Chiots malades : la face cachée des élevages professionnels de chiens de race

Chiots malades : la face cachée des élevages professionnels de chiens de race

Quand un particulier achète un chien de race à un éleveur professionnel, à un prix certain, et avec un certificat vétérinaire, il pense avoir reçu la garantie d’un chien en bonne santé. La réalité est bien plus ambigüe.

Une enquête menée par Animal Cross

Animal Cross a choisi 10 cas récents où des éleveurs professionnels ont joué avec la santé des animaux en faisant naître des chiots de parents malades ou fortement à risque et non testés. Ces cas ont été repérés sur les sites proposant des chiens de race et les numéros d’identification des parents ont été recherchés sur le site LOF Select.

Des races concernées et des maladies graves

Nous avons choisi des berger australien, golden retriever, bulldog continental, cavalier king charles, welsh corgi pembroke, dogue de Bordeaux, American staff, boxer, cane corso, colley.
Les pathologies sont la dysplasie de la hanche principalement, mais aussi du coude, la sensibilité au gène MDR1 (intoxication médicamenteuse), la myélopathie dégénérative. Le numéro des chiens et le nom des élevages sont anonymisés. Ces pratiques étant courantes, il n’y avait pas de raison de cibler un éleveur plus qu’un autre.

Des éleveurs inégaux face à la responsabilité

Certains éleveurs agissent de manière responsable, d’autres non, n’en déplaise au syndicat des éleveurs professionnels.

Une réforme simple pour une vraie garantie

Le plus simple serait que seuls les chiens non malades puissent être confirmés et se reproduire.

Cela permettrait de faire du registre des chiens de race LOF un vrai label de qualité et un repère de confiance.
Dans le contexte actuel, un acheteur n’a aucune garantie en achetant un chien de race au registre LOF que le chien soit indemne des maladies génétiques.

 

Maladies raciales d’origine génétique chez le chien : les vétérinaires tirent la sonnette d’alarme

Maladies raciales d’origine génétique chez le chien : les vétérinaires tirent la sonnette d’alarme

Depuis plus de 30 ans, les vétérinaires du monde entier dénoncent les dérives de la sélection canine axée sur l’apparence. À force de privilégier des traits exagérés, on condamne certains chiens à une vie de souffrances. Aujourd’hui, la mobilisation est unanime : il faut mettre fin aux maladies raciales d'origine génétique chez le chien.

Une alerte internationale dès les années 1990

La WSAVA (Association mondiale des vétérinaires spécialisés en petits animaux) a été la première à alerter sur les dangers de certaines sélections extrêmes. Dans ses vidéos éducatives, des vétérinaires du monde entier témoignent de la souffrance des chiens atteints du syndrome obstructif respiratoire brachycéphale (SORB), très fréquent chez les races à museau écrasé.

Lors de son congrès mondial à Copenhague en 2017, la WSAVA a même lancé un appel :

« Certaines caractéristiques exagérées qui plaisent aux propriétaires entraînent des problèmes de santé pour les animaux. La préférence pour les races pures favorise aussi les maladies liées à la consanguinité. »

L’Europe vétérinaire unie contre les dérives

En juin 2018, deux grandes instances européennes – la FVE (Fédération vétérinaire européenne) et la FECAVA (Fédération européenne des vétérinaires pour animaux de compagnie) – publient un dépliant d’alerte ( à voir ici) :

« L’hypertype peut conduire à une mauvaise santé et un mal-être des animaux, au point de les faire souffrir. »

Elles dénoncent aussi les traitements chroniques, coûteux, et la détresse des adoptants, souvent impuissants ou contraints à l’abandon.

Une prise de position ferme en France

La même année, l’Académie vétérinaire de France publie un avis officiel : « La nécessité de renforcer la prévention et la lutte contre les hypertypes canins ».
Pour le vétérinaire Gilles Chaudieu, l’hypertype est une erreur de sélection :

  • Esthétique, car il déforme le type racial original
  • Sanitaire, car il engendre souffrance et maladies

Une sensibilisation qui s’intensifie

En 2019, l’AFVAC (Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie) lance une campagne choc :

« Souffrir pour plaire, non merci ! Les sujets hypertypés ne sont ni attendrissants, ni craquants : ils souffrent toute leur vie. »

Et en 2023, la chaire Bien-être animal de VetAgro Sup rappelle que les critères de beauté extrêmes peuvent mener à la souffrance.

