Foie gras pour Noël : l’horreur derrière la magie, au nom de la gastronomie

Foie gras pour Noël : l’horreur derrière la magie, au nom de la gastronomie

Le foie gras est présenté comme un met d’exception. Mais sa fabrication repose sur une pratique barbare que beaucoup ignorent encore : le gavage. Une méthode qui engendre une souffrance animale qui est, d’ailleurs, interdite dans la grande majorité des pays européens.

Ce que dit la réalité

  • 22,8 millions de canards et 78 000 oies ont été gavés en France en 2024 (1).
  • Seuls les mâles sont utilisés : les femelles sont massacrées à la naissance par broyage ou gazage.
  • 60 à 90 % des canards sont élevés en cages de batterie leur blessant les pattes et les rendant incapables de se lever ou d’étendre leurs ailes. Leur univers ? Une cage métallique et l’attente…
  • Puis vient le gavage : pendant 12 jours, un tube métallique de 25 cm leur est enfoncé de force dans l’œsophage 2 à 3 fois par jour pour ingérer une quantité de nourriture équivalente à 6 fois leur ration normale.  Au moment du gavage, une grille aplatit et compresse les animaux au fond de la cage pour entraver leurs mouvements. Imaginez leurs souffrances… Pas d’échappatoire possible.
  • Pour donner une idée : un canard ingère 800 g de maïs par jour, soit l’équivalent de 10 kg d’aliments quotidiens pour un humain de 70 kg. Beaucoup agonise pendant et après le gavage.
  • Leur foie atteint 10 fois sa taille : c’est une maladie, la stéatose hépatique. Et le supplice ne s’arrête pas là : diarrhées, halètements, difficultés à respirer, incapacité à se déplacer normalement…
  • La mortalité en période de gavage est 10 à 20 fois plus élevée qu’en élevage normal (2).

Un abattoir en guise de réveillon

Après une douzaine de jours de gavage, les oiseaux sont envoyés à l’abattoir. Étourdis par électronarcose, ils devraient perdre conscience avant d’être saignés… mais il est fréquent qu’ils se réveillent pendant la procédure. Leur vie s’achève dans le bruit, le métal, la précipitation.

Un laissez-passer français pour torturer, au nom de la gastronomie et de la tradition

La directive européenne de 1998 interdit tout mode d’alimentation causant souffrance ou dommage à l’animal. Le gavage est donc contraire à l’esprit du texte… et c’est pourquoi il est interdit dans la majorité des pays de l’UE. La France fait partie des rares exceptions au nom de la tradition gastronomique.

Le rapport du Comité scientifique de la Commission européenne de la santé et du bien-être des animaux, démontre que la “stéatose hépatique” créée par le gavage est une maladie grave, dont le niveau atteint en fin de gavage serait mortel si la procédure durait ne serait-ce que quelques jours de plus.
Les scientifiques y décrivent un procédé causant souffrance, blessures et défaillance organique, concluant que le gavage, tel qu’il est pratiqué, compromet gravement le bien-être animal (3).

Cette conclusion est confirmée par le rapport du Pr. Broom et du Dr. Irene Rochlitz de l’Université de Cambridge de 2015 intitulé « Le Bien-être des canards pendant la production de foie gras » (4). 

Des risques qui nous concernent aussi

Selon l’ANSES et l’Institut Pasteur, les élevages intensifs de canards sont un facteur majeur de propagation et de mutation de la grippe aviaire.

Plus le virus circule, plus le risque de transmission à l’humain augmente.

Des alternatives existent

Les alternatives végétales au foie gras, “faux gras”, terrines végétales, pâtés gastronomiques, se multiplient. Savoureuses, festives, créatives, elles permettent de conserver le plaisir des fêtes… sans cautionner la souffrance.

Comment éviter le foie gras… sans gâcher la fête !

Si vous aussi, vous refusez de cautionner cette souffrance intolérable, voici quelques répliques pour avoir de la répartie et éviter les débats sans fin avec l’oncle casse-pied.

