Malgré le déclin de l’Alouette des champs, le gouvernement propose une nouvelle fois d’autoriser la capture de 98 702 oiseaux au moyen de pantes (grands filets horizontaux) dans le Sud-Ouest. Animal Cross dénonce le maintien de cette chasse traditionnelle et appelle à participer à la consultation publique ouverte jusqu’au 29 octobre 2026.
Une chasse traditionnelle qui continue à être autorisée malgré plusieurs années de contestation
Comme nous l’expliquions dans notre article d’octobre 2024, le Conseil d’État avait annulé plusieurs arrêtés autorisant la capture d’alouettes aux pantes et aux matoles, notamment en raison du manque de sélectivité de ces méthodes : les dispositifs pouvaient capturer d’autres espèces et les oiseaux relâchés risquaient de subir des séquelles.
Pourtant, le gouvernement s’est appuyé sur des expérimentations destinées à démontrer la sélectivité de ces pièges, sans contre-expertise scientifique, pour adopter de nouveaux arrêtés en août 2025, dont nous avions déjà dénoncé le contenu.
Le 2 octobre 2026, le Conseil d’État a rejeté les recours de One Voice et de la LPO, validant ainsi les arrêtés de 2025 réautorisant la chasse aux alouettes aux pantes (filets). Si la directive européenne « Oiseaux » interdit en principe la capture d’oiseaux au moyen de filets, elle prévoit des dérogations. Le Conseil d’État a estimé que les conditions étaient réunies : sélectivité des captures, prélèvements en petites quantités et absence d’autre solution satisfaisante.
Le gouvernement propose donc une nouvelle fois de reconduire un quota de 98 702 alouettes pour la saison 2026-2027, dans quatre départements du Sud-Ouest (Gironde, Landes, Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques au moyen de pantes (filets horizontaux rabattus au sol).
Pour la saison 2026-2027, les plafonds de capture autorisés s’élèvent à :
- Landes : 56 672 alouettes
- Gironde : 38 600 alouettes
- Pyrénées-Atlantiques : 2 200 alouettes
- Lot-et-Garonne : 1 230 alouettes
Soit un total massif de 98 702 alouettes des champs vouées à être piégées
Pour Animal Cross, cette succession d’annulations, d’expérimentations et de nouvelles autorisations illustre une volonté persistante de préserver les traditions cynégétiques, alors que les efforts devraient se concentrer sur la protection d’une espèce en déclin.
Chaque voix compte : participez à la consultation publique !
La consultation publique organisée par le ministère de la Transition écologique est ouverte du 9 au 29 octobre 2026.
Comment déposer votre avis ?
Exemple d’argumentaire à utiliser pour votre réponse
Important : Pour que votre contribution soit validée et prise en compte individuellement, ne copiez-collez pas mot pour mot l’exemple ci-dessous. Inspirez-vous de l’argumentaire proposé pour rédiger votre propre message avec vos propres mots.
Avis défavorable au projet d’arrêté relatif au quota de capture d’alouettes des champs par pantes
1. Un état de conservation alarmant
Lors de la réactualisation en 2016 de la Liste rouge UICN des oiseaux de France métropolitaine, le statut de l’Alouette des champs s’est dégradé, passant de « Préoccupation mineure » à « Quasi menacée » (NT). Elle a perdu plus de 20 % de ses effectifs entre 2001 et 2014, et 35 % de ses effectifs reproducteurs entre 2001 et 2016 selon les suivis du CNRS et du MNHN. En plus de la diminution de sa population, sa conservation est également fragilisée par l’intensification agricole et l’usage des pesticides. Ajouter un prélèvement massif de 98 702 individus sur une population en déclin est donc irresponsable : l’espèce ne doit plus être chassée, mais protégée.
2. Une méthode de capture cruelle et controversée
Le piégeage par pantes (filets horizontaux) est une méthode cruelle qui engendre un stress aigu et un risque de mort par épuisement ou par peur. Il présente également des risques de captures accidentelles d’espèces non ciblées ou protégées. La directive européenne « Oiseaux » (article 8 et annexe IV) interdit d’ailleurs en principe la capture des oiseaux au moyen de filets. Si des dérogations existent, elles ne devraient pas servir à maintenir des pratiques aussi controversées. Alors que l’Alouette des champs est en déclin, le gouvernement choisit de recourir à ces dérogations plutôt que de privilégier la prudence et la protection de l’espèce. Autoriser la capture de 98 702 oiseaux va à l’encontre de cette précaution nécessaire.
3. La tradition ne devrait pas justifier le massacre d’une espèce menacée
L’invocation de coutumes ou de pratiques régionales ne devrait pas servir de prétexte pour autoriser le piégeage massif d’une espèce en déclin.
Je demande le retrait pur et simple de ce projet d’arrêté.
Sources et références :
- Ministère de la Transition écologique (2026) — Consultation publique : projet d’arrêté relatif au nombre maximum d’alouettes des champs pouvant être capturées au moyen de pantes (saison 2026-2027).
- UICN France & MNHN (2016) — La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Oiseaux de France métropolitaine.
- Directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil (« Directive Oiseaux ») — Article 8 et Annexe IV relatifs aux interdictions de capture par filets.