Les souffrances cachées des chiens brachycéphales : une réalité inacceptable

Les souffrances cachées des chiens brachycéphales : une réalité inacceptable

Animal Cross tire la sonnette d’alarme face à une réalité choquante : des centaines de milliers de chiens de race, en France, souffrent de maladies raciales d’origine génétique graves, souvent évitables. Parmi eux, les chiens dits brachycéphales sont particulièrement touchés. Ces races (bouledogue français et anglais, cavalier king charles, king charles, carlins, boston terrier, shi tzu, pekinois etc. ), sélectionnées pour leurs caractéristiques physiques “extrêmes” comme la face aplatie, paient un lourd tribut à ces exigences esthétiques.
 

Qu'est-ce que la brachycéphalie et le SORB ?

Les races brachycéphales, comme les Bouledogues français et anglais, les carlins, ou les cavaliers king charles Spaniel, sont reconnaissables à leur crâne court et large, et à leur museau raccourci. Cette morphologie, recherchée esthétiquement, entraîne malheureusement des anomalies anatomiques des voies respiratoires supérieures. C'est ce que l'on appelle le Syndrome Obstructif Respiratoire Brachycéphale (SORB). 

Les malformations typiques incluent des narines souvent pincées ou sténosées, un voile du palais trop long et/ou épais, une hypertrophie des amygdales, un collapsus laryngé, une hypoplasie trachéale et parfois une macroglossie (langue trop grande). Ces anomalies créent une obstruction importante à la circulation de l'air, rendant la respiration difficile.

 

Une souffrance quotidienne pour plus de 100 000 chiens

Les conséquences du SORB sont multiples et douloureuses. Les symptômes varient en sévérité, mais incluent généralement :
• Ronflements et bruits respiratoires marqués, même au repos.
• Difficultés respiratoires.
• Intolérance à l'effort et à la chaleur.

• Troubles digestifs fréquents, comme des vomissements ou régurgitations.
• Dans les cas les plus sévères, syncopes (pertes de connaissance).

 

Ces difficultés respiratoires chroniques entraînent une fatigue constante et altèrent considérablement la qualité de vie des chiens. Pour soulager l'animal, des chirurgies lourdes et douloureuses sont souvent nécessaires, mais elles n'éliminent pas la maladie, elles ne font qu'améliorer le confort.

La prévalence du SORB est massive dans ces races. Environ 64% des Carlins, 59% des Bouledogues français, et 51% des Bulldogs anglais sont atteints de SORB. Selon nos calculs, cela représenterait plus de 100 000 chiens souffrant de SORB actuellement en vie en France. Les cabinets vétérinaires sont encombrés par tous ces chiens : demandez à votre vétérinaire, il vous confirmera ce que l’on vous dit !

 

Un système d'élevage défaillant et des tests sans valeur scientifique

Ce problème est connu depuis des années, mais que le système actuel, géré par la Société Centrale Canine (SCC) sous délégation de l'État, est laxiste et inefficace.
L'article R.214-23 du Code rural interdit pourtant la sélection d'animaux sur des critères compromettant leur santé
. Cependant, cette loi n'est pas appliquée en pratique.

L'inscription des chiens de race au Livre des Origines Français (LOF) via la confirmation de leur pedigree ne requièrent aucune vérification de leur état de santé. Un chien porteur d'une maladie héréditaire ou présentant des caractéristiques extrêmes peut être confirmé et utilisé pour la reproduction. L'étape de la confirmation, obligatoire pour la reproduction LOF, repose sur un simple examen visuel rapide qui ne tient pas compte de la santé.

 

Face aux critiques concernant le SORB, la SCC a développé le test fonctionnel BREATH (BRachycephalic Exercise Aptitude Test for Health). Ce test consiste à faire marcher le chien sur 500 mètres en six minutes et à évaluer sa respiration et son état de fatigue. Cependant, nous dénonçons l'intérêt de ce test en l'état. Il n'a aucune validité scientifique avérée et ne permet pas d'identifier de manière fiable les chiens atteints de SORB. Or, l’obtention de ce test quasi-automatique permet aux chiens d’accéder aux cotations les plus élevés et d’être les "super-reproducteurs" des éleveurs.

