Maladies raciales d’origine génétique chez les chiens : une souffrance évitable, une inaction coupable

Maladies raciales d’origine génétique chez les chiens : une souffrance évitable, une inaction coupable

En France, des centaines de milliers de chiens de race souffrent de maladies héréditaires évitables, causées par des décennies de . Atrophie progressive de la rétine, , dysplasie de la hanche, syringomyélie, ou encore maladies cardiaques : ces pathologies, souvent douloureuses et invalidantes, ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat d’un , où , et où les intérêts économiques l’emportent sur le bien-être animal.

Nous dénonçons cette maltraitance programmée. La race passe avant l’individu, la beauté avant la santé. » Une logique intenable, d’autant plus que le d’animaux sur des critères nuisibles à leur santé ou à leur bien-être (article R. 214-23).

Un bilan accablant : des chiens condamnés dès la naissance

On peut distinguer deux type de maux, il y a les maladies monogéniques causées par la mutation d'un seul gène (ex: atrophie de la rétine, myélopathie), elles touchent entre 27% (chiffres Société Centrale Canine) et 46 % (chiffres Antagène, études internationales) des chiens des dix races les plus populaires (Berger australien: sensibilité médicamenteuse 40%, Cavalier King Charles : myélopathie dégénérative 62%, Golden Retriever : ichtyose 34%, chiffres Société Centrale Canine)

Ainsi que les maladies polygéniques dont les hypertypes, résultant d'une sélection esthétique extrême (museaux écrasés, corps trop longs) et d'une part environnementale (poids, âge etc.). Elles provoquent des troubles respiratoires graves (SORB), des hernies discales ou des dysplasies de la hanche. 

Cela se traduit par des chiffres alarmants :

  • Plus de 100 000 chiens brachycéphales (bouledogues, carlins, cavaliers King Charles) souffrent du syndrome obstructif respiratoire (SORB), une pathologie qui handicape leur respiration, réduit leur espérance de vie, et entraîne des souffrances quotidiennes :
  • Entre 40 et 50% des Bouledogues français, et entre 50 et 60% des Bulldogs anglais, ce qui est incompatible avec une vie normale.
  • 59% des cavaliers King Charles de plus de 4 ans développent une 100% des chiens en sont atteints à partir de 10 ans. Elle peut également se développer chez le caniche (10 à 20%) et le schnauzer nain (20 à 30%).
  • La , pratiquée pour "fixer" des traits esthétiques, elle toucherait 5 % des chiens de race, augmentant la fréquence des gènes défectueux et réduisant l'espérance de vie des animaux de plus d'un an dans certains cas.

Ces maladies ne sont pas des accidents. Elles sont le résultat direct de , où des traits comme un museau écrasé, un corps déformé ou une tête surdimensionnée sont privilégiés, au mépris de la santé des animaux.

Un système à bout de souffle

 

La sélection d’animaux sur des critères nuisibles à leur santé est interdite par la loi. Il est temps de faire respecter cette interdiction.

Malgré les alertes répétées des vétérinaires, des associations, et même des instances européennes, . L'État reste passif, le Ministère de l'Agriculture délègue la gestion des races à La Celle-ci, chargée de gérer le Livre des Origines Français (LOF), se contente de recommandations non contraignantes. La procédure de "confirmation", étape nécessaire pour obtenir un pedigree, se limite souvent à un examen visuel rapide (moins d'une minute) sans exiger de certificats de santé ou de tests génétiques

Pire, certains tests, comme le BREATH (censé évaluer la capacité respiratoire des chiens brachycéphales), sont inefficaces : il ne permet d’exclure que moins d'1 % des chiens atteints de SORB (syndrôme obstructif des races brachycéphales), alors qu'entre 40 % et 60 % des chiens en souffre.

Comme nous le soulignions dans une interview du Monde, article paru en décembre 2025, « la France accuse un retard criant dans la protection des chiens de race, alors que des pays comme les Pays-Bas, la Norvège ou la Wallonie ont déjà mis en place des mesures strictes pour encadrer l’élevage. ».
En Norvège, la Cour suprême a même interdit l’élevage des cavaliers King Charles, jugée contraire à la loi sur le bien-être animal en raison des souffrances infligées à ces chiens.

