Périodes de chasse en France : la réalité derrière les dates officielles

Périodes de chasse en France : la réalité derrière les dates officielles

Lorsqu'on parle de chasse en France, l'idée largement répandue est qu’elle s’étend de septembre à février. En réalité, cette représentation est trompeuse. La France détient, selon Animal Cross, le record européen de la plus longue période de chasse.

Depuis le 28 décembre 2023, la situation a encore empiré : le sanglier est devenu chassable toute l'année, sans aucun répit, par simple décision administrative.
De plus, les animaux classés "susceptibles d'occasionner des dégâts" — comme le renard, la fouine ou encore le ragondin — peuvent eux aussi être détruits pratiquement à toute période de l'année, souvent sans exigence de justification.

Une chasse omniprésente, toute la semaine

La France est aujourd'hui le seul pays d'Europela chasse est autorisée tous les jours de la semaine, du lundi au dimanche inclus.
Cette omniprésence de la chasse est d'autant plus choquante que 78 % des Français (sondage IFOP, 2022) se déclarent favorables à un dimanche sans chasse, afin de sécuriser les promenades en forêt, les activités sportives et familiales. Malgré cette forte demande citoyenne, le gouvernement a refusé d’instaurer un jour sans chasse dans son "Plan chasse" présenté en janvier 2023.

Des autorisations nocturnes inquiétantes

Théoriquement, la chasse est limitée aux heures diurnes, définies comme la période commençant une heure avant le lever du soleil et se terminant une heure après son coucher.
Cependant, de nombreuses exceptions existent :

  • La chasse au gibier d'eau (canards, bécassines) est autorisée deux heures avant le lever et deux heures après le coucher du soleil, voire toute la nuit à partir de certains postes fixes dans plusieurs départements.

  • Les tirs de destruction d'animaux dits "nuisibles" peuvent être autorisés la nuit par les préfets, sans obligation d'une justification solide.

Une extension des périodes sous de multiples formes

Les dérogations permettent d’allonger les périodes de chasse :

  • Géographiquement, comme en Alsace-Moselle, où la chasse commence dès le 23 août.

  • Selon les espèces, par exemple le chevreuil qui peut être chassé dès juin, ou encore les tirs estivaux sur les renards.

  • Selon les modes de chasse, comme la chasse en parc clôturé où le gibier d’élevage peut être abattu toute l'année.

À cela s'ajoutent les battues administratives, qui peuvent être décidées hors période légale, au nom de la "régulation", et qui permettent de chasser même sur des terrains où la chasse est interdite d’ordinaire.

Ce que demande Animal Cross

Face à cette dérive, Animal Cross formule des revendications précises :

  • Instaurer deux jours sans chasse par semaine, dont le dimanche, ainsi que les jours fériés et pendant les vacances scolaires.

  • Suspendre toute chasse (y compris la destruction des espèces "susceptibles d'occasionner des dégâts") de début mars à fin août, afin de respecter les périodes de reproduction et d'élevage des jeunes.

  • Mettre fin aux autorisations de chasse nocturne, de nuit comme aux premières heures du jour.

La France ne pourra pas prétendre protéger sa biodiversité tant que la chasse restera pratiquée sans véritable encadrement temporel et sans respect du rythme naturel des espèces sauvages.

La face cachée de la chasse : une propagande bien orchestrée

La face cachée de la chasse : une propagande bien orchestrée

Un lobby au cœur de nos institutions

La chasse n’est pas qu’un loisir ancré dans les traditions rurales françaises. Elle est aussi le terrain d’action d’un véritable lobby aux ramifications politiques et économiques puissantes. Derrière les scènes de battues ou les discours sur la régulation de la faune, se cachent des stratégies de communication redoutables, destinées à protéger des intérêts bien éloignés de la nature.

En France, environ 120 députés et 60 sénateurs sont membres de groupes parlementaires pro-chasse. Tous partis confondus, ces élus défendent régulièrement les intérêts des chasseurs, tombés aujourd'hui sous la barre du million, souvent au mépris des données scientifiques et de l’opinion publique. Ce maillage politique garantit une influence directe sur les lois, les arrêtés ministériels et les grandes orientations environnementales.

