Après les incendies, les animaux et la forêt ont surtout besoin de temps.

Après les incendies, les animaux et la forêt ont surtout besoin de temps.


Plus de 115 000 hectares avaient déjà été parcourus par les incendies en France à la fin juillet 2026. Derrière les paysages calcinés, une autre catastrophe est beaucoup plus difficile à mesurer : celle vécue par les animaux sauvages. Certains meurent pendant le feu, d’autres sont blessés ou intoxiqués. Pour les survivants commence ensuite une seconde épreuve : retrouver de la nourriture, un abri, un territoire et parfois un partenaire dans un milieu profondément bouleversé. Après un incendie, la priorité ne doit donc pas être de « remettre la forêt en ordre » au plus vite, mais de protéger les survivants et de laisser au vivant le temps de reconstruire ses propres équilibres.
[1]

Incendie de forêt à Trévillach dans les Pyrénées-Orientales en juillet 2026
Incendie à Trévillach (Pyrénées-Orientales), 4 juillet 2026.
Photo : Frenchbluesman /
Wikimedia Commons
CC BY 4.0.

Survivre aux flammes n’est que le début

Tous les animaux ne réagissent pas de la même façon au feu. Les oiseaux et les grands mammifères peuvent parfois s’éloigner rapidement. Les jeunes animaux, les petits mammifères, les reptiles, les amphibiens et de nombreux invertébrés disposent de possibilités de fuite beaucoup plus limitées. Certains trouvent refuge sous terre, sous des pierres ou dans des secteurs épargnés ; d’autres meurent sous l’effet des flammes, de la chaleur ou des fumées.

Mais compter les animaux retrouvés morts après l’incendie ne suffit pas à mesurer son impact.

Après le feu du Cap Lardier, dans le Parc national de Port-Cros, qui avait parcouru plus de 500 hectares en juillet 2017, l’Agence française pour la biodiversité et le CEFE ont ainsi mis en place un suivi de la reconquête de la faune et de la flore. Tortue d’Hermann, fourmis, orthoptères et végétation ont notamment été étudiés. L’enjeu était précisément de comprendre comment les populations se maintiennent et recolonisent progressivement le territoire après cette perturbation.
[2]

L’expérience récente de Fontainebleau apporte un autre enseignement. L’absence d’arrivée massive d’animaux brûlés dans les centres de soins ne signifie pas que la faune a été épargnée. Les animaux capables de fuir ont pu rejoindre d’autres secteurs ; d’autres sont probablement morts sur place.[3]

Pour les survivants, les difficultés commencent alors : perte du couvert végétal, raréfaction des ressources alimentaires, disparition de sites de repos ou de reproduction, déplacements forcés et concentration dans les secteurs restés intacts.

Les effets ne disparaissent donc pas avec les dernières fumées. Sols, végétation et communautés animales peuvent suivre des trajectoires de récupération très différentes, qui s’étendent de quelques mois à plusieurs décennies.

Chevreuil dans un milieu naturel en France
Chevreuil photographié en France — photo d’illustration. Après un incendie, les animaux survivants peuvent être contraints de rejoindre les secteurs épargnés pour retrouver couvert, nourriture et sites de reproduction.
Photo : Deus auxius /
Wikimedia Commons
CC BY-SA 4.0.

Une forêt brûlée n’est pas une forêt morte

Face à des arbres noircis, notre réflexe est souvent de vouloir nettoyer, couper puis replanter. Pourtant, une forêt n’est pas un bâtiment détruit qu’il faudrait reconstruire à l’identique.

Le feu modifie brutalement l’écosystème mais ne remet pas nécessairement tous ses processus à zéro. Des arbres survivent, des graines demeurent dans le sol, certaines plantes rejettent depuis leurs racines ou leurs souches. Des insectes, oiseaux et mammifères reviennent progressivement. Les arbres morts et le bois brûlé deviennent eux-mêmes des habitats et participent au fonctionnement du sol.

Au Cap Lardier, l’approche choisie repose ainsi largement sur la régénération naturelle, accompagnée lorsque cela est nécessaire de plantations d’essences locales diversifiées. L’OFB a notamment observé la reprise de la végétation et la réinstallation progressive d’espèces.[5]

Cette approche rejoint la libre évolution défendue par Animal Cross : avant d’intervenir, observer ce que le milieu est encore capable de faire par lui-même.

Le bois mort ne peut pas être réduit à un simple combustible. Lorsqu’il est gros et suffisamment décomposé, il peut retenir beaucoup d’eau. Il contribue aussi à la fertilité des sols, constitue un support de régénération et offre des habitats à une multitude d’organismes.[13]

Cette réalité doit néanmoins être présentée avec nuance. Le petit bois mort sec peut favoriser la propagation des flammes et, lors de sécheresses extrêmes associées à du vent et à des températures élevées, aucune forêt n’est à l’abri. L’UICN et la Société botanique de France indiquent cependant que des forêts anciennes ou en libre évolution peuvent présenter une structure complexe, plusieurs strates et un niveau d’humidité susceptibles de réduire leur vulnérabilité dans certaines conditions.[14]

Libre évolution ne signifie donc ni que le feu devient impossible, ni qu’aucune intervention humaine ne sera jamais nécessaire. Elle signifie que l’intervention ne doit pas être automatique.

