Sondage YouGov/Animal Cross : 41% des français habitant en zone rurale déclarent avoir été (eux ou leurs proches) victimes d’une situation d’insécurité liée à la chasse

Sondage YouGov/Animal Cross : 41% des français habitant en zone rurale déclarent avoir été (eux ou leurs proches) victimes d’une situation d’insécurité liée à la chasse

En septembre dernier, la pétition « Morts, violences et abus liés à la chasse : plus jamais ça ! » publiée sur le site du Sénat par le collectif Un jour un chasseur, créé à la suite de la mort de Morgan Kean, abattu par un chasseur alors qu’il coupait du bois dans son jardin, recueillait plus de 122 000 signatures.

Les résultats du sondage Yougov pour Animal Cross viennent poser des chiffres sur cette situation de ras-le-bol : 41% des Français habitant en zone rurale déclarent avoir été (eux ou leurs proches) victimes d’une situation d’insécurité liée à la chasse. 

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À noter que la région parisienne est, naturellement, la région la moins touchée (30%) par ce genre d’incident alors que le Sud-Ouest (42%) est la région la plus sujette aux incidents de chasse.

Parmi les situations les plus souvent rencontrées, le danger lors d’une promenade arrive en première position (49%), suivi par des situations dangereuses sur la route (36%) et les tirs en direction d’une habitation ou d’un bâtiment (25%).

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L'étude de YouGov montre que plus de 3 Français sur 10 déclarent avoir déjà rencontré (eux ou leurs proches) des situations d’insécurité liée à la chasse. Dans le détail, les personnes les plus touchées sont celles qui ont des enfants (44%), les CSP+ (42%) et les hommes (41%) : elles déclarent s’être senties au moins une fois en insécurité en raison de la chasse, des chiffres significativement supérieurs à la moyenne nationale.

En ce qui concerne les tranches d’âge, les personnes les plus jeunes (18-34 ans) sont les plus concernées (42% de oui, ce qui est significativement supérieur à la moyenne nationale).

Il y a urgence à agir pour que les Français puissent vivre en sécurité

Sur la saison 2020-2021, 80 accidents de chasse ont été recensés, dont 7 mortels concernant 6 chasseurs et 1 non-chasseur (source), alors même que la saison de chasse a été peu active en raison de la crise sanitaire. Mais ils sont probablement plus nombreux : l'étude qualitative réalisée par Animal Cross révèle que 73% des victimes n'ont pas porté plainte.

Par peur de ne pas être entendues ? Outre la difficulté à identifier le chasseur, celles qui ont osé franchir le cap témoignent de situations bloquées, de plaintes refusées ou classées sans suite du fait de gendarmes, de maires ou de conseillers municipaux favorables aux chasseurs ou chasseurs eux-mêmes.

Il ne s'agit pas de pointer du doigt la totalité des chasseurs, mais il est primordial de reconnaître que les comportements de certains d'entre eux sont problématiques et ont un réel impact sur le quotidien de l'ensemble des Français.

 

 

 

À l’issue de cette enquête, Animal Cross demande de profondes réformes dans la pratique de la chasse.

Animal Cross se rendra le 15 février 2022 à 16h15 au Sénat pour parler de l'insécurité des français liée à la chasse, dans le cadre de la mission de contrôle sur la sécurisation de la chasse instaurée par le Sénat. Cette audition fera l'objet d'une diffusion en direct sur le site web du Sénat.

Le Top 7 des problèmes d'insécurité liés à la chasse

Pour mieux comprendre la situation de l’insécurité liée à la chasse en France, Animal Cross a analysé 232 témoignages de victimes de la chasse qui racontent ce qui leur est arrivé. Leur récit fait froid dans le dos.

Comme celui-ci : "Un chasseur a tiré à 30m en direction de mon habitation. Quand je lui ai demandé de quitter ma propriété, il a commencé à m'insulter, a menacé de tuer mon chien, puis de me frapper, pour enfin me menacer de me tirer dessus en se tournant vers moi avec son fusil non cassé."

Voici les principaux dangers auxquels les Français sont confrontés, sachant que les personnes concernées développent un véritable sentiment de peur :

1) Danger dans la nature, lors de promenades ou cueillette de champignons (49%) 

« À plusieurs reprises, j'ai été intimidée par des chasseurs qui, pour me faire partir, tiraient en l'air (les plombs retombant sur ma tête). Notamment en présence de mes enfants. »

Lors de promenades à pied, à vélos ou à cheval, lors de cueillettes dans la nature, les usagers de la nature se font régulièrement surprendre par des coups de feu très proches d’eux. Ils se plaignent que les chasseurs tirent dans des zones très fréquentées, y compris par des enfants. Au-delà du sentiment de peur, certains ont été touchés physiquement ou contraints de partir en courant.

Il existe aussi un réel problème de partage de territoire. Certains chasseurs estiment être prioritaires dans la nature. Ils disent souvent aux promeneurs qu’ils n’ont pas à être là et n'hésitent pas à exiger qu’ils fassent demi-tour ou qu’ils attachent leur chien, même sur des sentiers très fréquentés.