Un pacte politique révélateur

En 2018, le président Emmanuel Macron a scellé un pacte inédit avec la Fédération nationale des chasseurs (FNC), en échange de son soutien politique :

  • Baisse du prix du permis de chasse (de 400 à 200 €),

  • Autorisation des silencieux, malgré les risques pour la sécurité des promeneurs,

  • Reconnaissance des chasses traditionnelles (glu, filets…), pourtant condamnées par l’Union européenne,

  • Subventions publiques généreuses attribuées à la FNC.

Ce pacte officialise ce que les associations de protection animale dénoncent depuis longtemps : la chasse est un sujet politique instrumentalisé, non un débat de société ouvert.

Une image travaillée, loin de la réalité

Le discours du chasseur “premier écologiste de France” est savamment entretenu dans les médias. Il s’appuie sur des éléments de langage bien rodés :

  • “La chasse régule les espèces”,

  • “Les chasseurs entretiennent les espaces naturels”,

  • “Ils défendent les traditions rurales”.

Ces affirmations sont pourtant largement contestées :

  • La régulation sert souvent des logiques de surpopulation artificielle (voir les lâchers d’animaux d’élevage),

  • Les dégâts causés à la biodiversité, aux sols et aux espèces sensibles sont largement sous documentés,

  • Les traditions invoquées servent souvent à justifier des pratiques cruelles et obsolètes.

La propagande cynégétique prend également la forme d’événements publics, d’actions pédagogiques dans les écoles, de publicités locales ou encore de partenariats avec certaines chaînes de télévision ou de radio.

UNE NOUVELLE CAMPAGNE DE COMMUNICATION AGRESSIVE EN 2025

En 2025, la Fédération nationale des chasseurs a lancé une nouvelle campagne de communication nationale d'une ampleur inédite. Affichage, spots TV, podcasts, influence sur les réseaux sociaux : tout est mis en œuvre pour redorer le blason d’une activité de plus en plus critiquée. Le message est clair : les chasseurs seraient des “acteurs de terrain indispensables à la biodiversité” et des “alliés du monde rural face à la crise climatique”.

Cette campagne cherche à inverser la tendance de l’opinion publique, sans jamais évoquer les réalités dérangeantes de la chasse : souffrance animale, accidents, atteintes à la biodiversité, destructions illégales d'espèces protégées. Elle omet aussi de dire que les “opérations de régulation” mettent souvent en péril l'équilibre écologique, qu’elles ciblent parfois des espèces non-problématiques, et qu'elles servent fréquemment des intérêts cynégétiques privés.

Animal Cross dénonce cette offensive médiatique orchestrée avec des moyens considérables — financés en partie par des fonds publics — pour masquer une activité incompatible avec les enjeux éthiques et environnementaux actuels. Il est essentiel de rappeler que la chasse, loin d’être une solution, est bien souvent une partie du problème.

Une opinion publique ignorée

La dissonance entre cette communication et les attentes de la population est flagrante :

  • En 2023, 53 % des Français se disent opposés à la chasse,

  • 76 % évitent de se promener en forêt de peur d’un accident (IPSOS),

  • 78 % souhaitent l’interdiction de la chasse le dimanche (IFOP).

Malgré cela, le gouvernement reste sourd. Pourquoi ? Parce que la FNC est mieux organisée, mieux financée et mieux écoutée que les défenseurs de la cause animale

Notre demande 

 Exiger des responsables des fédérations de chasse de rendre publics leurs liens d’intérêt avec les élus, les scientifiques, les industriels, à l’image du “Sunshine act” mis en place pour l’industrie pharmaceutique.

  • Interdire les interventions des fédérations de chasse dans le cadre scolaire.

  • Intégrer dans les films de promotion de la chasse un bandeau (sur le modèle de ceux alertant de la violence de films) indiquant que “la chasse est une activité violente qui génère de la souffrance animale”.

  • Interdire l’utilisation des fonds publics à des fins de promotion cynégétique, et intensifier leur contrôle.

Stop aux collisions routières avec la faune sauvage : un plan national s’impose !

Stop aux collisions routières avec la faune sauvage : un plan national s’impose !