La réponse diplomatique

« Oh non merci, je me garde une place pour la suite… et vu ce que Mamie a prévu, je préfère assurer ma survie. »

La réponse informée, mais tranquille

« Je passe mon tour. J’ai appris comment c’était fabriqué et comment les animaux souffrent horriblement, ça m’a coupé l’appétit. »

La réponse pour désamorcer l’ambiance

« On m’a dit que le Père Noël donnait des points bonus à ceux qui choisissent la version vegan et moi je veux plus de cadeaux. »

La réponse complotiste (gentille, évidemment)

« Non merci… On ne me fera pas croire qu’un foie 10 fois trop gros, c’est naturel. On ne me la fait pas, moi ! »

La réponse “experte santé”

« Oh non, j’évite les foies malades… Le mien a déjà assez de boulot avec les repas de famille. »

La réponse “zen”

« Non merci, je suis dans une phase où je ne mange rien qui ait vécu une expérience traumatisante. Donc adieu foie gras, bonjour sérénité. »

La réponse “Star Wars”

« Sans moi ! Je suis passé du côté lumineux de la force : celui des terrines végétales. Il y a moins de souffrance et plus de goût ! »

La réponse cinéma

« J’ai vu trop de documentaires sur le sujet. Franchement, même Tarantino ne tournerait pas un truc aussi violent. » 

 

Sources :

  1. Agreste, 2024. Statistique agricole annuelle (SAA) 2024, données provisoires, 62 p. (p. 24).
  2. Rapport de 1998 du Comité Scientifique vétérinaire mandaté par la commission européenne
  3. Scientific Committee on Animal Health and Animal Welfare, « Welfare Aspects of the Production of Foie Gras in Ducks and Geese », adopté le 16 décembre 1998. Le texte complet de ce rapport était disponible sur le site de l’Union européenne. On peut le consulter sur une archive en ligne (en anglais).
    La LFDA en propose une analyse critique (en français) sur son site.
  4. Broom D. M., Rochlitz I., 2015. « Le Bien-être des canards pendant la production de foie gras ».
    Une version de ce rapport a été publiée en 2017 : « The Welfare of Ducks During Foie Gras Production », Animal Welfare vol. 26 no 2, p. 135-149.

Crédit photo : L214

Les autres articles concernant le gavage et le foie gras

Foie gras, dinde : ce que nos fêtes cachent encore

Foie gras, dinde : ce que nos fêtes cachent encore

Ils veulent vivre. Pensons aussi à eux à Noël Noël évoque la chaleur, le partage, la bienveillance. Pourtant, chaque année, derrière les tables dressées et les traditions répétées, des millions d’animaux vivent cette période comme une épreuve de souffrance et de mort….

Le gavage est cruel. Stoppons la production de foie gras !

Le gavage est cruel. Stoppons la production de foie gras !

SIGNER LA PÉTITION Le foie gras est considéré comme un mets raffiné et gourmand que l’on consomme à l’occasion d’événements festifs. Pourtant, la réalité de sa production est bien loin de cette belle image. Seuls les canards mâles sont gavés, l’utilisation des…

Foie gras : un peu, beaucoup, passionnément ou… pas du tout ?

Foie gras : un peu, beaucoup, passionnément ou… pas du tout ?

A l’occasion de la journée internationale pour dire non au foie gras, Animal Cross a conçu une petite vidéo. Foie gras : un peu, beaucoup, passionnément ou… pas du tout ? A partager sans modération dans votre entourage à la veille des fêtes de fin…

08-gavage-cages-collectives-france-10-2012 L214

NON à la ferme des 10 000 canards à EXCENEVEX (Haute-Savoie)

Mobilisation samedi 18 février à Ballaison de 14h à 19h (covoiturage depuis Annemasse / Genève) organisée par l’association CHOC (Collectif Halte Ouvrons les Cages) :  https://www.facebook.com/events/1287842014642095/permalink/1289759817783648/ PRESENCE…

Le chevreuil : destructeur de forêts ou victime d’idées reçues ?

Le chevreuil : destructeur de forêts ou victime d’idées reçues ?