Les promeneurs estiment au contraire que c'est aux chasseurs de s'assurer de pratiquer leur loisir en toute sécurité et de ne pas les mettre en danger. Ils ne souhaitent pas forcément partager leurs lieux de promenade avec eux. Ils soulignent aussi l’absence ou la mauvaise signalisation des battues et actions de chasse qui les mettent en danger.

« On faisait du VTT à Naux. J'avais vérifié les dates et zones de chasse sur le site de la région, j'étais en zone verte. Arrivés en haut des pistes, les chasseurs étaient là et nous ont agressés verbalement en disant qu'on était fous et qu'ils tiraient dans notre direction. Aucun panneau, aucun signalement ne permettait de le savoir. »

Certains se sentent menacés par les conséquences de la chasse sur les animaux, comme un sanglier en fuite qui surgit à vive allure, et peut mettre en danger les personnes.

⇩ Découvrez le témoignage en vidéo de différentes victimes. ⇩

2) Danger sur la route (36%)

« Je circulais en voiture sur une route de campagne, quand une volée de plombs s'est fichée dans mon pare-brise et la carrosserie de ma voiture. »

Les témoins se plaignent que des chasseurs, des chiens de chasse ou des animaux sauvages en fuite leur coupent soudainement la route, mettant en danger les automobilistes.

« Des chiens de chasse ont traversé à 2m de ma voiture lancée à plus de quatre-vingts kilomètres-heure. Aucune signalisation. Un chasseur sûrement propriétaire des chiens s’est arrêté pour me parler. Il m’a dit que c’était tout à fait normal, que ces chiens suivaient le gibier. »

Il s’agit aussi parfois de tirs qui mettent en danger les automobilistes.

⇩ Découvrez le témoignage en vidéo d'une victime. ⇩

3) Tir vers les bâtiments ou près des habitations (25%)

« Aux abords d’une aire de jeux pour enfants, 3 chasseurs étaient positionnés à moins de 300m et tiraient dans notre direction, ils se sont approchés de moi avec un fusil armé et non « cassé », j'avais mon fils de 18 mois dans les bras. »

Les personnes qui ont répondu au questionnaire évoquent des tirs très près des habitations ou des lieux très fréquentés, provoquant l’angoisse des habitants. Ces derniers ont peur pour eux, pour leurs enfants, pour leurs animaux et sont choqués que ces tirs à proximité de chez eux soient autorisés. Certains s’enferment chez eux et n’osent plus sortir, d’autres ne peuvent plus profiter de leur jardin sans stresser.

Ils évoquent aussi des tirs en direction des habitations et des jardins, provoquant des dégâts humains et matériels : plombs dans le toit, dans les volets, éclats ou trous dans les vitres, tirs au-dessus de la propriété avec les plombs qui retombent dans le jardin, sur les personnes ou sur les habitations, présence de douilles dans le jardin.

« Régulièrement, les chasseurs tirent des coups de fusil très proche de mon habitation. J'ai très peur. Mes voisins ont reçu des plombs sur leurs volets. »

Les chasseurs tirent également près des animaux, et en particulier près des animaux d’élevage comme les chevaux qui sont souvent évoqués. Certains animaux sont tués, blessés ou traumatisés. Il en découle des traumatismes, humains ou animaux, mais aussi de la peur, voire de la panique.

« Mon cheval a pris 2 balles dans le corps lors d'une battue, alors que 2 infractions ont été commises. Les chasseurs se sont enfuis. »

⇩ Découvrez le témoignage en vidéo de différentes victimes. ⇩

4) Animal domestique dérangé, menacé, blessé ou tué (20%)

« Un chasseur a tiré à travers ma végétation en direction de ma maison qui est située à 150 mètres d'un chemin communal et mon chat est revenu affolé, plombé et hanche déboitée… »

Les personnes se plaignent que des chats, des chiens ou des équidés sont blessés, tués ou effrayés parce qu’ils se trouvent sur le « territoire » d’un chasseur. Les animaux domestiques sont victimes des coups de feu, mais aussi des chiens des chasseurs.

Les chasseurs chassent dans, ou près, des enclos où paissent des chevaux : parfois, ces derniers sont tellement effrayés qu'ils s’échappent et se retrouvent à errer.

« Tous mes chevaux se sont échappés lors d'une battue qui a été déclenchée dans un pré où pâturaient mes chevaux. J'ai deux juments pleines dans le lot et je dois faire des échographies pour vérifier qu'elles n'ont pas perdu leur bébé dans la peur qu'elles ont eues. Les chevaux ont fui sur plus de 2km et étaient en sueur, apeurés et blessés ; ils se sont retrouvés en divagation sur la route. »

5) Intrusion des chasseurs dans les propriétés privées (9%)

« Violation d'une propriété privée. Je me retrouve avec mes enfants devant plusieurs chasseurs. Je leur demande de partir. Menaces ! Intimidations. »

Selon les témoignages recueillis, les chasseurs pénètrent dans les propriétés sans y être autorisés, sans prévenir et refusent de partir malgré la demande des propriétaires.

Ils abiment les barrières et lâchent les chiens, ce qui provoque à la fois des dommages matériels et l’affolement des habitants et de leurs animaux. Ils ne respectent pas non plus les propriétés privées interdites à la chasse, et ce malgré la présence de panneaux d’interdiction.