Chaque jour en France, des milliers d’animaux sauvages périssent sous les roues des véhicules. On estime à plus d’un million le nombre d’animaux tués chaque année sur les routes françaises, un chiffre largement sous-estimé tant le recensement est lacunaire. Derrière ces collisions se cache une réalité peu visible : une pression permanente sur la biodiversité, avec un impact grave sur les populations déjà fragiles.

🚗 Des collisions nombreuses mais mal documentées

​Contrairement à ce que l’on pourrait croire, très peu de collisions avec la faune sauvage entraînent des accidents corporels. En 2022, seules 120 collisions sur plus de 55 000 accidents corporels recensés en France impliquaient un animal sauvage (soit 0,2 %). Pourtant, cela ne reflète qu’une infime partie de la réalité : la majorité des collisions n’endommagent pas les véhicules et ne sont donc ni déclarées, ni comptabilisées.

🐾 Petits animaux, grandes victimes

Les espèces les plus touchées sont les plus discrètes : oiseaux, hérissons, renards, amphibiens, etc. Sur certaines routes de l’ouest de la France, on recense plus de 3 animaux tués par kilomètre et par an. Et ce chiffre grimpe encore lorsque les données des associations sont prises en compte. Ces espèces ne font pas les gros titres, mais leur disparition progressive affaiblit les écosystèmes.

💸 Un coût économique sous-estimé

Outre l’impact sur la biodiversité, les collisions avec la faune ont aussi un coût économique important. En 2008, on estimait à plus de 300 millions d’euros par an le coût des accidents impliquant des animaux. C’est peu, comparé aux 58 milliards d’euros du coût global de l’insécurité routière, mais cela souligne que ces événements ne sont pas anodins.

🏛️ Une prise de conscience politique encore largement insuffisante

Si la question des collisions routières avec la faune sauvage a été timidement reconnue lors du Grenelle de l’environnement, les avancées politiques restent très limitées. Le concept de Trame verte et bleue, visant à restaurer la continuité écologique des milieux, a mis en lumière le rôle destructeur des routes dans la fragmentation des habitats. Mais dans les faits, les actions concrètes peinent à suivre.

En 2018, la Stratégie nationale pour la biodiversité proposait de traiter une vingtaine de « points noirs » – ces zones où les collisions sont fréquentes – dans chaque région. Pourtant, le chiffre avancé par l’État (environ 10 par région) semble très en deçà de la réalité. À titre d’exemple, la région Auvergne-Rhône-Alpes a identifié 179 tronçons problématiques, dont 44 particulièrement accidentogènes.

Par ailleurs, aucune base de données nationale complète sur les collisions n’existe à ce jour. Les données sont morcelées, disparates, souvent locales, et la plupart des acteurs – assurances, forces de l’ordre, gestionnaires de routes départementales – ne sont pas contraints de transmettre les informations. Une véritable stratégie cohérente et ambitieuse fait cruellement défaut.

🔬 Les scientifiques, en première ligne face à l’urgence

Face à l’inaction politique, les chercheurs sonnent l’alarme. De nombreuses études, menées notamment par l’UMS Patrinat (unité OFB/Muséum national d’Histoire naturelle), ont documenté l’ampleur du phénomène. Selon ces travaux, les infrastructures de transport seraient devenues la première cause humaine de mortalité pour la faune sauvage en Europe.

Des espèces entières sont menacées :

  • Le lynx boréal, espèce protégée, dont la première cause de mortalité en France est la route (150 cas de collisions recensés entre 1982 et 2018) ;

  • La chouette effraie, avec environ 37 000 individus tués chaque année ;

  • La loutre d’Europe, le vison d’Europe, le hérisson, ou encore de nombreux amphibiens font également partie des espèces particulièrement vulnérables.

Le réseau européen IENE (Infrastructure and Ecology Network Europe) alerte depuis plusieurs années sur l’impact massif des routes, lignes électriques, voies ferrées ou encore éoliennes sur les espèces animales. Les scientifiques disposent aujourd’hui de méthodes fiables de suivi, mais leur travail doit être soutenu par des moyens politiques et financiers à la hauteur de l’enjeu.