Depuis plusieurs années, le chevreuil est accusé de porter atteinte à la régénération naturelle des forêts françaises. On l’accuse de broutage excessif, de destruction de jeunes pousses, de menacer la biodiversité. Mais qu’en est-il vraiment ? Et si cette image de destructeur de forêts masquait d’autres responsabilités ?

 

Un coupable bien pratique pour masquer une gestion forestière industrielle

 

Comme l’explique Annik Schnitzler, écologue spécialiste des forêts tempérées, « ce ne sont pas les chevreuils qui déboisent les forêts, ce sont les engins forestiers » [1]. Les plantations artificielles, en monoculture, fragiles et peu résilientes, sont davantage affectées par l’abroutissement que les forêts naturelles diversifiées.

La sylviculture intensive, la chasse, et la suppression des prédateurs naturels sont autant de facteurs qui créent un déséquilibre que l’on fait injustement porter au chevreuil [2].

 

Un rôle écologique bénéfique pour la forêt

 

Le chevreuil joue un rôle clé dans l’écosystème forestier. Il contribue à maintenir un certain équilibre végétal en limitant certaines espèces dominantes et en favorisant l’ouverture de clairières bénéfiques à d’autres espèces (oiseaux, insectes, petits mammifères) [3].

Contrairement aux idées reçues, sa présence n’empêche pas la régénération naturelle – au contraire, elle participe à la dynamique naturelle de la forêt lorsqu’elle est équilibrée [4].

 

La surpopulation de chevreuils : un mythe tenace

 

On parle souvent de surpopulation, mais dans la nature, les populations s’auto-régulent : ressources alimentaires, prédateurs, qualité de l’habitat sont autant de facteurs de contrôle [5].

La chasse, loin d’être une solution neutre, peut aggraver les déséquilibres en stimulant la reproduction ou en fragmentant les groupes sociaux [6].

 

Et si le vrai problème était notre modèle forestier ?

 

En réalité, le problème réside moins dans la présence du chevreuil que dans nos choix de gestion :

- Plantations artificielles sans diversité végétale [2]

- Disparition des prédateurs naturels (lynx, loup) [5]

- Recherche de rentabilité immédiate au détriment des cycles naturels [7]

Il est temps de cesser de faire du chevreuil un bouc émissaire et de repenser la place de la faune sauvage dans nos paysages forestiers.

 

Sources

  1. Annik Schnitzler. (2020). Intervention publique sur la faune et les forêts. Cité dans plusieurs articles et conférences sur les équilibres écologiques.
  2. ASPAS. (2022). Le mythe du gibier en surnombre. www.aspas-nature.org
  3. ONF. (2021). Rapport sur la régénération forestière. Office National des Forêts. www.onf.fr
  4. Société Française d'Écologie. (2020). Faune et forêts : des équilibres naturels. www.sfe-ecologie.org
  5. WWF France. (2020). Biodiversité forestière et faune sauvage. www.wwf.fr
  6. Petzold, H. (2022). Forest herbivory in Europe: A misunderstood role. In Ecological Studies Series.
  7. Ministère de la Transition Écologique. (2023). Rapport annuel sur la biodiversité forestière. www.ecologie.gouv.fr

Ongulés sauvages : quand la chasse dérègle la nature

Ongulés sauvages : quand la chasse dérègle la nature

Cerfs, chevreuils, sangliers, mouflons, chamois… Les ongulés sauvages occupent une place essentielle dans nos écosystèmes forestiers et montagnards.
Pourtant, ils sont les principales cibles de la chasse en France : plus de 1,5 million d’entre eux sont abattus chaque année [1].
Les chasseurs justifient cette pratique au nom de la « régulation » des populations ou de la « protection des cultures ». Mais la réalité écologique est bien plus complexe.

La science montre que la chasse ne remplace pas les régulations naturelles disparues. Pire, elle peut amplifier les déséquilibres qu’elle prétend corriger. Une gestion réellement durable devrait reposer sur la compréhension des mécanismes naturels, la coexistence avec les prédateurs, et des alternatives non létales.

La chasse n’est pas un outil écologique universel : elle agit souvent contre les processus naturels de régulation qu’elle prétend restaurer.