« Toutes mes parcelles sont inscrites à la LPO et la chasse y est donc interdite. Mes panneaux de signalements (interdiction de chasser, propriété privée) sont systématiquement arrachés. »

⇩ Découvrez le témoignage en vidéo de différentes victimes. ⇩

 6) Menaces (8%)

« Lors d’une promenade près des habitations, nous avons croisé des chasseurs très agressifs, ils ont pointé leur arme sur ma chienne menaçant de la tuer parce que je leur disais qu’ils étaient trop près du chemin de randonnée. »

Les chasseurs n'hésitent pas à menacer des personnes avec leur arme quand quelqu'un leur demande d'agir avec plus de prudence. Ils exigent que les personnes quittent le lieu où ils chassent en les menaçant avec leur arme. Ils peuvent aussi s'énerver et/ou proférer des menaces de mort parce qu'une personne ne se comporte pas comme ils le souhaitent.

Les témoins ont un sentiment d’impunité des chasseurs. Ces derniers en sont bien conscients et n’hésitent pas à jouer la provocation en affirmant que de toutes les façons, tuer quand on est chasseur n’est que peu condamné.

« Lors d'une promenade avec ma famille, alors qu'il n'y avait aucune signalisation de chasse en cours sur notre chemin de forêt, nous avons soudain vu un chasseur qui nous a apostrophés et demandé ce que nous faisions là. Il était très agressif, agitait son fusil non cassé et son discours s'est terminé par "de toute façon, j'ai le droit de vous tuer puisque je suis assuré". Nous sommes vite partis car nous craignions pour nos vies. »

Les menaces des chasseurs envers les non-chasseurs peuvent aller des simples insultes à des menaces physiques. Ces menaces peuvent se poursuivre et se transformer en harcèlement, parfois pendant plusieurs années, pour dissuader les personnes d’agir en défaveur de la chasse.

Il en découle un climat anxiogène dans les campagnes.

⇩ Découvrez le témoignage en vidéo de différentes victimes. ⇩

7) Chasseur(s) ivre(s) durant l’exercice de la chasse 

« Ils étaient tellement alcoolisés qu'il leur fallut 2 minutes pour s'apercevoir que j'étais à côté d'eux. »

Des personnes témoignent de chasseurs alcoolisés, voire chancelants, y compris durant l’acte de chasse, avec des chiens parfois violentés et des comportements agressifs. Ces situations provoquent la peur et la fuite devant des individus qui ne contrôlent pas forcément leurs gestes.

« Deux chasseurs alcoolisés à 20 mètres de la maison, chiens en divagation. Ma fille était à cheval, jument apeurée, elle leur a demandé de s'éloigner des habitations. Les chasseurs se sont énervés et ont menacé de tirer sur les chevaux, très agressifs, j'ai signalé l'incident au président des chasseurs et à la gendarmerie. »

Pour en savoir plus

*Étude quantitative réalisée par YouGov pour Animal Cross auprès de 2008 personnes représentatives de la population nationale française (18 +) du 12 au 14 janvier 2022. Méthodologie : le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire de YouGov. Les données sont pondérées pour être représentatives des adultes français.

*Etude qualitative réalisée par Animal Cross auprès de 232 personnes qui ont déclaré avoir été en insécurité du fait de la chasse du 29 novembre au 8 janvier 2022. Méthodologie : l'étude a été réalisée en ligne sur la page Facebook d'Animal cross et via sa newsletter.

Insécurité liée à la chasse : Animal Cross propose des mesures pour agir

Insécurité liée à la chasse : Animal Cross propose des mesures pour agir

Animal Cross propose des mesures sur sept problématiques afin de combattre l'insécurité liée à la chasse.

Danger lors d'une promenade ou sur la route

  1. Interdire la chasse au moins deux jours par semaine dont le dimanche, ainsi que les jours fériés et les vacances scolaires.

Tir en direction d'une habitation ou d'un bâtiment public

  1. Interdire la chasse dans un périmètre de 500 m autour des habitations.
    Repousser les territoires de chasse au-delà d’un rayon de 500 mètres autour de toute habitation et de tout lieu fréquenté par le public. Appliquer cette marge de sécurité autour des zones côtières et fluviales, fréquentées par de nombreux touristes et qui sont des lieux de pratiques sportives aquatiques.
  2. Intégrer dans la loi (et non dans une circulaire (n°82-152 du 15/10/82) l'interdiction de tirer en direction d'une habitation ou d'un bâtiment public quand ils sont « à portée de fusil ».

Mise en danger d'un animal

  1. Interdire la chasse sur les terrains clôturés sur lesquels se trouvent des animaux d’élevage et de compagnie.

Chasse sur propriété privée

  1. Requérir l'accord explicite et non tacite de l’apport par un particulier de son droit de chasse aux associations communales de chasse. (Autre proposition qui va dans le même sens : permettre à un propriétaire de s’opposer à la chasse sur son terrain chaque année et non tous les 5 ans.) 
  2. Obliger les chasseurs désirant traverser ou chasser sur un terrain privé d’en avertir au préalable les propriétaires.