Des solutions concrètes, inspirées de nos voisins européens

Animal Cross propose une feuille de route ambitieuse pour mettre fin à ces souffrances évitables. Parmi nos revendications phares :

  1. Rendre obligatoires les tests génétiques pour les maladies monogéniques avant toute reproduction.
  2. Interdire la reproduction et la confirmation des animaux atteints de maladies héréditaires ou d'hypertypes invalidants (SORB, dysplasie sévère, syringomyélie, etc.).
  3. Réviser les standards de race pour bannir les hypertypes en particulier les races françaises comme le bouledogue français (museaux écrasés, corps déformés, têtes disproportionnées).
  4. Instaurer un (6,25 %) pour préserver la diversité génétique.
  5. Interdire les publicités et les messages valorisant les animaux hypertypes, qui entretiennent une demande irresponsable.
  6. Engager une réflexion sur la suppression des races qui sont dans une impasse comme le Cavalier King Charles (maladies cardiaques, SORB, syringomyélie...) ou le Bouvier Bernois (sarcome hystiocitaire, dysplasie...)
  7. Créer un pour suivre l’évolution de la santé des chiens de race et sanctionner les éleveurs non conformes.

Ces mesures, déjà appliquées avec succès à l’étranger, prouvent qu’un autre modèle est possible.

Agir maintenant

 

Animal Cross ne se résout pas à cette inertie. Nous appelons :

  • Le ministère de l’Agriculture à engager sans délai une réforme du cadre légal, en s’inspirant des modèles étrangers.
  • Les éleveurs et les clubs de race à cesser de reproduire des chiens malades, sous peine de sanctions. Il est possible de produire des chiens en bonne santé, sans sacrifier leur bien-être.
  • Les futurs propriétaires à se renseigner sur les conditions d’élevage et à refuser les races hypertypes, synonymes de souffrance en privilégiant des animaux sains, issus de refuges ou d’élevages éthiques.
  • Favoriser les , moins sujettes aux maladies génétiques, méritent d’être promues.
  • Privilégier l'adoption en refuge : où il y a plus de chiens croisés moins sujets aux maladies génétiques.

Pour aller plus loin

 

  • Lire notre communiqué de presse du 19 mai 2025 sur le sujet :
  • Aidez-nous dans ce combat en signant notre pétition : Chiens en souffrance à vie pour leur apparence raciale : mettons fin à ces pratiques👇​
  • Visionnez nos vidéos explicatives et témoignages sur notre chaine youtube 

Des races créées, des chiens dénaturés pour chasser

Des races créées, des chiens dénaturés pour chasser

Article issu de notre livre Article 0, disponible ici

Les chiens de chasse? “Ils sont nés pour ça!” “La chasse ne fait qu’utiliser leur instinct naturel.” Est-ce vraiment le cas? D’où viennent ces races de chiens, utilisées pour repérer, courser, marquer l’arrêt, rapporter, voire tuer les animaux sauvages? Issus de l’évolution naturelle ou artefacts créés par les hommes pour servir leurs viles passions?

D'où viennent les chiens de rue ?

En regardant les chiens cherchant leur nourriture dans les décharges de Mexico, de Casablanca, ou de Bombay, beaucoup d’entre nous penseraient : “ce sont des chiens de rue, des bâtards, des croisés”. L’idée sous-jacente est que les chiens de race sont les ancêtres des chiens de village. De nombreuses personnes ont tendance à penser que si un chien ne ressemble pas à un chien de race d’une société canine, alors c’est un hybride ou un bâtard. En réalité, les races de chiens sont issues d’une sélection génétique artificielle pratiquée par l’homme.

Avant 1861, l'absence d'uniformité

En 1755, Buffon, célèbre scientifique naturaliste, écrivait que “dans un même pays, un chien diffère beaucoup d’un autre, et entre les climats, les espèces semblent changées. De ce fait, le nombre et le mélange des races sont si grands qu’il est presque impossible de les reconnaître ou de les énumérer (1)”. “Les variétés de chiens sont extrêmement nombreuses et, comme elles sont apparemment produites par les croisements, il y a à peine de limite au nombre qui peut être décrit (2)”, note un des auteurs les plus connus en Angleterre en 1859. Les termes utilisés sont “variété de chiens”, “sorte”, “type”, “tribu”, “race”. “À l’intérieur de ces groupes, la variation de forme était normale et attendue, avec des étendues de taille, couleur et autres caractéristiques. La fonction du type de chien était liée à la forme, avec des capacités, un caractère et un tempérament caractéristiques (…). Il n’y avait pas d’attente d’uniformité dans les variétés (3).”

les races de chien, une création récente pour fixer artificiellement des caractéristiques qu'on fait passer pour "naturelles"

La fixation des caractères est intrinsèquement liée au concept de standard qui a émergé au XVIe siècle. Le développement des standards a connu une expansion significative au XIXe siècle, en Angleterre, notamment à travers les premières expositions canines dédiées à deux races de chiens de chasse : les Pointers et les Setters. En 1863, le Great International Dog Show a marqué un évènement majeur en réunissant 1 678 chiens. Cet engouement pour la cynophilie s’est propagé, conduisant à la création en 1881 de la Société Centrale Canine en France et en 1911 de la Fédération Cynologique Internationale (4).