🌉 Réduire les collisions : des solutions existent

Il existe pourtant des solutions éprouvées pour réduire ces collisions :

  • Les passages à faune (viaducs, tunnels, “crapauducs”) qui permettent aux animaux de traverser en toute sécurité ;

  • Les détecteurs d’animaux, qui préviennent les conducteurs lorsqu’un animal est détecté à proximité de la chaussée ;

  • Les avertisseurs à ultrasons, fixés sur les véhicules, bien que leur efficacité soit encore discutée ;

  • La réduction de la vitesse sur les tronçons accidentogènes.

Dans certaines zones comme en Haute-Savoie ou dans les Pyrénées-Atlantiques, ces dispositifs ont permis de réduire jusqu’à 80 % des collisions. Pourtant, leur mise en place reste marginale.

🔫 La chasse, facteur aggravant

Les données montrent que les collisions avec les sangliers explosent pendant la période de chasse. Effrayés, les animaux fuient et traversent les routes dans la panique. Dans ce contexte, les chasseurs apparaissent faussement comme des “sauveurs” : ils bénéficient d’une forme de légitimité publique en prétendant réguler la faune, alors que leur activité aggrave directement le problème.

 

🧭 Ce que propose Animal Cross

Pour enrayer ce fléau, Animal Cross appelle à des mesures concrètes et urgentes :

  • La création d’une base de données nationale des collisions incluant tous les réseaux routiers ;

  • L’obligation pour les gestionnaires d’infrastructures, assureurs et forces de l’ordre de transmettre les données de collision ;

  • L’affectation d’au moins 1 % du budget routier à la mise en place de dispositifs de protection ;

  • L’interdiction de la chasse à proximité des zones accidentogènes (dans un rayon de 300 m) ;

  • Le soutien aux associations qui réalisent un travail de terrain essentiel.


📣 Ensemble, changeons la donne

Nos routes ne doivent plus être des cimetières à ciel ouvert. Il est temps d’agir pour que la faune sauvage puisse circuler librement et en sécurité, et que nos déplacements ne soient plus synonymes de mort pour des millions d’animaux.

Animal Cross continuera à se mobiliser pour faire de la cohabitation entre humains et animaux une réalité sur l’ensemble du territoire.

La chasse en France : un privilège au-dessus des lois

La chasse en France : un privilège au-dessus des lois

Les 5 et 6 mars à Quimper et Brest, Benoît Thomé, président d'Animal Cross a donné un cours aux étudiants de droit intitulé : « La chasse en France : le récit d’un déni démocratique. » Une prise de parole inspirée du dernier livre d'Animal cross, ARTICLE 0 (1), l’occasion de montrer comment 1,3 % des Français impose ses règles au reste de la population, avec la complicité des institutions. 

1.Les chasseurs ont des droits supérieurs aux autres citoyens.

  • Droit des Associations communales de chasse agréée (ACCA) de chasser chez les particuliers, même s’il y a un droit de retrait (loi Verdeille puis arrêt Chassagnou),
  • Financement exclusif d’une écocontribution pour les projets de biodiversité des chasseurs à hauteur de 10 € par permis de chasser (2) , non reconnu aux autres associations, et pour des projets parfois loufoques,
  • Droit de bénéficier d’armes de chasse à vie, sans nécessairement le permis de chasser, à la différence du tir
    sportif,
  • Exonérations fiscales comme l’exonération de la taxe sur le foncier non bâti(3 ) pour les zones humides, zones pourtant à protéger.

2.Les chasseurs ont des droits comparables sans les obligations correspondantes.

  • Droit de rendre captifs les animaux dans les parcs de chasse sans leur reconnaître le statut d’animal
    sauvage captif (4),
  • Droit de chasser sans payer les indemnisations agricoles, l’État versant 20 Mio € par an, alors que la Cour constitutionnelle a confirmé cette obligation (5) ,
  • Droit de chasser en étant ivre, mais sans manifester d’ivresse manifeste (6 ), contrairement aux automobilistes,
  • Droit de garder son permis de chasser sans visite médicale annuelle.

3.Il existe peu de contrôle ou de sanction.