Menace ou violence avec arme de chasse

  1. Caractériser de menace avec arme le fait qu’un chasseur :
    - aborde un non chasseur avec une arme qui n’est pas désarmée
    - ou tire en l’air en vue de l’effrayer ou d'effrayer ses animaux.
  2. Sanctionner un chasseur s'il menace de mort un animal domestique.
  3. Créer dans chaque commune un comité de liaison sous l'autorité du maire dont l'objectif est d'aplanir les différends liés à l'exercice de la chasse sur la commune. Ce comité doit pouvoir être saisi par tout habitant de la commune en faisant la demande et par tout chasseur exerçant sur la commune. Ce comité est constitué en majorité de non chasseurs.
  4. En cas d’infraction commise par un chasseur et que celui-ci n’est pas identifié, sanctionner la personne morale qui détient le droit de chasse sur la commune.
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Danger des armes

  1. Hors de la période de chasse, garder toutes les armes de chasse dans des lieux centralisés et sécurisés (ex : ACCA, gendarmerie, mairie, armureries) et non au domicile des chasseurs. La conservation dans un lieu central préserverait des centaines de vie, humaines et animales, chaque année en France. A défaut, mettre dans ce lieu la partie rendant une arme inutilisable (ex longuesse, culasse).
  2. Exercer un contrôle strict du stock des armes en errance (plusieurs millions), c’est-à-dire non déclarées, par une action volontariste incluant les points suivants :
    - interdire à des non-chasseurs d’acquérir des armes par héritage,
    - a minima, exiger des chasseurs inactifs depuis 5 ans de mettre leurs armes de chasse en dépôt dans un lieu sécurisé,
    - rapprocher les fichiers des armes (SIA) du fichier des chasseurs en activité (dans les fédérations de chasse, normalement bientôt disponible à l’OFB) et du fichier de l’ensemble des personnes détenant un permis de chasser (à l’OFB) afin de tracer le stock des armes de chasse en France et d'identifier les chasseurs qui n'ont pas déclaré d'armes,
    - rapprocher le fichier des décès (RNIPP) du fichier des armes (SIA) pour tracer les armes des personnes décédées.
  3. Interdire le transport d’armes de chasse dans les transports publics.

Permis de chasser

  1. Créer un permis de chasser à points. Il permettrait d’enlever des points pour toute infraction à la réglementation de la chasse, existante ou nouvelle, par exemple la chasse sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiant,
  2. Rendre le permis infalsifiable en le faisant délivrer par l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) et non l’OFB,
  3. Renforcer l’examen pratique sur l’entretien de l’arme et introduire un contrôle de la précision du tir du chasseur,
  4. Rendre obligatoires et annuels une visite médicale effectuée par un médecin agréé et le certificat d’aptitude au tir,
  5. Effectuer un contrôle technique de l’arme tous les 5 ans,
  6. Rendre obligatoire un examen spécifique pour pouvoir chasser avec un chien (permis option chien de chasse),
  7. Introduire des nouvelles questions dans la partie théorique sur la souffrance des animaux chassés et la perte de biodiversité causée par la chasse,
  8. Appliquer des contraventions/sanctions calées sur celles du permis de conduire.

Animal Cross se rendra le 15 février 2022 à 16h15 au Sénat pour parler de l'insécurité des français liée à la chasse, dans le cadre de la mission de contrôle sur la sécurisation de la chasse instaurée par le Sénat. Cette audition fera l'objet d'une diffusion en direct sur le site web du Sénat.

Consultation publique : Donnez votre avis sur le projet d’arrêté qui modifie la liste des ESOD pour la période dérogatoire obtenue précédemment

Consultation publique : Donnez votre avis sur le projet d’arrêté qui modifie la liste des ESOD pour la période dérogatoire obtenue précédemment

Merci de prendre le temps de répondre avant le 31 décembre à la consultation publique relative au projet d'arrêté qui modifie la liste des ESOD pour la période dérogatoire obtenue précédemment (il en va de la destruction du renard dans le département des Vosges) :

Argumentaire proposé à adapter pour qu'il soit bien pris en compte :

Je m'oppose à ce projet d'arrêté pour les raisons suivantes :