Le développement d’une classe moyenne citadine au XIXe siècle a conduit à l’adoption généralisée du chien en tant qu’animal de compagnie. Cette évolution a entraîné une transition vers la recherche de critères esthétiques pour les races canines, contrairement aux pratiques antérieures où la sélection se basait davantage sur l’utilité des animaux, telle que la conduite des troupeaux, la garde ou la chasse.

Les variations à l’intérieur d’une race ont ensuite diminué, avec de plus en plus de chiens qui se rapprochaient du standard de la race, créant une uniformité. Le standard lui-même demeurait en évolution selon les types de chien, mais le principe de l’uniformité par rapport au standard se maintenait (5).

Dominer et maîtriser la nature

Au XIXe siècle, l’idée de progrès comme domination et maîtrise de la nature était importante, et développer des races de chien était en accord avec la pensée ambiante. Des chiens relativement proches étaient croisés ensemble pour sélectionner des génotypes et phénotypes spécifiques. Il ne faut en effet pas plus de 5 à 8 générations de chien, soit quelques dizaines d’années seulement, pour parvenir à des races ayant les caractéristiques recherchées, exprimant certains gènes au détriment des autres.

On cherchait à “améliorer les races (6)″, comme l’écrit encore aujourd’hui la Société Centrale canine (7). En termes plus basiques, on peut dire qu’on cherchait à maîtriser la génétique des animaux pour livrer des caractéristiques correspondant à ce qui était recherché : le flair, l’endurance, la taille des animaux, l’aboiement, etc., pour les chiens de chasse par exemple. Ainsi, dire que les Setters marquent naturellement l’arrêt revient à constater que les sélections génétiques pour fixer cette caractéristique chez cette race de chien ont bien fonctionné.

Les races de chiens de chasse ont permis et permettent toujours d’asservir les animaux en remplaçant les caractéristiques et l’instinct naturel par les caractéristiques et l’instinct de la race.

C’est comme si on avait croisé ensemble dans un groupe d’athlètes les marathoniens avec les marathoniens, les sauteurs en hauteur avec les sauteurs en hauteur et les lanceurs de marteau avec les lanceurs de marteau. Au bout de plusieurs générations, le résultat correspond à des types d’hommes et de femmes spécialement adaptés à courir le marathon, sauter en hauteur, lancer le marteau.

Il n’est pas surprenant dans ces conditions que des chercheurs américains, spécialistes des études génétiques, aient récemment pu identifier chez les chiens de chasse des gènes très spécifiques expliquant leurs performances sportives, y compris la fonction cardiaque, l’appareil musculaire, les fonctions neurologiques (8).

“La différence entre avant et après les races peut être comparée à la manière dont les couleurs apparaissent dans un arc-en-ciel et dans une sélection de couleurs pantone. L’arc-en-ciel a différentes couleurs, mais elles se mélangent entre elles. La sélection de couleurs Pantone est un jeu de couleurs distinct, séparé et uniforme. Le faible nombre de races au début du XIXe siècle est comme les 7 couleurs de l’arc-en-ciel alors que les 204 races maintenant reconnues par le Kennel club anglais (équivalent de la société canine française) sont comme autant de couleurs Pantone (9).

Parmi les races de chiens de chasse, certaines sont plus anciennes et ont été améliorées au XIXe siècle, d’autres ont été créées après. Ainsi parmi les chiens anglais, qui sont dominants à la chasse, les Pointers, Setters et Spaniels sont des types de chiens déjà présents au début du XIXe siècle.

Au sein d’un type de chien, une grande variété existait. Par exemple, un auteur de l’époque écrivait à propos des Cockers (Spaniels) qu’il y a tellement de variétés “qu’il est impossible d’en donner une description spécifique (10)″.
Comparé à son ancêtre espagnol, le Pointer anglais avait déjà été “amélioré”. La variété anglaise avait une forme, des jambes et des pieds très différents. Le chien choisi pour être le prototype du Pointer, un chien nommé Major, était exceptionnellement grand pour un Pointer, dans le but d’être plus efficace à la chasse (11).

Apparition des races hypertypes

De nombreuses tares génétiques apparaissent, car la sélection dans les élevages se fait surtout sur des critères de races hypertypées avec une forte consanguinité.