Les régulations naturelles : un équilibre longtemps brisé

Dans les écosystèmes naturels, les populations d’ongulés sont maintenues par la prédation exercée par les grands carnivores — loup, lynx, ours — et par la disponibilité des ressources alimentaires.
Ces prédateurs ciblent les individus faibles ou malades, renforçant la santé globale du groupe et évitant les surpopulations [2].

En France, la disparition quasi complète de ces espèces au XIXe siècle a entraîné une rupture des chaînes trophiques [3]. Là où le loup recolonise le territoire (Alpes, Cévennes, Jura, Massif central), les suivis écologiques montrent une diminution progressive
des densités d’ongulés et une meilleure répartition spatiale des troupeaux [4].

Selon une étude publiée dans Proceedings of the Royal Society B, la prédation du loup permettrait d’éviter chaque année plusieurs milliers de collisions routières impliquant des ongulés, représentant jusqu’à 7,8 millions d’euros d’économies [5].
La présence du loup ne crée donc pas un déséquilibre : elle rétablit un équilibre écologique perdu.

Le retour des prédateurs naturels, comme le loup, contribue à restaurer des équilibres écologiques stables et à limiter naturellement les excès de populations d’ongulés.

La chasse : une régulation artificielle et perturbatrice

La chasse humaine agit différemment de la prédation naturelle. Elle vise souvent les individus en pleine force — mâles reproducteurs, beaux trophées — au lieu des animaux faibles ou malades. Cette pression sélective inversée modifie la structure d’âge et de sexe des populations [6].

Les travaux sur le sanglier montrent que, dans les zones à forte pression de chasse, les femelles atteignent la maturité sexuelle plus tôt,
parfois dès 8 à 10 mois, et que les portées sont plus nombreuses [7].
Cette réponse biologique au stress et à la mortalité s’appelle l’effet rebond démographique : plus on chasse, plus les populations se reconstituent rapidement.

Ce mécanisme est bien documenté dans la littérature scientifique européenne [8] et constitue une des principales explications du paradoxe observé : malgré la multiplication des tirs, les effectifs d’ongulés augmentent toujours.

L’« effet rebond » contredit l’idée d’une chasse régulatrice : la mortalité provoquée stimule la reproduction et maintient la surpopulation.

Des millions de tirs pour un résultat incertain

En cinquante ans, le nombre de tirs d’ongulés en France a été multiplié par dix à vingt selon les espèces [1,9]. Et pourtant, la densité moyenne de sangliers reste en hausse dans la majorité des départements [10]. Cela s’explique par une combinaison de facteurs :

  • la disparition des grands prédateurs dans de vastes zones ;
  • le nourrissage artificiel ou la mise en culture de parcelles attractives ;
  • et bien sûr, l’effet rebond lié aux prélèvements excessifs.

L’OFB reconnaît que la régulation par la chasse seule ne permet pas de stabiliser durablement les populations [10]. Une approche écosystémique, intégrant la prédation naturelle et la restauration des habitats, serait plus efficace.

L’intensification des tirs ne résout rien : elle entretient un cycle de surpopulation et de conflits écologiques.

Le stress et la souffrance invisibles

La chasse ne tue pas seulement : elle perturbe durablement.
Les ongulés exposés à la chasse adoptent une activité nocturne forcée, fuient les zones riches en ressources et vivent dans un état de stress chronique [11].

Les niveaux de cortisol — hormone du stress — augmentent fortement chez les animaux poursuivis ou exposés aux tirs [12].
Cette charge physiologique altère leur immunité, leur reproduction et leur longévité. Il s’agit d’une souffrance réelle, bien que rarement visible.

Même sans être abattus, les animaux chassés subissent un stress chronique comparable à un traumatisme,
réduisant leur bien-être et la stabilité des populations.

Quand la chasse dérègle les forêts

On accuse souvent les ongulés de dégrader les jeunes forêts. Mais la responsabilité est partagée : la chasse provoque des concentrations anormales dans certaines zones-refuges et des déséquilibres spatiaux [13]. Les animaux chassés se déplacent davantage, broutant intensément là où ils se sentent en sécurité.