  • Tout d'abord, je salue le fait que le putois soit enfin retiré de la liste des ESOD, étant donné son état de conservation défavorable.
  • Par contre, je m'oppose au classement partiel du renard dans le département des Vosges, modification qui ne prend pas en compte la décision du conseil d'état du 7 juillet 2021 qui avait retiré le renard de la liste des ESOD dans ce département. Il est indiqué que le renard est de nouveau classé ESOD dans les zones où il y a une présence d'élevages de volailles, de petit gibier ou de léporidés et dans les zones où il y a des lâchers de petit gibier.
  • Cette décision est des plus choquante puisqu'il a été démontré que que la prédation est négligeable lorsque les élevages respectent certaines règles de protection (Résultats de l’enquête sur l’élevage des basses-cours en Haute Savoie et la prédation s’y rapportant. 2014. Philippe Favet).
    • De plus, comment invoquer la seule concurrence du renard, qui exerce le comportement normal en tant qu'espèce prédateur, face aux chasseurs concernant le petit gibier pour justifier un classement de cette espèce comme ESOD ?
    • Où peut-on consulter les montants de dégâts dans les 262 communes listées qui permettent soit disant de justifier un classement de cette espèce comme ESOD ? Surtout lorsque l'on sait que par ailleurs cette espèce est un auxiliaire de culture précieux de part sa consommation importante de petits rongeurs et qu'en réduisant le nombre de rongeurs hôte de la bactérie responsable de la maladie de Lyme, les renards participent à la diminution du risque de transmission à l’homme.
  • Pour que classement des ESOD cesse d'être un classement subjectif basé le plus souvent sur des arrangements d'ordre politique au sein des CDCFS, nous demandons que les éléments suivants soient pris en compte au plus vite :
    • Nous souhaitons que les services écosystémiques rendus par les espèces considérées et démontrés par de nombreuses études scientifiques soient pris en compte lors du classement des espèces.
    • Nous souhaitons la mise en place d'une évaluation de l’impact de la destruction, chaque année, de plus d’un million d’animaux appartenant à ces espèces considérées « ESOD », évaluation qui n'a jamais été réalisée depuis la mise en place de la réglementation en vigueur en 2012.
    • Nous demandons un respect des règles de composition des commissions CDCFS (Commissions Départementales Chasse et Faune Sauvage), qui fixent les listes d’espèces « ESOD », ce qui n'est pas le cas dans certains départements qui autorisent la participation non officielle de certains membres du monde cynégétique.
    • Nous souhaitons l'évaluation de méthodes alternatives à la mise à mort de ces animaux pour réduire les dégâts invoqués, méthodes alternatives par ailleurs exigées par la réglementation pour certaines espèces (oiseaux, martres, putois), tels que les moyens de protection dont l’utilité a été prouvée via des études de terrain.

Quelle considération pour les animaux domestiques tués ou blessés à cause de la chasse ?

L’Office Français de la Biodiversité (OFB) ne dispose d’aucune statistique sur les animaux domestiques victimes d’une « balle perdue » ou d’une « erreur de tir », et pas non plus sur les animaux domestiques victimes des chiens de chasse. Les journaux abondent pourtant d’exemples dans ce sens, montrant à l’évidence que les tirs des chasseurs ne sont pas « maîtrisés ».

Les chiens de chasse blessés ou tués ne sont pas non plus inclus dans les statistiques de l'OFB. Or, ils sont très nombreux, blessés par les ronces, fourrés, taillis, armes à feu, ou bien par les animaux chassés et traqués, qui se défendent.

De plus, les chasseurs possédant leurs armes chez eux, ces dernières permettent à certains chasseurs peu scrupuleux de se débarrasser de certains animaux domestiques, y compris leurs propres chiens. On parle sans doute de plusieurs centaines de cas par an en France.

Voici quelques exemples de cas sur les dernières années :

"Leur chat tué par des chiens de chasse dans leur jardin : les propriétaires déposent plainte. Un couple de Martignas-sur-Jalle (Gironde), ne reverra plus sa chatte nommée Miou, âgée de 13 ans, depuis le dimanche 14 novembre. Celle-ci a été tuée par une meute de chiens de chasse alors qu’elle vagabondait dans le jardin, rapporte Sud Ouest. Le couple est sorti pour intervenir, tandis que leur fille de 4 ans assistait à la scène depuis l’intérieur de la maison." (Ouest France, le 19/11/21)

"Un chien criblé de 30 plombs de chasse ! Un chien a été victime d’un tir de plombs, à Géronce (64). Malgré la gravité de sa blessure, le pauvre animal de 14 ans a heureusement survécu. Ses maîtres portent plainte pour cruauté (...)" (30 Millions d'Amis, le 03/11/21)

"Laissé pour mort dans un fossé et criblé de plombs, ce chiot provoque un élan de solidarité. Une passante a trouvé une petite chienne de 5 mois à l’agonie dans un fossé, près de Parcé-sur-Sarthe (72). Le jeune animal était criblé de plombs. Il a été pris en charge par le refuge de l’Arche de Silo, lequel porte plainte pour acte de cruauté." (30 Millions d'Amis, le 11/03/21)

"Une meute de chiens de chasse tue deux chats dans un lotissement à Laillé, le quartier choqué. Une meute de chiens de chasse a fait irruption dans un lotissement de Laillé (Ille-et-Vilaine) et tué deux chats, avant d'en blesser un troisième, lundi 20 septembre. Les propriétaires sont choqués et ont l'intention de porter plainte contre le chasseur. " (France Bleu, le 23/09/21)

"Bretagne : un chien tué par balle en plein bourg, son propriétaire témoigne. Vendredi 22 janvier, Lilye, le berger australien de Stéphane Rousseau a été visé par un tir de balle à Lancieux (Côtes-d'Armor). Depuis, les propriétaires de chiens ont peur." (Le Petit Bleu, le 01/02/21)

"Un chien-loup abattu d'un coup de fusil sur la propriété de ses maîtres en Charente-Maritime. Qui a tué Ounka une chienne berger allemand tchèque à Geay en Charente-Maritime dimanche dernier ? Ses maîtres pensent qu'elle a peut-être été victime d'un chasseur. Une enquête de gendarmerie est ouverte." (France Bleu, le 23/12/20)