On favorise à la fois des caractères recherchés, mais on sélectionne aussi des allèles récessifs désavantageux pour l’espèce. Les maladies génétiques sont normalement rares, mais si elles apparaissent, elles sont la plupart du temps dues à des allèles récessifs. Et si l’allèle dominant, dit “normal” est présent, la maladie ne s’exprime pas. Mais si seuls les allèles déficients récessifs sont présents, l’anomalie génétique s’exprime et l’individu ne pourra transmettre à sa descendance que cet allèle déficient.

En résumé, si les caractères recherchés deviennent fréquents, il en est de même pour les maladies génétiques dont l’origine est la présence unique d’allèles déficients (on dit que l’individu est homozygote pour un gène).

Parmi les problèmes génétiques les plus souvent rencontrés chez les chiens de chasse, celui des chiens courants est récurrent. Le Retriever est apparu au XIXe siècle, en même temps que la chasse à la battue. Sa principale caractéristique devait être de ne pas abîmer le “gibier” (12).

Le chien courant suisse (exemple le Lucernois) est apparu dans les années 1930. Alors que le Braque allemand serait issu de croisements au Moyen Age, ses caractéristiques ont été fixées plus récemment, en 1897. Il aurait ensuite été croisé dans les années 1920 à 1930 avec le Doberman et le Pointer pour donner sa forme actuelle.

Multiplication des problèmes de santé

“Avant le XIXe siècle, les chiens n’avaient pas de standard, mais ils avaient une santé”, disait Robert Triquet (13), ancien président de la FCI (Fédération cynophile internationale).

Les chiens trapus et longs, essentiellement les chiens courants, en offrent un bon exemple (14). Les races de chiens officiellement reconnues sont classées en 10 groupes distincts, eux-mêmes divisés en sections, créés en fonction des origines, des comportements et spécificités de chaque race. Les chiens trapus et longs, comme les chiens courants pour la chasse, sont sélectionnés pour leurs aptitudes morphologiques, olfactives, psychiques et de train (endurants et rapides). Sur les dix groupes, ils constituent le 6e groupe, avec 74 races de chiens courants et de recherche au sang dans le monde. Les plus recherchés sont le Basset hound et le Beagle.

Les chiens courants ont une homogénéité de type morphologique. Ils souffrent de pathologies du squelette (retrognathisme, dépassement de la mandibule) et d’affections de l’œil et de l’oreille. Le bassetisme, raccourcissement du corps par rapport au modèle original, est dû à des mutations génétiques qui modifient le développement des os pendant la vie intra-utérine : cette pathologie s’appelle l’achondroplasie. La sélection a fixé ce caractère pathologique chez les Bassets.

Le Basset hound, en raison de sa morphologie particulière, de ses courtes pattes et de son corps long est prédisposé à la dysplasie du coude (15) et de la hanche. Ses longues oreilles et ses yeux tombants conduisent également à des problèmes oculaires similaires à celui du Saint-Hubert, tels que l’entropion et l’ectropion (16), entraînant des conjonctivites, des glaucomes (17) et des cataractes. De plus, le Basset hound et le Saint Hubert sont sujets aux otites résultant d’un manque d’aération des oreilles, ainsi qu’à la dermatite des plis de peau. Par ailleurs, le Basset hound partage avec le Teckel la propension aux chondrodysplasies, aux hernies discales intervertébrales (25 % des Teckels) (18) et aux hernies inguinales.

Le Beagle souffre lui aussi des complications liées aux déformations du squelette de ces races achondroplasiques. Il est fréquemment confronté à des crises d’épilepsie, à des hernies ombilicales, à la sténose pulmonaire et à l’hypothyroïdie (19).