Le test BREATH est peu discriminant. Les responsables du test eux-mêmes reconnaissent qu'il est exceptionnel qu'un chien soit refusé. Une étude sur 1445 chiens a montré que seuls 11 chiens ont été disqualifiés, soit environ 1%, alors que la prévalence du SORB est de 40% à 60% dans ces races. L'étude sur laquelle s'appuie le SCC pour justifier ce test présente des "défauts méthodologiques majeurs", et le test de marche seul est insuffisant. Pire, la présentation du test par la SCC et les clubs de race est ambigûe et peut laisser croire qu'il s'agit d'un test de diagnostic du SORB ! Ce test inefficace ne sert qu'à créer un "écran de fumée", donnant l'illusion que les reproducteurs sont sains alors que la grande majorité d'entre eux réussissent un test qui ne prouve rien quant à leur santé respiratoire réelle.

 

 

L'immobilisme français face aux progrès ailleurs

Alors que des pays voisins ont mis en place des cadres beaucoup plus stricts pour lutter contre les maladies liées à la sélection, la France tarde à agir concrètement.
Aux Pays-Bas, l'élevage de chiens dont le museau est inférieur à la moitié de leur crâne est interdit depuis 2019, et les chiens brachycéphales nécessitent une autorisation vétérinaire pour se reproduire, basée sur 6 critères objectifs (bruit respiratoire, narines, longueur du museau, pli nasal, etc.)
.
En Norvège, la Cour suprême a jugé illégal l'élevage de Cavaliers King Charles Spaniels en raison des souffrances causées par leurs caractéristiques physiques (boîte crânienne trop petite notamment)
. Le Royaume-Uni impose des tests de santé pour les races brachycéphales pour les éleveurs agréés et introduit des exigences de santé pour les concours.

En France, le système actuel repose sur la seule bonne volonté des acteurs, sans mesures contraignantes, et a montré ses limites. Les efforts de la SCC, comme le guide de bonnes pratiques de 2016 ou le site LOF Select, restent "timides au regard des enjeux".
La priorité est donnée à la "pérennité de la race" et à l'esthétique, souvent au détriment de la santé et du bien-être de l'individu
.

 

Il est temps d'agir : les demandes d'Animal Cross

Face à cette "maltraitance programmée", Animal Cross exige des mesures concrètes et l'application stricte de la loi qui interdit déjà la sélection d'animaux qui nuit à leur santé. Le système actuel, basé sur la simple responsabilisation sans contrainte, est un échec.

Nous demandons notamment :
• Le refus de confirmation et l'interdiction de reproduction pour les animaux atteints de maladies raciales d'origine génétique, y compris la stérilisation des animaux malades.
• De compléter le test fonctionnel Breath par une grille d'appréciation complète et un vrai test diagnostique.
• Une réflexion sur la suppression de certaines races présentant une accumulation de pathologies rendant leur état sanitaire illusoire à améliorer à court terme (le Cavalier King Charles Spaniel par exemple).
• La révision du standard du Bouledogue français par la France pour corriger les caractéristiques extrêmes qui causent des maladies.

 Il est urgent de mettre fin aux souffrances évitables de ces chiens. Animal Cross appelle le gouvernement et les acteurs de la filière canine à prendre leurs responsabilités et à engager sans délai une réforme de fond.

Maltraitance programmée, vies brisées : mettons fin aux maladies raciales d’origine génétique chez les chiens

Maltraitance programmée, vies brisées : mettons fin aux maladies raciales d’origine génétique chez les chiens

Une réalité ignorée : des chiens délibérément sélectionnés malgré leur souffrance

Aujourd’hui en France, près d’un quart des chiens – soit 2,4 millions d’animaux – sont des chiens de race. Parmi eux, des centaines de milliers souffrent de maladies raciales d'origine héréditaire, dues à une sélection orientée par l’apparence plutôt que par la santé.

Animal Cross tire la sonnette d’alarme : cette souffrance est connue, évitable et pourtant tolérée par les institutions. Cette dérive est non seulement contradictoire avec le Code rural, mais aussi source d’un véritable scandale de santé animale, encore trop peu dénoncé.

Les faits sont accablants :

Les maladies héréditaires sont de deux types

Monogéniques, causées par la mutation d’un seul gène : atrophie progressive de la rétine, cataracte héréditaire, sensibilité au gène MDR1…
➤ Dans les 10 races les plus répandues en France, 46% des chiens sont porteurs et 5% seraient malades en l’absence de tests.