  • Baisse de 87% des infractions commises par les chasseurs entre 2019 et 2022  suite à la baisse des contrôles de l’OFB consécutive à la fusion ONCFS-AFB (7),
  • Impossibilité de faire la part entre l’agrainage dissuasif et l’agrainage de nourrissage, ce qui permet aux chasseurs d’entretenir le “capital sanglier”,
  • Impossibilité de contrôler les pièges tuants, pièges à collet, pièges à lacets, censés être sélectifs (8) mais qui capturent toute la petite faune et les chats,
  • Manque de transparence dans les comptes alors que les fédérations de chasse exercent des missions de service public (9) et bénéficient de près de 90 Millions € par an de l’Etat.

4.L’administration des fédérations de chasse remplace l’administration publique.

Les préfectures consacrent 1,4 équivalent temps plein pour s’occuper de la chasse (10) alors que les fédérations de chasse disposent d’un grand nombre de salariés pour, par exemple, :

  • rédiger les schémas départementaux de gestion cynégétique (11) , organisant la chasse dans les départements, que l’administration préfectorale est incapable de juger,
  • gérer les Associations de chasse agréée (ACCA) ou décider du nombre d’animaux tués à la chasse ou le plan de chasse (150 à 200 emplois transférés depuis 2019),
  • indemniser les dégâts agricoles.

5.Le lobbying empêche toute remise en cause.

Les groupes chasse et pêche à l’Assemblée nationale et au Sénat, comme l’administration, bloquent toute velléité de réforme. Le rapport du Sénat sur la sécurité à la chasse a enterré les demandes des porteurs de la pétition « Un jour un chasseur », la demande de formation décennale pratique des chasseurs n’a jamais vu le jour,

Les chasseurs sont présents dans la plupart des institutions où il est question de la nature, les associations de protection de la nature sont ultra-minoritaires dans de nombreuses instances comme le comité départemental décidant du sort des animaux susceptibles
d’occasionner des dégâts (12) , entraînant la condamnation à mort de centaines de milliers d’animaux.

5.Les raisons d’y croire

Si le présent est sombre, l’avenir l’est moins. La directive Oiseaux permet d’interdire les méthodes de chasse traditionnelles comme la chasse à la glu. Le nombre de chasseurs baisse régulièrement (963 000 en 2021, deux fois plus il y a 30 ans), la population ne comprend plus les revendications exagérées du monde de la chasse. La liste Alliance rurale a fait un mauvais score aux élections européennes.

1 Disponible à l’achat sur le site animal-cross.org
2 article 13, 8° de la loi n° 2019-773 du 24 juillet 2019
3 article 1395 D du CGI
4 Voir livre « Article 0 » de l’association Animal Cross, p72 et p24
5 QPC, 2021-963
6 Comparer l’article L234-1, Code de la route et l’article R. 428-8 du code de l'Environnement
7 Rapport du Sénat sur l’OFB sept 2024
8 Article R427-17 code de l’Environnement
9 Rapport de la Cour des comptes, 2023
10 Rapport de la Cour des comptes, 2023
11 Article L425-1 du code de l' Environnement 

En savoir plus sur la chasse : 

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Pour une réglementation plus stricte des armes de chasse

Pour une réglementation plus stricte des armes de chasse

Face aux nombreux accidents impliquant des armes de chasse, il est impératif de réviser leur réglementation pour garantir la sécurité de tous. Nous demandons un renforcement des conditions d'acquisition et de détention des armes de chasse, en les alignant davantage sur la réglementation des armes de tir sportif, tout en respectant les catégories actuelles des armes. Les faits quotidiens montrent que les armes de chasse sont bien plus dangereuses, tant à la chasse qu'en dehors, que les armes de tir sportif, alors que la réglementation pour ces dernières est beaucoup plus stricte.

Aussi, nous demandons :