Sources

(1) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross — p. 2
(2) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross — p. 52
(3) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross — p. 26
(4) Thèse de Morgane Caradec, “ Relecture de 84 standards de la Fédération Cynologique Internationale afin de mettre en évidence les risques d’apparition d’hypertypes “, 2022, 180 pages, page 25-28
(5) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross — p. 87
(6) La race est une “population animale prise au sein d’une espèce, caractérisée par un génotype moyen particulier conduisant à la manifestation d’un phénotype intéressant la morphologie (conformation), la robe et une certaine tendance d’aptitude (physiologie et psychologie) pouvant varier en fonction des conditions de milieu dans lequel sont exploités les animaux” (Théret, 1981).
(7) La Société Centrale Canine a pour objectif “d’assurer l’amélioration et la reconstitution des races de chiens d’utilité, de sport et d’agrément en France”. https://www.centrale-canine.fr/articles/nous-connaitre
(8) Jaemin Kim, Falina J. Williams, Dayna L; Dreger, Jocelyn Plassais, Brian W. Davis, Heidi G. Parker and Elaine A. Ostrander, “ Genetic selection of athletic success in sport-hunting dogs “, July 2018. https://www.pnas.org/content/115/30/E7212
(9) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross - p. 2
(10) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross - p. 44
(11) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross - p. 83
(12) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross - p. 45
(13) Guintard C. et Leroy G., “Standard, Santé et Génétique chez le Chien”, Société Centrale Canine en collaboration avec la Fédération cynophile Internationale et le Kennel Club suédois à Paris en 2017
(14) Document de présentation de l’Avis de l’Académie Vétérinaire de France sur la nécessité de renforcer la prévention et la lutte contre les “Hypertypes” canins, Académie Vétérinaire de France, adopté en séance académique le 21 juin 2018
(15) Site scientifique anglais https://www.ufaw.org.uk/dogs/basset-hound-elbow-dysplasia
(16) Site scientifique anglais https://www.ufaw.org.uk/dogs/bloodhound-ectropion
(17) Oliver, J.A.C., Ekiri, A. & Mellersh, C.S. Prevalence of pectinate ligament dysplasia and associations with age, sex and intraocular pressure in the Basset hound, Flatcoated retriever and Dandie Dinmont terrier. Canine Genet Epidemiol 3, 1 (2016). https://doi. org/10.1186/s40575-016-0033-1
(18) Site scientifique anglais https://www.ufaw.org.uk/dogs/dachshund-intervertebral-disc-disease
(19) Site scientifique anglais https://www.ufaw.org.uk/dogs/beagle-hypothyroidism

2025 : une année décisive au service du vivant

2025 : une année décisive au service du vivant

En 2025, Animal Cross a renforcé son engagement pour la protection du vivant à travers des actions juridiques, des campagnes de sensibilisation, des mobilisations citoyennes et des sauvetages.

L'association s'est également affirmée comme un acteur de référence sur des sujets clés, tels que les Maladies raciales d’origine génétique chez les chiens et la libre évolution.

Protéger les animaux domestiques : une mobilisation de chaque instant

► Sauvetages : une année intense avec 139 animaux secourus dont 78 ont été adoptés. Cela fait presque 3 animaux sauvés par semaine. Aujourd'hui nous prenons toujours soin de 82 chats, 23 chiens, 7 chevaux, 7 chèvres et 2 moutons. Certains ne sont pas adoptables et resteront avec nous, d'autres sont en soin, d'autres, encore, sont à l'adoption.

► Actions en justice : procès, dépôts de plaintes et suivi rigoureux de toutes les affaires de maltraitance.

► Maladies raciales d’origine génétique chez les chiens : publication d’un dossier de référence dénonçant les sélections génétiques délétères pour la santé animale, interview de notre président, Benoît Thomé, dans Le Monde, et mobilisation auprès de vétérinaires et de la Société Centrale Canine.

► Lancement du projet "Compagnon de vie, même dans l'épreuve" : Garde solidaire temporaire, pour les animaux des personnes isolées et précaires pour que votre animal reste dans votre vie quoiqu’il arrive (départ à l'hôpital, en maison de retraite, accident de la vie...) Animal Cross a été lauréat de l'appel à projet d'Almo Nature et termine en seconde position.

► Campagnes de sensibilisation : foie gras, maltraitance et formation du personnel de Domofrance, entreprise sociale pour l'habitat, à la maltraitance animale.

Soulager la nature : nos avancées pour la libre évolution

Dans son ouvrage « Article 0 », véritable plaidoyer pour le respect de la vie sauvage, Animal Cross a dévoilé tout l’intérêt de la libre évolution pour la nature.

Pour contribuer au développement d'espaces de nature en libre évolution :

► Nous sensibilisons et éduquons le public et les décideurs publics à travers des conférences et des rencontres. Par exemple en intervenant à l'UNESCO aux Journées de la Libre évolution, en animant une table ronde sur les droits de la nature à Pau en février ou en organisant, avec les associations de la Coordination Libre Evolution, une série de conférences le 17 octobre à l'Académie du Climat à Paris.

► Nous animons un collectif rassemblant 19 acteurs et associations autour de la libre évolution : la “Coordination Libre Evolution” (CLE).

► Nous nous efforçons à inciter les propriétaires fonciers, publics ou privés, à créer des zones de libre évolution sur leurs terrains. Nous avons signé en 2025 notre première Obligation Réelle Environnementale de libre évolution avec la mairie d’un village des Pyrénées-Atlantiques afin de protéger 1,5 ha de bois en libre évolution pendant 99 ans.

indemnisation dégâts gibier

Faune sauvage : des combats essentiels pour préserver la biodiversité

Consultations publiques et mobilisation citoyenne : Animal Cross a encouragé la participation du public aux consultations sur la gestion cynégétique pour faire entendre la voix de la faune sauvage, notamment avec la consultation sur les prélèvements du petit gibier pour la saison 2025-2026.

