Les animaux ne traversent pas nos routes.
Nos routes traversent leurs territoires.
Pour se nourrir, se reproduire, rejoindre un refuge, disperser leurs jeunes ou migrer, les animaux ont besoin de circuler. Mais notre réseau routier découpe leurs habitats et interrompt les continuités écologiques.
La collision est la conséquence la plus visible de cette fragmentation. Mais une route peut aussi devenir une barrière que certains animaux n’osent plus franchir. Une route sur laquelle peu d’animaux sont retrouvés morts n’est donc pas nécessairement une route sans impact.
Il s’agit de l’estimation centrale d’un travail scientifique cité dans notre rapport et non d’un comptage exhaustif. L’incertitude est considérable : selon les hypothèses utilisées pour corriger les biais d’observation, l’estimation varie d’environ 10,8 à 396 millions d’animaux par an.
La route agit bien au-delà de la collision
Mortalité
Oiseaux, hérissons, amphibiens, reptiles, mammifères… la route tue directement des animaux de toutes tailles.
Fragmentation
Une infrastructure peut couper un habitat et rendre plus difficiles l’accès à la nourriture, la reproduction ou les migrations.
Isolement
Lorsque les populations ne peuvent plus échanger entre elles, leur diversité génétique et leur capacité de recolonisation peuvent diminuer.
Écosystèmes
Les animaux participent à la prédation, à la dispersion des graines, à la pollinisation et aux chaînes alimentaires. Leur disparition affecte aussi le fonctionnement du milieu.
Climat
Face au changement climatique, les espèces doivent pouvoir déplacer progressivement leur aire de répartition. Les infrastructures peuvent bloquer ces mouvements.

Ce que nous voyons au bord des routes n’est que la partie émergée de l’iceberg
La petite faune est particulièrement sous-estimée. Les cadavres peuvent disparaître rapidement sous l’effet du trafic, des charognards ou de la météo. Depuis un véhicule en mouvement, un petit oiseau, un lézard ou un amphibien est aussi beaucoup plus difficile à détecter qu’un chevreuil ou un sanglier.
Certains animaux percutés quittent également la chaussée et meurent plus loin. D’autres sont projetés dans les fossés ou restent invisibles aux observateurs.
C’est pourquoi compter uniquement les animaux visibles ne permet pas de mesurer correctement la mortalité routière.
Certaines espèces paient un tribut particulièrement lourd
La vulnérabilité dépend du comportement, de la vitesse de déplacement, de la reproduction et des périodes de migration. Mais aucune espèce n’est réellement à l’abri.
Reconnecter les territoires plutôt que condamner les animaux à traverser
Écoponts, passages inférieurs, crapauducs, écuroducs, banquettes dans les ouvrages hydrauliques, clôtures de guidage, signalisation dynamique… il existe des solutions adaptées à des espèces, des routes et des budgets très différents.
Un ouvrage neuf de plusieurs millions d’euros n’est pas toujours nécessaire. Dans de nombreux cas, adapter une buse, un pont ou un ouvrage hydraulique existant peut restaurer une continuité écologique à un coût beaucoup plus faible.
Restaurer les Voies du Vivant
Animal Cross veut faire émerger en Nouvelle-Aquitaine une démarche régionale capable de passer de la connaissance à l’action : identifier les secteurs prioritaires, trouver les solutions adaptées et accompagner leur transformation en projets réellement financés et réalisés.
Commencer en Nouvelle-Aquitaine pour construire une méthode reproductible
Notre ambition
✓ Un pilotage régional pérenne
✓ Une cartographie régulièrement actualisée
✓ Une liste hiérarchisée de secteurs prioritaires
✓ Des points noirs amenés jusqu’aux travaux
✓ Des données de meilleure qualité
✓ Des gestionnaires, élus et citoyens davantage mobilisés
Passer de bonnes intentions à une véritable politique de résorption des points noirs
Animal Cross demande que la réduction des collisions et la restauration des continuités écologiques deviennent une composante normale de la gestion et de la modernisation des infrastructures.
- Harmoniser et pérenniser le suivi des collisions.
- Identifier et actualiser les points noirs de mortalité et de fragmentation.
- Désigner clairement le gestionnaire responsable de chaque infrastructure concernée.
- Définir une solution et une échéance pour les secteurs prioritaires.
- Créer une programmation financière permettant de réaliser les travaux.
- Évaluer l’efficacité des aménagements après leur réalisation.
Une route ne devrait pas être une frontière pour le vivant
Nous pouvons rendre nos infrastructures plus perméables et permettre aux animaux de circuler à nouveau entre leurs habitats. Les solutions existent. Il faut maintenant les mettre en œuvre.
Écopont au-dessus de l’autoroute A52 à Fuveau, Bouches-du-Rhône — Photo : Anthony Levrot / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0.





