Collisions avec la faune sauvage : restaurer les voies du vivant

FAUNE SAUVAGE • ROUTES • BIODIVERSITÉ

Restaurer les Voies du Vivant

Réduire les collisions avec la faune sauvage et reconnecter les territoires

Chaque jour, les routes coupent les territoires des animaux. Certains renoncent à traverser. D’autres tentent le passage et sont percutés. Animal Cross veut adapter nos infrastructures aux déplacements de la faune, plutôt que demander à la faune de s’adapter à nos routes.

Hérisson traversant une route — Photo : DS Pugh / Wikimedia Commons — CC BY-SA 2.0.

Les animaux ne traversent pas nos routes.
Nos routes traversent leurs territoires.

Pour se nourrir, se reproduire, rejoindre un refuge, disperser leurs jeunes ou migrer, les animaux ont besoin de circuler. Mais notre réseau routier découpe leurs habitats et interrompt les continuités écologiques.

La collision est la conséquence la plus visible de cette fragmentation. Mais une route peut aussi devenir une barrière que certains animaux n’osent plus franchir. Une route sur laquelle peu d’animaux sont retrouvés morts n’est donc pas nécessairement une route sans impact.

≈ 40 millions
d’animaux sauvages pourraient être tués chaque année sur les routes de France métropolitaine

Il s’agit de l’estimation centrale d’un travail scientifique cité dans notre rapport et non d’un comptage exhaustif. L’incertitude est considérable : selon les hypothèses utilisées pour corriger les biais d’observation, l’estimation varie d’environ 10,8 à 396 millions d’animaux par an.

La route agit bien au-delà de la collision

Mortalité

Oiseaux, hérissons, amphibiens, reptiles, mammifères… la route tue directement des animaux de toutes tailles.

Fragmentation

Une infrastructure peut couper un habitat et rendre plus difficiles l’accès à la nourriture, la reproduction ou les migrations.

Isolement

Lorsque les populations ne peuvent plus échanger entre elles, leur diversité génétique et leur capacité de recolonisation peuvent diminuer.

Écosystèmes

Les animaux participent à la prédation, à la dispersion des graines, à la pollinisation et aux chaînes alimentaires. Leur disparition affecte aussi le fonctionnement du milieu.

Climat

Face au changement climatique, les espèces doivent pouvoir déplacer progressivement leur aire de répartition. Les infrastructures peuvent bloquer ces mouvements.

Hérisson d'Europe traversant une route
Hérisson traversant une route — Photo : DS Pugh / Wikimedia Commons — CC BY-SA 2.0.
UNE MORTALITÉ LARGEMENT INVISIBLE

Ce que nous voyons au bord des routes n’est que la partie émergée de l’iceberg

La petite faune est particulièrement sous-estimée. Les cadavres peuvent disparaître rapidement sous l’effet du trafic, des charognards ou de la météo. Depuis un véhicule en mouvement, un petit oiseau, un lézard ou un amphibien est aussi beaucoup plus difficile à détecter qu’un chevreuil ou un sanglier.

Certains animaux percutés quittent également la chaussée et meurent plus loin. D’autres sont projetés dans les fossés ou restent invisibles aux observateurs.

C’est pourquoi compter uniquement les animaux visibles ne permet pas de mesurer correctement la mortalité routière.

Certaines espèces paient un tribut particulièrement lourd

La vulnérabilité dépend du comportement, de la vitesse de déplacement, de la reproduction et des périodes de migration. Mais aucune espèce n’est réellement à l’abri.

Hérisson d'Europe, espèce présente en France et vulnérable aux collisions routières

Hérissons

Leur lenteur les expose longtemps sur la chaussée.

Hérisson d’Europe à Colmar, Haut-Rhin — Photo : Gzen92 / Wikimedia Commons.

Crapaud commun, amphibien présent en France et exposé aux collisions lors des migrations

Amphibiens

Leurs migrations vers les sites de reproduction peuvent provoquer des épisodes de mortalité massive.

Crapaud commun à Auzat, Ariège — Photo : Jean-Louis Venet / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0.