Actions contre des arrêtés menaçant la faune :nous avons dénoncé des projets d’arrêtés préfectoraux et réglementations qui risquaient de fragiliser les espèces sauvages, comme le nouvel arrêté susceptible de signer le déclin du loup et le projet de décret assouplissant les règles de protection des espèces.

Dénonciation des impacts de la chasse sur la faune :nos prises de position ont abordé les effets néfastes de la chasse, comme dans les articles Ouverture de la chasse : chevreuils en crise, sangliers en excès ou Chamois et Isards : quand la chasse met en danger la montagne. Nous sommes également intervenus lors de la conférence de l’Université de Brest à Quimper «La chasse en France, un déni démocratique ».

Propositions concrètes pour la cohabitation homme-faune :à travers des articles comme Stop aux collisions routières avec la faune sauvage et Combien d'animaux sont tués sur les routes paru sur RFI, Animal Cross a proposé des mesures concrètes (bases de données nationales, dispositifs de protection, zones sans chasse…) pour réduire les victimes de la circulation et améliorer la coexistence avec l'homme.

Mobilisation juridique et médiatique :en 2025, Animal Cross s’est également impliquée avec ses partenaires pour faire condamner des abattages injustifiés d’animaux sauvages avec par exemple la victoire judiciaire pour les bouquetins du Bargy, obtenue en octobre 2025 après de nombreux recours et celle sur les ESOD qui a sauvé la vie à plus de 100 000 animaux !

Vous avez été à nos côtés toute cette année et nous voulions vous dire MERCIcar si nous avons pu accomplir autant, c'est d'abord grâce à vous.

Merci : votre engagement est notre force

Chiots malades : la face cachée des élevages professionnels de chiens de race

Chiots malades : la face cachée des élevages professionnels de chiens de race

Quand un particulier achète un chien de race à un éleveur professionnel, à un prix certain, et avec un certificat vétérinaire, il pense avoir reçu la garantie d’un chien en bonne santé. La réalité est bien plus ambigüe.

Une enquête menée par Animal Cross

Animal Cross a choisi 10 cas récents où des éleveurs professionnels ont joué avec la santé des animaux en faisant naître des chiots de parents malades ou fortement à risque et non testés. Ces cas ont été repérés sur les sites proposant des chiens de race et les numéros d’identification des parents ont été recherchés sur le site LOF Select.

Des races concernées et des maladies graves

Nous avons choisi des berger australien, golden retriever, bulldog continental, cavalier king charles, welsh corgi pembroke, dogue de Bordeaux, American staff, boxer, cane corso, colley.
Les pathologies sont la dysplasie de la hanche principalement, mais aussi du coude, la sensibilité au gène MDR1 (intoxication médicamenteuse), la myélopathie dégénérative. Le numéro des chiens et le nom des élevages sont anonymisés. Ces pratiques étant courantes, il n’y avait pas de raison de cibler un éleveur plus qu’un autre.

Des éleveurs inégaux face à la responsabilité

Certains éleveurs agissent de manière responsable, d’autres non, n’en déplaise au syndicat des éleveurs professionnels.

Une réforme simple pour une vraie garantie

Le plus simple serait que seuls les chiens non malades puissent être confirmés et se reproduire.

Cela permettrait de faire du registre des chiens de race LOF un vrai label de qualité et un repère de confiance.
Dans le contexte actuel, un acheteur n’a aucune garantie en achetant un chien de race au registre LOF que le chien soit indemne des maladies génétiques.

 

Maladies raciales d’origine génétique chez le chien : les vétérinaires tirent la sonnette d’alarme

Maladies raciales d’origine génétique chez le chien : les vétérinaires tirent la sonnette d’alarme

Depuis plus de 30 ans, les vétérinaires du monde entier dénoncent les dérives de la sélection canine axée sur l’apparence. À force de privilégier des traits exagérés, on condamne certains chiens à une vie de souffrances. Aujourd’hui, la mobilisation est unanime : il faut mettre fin aux maladies raciales d'origine génétique chez le chien.

Une alerte internationale dès les années 1990

La WSAVA (Association mondiale des vétérinaires spécialisés en petits animaux) a été la première à alerter sur les dangers de certaines sélections extrêmes. Dans ses vidéos éducatives, des vétérinaires du monde entier témoignent de la souffrance des chiens atteints du syndrome obstructif respiratoire brachycéphale (SORB), très fréquent chez les races à museau écrasé.