Les animaux participent eux-mêmes à la renaissance de la forêt

Après un incendie, on parle beaucoup des arbres et beaucoup moins des animaux. Pourtant, ceux-ci ne sont pas seulement les victimes de la catastrophe : ils participent aussi à la reconstruction du milieu.

Le geai des chênes transporte et enfouit des glands, parfois loin de l’arbre qui les a produits. Une partie de ces réserves oubliées germe et contribue à la dispersion des chênes. Le sanglier, en fouillant le sol, déplace graines et matière organique ; il peut aussi transporter des graines dans ses soies. D’autres animaux pollinisent, dispersent des fruits, recyclent les cadavres ou contrôlent certaines populations.

Cette conception est centrale pour Animal Cross. Un animal sauvage n’est pas seulement un individu qu’il faut préserver parce qu’il peut souffrir : il possède également une place et des relations propres au sein de l’écosystème.[7]

Supprimer des animaux au moment même où le milieu tente de retrouver ses dynamiques revient donc à retirer certains de ses acteurs lorsque leur rôle peut devenir particulièrement important.

Geai des chênes perché sur une branche dans le Finistère
Le geai des chênes joue un rôle majeur dans la dispersion des glands et la régénération naturelle des chênaies.
Photo : Van Der Meulen Christofle /
Wikimedia Commons
CC BY 4.0.

Les secteurs épargnés deviennent essentiels : pourquoi y ajouter la chasse ?

Après l’incendie, les animaux mobiles se reportent vers les vallons, bosquets, lisières ou parcelles que les flammes ont épargnés. Ces zones refuges leur permettent de retrouver nourriture, couvert et sites de reproduction. Elles peuvent également devenir des points de départ pour la recolonisation progressive des secteurs incendiés.

Protéger seulement les hectares brûlés serait donc insuffisant.

Animal Cross l’avait déjà demandé après le mégafeu des Corbières de 2025 : les secteurs incendiés doivent être accompagnés d’un périmètre tampon protégeant les zones où les survivants se réfugient.[8]

La chasse ajoute à cette période une pression supplémentaire : mortalité directe, poursuites, déplacements et dérangements. Or les individus survivants peuvent être précisément ceux dont dépendront les reproductions suivantes et la recolonisation.

Animal Cross demande un moratoire d’au moins trois ans sur la chasse et les destructions d’animaux classés ESOD dans les secteurs gravement incendiés et leurs zones refuges périphériques.

Cette durée de trois ans est une demande de précaution portée par Animal Cross. Elle ne signifie pas qu’un écosystème est restauré au bout de trois ans : certains processus nécessitent des décennies. Elle permettrait au minimum plusieurs saisons de reproduction avant une réévaluation fondée sur l’état des habitats et des populations.

Fontainebleau : soigner lorsque c’est encore possible

L’incendie du massif de Fontainebleau en juillet 2026 soulève enfin une autre question : que faisons-nous des animaux sauvages blessés ?

Dès le 13 juillet, la LPO invitait les personnes découvrant un animal blessé près du massif à le conduire vers Faune Alfort, centre de soins situé au sein de l’École nationale vétérinaire d’Alfort.[9]

Faune Alfort, Chevêche 77, la LPO, l’ANVL et d’autres structures se sont ensuite tenues disponibles pour intervenir, tout en respectant les restrictions d’accès au massif.

Le 6 août, Faune Alfort indiquait avoir appris qu’après constatation de graves brûlures aux pattes ou aux sabots chez certains animaux, des opérations sanitaires ciblées étaient menées afin d’abattre ceux considérés comme trop sévèrement atteints. L’association demandait que les professionnels du soin puissent participer à l’évaluation des animaux dans un cadre sécurisé.[10]

La question n’est pas de maintenir artificiellement en vie un animal dont les souffrances sont incurables. Les vétérinaires et centres de sauvegarde pratiquent eux-mêmes l’euthanasie lorsqu’elle constitue la seule manière d’éviter une souffrance sans issue.

La question est : comment déterminer qu’un animal ne peut pas être sauvé ?

Entre l’animal indemne et l’animal irrémédiablement condamné existent des individus brûlés ou blessés dont le pronostic nécessite une véritable évaluation. Examiner la profondeur des brûlures, évaluer la douleur, décider si une réhabilitation est possible et déterminer si l’animal pourra retrouver la vie sauvage relèvent de compétences vétérinaires et spécialisées.

Pour Animal Cross, lorsque les conditions de sécurité le permettent, les professionnels du soin de la faune sauvage doivent pouvoir évaluer les animaux avant qu’une décision irréversible ne soit prise.

Après le feu : intervenir moins, protéger davantage

L’approche défendue par États Sauvages apporte ici un éclairage intéressant : le risque incendie ne peut pas être résumé à une opposition entre forêt débroussaillée et forêt en libre évolution. Il faut regarder plus largement notre occupation des territoires, l’urbanisation des interfaces, nos activités et l’origine majoritairement humaine des départs de feu.[15]

Après l’incendie, la même logique devrait prévaloir : ne pas croire que toute trace du feu doit être effacée immédiatement.