Polygéniques et/ou plurifactorielles, dont les chiens hypertypes, liés à des caractères morphologiques exagérés :
➤ Plus de 100 000 chiens brachycéphales (bouledogues, carlins…) souffrent de troubles respiratoires (syndrome obstructif des races brachycéphales ou SORB) ;
➤ 12 % des chiens testés présentent une dysplasie de la hanche, en 2021, une maladie sans amélioration globale sur les dix années précédentes ;
➤ Plus de 140 000 chiens sont atteints d’affections articulaires héréditaires.
➤ Sans parler de toutes les autres pathologies

La consanguinité excessive toucherait 5 % des chiens de race et réduirait leur espérance de vie d’un an.(120 000 sur 2,4 millions).

Ce que dit la loi… et ce qui se passe en réalité

L’article R.214-23 du Code rural interdit pourtant explicitement la sélection d’animaux sur des critères de nature à compromettre leur santé ou leur bien-être ainsi que ceux de leurs descendants.⁷
La responsabilité est partagée et chaque acteur reporte la responsabilité sur les autres.

L’État a délégué la question des races de chien à la Société centrale canine sans organiser l’encadrement de la sélection des chiens pour les différents acteurs. La confirmation des chiens pour leur attribuer le pédigree ne vérifie par leur santé. Le chien sera ainsi inscrit au registre des races (LOF) et pourra se reproduire même s’il porte une maladie héréditaire d’origine génétique.
Les tests de santé restent rares ou inefficaces. Le test d’effort BREATH demandé aux chiens brachycéphales est sans validité scientifique, il n’exclut qu’environ 1% des chiens brachycéphales (⁸.) alors que le taux de prévalence de la maladie oscille entre 40% et 60%. Cet écran de fumée permet de cacher le SORB des chiens et permet aux chiens avec SORB d’accéder aux cotations les plus élevées et d’être des “super reproducteurs”.
La radiographie de dépistage de la dysplasie des hanches n’est effectuée que pour moins de 10% des reproducteurs parmi les races à risque.
Les concours de beauté récompensent encore des chiens malades ou porteurs de maladies.
Le site LOF Select, censé garantir la transparence génétique, n’est rempli que partiellement par les éleveurs. Les tests ADN obligatoires sont utiles pour vérifier les ascendants des chiens mais les maladies monogéniques ne sont pas recherchées.

Les instances vétérinaires nationales et internationales dénoncent unanimement la production d’hypertypes responsables de cette souffrance, comme la Fédération vétérinaire européenne (FVE), la Fédération européenne des vétérinaires pour animaux de compagnie (FECAVA), en France l’Académie vétérinaire, l’Association française des vétérinaires d’animaux de compagnie (AFVAC).

« La race passe avant l’individu, la beauté avant la santé », résume Animal Cross.

Nos demandes : 13 mesures concrètes pour mettre fin à la souffrance

Animal Cross propose une feuille de route réaliste et immédiatement applicable, en s'inspirant de pays déjà en avance : Norvège, Wallonie, Pays-Bas…

Voici nos 13 propositions :

Face aux limites du modèle actuel, Animal Cross propose des mesures inspirées de nos voisins européens (Pays-Bas, Wallonie, Norvège, Suisse, Allemagne, Royaume-Uni), que le Ministère de l’Agriculture peut adopter rapidement de manière réglementaire :
1.Interdire la confirmation et la reproduction des animaux atteints de maladies à caractère héréditaires.
2.Stériliser les chiens maladies ou porteurs de maladies.
3.Interdire la reproduction des races médicalement dans une impasse (ex. : cavalier King Charles,comme la Norvège), faute de mieux.
4.Compléter le test fonctionnel BREATH par une grille d’appréciation complète et un vrai test diagnostique.
5.Exclure des concours les chiens malades ou porteurs de maladies (comme à l’exposition anglaise Crufts).
6.Limiter la consanguinité (maximum 5 à 6 %, formule de Wright) sauf les rares cas où la consanguinité est favorable au chien.
7.Rendre obligatoires les tests ADN des principales maladies monogéniques (coût modeste : 170 € à faire une fois par l’éleveur dans la vie des chiens).
8.Rendre obligatoire le remplissage complet du site LOF Select par les éleveurs.
9.Ajouter les maladies monogéniques aux vices rédhibitoires à l’achat.
10. Rendre obligatoire une assurance santé pour les races à problèmes.
11. Renforcer les contrôles vétérinaires des élevages.
12. Modifier le standard du bouledogue français, le standard actuel exportant dans le monde entier la souffrance animale.
13. Interdire les publicités et les messages d’influenceurs promouvant les hypertypes.