  • Un certificat médical obligatoire chaque année pour le renouvellement du permis de chasser (aujourd’hui, une simple déclaration sur l’honneur suffit). Cela empêcherait des chasseurs souffrant de troubles de l'audition, de l'équilibre ou ayant des difficultés à se déplacer de continuer à chasser
  • La cession des armes de chasse pour les chasseurs inactifs depuis 5 ans (aujourd'hui, la détention des armes de chasse est possible à vie pour les chasseurs inactifs). Cela réduirait le stock d'armes détenu par les chasseurs inactifs, qui s'élèvent à plusieurs millions et n'a plus lieu d'être.
  • Le stockage à domicile dans des pièces fortes ou des armoires fortes (et non un simple démontage des armes). Cela rendra plus difficile l’usage des armes par un chasseur ou un membre de sa famille dans un accès de colère. Cela diminuera le vol de plusieurs milliers d’armes chaque année chez les particuliers.
  • Un contrôle de la capacité de tir avant l'acquisition d'une arme et chaque année, à raison de trois séances de tir avant le permis de chasser et régulièrement après obtention du permis de chasser (aucun contrôle actuellement). Cela augmentera la sécurité à la chasse et diminuera le nombre d'animaux blessés qui agonisent après avoir été touchés.
  • L'interdiction d'acquérir une arme de chasse par succession pour un non-chasseur, contrairement à la possibilité actuelle. Un non-chasseur n'a aucune raison de posséder une arme chez lui.

 

Ces modifications sont possibles dans le cadre du droit français sans remettre en cause le classement des armes soumises à autorisation (armes de tir sportif, catégorie B) et à déclaration (armes de chasse, catégorie C) qui relève du droit européen.

Voir les sources en pdf

 

 

Pour une réglementation plus stricte des armes de chasse

Les armes de chasse : à l’origine de nombreux drames familiaux et suicides

Les armes de chasse sont le moyen le plus utilisé pour les règlements de compte familiaux et les suicides. Une solution simple pour sauver chaque année des centaines de vies en France : interdire la détention des armes à feu à domicile, et la remplacer par la détention dans des lieux centralisés et sécurisés (gendarmerie, armureries, ACCA - Associations communales de chasse agréées).

De multiples exemples d’homicides et suicides par armes de chasse

Haute-Savoie : un homme tue sa femme avant de retourner l’arme de chasse contre lui : “Il s’agirait selon les premiers éléments d’un drame familial, l’homme ayant tué son épouse avant de mettre fin à ses jours.” (10/11/2023, Ouest France)

Dordogne : un père tue son fils : “Un homme de 59 ans a été tué d’au moins un coup de fusil de chasse dans sa maison. C’est son père de 86 ans qui était derrière l’arme.” (21/01/2023, France Bleu)

Orne : un homme tue sa femme en utilisant un fusil de chasse : “L’homme, âgé de 54 ans et originaire de l’Eure-et-Loire, expliquait “avoir tiré un coup de fusil à l’encontre de son épouse, puis avoir quitté le domicile conjugal en voiture, à bord de laquelle il aurait tenté de se donner la mort.” (25/01/2024, Ouest-France)

Tarn : une femme retrouvée morte : “Elle a été retrouvée morte dans la nuit de mercredi à jeudi, tuée d’une balle de fusil de chasse.” (12/01/2024, Le Parisien)

Normandie : “Un éboueur venant d’être licencié se suicide avec un fusil de chasse.” (10/06/2020, Le Courrier picard)

On pourrait ainsi faire le tour de France et des journaux…
Quel est le dénominateur commun de tous ces faits divers ? Les armes de chasse à la maison, à portée de main !

Des statistiques élevées

Les décès par arme de chasse, en dehors des circonstances de chasse, sont soigneusement passés sous silence. Très peu d’observateurs se sont penchés sur la question. L’association Animal Cross a mené l’enquête. Les données de mortalité en France sont recensées par le CépiDc (Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès), laboratoire de l’Inserm, LA référence en France pour les causes de décès. Chaque décès en France doit en effet faire l’objet d’un certificat médical renseigné par un médecin, suivant un format conforme à une classification, appelé CIM10. Lors du décès, une cause unique est recherchée, qui sera considérée comme prépondérante, à l’origine du processus morbide ayant conduit au décès.
Les armes de chasse seraient à l’origine de 13 % des homicides et 8 % des suicides. Les victimes sont des non-chasseurs comme des chasseurs, selon notre analyse.
L’analyse de ces statistiques nous conduit à estimer qu’en 2017 (les données détaillées plus récentes ne sont pas accessibles), les armes de chasse seraient à l’origine de 1 100 décès, dont 665 causés par un suicide, 33 par un homicide, 10 par un accident, 393 n’ayant pas de cause déterminée. Le nombre de suicides doit être rapproché du nombre de 1 400 suicides par armes à feu en France donné par le ministre en 2015. De manière très intéressante, la courbe des décès par accident à la chasse qui procède de cette analyse (10 par accident en 2017) est très proche de celle donnée par l’Office français de la biodiversité (13 en 2017). Cela nous conforte dans l’idée que les données du CepiDc sont une source à considérer (ce qui est une évidence pour toutes les personnes travaillant sur les données de santé).