Ces effets de fuite accentuent les dégâts localisés et dégradent la régénération forestière.
Dans les forêts où la chasse est suspendue ou limitée, les densités s’équilibrent souvent sans intervention humaine [14].

En perturbant la répartition naturelle des ongulés, la chasse contribue aux dégâts forestiers qu’elle prétend prévenir.

Des alternatives existent

Plusieurs solutions non létales et écologiquement efficaces peuvent être mises en œuvre :

  • protéger durablement les prédateurs naturels (loup, lynx, ours) ;
  • restaurer des corridors écologiques pour faciliter la dispersion naturelle ;
  • expérimenter la contraception immunologique, notamment en zones périurbaines ;
  • créer des zones sans chasse pour permettre la stabilisation naturelle des populations [15].

Ces approches ne sont pas utopiques : elles sont déjà testées avec succès dans plusieurs pays européens.
Elles s’inscrivent dans une logique de coexistence, fondée sur la science et le respect du vivant.

La restauration des prédateurs et les solutions non létales offrent des moyens durables et éthiques de gérer la faune sauvage.

L’éthique du vivant

La chasse d’agrément ne peut plus être justifiée au nom d’une régulation inefficace.
Les ongulés sont des êtres sensibles, capables d’émotions, d’attachement et de souffrance [17].
Leur mort ou leur traumatisme ne peuvent être des instruments de loisir.

Respecter le vivant, c’est reconnaître le rôle des processus naturels et la valeur intrinsèque de chaque individu.
C’est aussi renoncer à une domination héritée d’un autre temps.

Les preuves s’accumulent : la chasse des ongulés sauvages ne régule pas durablement les populations.
Elle désorganise les structures sociales, alimente la surpopulation et fragilise les écosystèmes.
Une gestion moderne de la faune doit intégrer les prédateurs, limiter les perturbations humaines et miser sur des solutions non létales.

Protéger les équilibres naturels, c’est protéger la vie. La coexistence entre l’humain et la faune sauvage est non seulement possible, mais indispensable à la santé des écosystèmes.

 

Notes et références

  1. OFB (2024). Prélèvements d’ongulés sauvages – Saison 2024-2025.
  2. Anceau C. et al. (2015). La prédation du loup sur les ongulés sauvages : impacts directs et indirects. Faune Sauvage, n° 306.
  3. Commission européenne (2024). The situation of the wolf (Canis lupus) in the EU.
  4. Lenoir L. (2024). Impacts de la présence du loup sur les ongulés sauvages et les élevages ovins. Université de Liège.
  5. Chapron G. et al. (2022). Does predation by wolves reduce collisions between ungulates and vehicles in France ? Proceedings of the Royal Society B.
  6. Maillard D. & Morellet N. (2016). Ungulates and their management in France. In : European Ungulates and Their Management in the 21st Century.
  7. Gamelon M. et al. (2011). High hunting pressure selects for earlier birth date: wild boar as a case study. Evolution, 65(11).
  8. Vajas P. (2020). Hunting pressure on wild boar relates to simple metrics of hunting effort. Science of the Total Environment, 698.
  9. Saint-Andrieux C., Barboiron A. et al. (2024). Évolution des populations d’ongulés sauvages en France métropolitaine. OFB.
  10. Observatoire de la forêt – IGN/MTE (2025). Les ongulés sauvages : l’équilibre sylvo-cynégétique.
  11. Chassagneux A. (2020). Vers une intégration du comportement spatial dans la gestion de la faune sauvage par la chasse : l’exemple du cerf et du sanglier. Thèse de doctorat.
  12. Sheriff M.J. et al. (2011). Measuring stress in wildlife : techniques for quantifying glucocorticoids. Oecologia, 166.
  13. CNPF (2024). Les ongulés sauvages et l’équilibre sylvo-cynégétique.
  14. Roussel V. (2020). L’augmentation démographique du cerf dans le massif des Vosges : compétition entre usages de l’environnement. VertigO.
  15. Ministère de la Transition écologique (2022). Les ongulés sauvages de France métropolitaine – Évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (EFESE).
  16. Tack J. et al. (2018). Wild Boar (Sus scrofa) Populations in Europe.
  17. Boissy A. et al. (2007). Assessment of positive emotions in animals to improve their welfare. Physiology & Behavior, 92(3).
Grande déception : en 2026 l’UE ne semble pas vouloir s’engager le bien-être animal