Rejoignez notre combat : signez la pétition !

Chaque jour, des chiots naissent condamnés à souffrir, uniquement parce qu’ils répondent à un standard de beauté. Cette pratique est intolérable, inutile et évitable.

Nous demandons au Ministère de l’Agriculture et à la société centrale canine de prendre leurs responsabilités en mettant fin à cette dérive.

Ensemble, faisons changer les choses

En signant la pétition, vous demandez :

  • Une sélection respectueuse de la santé animale.

  • La fin de la complaisance envers des pratiques illégales.

  • Un avenir sans souffrance pour les chiens de race.

Merci de votre engagement.

Communiqué de presse hypertypes

Communiqué de presse hypertypes

Animal Cross alerte : il est temps de mettre fin à la sélection, déjà illégale, de chiens malades – et demande des mesures concrètes au gouvernement ainsi qu’aux acteurs de la filière canine. Face à l’ampleur des maladies raciales d’origine héréditaire chez les chiens, l’association Animal Cross franchit un nouveau cap et appelle le Ministère de l’Agriculture à engager sans délai une réforme de fond sur ce sujet. 

En France, les chiens de race représentent environ un quart de la population canine (2,4 millions sur 9,7 millions)¹. Parmi eux, des centaines de milliers sont atteints de maladies raciales d’origine héréditaire. Une réalité que l’association qualifie de « maltraitance programmée », en contradiction directe avec le Code rural.

Si la problématique est connue depuis des années, il est temps de faire le bilan du système actuel, laxiste, qui montre ses limites, malgré les efforts de certains acteurs. S’il existe depuis une dizaine d’années une conscience du problème, les mesures actuelles reposent sur la seule bonne volonté des acteurs sans mesure coercitive.

Animal Cross appelle désormais l’État et les acteurs de la filière à prendre leurs responsabilités : des propositions réglementaires concrètes, des engagements simples et applicables immédiatement...

Une souffrance connue, mais laissée sans réponse 

Les maladies héréditaires sont de deux types

-> Monogéniques, causées par la mutation d’un seul gène : atrophie progressive de la rétine, cataracte héréditaire, sensibilité au gène MDR1…

  • Dans les 10 races les plus répandues en France, 46% des chiens sont porteurs et 5% seraient malades en l’absence de tests.²

-> Polygéniques et/ou plurifactorielles, dont les chiens hypertypes, liés à des caractères morphologiques exagérés :

  • Plus de 100 000 chiens brachycéphales (bouledogues, carlins…) souffrent de troubles respiratoires (syndrome obstructif des races brachycéphales ou SORB) ;³
  • 12 % des chiens testés présentent une dysplasie de la hanche, en 2021, une maladie sans amélioration globale sur les dix années précédentes ;⁴
  • Plus de 140 000 chiens sont atteints d’affections articulaires héréditaires.⁵
  • Sans parler de toutes les autres pathologies

La consanguinité excessive toucherait 5 % des chiens de race et réduirait leur espérance de vie d’un an.⁶ (120 000 sur 2,4 millions).

Légalement interdit, institutionnellement toléré 

L’article R.214-23 du Code rural interdit pourtant explicitement la sélection d’animaux sur des critères de nature à compromettre leur santé ou leur bien-être ainsi que ceux de leurs descendants.⁷

La responsabilité est partagée et chaque acteur reporte la responsabilité sur les autres. L’État a délégué la question des races de chien à la Société centrale canine sans organiser l’encadrement de la sélection des chiens pour les différents acteurs. La confirmation des chiens pour leur attribuer le pédigree ne vérifie par leur santé. Le chien sera ainsi inscrit au registre des races (LOF) et pourra se reproduire même s’il porte une maladie héréditaire d’origine génétique.

Les tests de santé restent rares ou inefficaces. Le test d’effort BREATH demandé aux chiens brachycéphales est sans validité scientifique, il n’exclut qu’environ 1% des chiens brachycéphales (⁸.) alors que le taux de prévalence de la maladie oscille entre 40% et 60%.

Cet écran de fumée permet de cacher le SORB des chiens et permet aux chiens avec SORBd’accéder aux cotations les plus élevées et d’être des “super reproducteurs”.

La radiographie de dépistage de la dysplasie des hanches n’est effectuée que pour moins de 10% des reproducteurs parmi les races à risque.