Bien sûr, certaines interventions demeurent nécessaires : sécuriser des routes et des habitations, supprimer des arbres présentant un danger immédiat.

Mais ailleurs, la régénération spontanée mérite d’être la première option examinée.

Conserver une partie du bois mort, laisser germer les espèces locales, protéger les zones refuges, réduire les dérangements et observer la trajectoire naturelle du milieu peuvent permettre à la forêt de retrouver progressivement une structure diversifiée et adaptée aux nouvelles conditions.

Notre demande

Animal Cross demande la création d’un protocole national post-incendie pour la faune sauvage et les milieux naturels, reposant sur quatre principes :

  • identifier rapidement les zones refuges et les corridors utilisés par les animaux et les protéger des dérangements évitables ;
  • suspendre pendant au moins trois ans la chasse et les destructions d’ESOD dans les secteurs gravement incendiés et leurs zones périphériques, avant réévaluation scientifique ;
  • privilégier la régénération naturelle et le maintien des processus écologiques plutôt que le nettoyage et la replantation systématiques ;
  • associer vétérinaires et centres de sauvegarde à l’évaluation des animaux blessés avant toute mise à mort lorsque leur intervention est matériellement et humainement possible.
Après un incendie, protéger la nature ne signifie pas reconstruire au plus vite ce que nous pensons qu’elle devrait être. La forêt brûlée reste un milieu vivant. Ses sols, ses végétaux, ses champignons et ses animaux commencent immédiatement une nouvelle histoire. Notre responsabilité est d’aider lorsque cela est nécessaire, mais aussi de savoir leur laisser ce dont ils ont le plus besoin : du temps, de l’espace et de la tranquillité.

Agir

Pétition officielle à l’Assemblée nationale


« Suspendre la chasse pendant trois ans dans les zones gravement touchées par les incendies »

Cette pétition citoyenne déposée sur la plateforme officielle de l’Assemblée nationale demande trois ans de répit pour la faune sauvage après les grands incendies. Elle rejoint directement la demande d’Animal Cross : laisser aux animaux survivants le temps de se reproduire, de retrouver des territoires et de participer à la recolonisation des milieux sinistrés.[16]

SIGNER SUR LE SITE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

« Pas de fusils sur les cendres »

La mobilisation « Pas de fusils sur les cendres » demande notamment la suspension de la chasse dans les massifs incendiés en 2026, la protection des secteurs périphériques où se réfugient les animaux et un moratoire d’au moins trois ans.[12]

SIGNER « PAS DE FUSILS SUR LES CENDRES »

Animal Cross invite également les citoyens à demander aux préfectures concernées la mise en place de mesures temporaires de tranquillité pour la faune après les grands incendies.

Sources et références

[1] LPO France — 30 juillet 2026.
« La faune sauvage face aux incendies ».
Consulter la source

[2] Couturier T., Geoffroy D., Jailloux A. & Besnard A. — 2019.
« Dynamique de reconquête de la faune et de la flore après incendie du Cap Lardier dans le Parc national de Port-Cros ». Coopération AFB-CEFE.
Consulter la source

[3] ANVL — 22 juillet 2026.
« Incendie du Massif de Fontainebleau : les dégâts sur la biodiversité ».
Consulter la source

[5] Office français de la biodiversité.
« Réduire l’exposition aux risques naturels par la biodiversité » — retour d’expérience du Cap Lardier.
Consulter la source

[7] Animal Cross — 2024.
Article 0, notamment les parties consacrées au sanglier et au geai des chênes.

Voir également :
« La Libre évolution : une nécessité pour la nature… et pour nous ! »

[8] Animal Cross — 28 août 2025.
« Aude 2025 : pourquoi interdire la chasse dans les zones touchées par le mégafeu ».
Consulter l’article

[9] LPO Île-de-France — 13 juillet 2026.
« Incendies à Fontainebleau et faune sauvage ».
Consulter la source

[10] Faune Alfort — 6 août 2026.
Publication relative aux animaux blessés après l’incendie de Fontainebleau et à la demande d’intervention coordonnée des professionnels du soin.
Consulter la publication

[12] Change.org — juillet 2026.
« Pas de fusils sur les cendres ».
Consulter la mobilisation

[13] Coordination Libre Évolution — 2026.
Article consacré à la résilience des forêts, aux incendies et au rôle du bois mort.
Consulter l’article

[14] Comité français de l’UICN & Société botanique de France — 2023.
Prévention du risque incendie et biodiversité dans les forêts françaises.
Consulter la note

[15] États Sauvages — 2026.
« Libre évolution et prévention des incendies », avec Pauline Vilain-Carlotti et Forêt & Naturalité.
Consulter la source

[16] Assemblée nationale — 30 juillet 2026.
Pétition n°6710 — « Suspendre la chasse pendant trois ans dans les zones gravement touchées par les incendies ».
Consulter et signer la pétition

Dernière vérification documentaire : 20 août 2026.

Une dernière relecture scientifique ou naturaliste est recommandée avant publication, notamment sur les mécanismes de recolonisation post-incendie et sur la présentation du risque incendie en forêt.