Mésange charbonnière, petit oiseau commun de France concerné par la mortalité routière

Oiseaux

Les petits oiseaux sont très peu visibles dans les relevés alors qu’ils pourraient représenter une part majeure des victimes.

Mésange charbonnière, Bois de Vincennes — Photo : Melissa McMasters / Wikimedia Commons — CC BY 2.0.

Lynx boréal, espèce présente en France particulièrement sensible à la mortalité routière

Lynx

Pour une espèce à faible reproduction, la disparition de quelques individus peut peser fortement sur une population.

Lynx boréal — Photo : Michael Gäbler / Wikimedia Commons — CC BY 3.0.

DES SOLUTIONS EXISTENT

Reconnecter les territoires plutôt que condamner les animaux à traverser

Écoponts, passages inférieurs, crapauducs, écuroducs, banquettes dans les ouvrages hydrauliques, clôtures de guidage, signalisation dynamique… il existe des solutions adaptées à des espèces, des routes et des budgets très différents.

Un ouvrage neuf de plusieurs millions d’euros n’est pas toujours nécessaire. Dans de nombreux cas, adapter une buse, un pont ou un ouvrage hydraulique existant peut restaurer une continuité écologique à un coût beaucoup plus faible.

Écopont de Fuveau au-dessus de l'autoroute A52 en France

Écoponts

Ils permettent de reconnecter de grands corridors écologiques coupés par une infrastructure importante.

Écopont au-dessus de l’autoroute A52 à Fuveau, Bouches-du-Rhône — Photo : Anthony Levrot / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0.

Passage à faune construit sous une route

Passages inférieurs

Ils permettent à la faune de franchir l’infrastructure sans accéder à la chaussée.

Passage à faune sous une route — Photo : Ryan Hagerty / U.S. Fish and Wildlife Service — domaine public.

Écoduc à Lille permettant à la petite faune de franchir un chemin

Petite faune

De petits ouvrages peuvent permettre aux micromammifères, amphibiens et autres petites espèces de franchir une infrastructure.

Écoduc à Lille, Nord — Photo : F. Lamiot / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0

LE PROGRAMME ANIMAL CROSS

Restaurer les Voies du Vivant

Animal Cross veut faire émerger en Nouvelle-Aquitaine une démarche régionale capable de passer de la connaissance à l’action : identifier les secteurs prioritaires, trouver les solutions adaptées et accompagner leur transformation en projets réellement financés et réalisés.

UNE RÉGION PILOTE

Commencer en Nouvelle-Aquitaine pour construire une méthode reproductible

Notre ambition

✓ Un pilotage régional pérenne

✓ Une cartographie régulièrement actualisée

✓ Une liste hiérarchisée de secteurs prioritaires

✓ Des points noirs amenés jusqu’aux travaux

✓ Des données de meilleure qualité

✓ Des gestionnaires, élus et citoyens davantage mobilisés

Soutenir le projetNous contacter

CE QUE DEMANDE ANIMAL CROSS

Passer de bonnes intentions à une véritable politique de résorption des points noirs

Animal Cross demande que la réduction des collisions et la restauration des continuités écologiques deviennent une composante normale de la gestion et de la modernisation des infrastructures.

  • Harmoniser et pérenniser le suivi des collisions.
  • Identifier et actualiser les points noirs de mortalité et de fragmentation.
  • Désigner clairement le gestionnaire responsable de chaque infrastructure concernée.
  • Définir une solution et une échéance pour les secteurs prioritaires.
  • Créer une programmation financière permettant de réaliser les travaux.
  • Évaluer l’efficacité des aménagements après leur réalisation.

Une route ne devrait pas être une frontière pour le vivant

Nous pouvons rendre nos infrastructures plus perméables et permettre aux animaux de circuler à nouveau entre leurs habitats. Les solutions existent. Il faut maintenant les mettre en œuvre.

Écopont au-dessus de l’autoroute A52 à Fuveau, Bouches-du-Rhône — Photo : Anthony Levrot / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0.