"Deux cochons vietnamiens tués par des chiens de chasse à Languidic. Jeudi 7 octobre, en fin d’après-midi, Didier Masci, responsable de l’association Piafs (Protection et intervention pour les animaux de la faune sauvage) a prévenu la gendarmerie et le maire de Languidic pour signaler que deux cochons vietnamiens juvéniles, en divagation sur un champ de maïs, à proximité de son centre de soins, venaient d’être «dévorés par des chiens de chasse» pendant une battue.Une plainte va être déposée pour maltraitance animale." (Le Télégramme, le 08/10/21)

"Un chasseur tire sur un chien en laisse et le tue ! Titou, un chien de 3 ans tenu en laisse par son maître lors de sa promenade quotidienne, s’est fait tirer dessus par un chasseur (28/9/2020). Une plainte a été déposée et la Fondation 30 Millions d'Amis s'est portée partie civile." (30 Millions d'Amis, le 21/10/20)

"Gironde : un chien revient chez lui avec la tête en sang et criblée de plombs ! Naïko, un berger suisse blanc croisé husky, aurait reçu plus de 50 plombs au niveau de la tête après un coup de fusil de chasse à Sigalens, en Gironde (20/9/2020). Le chien de 3 ans s’en est miraculeusement sorti et la maîtresse, jointe par 30millionsdamis.fr, porte plainte pour « acte de cruauté »." (30 Millions d'Amis, le 23/09/20)

"Un lama dévoré par des chiens de chasse dans la Drôme. Un éleveur de lamas de la Drôme a dû intervenir dans son propre enclos après qu’une meute de chiens de chasse a mortellement attaqué un de ses animaux lors d'une battue." (Paris Match, le 02/02/21)

"Accident de chasse à Crespian : « Le chasseur a tiré sur notre chienne volontairement ». Dimanche après-midi, la chienne d'Amandine et Hugo, couple habitant à Crespian, a été tuée par un chasseur en battue au cours d'une promenade. Les deux trentenaires, encore sous le choc, attendent de connaître la sanction contre le chasseur avant de porter plainte. (...) « La chasse n'est pas assez réglementée : celui qui a tué notre chien était une personne âgée, avec des lunettes à double-foyer... Peut-être que ce chasseur ne peut plus conduire, mais par contre il a le droit de se promener en forêt avec une arme de guerre.»" (France Bleu, le 27/01/20)

"Jura: un chasseur abat… un cheval. Samedi soir à Porrentruy, un chasseur a abattu un cheval. Les circonstances ne sont pas claires mais souligne bien qu’il s’agit d’une faute du chasseur, pas d’un accident." (LeMatin.Ch, le 07/09/21)

"Sanglier apprivoisé abattu à bout portant : le parquet a classé l’affaire car «le chasseur a eu peur» ! Le parquet de Melun (Seine-et-Marne) explique pourquoi il a classé la plainte d’Alain Martin après la mort d’Hercule, son sanglier apprivoisé tué par un chasseur. Une pétition de 116000 signatures réclame justice. La vidéo montrant la mort du jeune sanglier Hercule, tué d'une balle dans la tête par un chasseur le 21 décembre 2019 à Liverdy-en-Brie alors qu'il trottinait tranquillement à côté de chasseurs, a fait le tour des réseaux sociaux." (Le Parisien, le 04/03/21)

"À Houplin-Ancoisne, un chat tué par un tir de fusil de chasse à bout portant. Depuis jeudi dernier, une habitante d’Houplin-Ancoisne pleure la perte de son chat Oslo. Ce siamois a reçu un tir de chevrotine à bout portant et est mort deux jours plus tard." (La Voix du Nord, le 22/09/21)

"Merckeghem : les pigeons domestiques de Rémi tués par un chasseur. Dimanche 10 octobre, à Merckeghem, Rémi a assisté à une scène particulièrement choquante : un chasseur a tiré sur ses pigeons domestiques. Un acte de cruauté que le Flamand ne comprend pas." (Le Journal des Flandres, le 20/10/21)

"Savoie : quatre ânes tués par un chasseur à Arith dans les Bauges. L'homme leur aurait tiré dessus à la sortie d'un sous-bois. Le chasseur a tiré sur tous les ânes. Ils ont reçu plusieurs balles chacun. Deux animaux sont morts sur le coup, les deux autres ont agonisé plusieurs heures et ont dû être euthanasiés." (France Bleu, le 18/09/17)

"Anglet : un plomb de chasse dans la cuisse d’un cheval du club hippique. Souffrant d'une grosseur à la cuisse droite, un cheval du Club hippique de la Côte basque a été opéré ce lundi 11 janvier. Le vétérinaire a retiré un plomb de chasse. (Sud Ouest, le 11/01/21)

"Dérangé par les aboiements, un homme tire sur un chien au fusil de chasse. Vegas, un chien de 14 ans, a reçu entre 50 et 70 plombs dans une patte, pris pour cible par un voisin avec son arme de chasse. L’homme aurait justifié son geste… au motif que les autres chiens aboyaient. L’animal s’en est sorti mais porte des séquelles. Une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui et sévices graves sur un animal ont été déposées." (30 Millions d'Amis, le 31/12/20)