Crédits photographiques

Frenchbluesman — Incendie à Trévillach, 4 juillet 2026 — Wikimedia Commons — CC BY 4.0.

Deus auxius — Chevreuil Capreolus capreolus (France) — Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0.

Van Der Meulen Christofle — Le geai des chênes (Finistère) — Wikimedia Commons — CC BY 4.0.

La “saison de chasse” existe-t-elle encore vraiment ?

La “saison de chasse” existe-t-elle encore vraiment ?

En septembre, on parlera de « l’ouverture de la chasse ». Pourtant, sur certains territoires, elle ne s’est jamais vraiment arrêtée. Ouvertures anticipées, prolongations, sanglier, destruction des ESOD : les possibilités de chasser ou tuer des animaux sauvages s’étendent bien au-delà de la saison générale.

Pour Animal Cross, cette évolution vers une pression presque permanente pose une question essentielle : quand laisse-t-on enfin la faune tranquille ?

Une « saison » de chasse qui s’étend presque toute l’année

En France, la période générale de chasse s’étend principalement de septembre à fin février, avec des dates précises fixées localement. Mais de nombreuses exceptions débordent de ce calendrier : chevreuil et daim peuvent notamment être chassés dès juin sous certaines conditions. Le cas du sanglier est emblématique : la réglementation permet désormais, selon les périodes et les autorisations préfectorales, de le chasser potentiellement du 1er juin au 31 mai suivant.[1]

À cela s’ajoutent les ESOD (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts). Renards, corvidés et d’autres animaux peuvent, selon les espèces et les départements, être détruits en dehors de la période générale ; certains peuvent aussi être piégés toute l’année.[2]

Entre période générale, ouvertures anticipées, prolongations et destruction des ESOD, les périodes sans pression cynégétique se réduisent fortement.

Pour Animal Cross, cette accumulation traduit une évolution préoccupante : une chasse de plus en plus permissive et une faune à laquelle on accorde de moins en moins de répit.

Même les animaux qui ne sont pas chassés subissent la chasse

La nature ne fonctionne pas espèce par espèce. Une battue au sanglier ne dérange pas uniquement les sangliers. Dans la même forêt vivent des oiseaux, des mustélidés, des cervidés et de nombreuses autres espèces.

Chiens, tirs et présence humaine peuvent provoquer fuite et modification des déplacements. Une étude menée à Chambord sur des cerfs équipés de GPS a montré qu’après une battue, tous les animaux suivis finissaient par quitter la zone chassée ; quelques heures plus tard, ils se trouvaient à plus de deux kilomètres de celle-ci et restaient éloignés de la zone perturbée presque deux fois plus longtemps qu’en l’absence de chasse.[3]

La pression de chasse ne se résume donc pas au nombre d’animaux tués. Elle affecte aussi ceux qui partagent le territoire chassé, en interrompant notamment déplacements habituels, repos ou alimentation et potentiellement les capacités de reproduction.

Quand ces dérangements se répètent sur une grande partie de l’année: quand ces animaux peuvent-ils simplement se nourrir, se reposer, se reproduire et vivre selon leur nature ?

Dans une nature déjà fragilisée, pourquoi ajouter de la pression ?

Cette évolution intervient alors que la biodiversité subit déjà de nombreuses pressions. En 2024, 18 % des espèces évaluées dans la Liste rouge nationale étaient éteintes ou menacées. En France métropolitaine, les populations d’oiseaux communs spécialistes ont fortement décliné depuis 1989 et celles des chauves-souris communes ont diminué de 43 % entre 2006 et 2021.[4]

La chasse n’est pas la seule responsable de cette situation. Mais pour Animal Cross, plus le vivant est fragilisé par la destruction des habitats, les pollutions ou le changement climatique, plus nous devrions lui garantir de la tranquillité, et ne pas réduire encore ses périodes de répit.

N’oublions pas non plus que les animaux sauvages sont aussi des acteurs de leurs écosystèmes : ils dispersent des graines, fouissent les sols, prédatent, recyclent la matière et participent aux équilibres naturels.

Dès lors, quelle place et quelle possibilité laissons-nous à la nature pour se préserver et se régénérer dans un contexte climatique délétère et d’effondrement de la biodiversité ?

Ce que demande Animal Cross

Cette réflexion n’est pas nouvelle pour Animal Cross. Dans Article 0, l’association dénonçait déjà une chasse qui déborde largement de la période septembre-février et demandait notamment l’arrêt de la chasse au moins deux jours par semaine, dont le dimanche, ainsi que l’arrêt de la chasse des espèces chassables et de la destruction des ESOD de début mars à fin août.[5]

À plus long terme, Animal Cross défend un monde sans chasse de loisir et davantage d’espaces en libre évolution, où les animaux et les processus naturels puissent retrouver de véritables conditions de tranquillité.[5]

Le vivant a besoin de tranquilité, de temps sans fusils, sans chiens de chasse et sans poursuites.
Laissons-lui du répit.