Grande déception : en 2026 l’UE ne semble pas vouloir s’engager le bien-être animal

Dans son programme de travail 2026 publié le 21 octobre, l’Union européenne (UE) a omis d’inclure les propositions législatives longtemps promises pour réviser la législation européenne sur le bien-être animal et interdire l’élevage en cage.

La décision de l’UE intervient malgré les assurances répétées du commissaire chargé du bien-être animal, Olivér Várhelyi, qui avait annoncé la présentation de ces propositions législatives d’ici fin 2026.

Ces engagements faisaient suite à l’Initiative Citoyenne, l’ICE « End the Cage Age », lancée en 2019 et soutenue par 1,4 million de citoyens et 170 ONG. La Commission européenne avait alors promis de publier des mesures concrètes pour améliorer le bien-être animal d’ici 2023. Réponse de la commission.

Pourtant, les citoyens européens se montrent largement favorables à cette réforme : un sondage Eurobaromètre de 2023 révèle que 89 % d’entre eux s’opposent à l’élevage en cage.

En 2024, le comité citoyen de l’ICE « End the Cage Age » avait même engagé une action en justice pour obtenir un calendrier clair de présentation des propositions promises.

Or, dans le programme de travail 2026, la seule mesure annoncée en faveur du bien-être animal est une initiative non législative sur « le bétail, y compris les éléments relatifs au bien-être animal ». Cette stratégie vise principalement à renforcer la compétitivité, la résilience et la durabilité du secteur de l’élevage et de la chaîne agroalimentaire. Une stratégie économiste qui ne répond pas aux attentes de respect du bien-être animal, notamment concernant la fin de l’élevage en cage.

À notre plus grand regret, rien dans ce programme ne favorise véritablement le bien-être animal ni ne met fin à l’utilisation des cages pour l’élevage.

Le CIWF a déclaré vouloir intensifier sa campagne et maintenir la pression jusqu’à la fin de l’élevage en cage. Une démarche qu’Animal Cross soutient pleinement.

Ces animaux morts pour la France que nous ne devons pas oublier

Ces animaux morts pour la France que nous ne devons pas oublier

 Le 11 novembre approche, c'est le moment de repenser à nos combattants, bien sûr, mais aussi à nos animaux, morts pour notre liberté.
Ils sont les oubliés de nos guerres et pourtant ils ont joué un rôle majeur

Les chevaux de guerre

Durant la Première Guerre mondiale, ils ont servi pour le déplacement des soldats et le transport d'objets lourds comme les canons. Au total, environ 14 millions de chevaux ont été mobilisés durant cette guerre et près de 11,5 millions auraient péri, succombant à la famine, à l'épuisement et aux blessures. Leur utilité était telle qu'on construisait des hôpitaux pour chevaux à la va-vite, et de nombreux vétérinaires étaient mobilisés. Lors de la Seconde Guerre mondiale, leur rôle fut réduit à celui de soutien logistique.

Les chiens (combat, garde, pistage)

Les chiens, alliés de l'homme, étaient utilisés pour monter la garde, pister des substances explosives, déplacer des objets, tirer les blessés hors du champ de bataille, et apporter du réconfort aux soldats. Les Français ont utilisé près de 12 000 chiens durant la Première Guerre mondiale, dont Stubby, le chien le plus décoré de la Première Guerre mondiale, ayant même été élevé au rang de sergent après avoir capturé un espion allemand.

Les ânes de bât

Les ânes ont également été mobilisés durant la Première Guerre mondiale (environ 12 500 déployés). Ils étaient très utiles pour déplacer des objets, que ce soit des denrées alimentaires ou de l’armurerie. L’histoire la plus connue est celle de l’Australien Simpson et de son âne qui, face au manque de civières, auraient sauvé près de 300 hommes en les transportant vers l’infirmerie.