"Une chienne blessée dans l’enceinte d’un jardin dans le Var. Pepa, une berger suisse croisée de 9 mois a, elle aussi, été victime d’un tir au fusil de chasse alors qu’elle se trouvait dans le jardin clôturé de ses maîtres (9/1/2021). Là encore, une vingtaine de plombs sont retrouvés par le vétérinaire de garde dans le poitrail et un sous l’œil de l’animal. La colère ne retombe pas dans la famille. « Quand on me dit qu’elle a probablement été touchée à bout portant alors qu’elle était assise, je suis vraiment en colère, fulmine Jean-François.»" (30 Millions d'Amis, le 14/01/21)

"Un chat tué… un an après avoir déjà été criblé de plombs ! « Le soir du 31 décembre, Sherkan ne rentrait pas à la maison, témoigne Laetitia, sa maîtresse. (...) L’histoire de Sherkan est d’autant plus tragique qu’il avait été déjà visé par une arme de chasse un an plus tôt. « Il était rentré à la maison avec les yeux injectés de sang, raconte Laetitia. Il n’y voyait plus rien. Il avait, là aussi, 10 plombs en lui… Un an, quasiment jour pour jour après ce 1er accident, on nous l’enlève. Il faut que ça s’arrête ! » Après avoir récupéré son cadavre, la jeune femme l’a emmené chez le vétérinaire qui a confirmé « la présence d’une dizaine de plombs en région thoracique »." (30 Millions d'Amis, le 14/01/21)

"Une vache tuée par balle à Alata, l'agriculteur porte plainte. «Le tir a eu lieu à environ 130 mètres de distance et une douille de carabine a été retrouvée par les enquêteurs», précise François Ferrucci, convaincu qu'il s'agit d'unaccident de chasse." (Corse Matin, le 06/03/21)

"Gard : un chasseur entendu après avoir tué une chèvre et outragé un garde-chasse. Un chasseur a été interrogé par les gendarmes, vendredi 13 mars, pour son comportement à l'égard d'un garde-chasse. En fait, le chasseur était visé par deux procédures. L'une pour avoir abattu une chèvre par mégarde, àSaint-Côme-et-Maruéjols(Gard), en la prenant pour un sanglier." (Midi Libre, le 13/03/20)

 

Il ne s'agit pas de cas isolés et ceux cités ne constituent qu'une partie de tous les accidents occurrant envers les animaux domestiques.

Animal Cross demande donc :

  • D'établir des statistiques complètes incluant blessures et décès chez les animaux domestiques, que ce soit au cours ou en dehors d'une action de chasse. Ces accidents ne doivent pas être banalisés.
Une ourse tuée lors d’une battue en Ariège

Une ourse tuée lors d’une battue en Ariège

Une ourse suitée, non encore identifiée, a été tuée le samedi 20 novembre sur la commune de Seix, dans la vallée d'Estours (Ariège), lors d'une battue aux sangliers. Ses deux oursons se retrouvent orphelins.

Pas de chasse sans dégâts collatéraux ?

Selon certains témoignages, le chasseur a rencontré une ourse qui l'aurait mordu. Celle-ci était accompagnée de ses deux oursons. Le chasseur, âgé de 70 ans, aurait alors riposté avec son fusil, la tuant. L'homme, blessé aux jambes, a été rapidement envoyé à l'hôpital de Toulouse. Le corps de l'animal aurait été retrouvé à quelques mètres en contrebas du lieu de l'accident. Un ours n’attaque jamais un homme sans raison, l’hypothèse la plus probable serait donc que l’ourse ait essayé de protéger ses deux oursons présents lors du drame.

Un malheur évitable qui se répète

Ces tragédies auraient pu être évitées si les chasseurs avaient respecté la réglementation : l’arrêté préfectoral du 10/05/2021 pour l’ouverture de la chasse en Ariège mentionne en effet que la détection d’une présence d’ours avérée entraîne la suspension des chasses en battue. Il n'a donc pas été respecté samedi. En effet, les zones à ours sont connues des chasseurs, et la présence d'au moins une ourse avec ces deux oursons avait été détectée dans ce secteur depuis le mois d'octobre par des vidéos de l'OFB.
L’ourse tuée pourrait être Caramelles, une femelle née dans les Pyrénées en 1997 à qui il est arrivé le même scénario lorsqu’elle était oursonne : sa mère Melba a été tuée par un chasseur lors d’une battue en septembre 1997, laissant Caramelles et son frère Boutxy orphelins à 8 mois.
Pour la sécurité de tous, nous demandons qu'il n'y ait plus de battue en zone où la présence d’oursons avec leur mère a été récemment détectée. 

Des circonstances à déterminer

Une enquête judiciaire a été ouverte afin de connaître le déroulement et les conditions exactes de la battue. Nous attendons que ce rapport étudie dans le détail la version de la victime ainsi que le respect des mesures de sécurité que les chasseurs doivent normalement connaître.

Deux oursons maintenant voués à eux-mêmes

Les deux oursons sont maintenant privés de leur mère et leurs chances de survie sont amoindries, même si la période de dormance hivernale va rapidement arriver et qu’ils doivent donc trouver refuge dans leur tanière.
Nous demandons une précaution particulière de la part des chasseurs pour ne pas effrayer, blesser ou tuer ces deux oursons, encore fragiles à leur âge, notamment en suspendant toute battue dans le secteur. Nous demandons aussi à l’OFB que ces jeunes ours inoffensifs soient particulièrement suivis jusqu’à leur entrée en tanière dans quelques semaines.