Sources et références

[1] République française. (2023).
Code de l’environnement, article R. 424-8 : périodes spécifiques de chasse. Légifrance.
Consulter la réglementation sur Légifrance

[2] Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. (2023, 3 août).
Arrêté pris pour l’application de l’article R. 427-6 du Code de l’environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts. Légifrance.
Consulter l’arrêté sur Légifrance

[3] Chassagneux, A., Calenge, C., Marchand, P., Richard, E., Guillaumat, E., Baubet, E., & Saïd, S. (2020).
Should I stay or should I go? Determinants of immediate and delayed movement responses of female red deer (Cervus elaphus) to drive hunts. PLOS ONE, 15(3), e0228865.
Consulter l’étude

[4] Service des données et études statistiques. (2026).
La biodiversité en France : état des connaissances en 2025. Ministère de la Transition écologique.
Consulter les données

[5] Animal Cross. (2024).
Article 0. Animal Cross. Voir notamment le chapitre 1, « La chasse : une activité autorisée toute l’année », et le chapitre 12, « Première étape : un monde sans chasse de loisir ».

Chasse : une nouvelle réglementation passée inaperçue et qui inquiète Animal Cross

Chasse : une nouvelle réglementation passée inaperçue et qui inquiète Animal Cross

Depuis l’entrée en vigueur, le 10 juillet 2026, d’un arrêté modifiant les règles de chasse, les chasseurs peuvent utiliser les dispositifs de localisation de leurs chiens pendant toute l’action de chasse. Le texte supprime également les restrictions nationales qui limitaient l’utilisation des chiens, de la battue et de la traque pour chasser le chamois, l’isard et le mouflon. Présentées notamment comme une évolution favorable à la sécurité, ces nouvelles règles posent pourtant de sérieuses questions pour Animal Cross, tant pour les chiens que pour la faune sauvage. [1]

Chien de chasse dans un environnement naturel
Chien de chasse — photo d’illustration.
Photo : KNDS4413 /Wikimedia Commons licence CC BY-SA 4.0.

Le GPS : une sécurité… mais limitée

Lorsqu’ils sont lâchés pendant une chasse, les chiens échappent souvent au contrôle de leur maître. En parcourant de grandes distances, ils peuvent traverser des routes, être percutés par des véhicules ou se retrouver confrontés aux animaux qu’ils poursuivent. Animal Cross documentait déjà ces risques dans Article 0, notamment les blessures provoquées par le gibier, les barbelés et autres obstacles, ainsi que les accidents de la route survenant lors d’une poursuite.[3]

Pour Animal Cross, le chien de chasse n’est pas un outil cynégétique : c’est un être sensible dont le chasseur est responsable.

Le GPS peut être un outil de sécurité utile, mais il ne règle pas le problème de fond : l’exposition des chiens aux dangers lorsqu’ils sont lâchés à la poursuite d’animaux sauvages.

Pouvoir localiser un chien en permanence peut, en théorie, améliorer sa sécurité. La nouvelle réglementation précise d’ailleurs que les dispositifs de localisation doivent être utilisés « dans le seul but » de rechercher les chiens, d’assurer leur sécurité et de prévenir les collisions.[1]

Mais localiser un chien ne signifie pas pouvoir le mettre immédiatement en sécurité. Lorsqu’un chasseur doit gérer plusieurs chiens dispersés sur un territoire, savoir que l’un d’eux approche d’une route ou s’est fortement éloigné ne garantit pas qu’il puisse intervenir assez vite.

Pourquoi le GPS était-il jusqu’ici limité pendant la chasse ?

Avant cette réforme, la réglementation précisait que les dispositifs de localisation des chiens ne pouvaient être utilisés qu’après l’action de chasse pour les rechercher, tout en prévoyant leur utilisation pour assurer leur sécurité et prévenir les collisions lors d’une chasse à tir.[2]

Depuis le 10 juillet, cette restriction temporelle a disparu. Les chasseurs peuvent donc consulter la localisation de leurs chiens pendant l’action de chasse, même si la réglementation maintient une finalité stricte : rechercher les chiens, assurer leur sécurité et prévenir les collisions.[1]

Mais cette évolution soulève une question pour Animal Cross :

le GPS pourrait-il aussi, dans les faits, faciliter la chasse ? Lorsqu’un chien poursuit un animal sauvage, connaître précisément sa position pourrait indirectement renseigner le chasseur sur la position ou les déplacements de l’animal poursuivi.

Le texte n’autorise pas l’utilisation du GPS pour rechercher le gibier. Animal Cross s’interroge donc sur les modalités de contrôle et sur les garanties permettant de s’assurer que cet outil ne soit pas détourné de la seule utilisation prévue par la réglementation.

Une mauvaise nouvelle pour la faune sauvage

L’arrêté va plus loin : il abroge les restrictions qui encadraient jusqu’ici l’emploi des chiens ainsi que la chasse en battue ou en traque du chamois, de l’isard et du mouflon.[1][2]

Avant le 10 juillet 2026, l’emploi des chiens pour le chamois et l’isard n’était autorisé que dans trois départements : Haute-Savoie (74), Territoire de Belfort (90) et Vosges (88). La battue ou la traque n’était autorisée que dans l’Ain (01), les Alpes-Maritimes (06), la Haute-Savoie (74), le Territoire de Belfort (90) et les Vosges (88).