Les concours de beauté récompensent encore des chiens malades ou porteurs de maladies.

Le site LOF Select, censé garantir la transparence génétique, n’est rempli que partiellement par les éleveurs. Les tests ADN obligatoires sont utiles pour vérifier les ascendants des chiens mais les maladies monogéniques ne sont pas recherchées.⁹

Les instances vétérinaires nationales et internationales dénoncent unanimement la production d’hypertypes responsables de cette souffrance , comme la Fédération vétérinaire européenne (FVE), la Fédération européenne des vétérinaires pour animaux de compagnie (FECAVA), en France l’Académie vétérinaire, l’Association française des vétérinaires d’animaux de compagnie (AFVAC).

« La race passe avant l’individu, la beauté avant la santé », résume Animal Cross.

 

Animal Cross : une feuille de route concrète pour sortir de l’inaction

Face aux limites du modèle actuel, Animal Cross propose des mesures inspirées de nos voisins européens (Pays-Bas, Wallonie, Norvège, Suisse, Allemagne, Royaume-Uni), que le Ministère de l’Agriculture peut adopter rapidement de manière réglementaire :

  1. Interdire la confirmation et la reproduction des animaux atteints de maladies à caractère héréditaires.
  2. Stériliser les chiens maladies ou porteurs de
  3. Interdire la reproduction des races médicalement dans une impasse (ex. : cavalier King Charles,comme la Norvège), faute de mieux.
  4. Compléter le test fonctionnel BREATH par une grille d’appréciation complète et un vrai test diagnostique. ⁸
  5. Exclure des concours les chiens malades ou porteurs de maladies (comme à l’exposition anglaise Crufts).
  6. Limiter la consanguinité (maximum 5 à 6 %, formule de Wright) sauf les rares cas où la consanguinité est favorable au chien.⁶
  7. Rendre obligatoires les tests ADN des principales maladies monogéniques (coût modeste : 170 € à faire une fois par l’éleveur dans la vie des chiens). ¹⁰
  8. Rendre obligatoire le remplissage complet du site LOF Select par les éleveurs.
  9. Ajouter les maladies monogéniques aux vices rédhibitoires à l’achat.
  10. Rendre obligatoire une assurance santé pour les races à problèmes.
  11. Renforcer les contrôles vétérinaires des élevages.
  12. Modifier le standard du bouledogue français, le standard actuel exportant dans le monde entier la souffrance animale.
  13. Interdire les publicités et les messages d’influenceurs promouvant les hypertypes.

Une urgence sanitaire et éthique

Animal Cross alerte : il ne s’agit plus d’un problème de race ou de passion, mais d’un enjeu de santé publique et de bien-être animal. Il est nécessaire de donner des règles strictes pour tous les acteurs afin d’encadrer la sélection des chiens de race.

SOURCES

  1. Estimations nationales de population canine (2023).
  2. Prévalence citée par le site Antagen, multipliée par le nombre d’animaux LOF en 2024 x 10 (selon espérance de vie)
  3. Études de prévalence sur le SORB Liu et al 2017 au Uni ou pour les races non présentes Lillja-Maula Finlande 2024 x nombre d’animaux LOF 2024* x 10 (selon espérance de vie) . Des différences génétiques peuvent exister entre les pays.
  4. et Enquête SCC 2011–2021 sur la santé des chiens inscrits au LOF. Synthèse Animal Cross à partir des races les plus touchées (Prévalence x nombre animaux LOF 2024 x 10 (espérance de vie)), disponible sur r-animalcross2026-pf21.wpserveur.site.
  5. Études sur la consanguinité canine – données génétiques SCC. Travaux de thèse de Grégoire Leroy. Consanguinité chez 7 races et longévité chez le berger allemand et l’épagneul breton cité dans Standards, santé et génétique chez le chien, p 223
  6. Article 214-23 du Code rural et de la pêche maritime (CRPM).
  7. Thèse de Corbion 0 animal sur 155 échoue au test. Retour terrain de 2 personnes organisant les tests Breath: 1% d’échec
  8. Cahier des charges ADN de la SCC
  9. Tarifs Antagen

Rendre hommage à son compagnon : quelles sont nos possibilités quand notre animal meurt ?

Rendre hommage à son compagnon : quelles sont nos possibilités quand notre animal meurt ?