Les pigeons messagers

Les pigeons ont aussi sauvé de nombreuses vies. Ils étaient principalement utilisés comme messagers. Certains étaient même équipés d’appareils photo pour espionner les bases ennemies. La France aurait utilisé 60 000 pigeons durant la Première Guerre mondiale, dont beaucoup sont morts sous les tirs ou gazés. L'exemple le plus célèbre est Cher Ami, un pigeon qui a sauvé la vie de près de 200 personnes en 1918. Alors qu'il transmettait un message crucial après que 500 Américains aient été pris au piège, il fut blessé à l’œil et à la patte, mais réussit tout de même à parcourir 40 kilomètres pour achever sa mission. Cher Ami fut médaillé et est exposé aujourd'hui au Musée National d’Histoire Américaine.

En conclusion, nous devons une grande gratitude à ces animaux de guerre, qui sont parfois injustement passés sous silence.

 

Sources :

BARATAY, Eric. Les animaux en guerre. In : Les animaux dans la Grande Guerre. 2018.

BRUNEAU, Roland. Les équidés dans la Grande Guerre. Bull. soc. fr. hist. méd. sci. vét, 2005, vol. 4, no 1.

https://www.lesanimauxdumonde.fr/

https://www.robindesbois.org/les-animaux-et-la-premiere-guerre-mondiale/

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-marche-des-sciences/des-animaux-morts-pour-la-france-histoire-des-betes-de-tranchees-2911371

https://www.francebleu.fr/infos/societe/une-plaque-commemorative-a-paris-pour-les-animaux-morts-durant-la-premiere-guerre-mondiale-1527181099

 

 

La justice met fin aux abattages indiscriminés de bouquetins dans le Bargy

La justice met fin aux abattages indiscriminés de bouquetins dans le Bargy

La Cour administrative d’appel de Lyon a confirmé le 14 octobre 2025 l’annulation de l’arrêté préfectoral du 17 mars 2022 qui autorisait l’abattage indiscriminé de bouquetins dans le massif du Bargy (Haute-Savoie).

Cette décision, désormais définitive, constitue une avancée importante pour la protection des bouquetins du Bargy.

 

Une ordonnance importante

Par une ordonnance du 14 octobre 2025, la Cour administrative d’appel a constaté le désistement d’office de la ministre de la Transition écologique, qui avait fait appel du jugement rendu en novembre 2023 par le Tribunal administratif de Grenoble. L’arrêté du 17 mars 2022, qui autorisait des abattages de bouquetins sans test sanitaire préalable pour la période 2022-2030, et prévoyait 20 tirs chaque année jusqu'en 2030 est donc annulé une fois pour toutes : le préfet de Haute-Savoie perd tout droit de relancer les tirs prévus. 

 UN contexte sanitaire et scientifique complexe

La brucellose, maladie bactérienne affectant bovins et bouquetins, a été détectée dans le massif du Bargy en 2012.
Depuis, des campagnes de capture, de tests et d’euthanasie des individus positifs ont reduit la prévalence (voir notre dossier complet sur le bouquetin).

L’ANSES a souligné à plusieurs reprises la nécessité d’une stratégie ciblée et proportionnée.
De son côté, le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a rappelé que les dérogations au statut d’espèce protégée
devaient être strictement encadrées (voir notre mobilisation lors de la consultation publique).

 

Un combat collectif

Depuis plus de dix ans, Animal Cross, FNE, la LPO et l’ASPAS se sont unis pour défendre les bouquetins du Bargy. Ensemble, nous avons multiplié les recours juridiques et mobilisé l’opinion publique (toutes nos actualités sur le sujet).

 

Octobre 2025 restera comme une étape décisive : la justice a protégé les bouquetins du Bargy face à des mesures injustifiées. Mais ce succès ne clôt pas le dossier. Animal Cross, aux côtés de ses partenaires, poursuivra son action pour que les autorités privilégient enfin des solutions efficaces et respectueuses de la biodiversité.

 

Recevez chaque semaine notre lettre d'infos.

Vous êtes désormais inscrit à la lettre d'infos d'Animal Cross.