Pour le mouflon, l’emploi des chiens n’était autorisé que dans les Ardennes (08), l’Aveyron (12), la Dordogne (24), le Gard (30), l’Hérault (34), les Pyrénées-Orientales (66), la Savoie (73), la Somme (80), le Tarn (81) et les Vosges (88). La battue ou la traque bénéficiait d’une liste d’exceptions légèrement différente.[2]

Isard Rupicapra pyrenaica dans un paysage de montagne
Isard (Rupicapra pyrenaica) dans les Pyrénées espagnoles — photo d’illustration.
Photo : Bouke ten Cate /Wikimedia Commons licence CC BY-SA 4.0
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Pour Animal Cross, c’est une très mauvaise nouvelle.

Un animal poursuivi par des chiens ne subit pas seulement le risque d’être tué. Il doit interrompre ce qu’il faisait — se nourrir, se reposer ou se déplacer — pour fuir. La poursuite provoque du stress et impose une dépense énergétique supplémentaire.

Ce mécanisme n’est pas seulement théorique. Une étude expérimentale publiée en 2020 sur des élans poursuivis par des chiens de chasse a observé une augmentation du rythme cardiaque et de la température corporelle, ainsi que des déplacements plus importants. Les animaux parcouraient en moyenne 4,2 km supplémentaires le jour de la poursuite et consacraient ensuite davantage de temps au repos. Les chercheurs soulignent que, lorsque ces dérangements sont fréquents, cette dépense énergétique et la réduction du temps disponible pour s’alimenter pourraient affecter l’état corporel et la reproduction.[4]

Cette étude porte sur des élans en Scandinavie et ne permet donc pas de quantifier directement l’effet de la nouvelle réglementation sur les chamois, isards et mouflons français.

Pour Animal Cross, le problème ne se limite d’ailleurs pas aux espèces recherchées. Les chiens parcourent un territoire où vivent de nombreux autres animaux sauvages. Leur présence et leurs poursuites peuvent accroître le dérangement d’animaux qui ne sont pourtant pas visés par la chasse.

Mouflon dans le massif du Caroux
Mouflon dans le massif du Caroux, Parc naturel régional du Haut-Languedoc — photo d’illustration.
Photo : Fagairolles 34 /

Wikimedia Commons



licence CC BY-SA 4.0
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Pour Animal Cross, cet arrêté va dans la mauvaise direction

Pour Animal Cross, cette modification réglementaire est d’autant plus préoccupante qu’elle est passée largement inaperçue, alors qu’elle modifie concrètement les conditions d’utilisation des chiens à la chasse et élargit les possibilités de traque de plusieurs espèces.

Animal Cross n’est pas opposée au GPS lorsqu’il sert réellement à protéger et retrouver un chien. Mais nous refusons que la sécurité apportée par cet outil masque deux questions essentielles : pourquoi exposer ces animaux à autant de dangers en les lançant à la poursuite de la faune sauvage ? Et cet outil peut-il devenir, dans les faits, un facilitateur de la chasse ?

Nous sommes également opposés à l’élargissement de l’utilisation des chiens, de la battue et de la traque pour le chamois, l’isard et le mouflon.

La faune sauvage subit déjà de nombreuses pressions humaines. À notre sens, cette pression supplémentaire peut avoir des répercussions sur l’ensemble de l’écosystème en multipliant, pour les animaux, les situations de stress, les dépenses d’énergie et les interruptions de repos ou d’alimentation.

Animal Cross s’inquiète de mesures de plus en plus permissives en matière de chasse, alors que le vivant a cruellement besoin de repos et de tranquillité, d’autant plus après les conditions climatiques exceptionnelles subies cet été.

Sources et références

[1] Ministère de la Transition écologique — 25 juin 2026.
Arrêté du 25 juin 2026 modifiant l’arrêté du 1er août 1986 relatif à divers procédés de chasse, publié au Journal officiel du 9 juillet 2026 et applicable à compter du 10 juillet. Il modifie les règles relatives à la localisation des chiens et abroge le II de l’article 8.
Consulter la source sur Légifrance
[2] Légifrance — Arrêté du 1er août 1986, version applicable avant le 10 juillet 2026.
Articles 7 et 8 : ancienne réglementation concernant les dispositifs de localisation et restrictions relatives au chamois, à l’isard et au mouflon.
Consulter la source sur Légifrance
[3] Animal Cross — juillet 2024.
Article 0, chapitre 5 « Les chiens de chasse, des armes au service des hommes », notamment p. 76-81. Animal Cross y documente les risques auxquels sont exposés les chiens à la chasse — blessures infligées par le gibier, obstacles, éclats de plomb et accidents routiers — et défend à terme la limitation de leur utilisation à la recherche d’animaux blessés.
Découvrir Article 0 sur le site d’Animal Cross
[4] Græsli A. R. et al. — 2020.
Physiological and behavioural responses of moose to hunting with dogs, Conservation Physiology, vol. 8, coaa122. Étude menée sur huit femelles élans en Scandinavie lors de poursuites réelles ou expérimentales avec chiens ; elle met en évidence des réponses physiologiques, comportementales et énergétiques à la poursuite.
Consulter l’étude

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Maladies raciales : plus de 100 vétérinaires ont signé notre tribune !