Lors de son congrès mondial à Copenhague en 2017, la WSAVA a même lancé un appel :

« Certaines caractéristiques exagérées qui plaisent aux propriétaires entraînent des problèmes de santé pour les animaux. La préférence pour les races pures favorise aussi les maladies liées à la consanguinité. »

L’Europe vétérinaire unie contre les dérives

En juin 2018, deux grandes instances européennes – la FVE (Fédération vétérinaire européenne) et la FECAVA (Fédération européenne des vétérinaires pour animaux de compagnie) – publient un dépliant d’alerte ( à voir ici) :

« L’hypertype peut conduire à une mauvaise santé et un mal-être des animaux, au point de les faire souffrir. »

Elles dénoncent aussi les traitements chroniques, coûteux, et la détresse des adoptants, souvent impuissants ou contraints à l’abandon.

Une prise de position ferme en France

La même année, l’Académie vétérinaire de France publie un avis officiel : « La nécessité de renforcer la prévention et la lutte contre les hypertypes canins ».
Pour le vétérinaire Gilles Chaudieu, l’hypertype est une erreur de sélection :

  • Esthétique, car il déforme le type racial original
  • Sanitaire, car il engendre souffrance et maladies

Une sensibilisation qui s’intensifie

En 2019, l’AFVAC (Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie) lance une campagne choc :

« Souffrir pour plaire, non merci ! Les sujets hypertypés ne sont ni attendrissants, ni craquants : ils souffrent toute leur vie. »

Et en 2023, la chaire Bien-être animal de VetAgro Sup rappelle que les critères de beauté extrêmes peuvent mener à la souffrance.

Les souffrances cachées des chiens brachycéphales : une réalité inacceptable

Les souffrances cachées des chiens brachycéphales : une réalité inacceptable

Animal Cross tire la sonnette d’alarme face à une réalité choquante : des centaines de milliers de chiens de race, en France, souffrent de maladies raciales d’origine génétique graves, souvent évitables. Parmi eux, les chiens dits brachycéphales sont particulièrement touchés. Ces races (bouledogue français et anglais, cavalier king charles, king charles, carlins, boston terrier, shi tzu, pekinois etc. ), sélectionnées pour leurs caractéristiques physiques “extrêmes” comme la face aplatie, paient un lourd tribut à ces exigences esthétiques.
 

Qu'est-ce que la brachycéphalie et le SORB ?

Les races brachycéphales, comme les Bouledogues français et anglais, les carlins, ou les cavaliers king charles Spaniel, sont reconnaissables à leur crâne court et large, et à leur museau raccourci. Cette morphologie, recherchée esthétiquement, entraîne malheureusement des anomalies anatomiques des voies respiratoires supérieures. C'est ce que l'on appelle le Syndrome Obstructif Respiratoire Brachycéphale (SORB)

Les malformations typiques incluent des narines souvent pincées ou sténosées, un voile du palais trop long et/ou épais, une hypertrophie des amygdales, un collapsus laryngé, une hypoplasie trachéale et parfois une macroglossie (langue trop grande). Ces anomalies créent une obstruction importante à la circulation de l'air, rendant la respiration difficile.

 

Une souffrance quotidienne pour plus de 100 000 chiens

Les conséquences du SORB sont multiples et douloureuses. Les symptômes varient en sévérité, mais incluent généralement :
Ronflements et bruits respiratoires marqués, même au repos.
Difficultés respiratoires.
Intolérance à l'effort et à la chaleur.

Troubles digestifs fréquents, comme des vomissements ou régurgitations.
Dans les cas les plus sévères, syncopes (pertes de connaissance).

 

Ces difficultés respiratoires chroniques entraînent une fatigue constante et altèrent considérablement la qualité de vie des chiens. Pour soulager l'animal, des chirurgies lourdes et douloureuses sont souvent nécessaires, mais elles n'éliminent pas la maladie, elles ne font qu'améliorer le confort.

La prévalence du SORB est massive dans ces races. Environ 64% des Carlins, 59% des Bouledogues français, et 51% des Bulldogs anglais sont atteints de SORB. Selon nos calculs, cela représenterait plus de 100 000 chiens souffrant de SORB actuellement en vie en France. Les cabinets vétérinaires sont encombrés par tous ces chiens : demandez à votre vétérinaire, il vous confirmera ce que l’on vous dit !

