorables à l'interdiction du déterrage (Sondage IPSOS 2018).
 
(1)  https://hal.science/hal-03035073v1  ( François Lebourgeois. Le blaireau européen (Meles meles L.). Synthèse des connaissances européennes. Partie 2: groupes familiaux, dynamiques des populations et domaines vitaux. Revue forestière française, 2020)
 

NON au projet d’arrêté visant la capture de blaireaux dans les Pyrénées-Atlantiques

NON au projet d’arrêté visant la capture de blaireaux dans les Pyrénées-Atlantiques

Exprimez votre avis avant le 20 mai 2025 sur le site de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, en adressant un email à dd**@***********************uv.fr

Lien vers la consultation : https://www.pyrenees-atlantiques.gouv.fr/Publications/Consultation-du-public/Projet-d-arrete-prefectoral-capture-de-blaireaux-surveillance-de-la-tuberculose-bovine

Du 29 avril au 20 mai 2025, une consultation publique est ouverte sur un projet d’arrêté préfectoral qui autoriserait des chasses particulières de blaireaux dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Ces opérations, présentées comme des actions de « surveillance sanitaire », visent prétendument à lutter contre la tuberculose bovine (TB). Pourtant, ce projet repose sur des bases scientifiques contestables et méconnaît les recommandations des experts.

Nous disons NON à ce projet, pour les raisons suivantes :

1. Une approche scientifique partielle et biaisée

Le rapport de l’ANSES (2019) est clair : la tuberculose bovine est une maladie multihôtes, impliquant cerfs, sangliers et bovins, et non pas uniquement les blaireaux. Focaliser les efforts de contrôle sur une seule espèce ignore la complexité de l’épidémie.

« Il est nécessaire de considérer ce système multihôtes dans son ensemble, et non une population en particulier. » — ANSES, 2019

2. Des effets contre-productifs sur la maladie

Les captures massives perturbent les structures sociales des blaireaux, favorisant la dispersion des individus potentiellement infectés et, avec elle, une augmentation du risque de transmission.
Les modèles britanniques estiment que cela augmente de 15 à 20 % les risques de transmission.

« Au Royaume-Uni, l’abattage massif des blaireaux a conduit dans certains cas à une augmentation du risque chez les bovins dans les zones adjacentes. » — ANSES, 2019

3. Une transmission directe très rare

Les cas de contamination directe entre blaireaux et bovins sont extrêmement rares en France. La majorité des transmissions passent par un environnement contaminé, non par des contacts directs. Il est donc injustifié de viser les blaireaux en premier lieu.

4. Des alternatives concrètes, mais ignorées

L’ANSES recommande d’autres pistes, plus efficaces et plus éthiques :

  • Renforcement de la biosécurité dans les élevages (clôtures, abreuvoirs sécurisés)

  • Développement de vaccins oraux pour la faune sauvage, avec des essais encourageants en Espagne

  • Mise en place d’une surveillance ciblée par analyses environnementales et génomiques

Pourquoi ne pas commencer par ces solutions, qui respectent la biodiversité et protègent aussi les éleveurs ?

5. Un projet contraire au droit international

Le blaireau est protégé par la Convention de Berne (Annexe III). Toute dérogation doit démontrer qu’il n’existe aucune autre solution. Or, comme le démontre le rapport de l’ANSES, des solutions existent. Ce projet viole donc le principe de proportionnalité imposé par le droit.

 En résumé

Ce projet d’arrêté n’est ni fondé scientifiquement, ni éthiquement défendable, ni juridiquement justifiable.
Il sacrifie une espèce protégée sans preuve claire de son implication dominante dans l’épidémie de tuberculose bovine.

Nous appelons à refuser ce projet d’arrêté et à exiger des alternatives fondées sur la science, la prévention et le respect de la faune sauvage.

Exprimez votre avis avant le 20 mai 2025 sur le site de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

Consultation publique : dites non à la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau à compter du 15 juin 2024 en Saône-et-Loire

Consultation publique : dites non à la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau à compter du 15 juin 2024 en Saône-et-Loire

RÉPONDRE AVANT LE 27 FÉVRIER 2024 INCLUS

La direction départementale des territoires de Saône-et-Loire (DDT) met à la consultation du publique sur son site internet un projet d’arrêté préfectoral autorisant l’exercice de la vénerie sous terre du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 juin 2024 et jusqu’au 14 septembre 2024.