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135 vétérinaires ont signé notre tribune pour soutenir notre proposition de loi contre les maladies raciales d'origine génétique

Une étape majeure vient d'être franchie dans notre lutte contre la souffrance animale. À l'initiative des associations Quatre pattes, Animal Cross et Convergence Animaux Politique, une tribune d'une ampleur inédite a été publiée dans le journal « Le Monde », marquant un tournant dans la prise de conscience nationale sur la maltraitance génétique.

Un ralliement massif des professionnels de santé

Ce n'est pas seulement un cri d'alarme associatif, mais une véritable expertise de terrain qui s'exprime aujourd'hui. Plus de 100 vétérinaires et une vingtaine de ASV (assistante vétérinaire) ont co-signé notre appel pour exiger la fin de la sélection génétique qui dégrade la santé des chiens et des chats.

Ces praticiens, répartis sur tout le territoire, témoignent d'une réalité quotidienne insoutenable : celle d'animaux dont la vie est rythmée par la douleur en raison de critères esthétiques "mignons" ou "originaux". En signant ce texte, ils dénoncent une « hérésie » biologique qui les place dans une position morale impossible.

Le malaise des vétérinaires au cœur du débat

Un aspect qui est souvent ignoré : le malaise éthique profond des professionnels de la santé animale. Les vétérinaires signataires refusent désormais d'être les simples « réparateurs » de malformations délibérément programmées par l'humain pour répondre à des effets de mode.

Cette mobilisation massive souligne que :

  • La souffrance de ces animaux n'est pas une fatalité biologique, mais le résultat de pressions de sélection délibérées.
  • Le métier de vétérinaire subit un véritable épuisement professionnel face à la répétition de ces pathologies évitables.
  • La science et la morale imposent aujourd'hui de placer la santé avant l'apparence.

Un écho médiatique pour porter La proposition de loi

Cette tribune dans la presse nationale offre une visibilité cruciale à notre combat. Elle vient valider scientifiquement l'urgence de la proposition de loi du Sénateur Daniel Salmon enregistrée au Sénat le 11 mai dernier.

En recevant le soutien de plus d'une centaine de vétérinaires et de grandes fédérations internationales, nous démontrons que la France peut et doit s'aligner sur les dernières connaissances scientifiques pour interdire la reproduction d'animaux porteurs de traits handicapants.

Nous tenons à remercier chaleureusement les signataires et tous ceux qui nous rejoignent chaque jour. Ensemble, nous mettrons fin à la maltraitance programmée.

L’Ours des Pyrénées : Pourquoi est-il si difficile pour les ours pyrénéens de se rencontrer ?

L’Ours des Pyrénées : Pourquoi est-il si difficile pour les ours pyrénéens de se rencontrer ?

Comment l'aménagement du territoire influence ses déplacements ?

Une étude scientifique majeure publiée en mars 2026 par l'OFB et le Muséum National d’Histoire Naturelle, fait la lumière sur la « connectivité » de notre massif : Le relief pyrénéen naturel et anthropisé permet-il de laisser circuler cette espèce emblématique, toujours aujourd'hui en danger critique d'extinction ?

Une étude inédite pour briser l’isolement

La population d’Ours brun des Pyrénées revient de loin, mais elle reste fragile. Son principal défi aujourd'hui n'est pas seulement le nombre d'individus, ou la faiblesse génétique, mais leur isolement. La population est en effet fragmentée en deux noyaux (l’un à l’ouest et l’autre au centre-est) qui communiquent très peu entre eux : depuis 2016, seuls trois mâles ont réussi à passer d’un groupe à l’autre.

Pour comprendre ce qui bloque la fluidité des déplacements ursins, l'étude « Connectivité fonctionnelle des paysages pyrénéens pour l’Ours brun » (Dumortier et al., 2026) a analysé plus de 45 000 localisations GPS et VHF ainsi que des milliers d'indices de présence sur l'ensemble de la chaîne franco-espagnole et andorrane. L'objectif ? Identifier les « autoroutes » naturelles (les corridors) et les obstacles qui empêchent le brassage génétique indispensable à la survie de l'espèce.

Le relief : entre refuge et barrière physique

Si l’ours est un montagnard agile, il ne grimpe pas n’importe où au hasard. L’étude confirme que le relief joue un rôle déterminant dans ses mouvements :

  • L’étage idéal : Les ours privilégient les altitudes intermédiaires (généralement entre 800 et 1 800 mètres) où ils trouvent le meilleur compromis entre nourriture et tranquillité.
  • Les sommets infranchissables : Les massifs de très haute altitude, comme le Néouvielle ou le Pic du Midi de Bigorre, agissent comme de véritables freins. Les pentes raides (supérieures à 70 %), les falaises et l’absence de forêt pour se cacher rendent ces zones coûteuses en énergie et dangereuses.
  • Le besoin de forêt : Le couvert forestier est essentiel pour les déplacements diurnes et le repos. Les zones trop ouvertes ou rocheuses de haute altitude sont évitées, faute d’abris. Les femelles, plus petites et souvent accompagnées d'oursons, sont d'ailleurs particulièrement dépendantes de ces zones escarpées mais boisées pour leur sécurité.