 

Un système d'élevage défaillant et des tests sans valeur scientifique

Ce problème est connu depuis des années, mais que le système actuel, géré par la Société Centrale Canine (SCC) sous délégation de l'État, est laxiste et inefficace.
L'article R.214-23 du Code rural interdit pourtant la sélection d'animaux sur des critères compromettant leur santé
. Cependant, cette loi n'est pas appliquée en pratique.

L'inscription des chiens de race au Livre des Origines Français (LOF) via la confirmation de leur pedigree ne requièrent aucune vérification de leur état de santé. Un chien porteur d'une maladie héréditaire ou présentant des caractéristiques extrêmes peut être confirmé et utilisé pour la reproduction. L'étape de la confirmation, obligatoire pour la reproduction LOF, repose sur un simple examen visuel rapide qui ne tient pas compte de la santé.

 

Face aux critiques concernant le SORB, la SCC a développé le test fonctionnel BREATH (BRachycephalic Exercise Aptitude Test for Health). Ce test consiste à faire marcher le chien sur 500 mètres en six minutes et à évaluer sa respiration et son état de fatigue. Cependant, nous dénonçons l'intérêt de ce test en l'état. Il n'a aucune validité scientifique avérée et ne permet pas d'identifier de manière fiable les chiens atteints de SORB. Or, l’obtention de ce test quasi-automatique permet aux chiens d’accéder aux cotations les plus élevés et d’être les "super-reproducteurs" des éleveurs.

Le test BREATH est peu discriminant. Les responsables du test eux-mêmes reconnaissent qu'il est exceptionnel qu'un chien soit refusé. Une étude sur 1445 chiens a montré que seuls 11 chiens ont été disqualifiés, soit environ 1%, alors que la prévalence du SORB est de 40% à 60% dans ces races. L'étude sur laquelle s'appuie le SCC pour justifier ce test présente des "défauts méthodologiques majeurs", et le test de marche seul est insuffisant. Pire, la présentation du test par la SCC et les clubs de race est ambigûe et peut laisser croire qu'il s'agit d'un test de diagnostic du SORB ! Ce test inefficace ne sert qu'à créer un "écran de fumée", donnant l'illusion que les reproducteurs sont sains alors que la grande majorité d'entre eux réussissent un test qui ne prouve rien quant à leur santé respiratoire réelle.

 

 

L'immobilisme français face aux progrès ailleurs

Alors que des pays voisins ont mis en place des cadres beaucoup plus stricts pour lutter contre les maladies liées à la sélection, la France tarde à agir concrètement.
Aux Pays-Bas, l'élevage de chiens dont le museau est inférieur à la moitié de leur crâne est interdit depuis 2019, et les chiens brachycéphales nécessitent une autorisation vétérinaire pour se reproduire, basée sur 6 critères objectifs (bruit respiratoire, narines, longueur du museau, pli nasal, etc.)
.
En Norvège, la Cour suprême a jugé illégal l'élevage de Cavaliers King Charles Spaniels en raison des souffrances causées par leurs caractéristiques physiques (boîte crânienne trop petite notamment)
. Le Royaume-Uni impose des tests de santé pour les races brachycéphales pour les éleveurs agréés et introduit des exigences de santé pour les concours.

En France, le système actuel repose sur la seule bonne volonté des acteurs, sans mesures contraignantes, et a montré ses limites. Les efforts de la SCC, comme le guide de bonnes pratiques de 2016 ou le site LOF Select, restent "timides au regard des enjeux".
La priorité est donnée à la "pérennité de la race" et à l'esthétique, souvent au détriment de la santé et du bien-être de l'individu
.

 

Il est temps d'agir : les demandes d'Animal Cross

Face à cette "maltraitance programmée", Animal Cross exige des mesures concrètes et l'application stricte de la loi qui interdit déjà la sélection d'animaux qui nuit à leur santé. Le système actuel, basé sur la simple responsabilisation sans contrainte, est un échec.

Nous demandons notamment :
• Le refus de confirmation et l'interdiction de reproduction pour les animaux atteints de maladies raciales d'origine génétique, y compris la stérilisation des animaux malades.
• De compléter le test fonctionnel Breath par une grille d'appréciation complète et un vrai test diagnostique.
• Une réflexion sur la suppression de certaines races présentant une accumulation de pathologies rendant leur état sanitaire illusoire à améliorer à court terme (le Cavalier King Charles Spaniel par exemple).
La révision du standard du Bouledogue français par la France pour corriger les caractéristiques extrêmes qui causent des maladies.

 Il est urgent de mettre fin aux souffrances évitables de ces chiens. Animal Cross appelle le gouvernement et les acteurs de la filière canine à prendre leurs responsabilités et à engager sans délai une réforme de fond.

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