La préfecture a publié une note de présentation n’apportant aucun élément pour justifier cette période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau.

Animal Cross vous invite donc à vous opposer à ce projet d’arrêté jusqu’au 24 février 2024 inclus. Pour participer, cliquez ici.

Proposition d’argumentaire (attention vous ne pouvez pas copier-coller) :

Je m’oppose à cette ouverture complémentaire en pleine période de reproduction (le sevrage a lieu entre juin et août) :

  • La France fait partie des derniers pays européens à persécuter cette espèce, et elle est surtout la seule à autoriser leur déterrage en pleine période d’élevage des jeunes, à travers des arrêtés accordés pour des périodes complémentaires par les préfets des départements.
  • Pendant cette période, les jeunes blaireaux de l’année ne sont pas complètement sevrés et restent dépendants des adultes au-delà du 15 mai. Il est donc interdit de les détruire.  
  • La chasse des blaireaux est entre autres menée pour prévenir la tuberculose bovine. Or, dans un avis d’août 2019 de l’ANSES affirme que la vénerie sous terre n’a aucun effet préventif sur la zoonose. La situation en Grande-Bretagne le confirme et ce pays va cesser l’abattage massif des blaireaux au profit de la prophylaxie et du développement de la vaccination des bovins.
  • Le blaireau n’est pas considéré comme une espèce nuisible. Cette espèce s’autorégule et la pratique de la vénerie sous terre et notamment la période complémentaire associée n’a pas lieu d’être. En effet, le département du Bas- Rhin, qui a interdit la chasse du blaireau depuis 15 ans déjà, n’a à ce jour constaté aucune surpopulation de l’espèce ni aucun dégât majeur sur les parcelles agricoles. Les constats sont les mêmes en Belgique, en Espagne et en Italie.
  • L’arrêté indique que “la vénerie sous terre permet d’assurer une régulation de l’espèce en vue de limiter les dommages qu’elle peut causer (cultures agricoles, infrastructures ferroviaires et routières), sans compromettre sa pérennité” : où se trouve les preuves chiffrées des dégâts engendrés dans le département et l’absence d’impact des prélèvements sur l’espèce ?
  • Menés avec une grande violence, le déterrage et l’abattage des blaireaux, notamment pendant la période d’élevage des jeunes, choquent bon nombre de citoyens, qui se rendent compte aujourd’hui que notre écosystème est en équilibre fragile.

Une bonne nouvelle pour les blaireaux !

Une bonne nouvelle pour les blaireaux !

Saisi par l’ASPAS, AVES France et One Voice, le Conseil d’Etat a rendu le 28 juillet dernier sa décision relative à la légalité de l’article du code de l’environnement autorisant l’ouverture de périodes complémentaires de vénerie sous terre des blaireaux par les préfets. S’il s’agit d’une décision en demi-teinte, les enseignements ont déjà pour effet d’amener les tribunaux administratifs à suspendre les périodes complémentaires en cours. Ce fut le cas pour 10 nouveaux départements ces derniers mois avec l'Aisne,  l’Ille-et-Vilaine, la Savoie, la Haute-Loire, le Loir-et-Cher, le Puy de Dôme,  la Seine-et-Marne, la Haute-Vienne, l'Indre et la Creuse.

Animal Cross a déposé des référés-suspension avec d'autres associations dans le Puy de Dôme, le Cantal, l'Allier, La Loire et la Savoie.

Blaireau : la justice suspend l’arrêté du préfet de Savoie autorisant une période complémentaire de chasse

Blaireau : la justice suspend l’arrêté du préfet de Savoie autorisant une période complémentaire de chasse

Avec plusieurs associations de protection des animaux (One Voice, LPO Auvergne-Rhône-Alpes et France Nature Environnement Savoie), nous avions déposé un recours contre l'arrêté préfectoral de Savoie qui autorisait une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau du 15 au 30 juin 2023.

Victoire ! Le tribunal de Grenoble nous a entendu et a suspendu cette période complémentaire !

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