Perdre un animal de compagnie est une expérience déchirante et souvent sous-estimée. Nos amis à quatre pattes occupent une place très importante dans nos vies ; ils nous offrent un amour inconditionnel, une fidélité sans faille et de la compagnie à toute épreuve. Lorsqu'ils nous quittent, un immense vide s’installe, que ce soit un chien, un chat, un cheval, une poule ou un lapin. Ce sont nos compagnons de vie et leur départ laisse une empreinte indélébile dans nos cœurs. Alors, comment leur rendre hommage ? Comment honorer leur mémoire de la manière la plus aimante et la plus respectueuse possible ? Que faire lorsque notre animal part ? Quelles possibilités s’offrent à nous ? Pour Animal Cross, il est important de respecter son animal jusqu’à sa mort, honorant ainsi la précieuse relation qu'il nous a offerte tout au long de sa vie.

Enterrer son animal dans son jardin

Il est tout à fait possible d’enterrer son animal chez soi. Attention toutefois à respecter la réglementation en vigueur (cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus sur les règles à respecter) : 

Bien que le vétérinaire propose généralement de récupérer le corps de l'animal après son décès, si cette option n'est pas spontanément offerte, n'hésitez pas à en faire la demande.

Enterrer son animal dans son propre jardin est une façon de le garder près de nous, de lui offrir le repos éternel dans un endroit qu'il a aimé et qui lui était familier. Le savoir tout près nous permet de créer un sanctuaire où se recueillir et trouver du réconfort dans les moments de tristesse. Lors de la cérémonie d’adieu, ajouter son jouet préféré ou son collier, des objets qu’il aimait et qui symbolisent notre relation avec lui sont une belle manière de l’accompagner. De plus, une pierre commémorative peut être installée au-dessus de l’endroit où il a été enterré, gravée au nom de notre animal, afin de marquer cet endroit et de lui rendre un hommage permanent. Aussi, des fleurs peuvent être plantées afin de symboliser l’amour et le respect que nous portons à notre cher ami à quatre pattes, ajoutant ainsi une touche de beauté et de vie à son dernier repos.

L’enterrer dans un cimetière pour animaux de compagnie 

En France, il existe des cimetières spécialement dédiés aux animaux de compagnie. En général, ils sont gérés par des associations ou bien par des sociétés privées.

Cimetière pour animaux à Villepinte (93), crédit photo : clicsouris

Les cimetières animaliers sont des havres de paix, conçus pour accueillir nos précieux compagnons. Ils permettent de venir se recueillir sur la tombe de son animal à tout moment. Certains cimetières proposent des services de commémoration personnalisés afin de faire un bel adieu à son animal. Les tarifs vont de 100€ à 3500€ environ.

Voici une liste des cimetières animaliers en France. 

Incinérer son animal 

La crémation est une des possibilités qui peut être choisie pour honorer son animal. Les cendres de notre fidèle compagnon peuvent ainsi être dispersées dans son endroit préféré, enterrées ou gardées près de nous. Les services d’incinération pour animaux de compagnie offrent deux possibilités : l’incinération individuelle où l’animal est seul ou bien l’incinération collective où notre compagnon est avec d’autres amis à quatre pattes : tout dépend du budget des propriétaires et du choix de chacun.

Pour nos chevaux, nous avons fait le choix de nous tourner vers l’entreprise de crémation Horsia, qui offre une alternative à l’équarrissage (où le corps de l’animal est remis à un point de collecte de cadavres d’animaux de rente (vaches, cochons, moutons…) et est ensuite recyclé). C’est le seul service de crémation pour équidés en France. Grâce à Horsia, nous récupérons les cendres de nos équidés et pouvons leur rendre un bel hommage. Tout comme les entreprises de crémations pour animaux de compagnie, Horsia propose deux services : la crémation individuelle ou collective. De belles urnes nous sont restituées ainsi qu’un cœur à planter pour voir fleurir de magnifiques fleurs à l’endroit où nous avons décidé d’enterrer ou de disperser les cendres du poney, cheval ou âne.

Perdre un animal de compagnie est une épreuve difficile et la manière dont on lui rend hommage est propre à chacun. Même après leur départ, l’amour et le lien que nous avons partagés avec notre animal seront toujours présents dans notre cœur.

À tous ces animaux partis, merci, merci d’avoir fait partie de nos vies, de nous avoir donné amour, fidélité, bonheur et compagnie. Nous ne vous oublierons jamais…