33 homicides par armes de chasse en 2017, dont de nombreux féminicides

Selon les données de l’Inserm, les armes de chasse seraient à l’origine de 33 homicides par an.
Une analyse du journal Reporterre, réalisée sur la base des faits divers recensés dans la presse, estime à 27 les homicides causés par armes de chasse en 2020 et 24 en 2021, ce qui est encore cohérent avec nos estimations (33 décès par homicide en 2017), les journalistes de Reporterre ayant pu passer à côté d’homicides.
Ces homicides concernent souvent des conflits et disputes dans un cadre familial, avec de nombreux féminicides (25 % des cas de féminicides en 2020 et 2021 selon Reporterre). Le tueur se saisit de l’arme qu’il a sous la main pour régler ses comptes.

Un phénomène méconnu : 665 suicides par arme de chasse en 2017 (estimation)

La partie la plus nouvelle de cette analyse est le regard porté sur les suicides. Nous émettons l’hypothèse que les familles, quand elles découvrent un suicide par arme de chasse en leur sein, gardent l’information pour elles et qu’elles ne cherchent pas à le faire savoir. La très grande majorité de ces suicides n’apparaît pas dans les médias et n’est pas révélée au grand public.
Nous avons présenté cette analyse lors de notre audition au Sénat en février 2022. Les sénateurs ont préféré ne pas tenir compte de ces données et ne les citent malheureusement pas dans leur rapport.
Remarquons que lors de la présentation du plan Armes en 2015, le ministre de l’Intérieur cite le chiffre de 1 400 suicides par armes à feu en France, sans distinguer le type d’armes.

Moins d’armes en circulation, moins de morts par arme à feu au Japon qu’aux USA

Il y a un lien direct entre la détention d’armes à feu et le nombre de morts par armes à feu dans un pays. Ainsi, le Japon, où la législation concernant l’achat et la détention d’armes est extrêmement stricte, compte une dizaine de morts par armes à feu par an, alors qu’aux États-Unis, où la détention d’armes est 100 fois supérieure à celle du Japon, on compte plus de 10 000 morts par an.

Sources : 

(1) Voir les hypothèses de notre analyse dans https://www.animal-cross.org/les-armes-de-chasse-tuent-environ-1100-personnes-par-an/
(2)https://mobile.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-ministres-de-l-Interieur/Archives-Bernard-Cazeneuve-
avril-2014-decembre-2016/Interventions-du-ministre/13.11.2015-Presentation-du-Plan-Armes
(3) Féminicides, suicides… les ravages des fusils de chasse. Reporterre. 9/12/2021. https://reporterre.net/Feminicides-suicides-les-ravages-des-fusils-de-chasse
(4) https://www.animal-cross.org/animal-cross-auditionnee-au-senat-sur-la-securisation-de-la-chasse/
(5) https://mobile.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-ministres-de-l-Interieur/Archives-Bernard-Cazeneuve-avril-2014-de cembre
-2016/Interventions-du-ministre/13.11.2015-Presentation-du-Plan-Armes
(6) https://www.liberation.fr/planete/2018/04/12/obtenir-une-arme-au-japon-un-parcours-du-combattant_1642454/?redirected=1
Obtenir une confirmation de notre analyse des données de mortalité par armes de chasse par le CepiDc (Inserm).
Interdire la détention des armes de chasse à domicile toute l'année, période de chasse comprise. Conserver les armes dans un lieu centralisé (ex. ACCA, gendarmerie, mairie, armureries). Afin d’éviter de constituer de gigantesques stocks d’armes qui attireraient des cambrioleurs, une idée serait de ne confier dans ce lieu centralisé qu’une partie de l’arme (l’autre partie étant gardée à domicile), la rendant ainsi inactive, comme la longuesse pour un fusil ou la culasse pour une carabine. La conservation dans un lieu central préserverait des centaines de vies, humaines et animales, chaque année en France.