L’activité humaine : le vrai « mur » pour les ours

Le relief n'explique pas tout. Le développement humain est le principal facteur de fragmentation de l'habitat de l'ours :

  • Les routes, obstacles majeurs : Les axes routiers dans les vallées (comme la route d'Aragnouet-Bielsa ou l'axe Foix-Ax les Thermes) constituent des barrières majeures. Plus le trafic est dense, moins l'ours ose traverser. Dans les zones où les routes sont nombreuses, les ours sont contraints de réduire la taille de leur territoire. Voir un ours près d'axe routier ou traverser des routes la nuit ne démontre pas un comportement déviant. (vidéo ici)
  • L’évitement de l’homme : Les ours perçoivent les activités humaines comme une menace. Ils évitent soigneusement les zones urbanisées et les plaines agricoles intensives. Cette méfiance repousse les ours vers des zones de montagne plus accidentées, limitant ainsi leurs possibilités de rencontre entre les deux noyaux de population.
  • Un enjeu de cohabitation : Pour assurer l'avenir de l'ours, l'étude souligne l'urgence d'aménager le territoire. Cela passe par la création de passages à faune (ponts ou tunnels) et de systèmes d'alerte pour les automobilistes là où les corridors écologiques croisent les routes.

Améliorer la circulation de l'ours, c'est protéger l'ensemble de la biodiversité pyrénéenne.

En tant qu'espèce parapluie, l'ours a besoin de vastes territoires préservés pour se déplacer, se nourrir et se reproduire. Les actions mises en place pour préserver ses habitats et renforcer leur connectivité bénéficient également aux oiseaux, mammifères, insectes, amphibiens et à toute la biodiversité qui partage ces espaces.

Préserver une espèce parapluie, c'est donc protéger un écosystème entier, ce qui en fait un levier essentiel pour la conservation de la nature.

Référence : Dumortier N., Carruthers-Jones J., Sentilles J., Quenette P.-Y., Lemaître P.-L. & Vanpé C. 2026. — Connectivité fonctionnelle des paysages pyrénéens pour l’Ours brun Ursus arctos Linnaeus, 1758. Naturae 2026 (4): 81-105.

Sauvetage d’urgence : 96 animaux sauvés de la canicule

Sauvetage d’urgence : 96 animaux sauvés de la canicule

Le 23 juin, la gendarmerie d'Oloron nous appelle en urgence. Sur place, le thermomètre affiche 42°C. Les animaux sont en plein soleil, sans eau. 

Partout, la même scène d'horreur. Des poules sont déjà mortes. Des lapins agonisent dans leurs clapiers brûlants. Des bébés sont morts. D'autres ont été dévorés par leur mère.

Des cochons suffoquent. Deux chiens, un patou et un braque sont enfermés dans un petit espace, ils ne peuvent même pas rejoindre un point d'eau.

Les gendarmes sont à pied d'œuvre depuis 8h. Formidables, ils ne cessent de leur apporter de l'eau pour les maintenir en vie. Lorsque nous approchons, la jeune chienne braque peine à marcher. À quelques mètres, une chienne Patou reste couchée, immobile, résignée. Libérée de sa chaîne, elle ne réagit presque plus. Après de longues minutes à l'encourager, elle trouve la force de se lever et nous suit lentement.

Une décision exceptionnelle Face à cette situation dramatique, le Parquet ordonne immédiatement la saisie de tous les animaux. Trois associations unissent leurs forces :

  • La Ferme des Choupinous prend en charge les 52 lapins.

  • La Ferme des Trois Pommes accueille l'âne et la mule.

  • Animal Cross prend en charge tous les autres animaux : les chiens, les moutons, les chèvres, les canards et les chatons.

  • Pendant deux jours, sous une chaleur écrasante, bénévoles, gendarmes et associations travaillent ensemble. Au total, 96 animaux sont sauvés : 52 lapins, 23 moutons, 2 chèvres, 6 chiens, 2 chatons, 1 âne, 1 mule, 20 canards.

Les premiers examens vétérinaires révèlent l'étendue des souffrances

Certains animaux sont conduits immédiatement chez le vétérinaire. Beaucoup souffrent d'un coup de chaleur. Certains lapins peinent à respirer. Ils sont aujourd'hui chez le vétérinaire sous assistance respiratoire.Mais c'est la jeune braque, âgée d'à peine un an et demi, qui nous bouleverse le plus. Elle a 18 mois mais porte déjà sur son corps les traces d'anciennes blessures. Les radiographies révèlent plusieurs fractures anciennes jamais soignées : plusieurs fractures du bassin ; une fracture de la hanche qui s'est consolidée de travers ; une déformation importante de l'articulation. Elle boite des deux pattes arrière. Comme si cela ne suffisait pas, elle souffre également d'un énorme abcès au cou, gros comme une balle de tennis, rempli de pus. Quant à la chienne Patou, son collier a fini par s'enfoncer dans sa chair...

Tous les animaux ont été placés et pris en charge. Ils reçoivent maintenant les soins nécessaires. Une cagnotte a été lancée et relayée sur les réseaux sociaux et dans les journaux locaux.

lien vers la cagnotte - merci pour eux 💚​