Un accident ne peut pas remettre en cause toute une cohabitation

Il faut savoir qu'il n'y a pas eu d'attaques sur humain dans les Pyrénées depuis plus de 25 ans. Cet accident malheureux reste exceptionnel, et ne peut remettre en cause la cohabitation qui est voulue et défendue aussi bien par l'Etat, par les associations environnementales, que par la grande majorité des Français.

L’engagement de l’Etat pour les ours à ne pas omettre

Nous rappelons que l'Etat s'est engagé, dans le plan Ours 2018-2028, à remplacer les ours tués par la main de l'homme. A ce jour, aucune action n'a été engagée pour remplacer les 3 ours tués en 2020... Nous attendons et demandons la réintroduction de maintenant quatre ours dans les Pyrénées. Il n’y a aujourd’hui qu’une petite soixantaine d’ours dans les Pyrénées, ce qui est extrêmement peu au vu de la superficie de la chaîne montagneuse.

Morts, blessés, armes et comportements incontrôlés… l’insécurité liéee à la chasse excède les français.

Morts, blessés, armes et comportements incontrôlés… l’insécurité liéee à la chasse excède les français.

Depuis 2000, 3 325 accidents de chasse ont été recensés, provoquant la mort de 421 personnes, selon le bilan de l’Office français de la biodiversité (OFB) datant de juillet 2020. En moyenne, une vingtaine de personnes sont tuées par les chasseurs chaque année.

Et les accidents ne cessent de se multiplier encore. Le 4 novembre, un automobiliste a succombé à ses blessures sur une route nationale, près de Rennes (Ille-et-Vilaine).  Le 28 octobre, un promeneur a été blessé par un tir de chasse sur un sentier,  à Vallières-sur-Fier (Haute-Savoie). Le 7 novembre, un chasseur a été grièvement blessé au thorax, à Landricourt (Aisne).

Au Sénat, une mission parlementaire vient d’être lancée, à la suite d’une pétition réclamant des mesures contre les « morts, violences et abus liés à la chasse ». Animal Cross fait le point sur la sécurité à la chasse et mais aussi des propositions pour que cela change

 

Humains et animaux domestiques : des victimes collatérales

Les statistiques de l’OFB (ex ONCFS) ne retiennent qu’une vingtaine de décès par an causés par la chasse. C’est ignorer tous les animaux domestiques (vaches, chevaux, chiens de chasse) tués en action de chasse par les chasseurs du fait d’une « erreur de tir ». C’est aussi passer sous silence les morts causées par des armes de chasse, en dehors de la chasse. Les armes de chasse permettent aussi à certains chasseurs peu scrupuleux de débarrasser de certains animaux domestiques. On parle sans doute de plusieurs centaines de cas par an en France. En savoir plus.

Animal Cross demande :
- Un établissement des statistiques complètes incluant blessures et décès, chez les êtres humains et chez les animaux domestiques, que ce soit au cours ou hors d'une action de chasse.
- De garder toutes les armes de chasse dans des lieux centralisés et sécurisés (ex : ACCA, gandarmerie, mairie...) et non au domicile des chasseurs. Cette mesure préserverait des centaines de vies humaines et animales chaque année en France.

Les armes de chasse : un moyen simple pour les suicides et les drames familiaux

Les armes de chasse sont le moyen le plus aisé utilisé en cas de suicides et de règlements de compte familiaux. Une solution simple pour sauver chaque année des centaines de vie en France : interdire la détention des armes à feu au domicile, et la remplacer par la détention dans des lieux extérieurs sécurisés (gendarmerie, armureries, ACCA).

Animal Cross demande :
- D'interdire les armes de chasse à domicile (mais en lieux centralisés sécurisé type gendarmerie).
- D'interdire le transport d'armes de chasse dans les transports publics.

Chasse et enfance : un risque traumatique

En réalité, sauf trouble du comportement inquiétant, l'enfant n'est pas naturellement un adepte fervent de la chasse. En fait, il souhaite juste suivre les activités de son père et partager avec lui des moments de nature. Voir son père ramener fièrement la prise du jour ne fait que renforcer l'admiration qu'il lui porte. L'enfant, en apprenant les techniques de chasse recherche alors l'approbation de son parent. Mais n'aurait-il pas le même plaisir en suivant son père dans l'observation pacifique de la nature ?
La réglementation n'interdit aucunement la présence de jeunes enfants à la chasse (beaucoup commencent à l'âge de 4 ans). Présenter des scènes de tuerie et de mort à des enfants les expose aux mêmes conséquences que celles générées par la vue de films violents (ici régit par le CSA avec une limite d'âge), ces conséquences étant d'augmenter le sentiment d'angoisse et d'insécurité et d'exacerber l'agressivité tout en désensibilisant à l'empathie. L'enfant pourrait donc à son tour devenir maltraitant envers les animaux mais verrait aussi son risque de devenir délinquant et violent accroître. En savoir plus

Animal Cross demande :
- De supprimer la chasse accompagnée pour tout mineur.

Des blessures de guerre à deux pas de chez soi

Durant la saison de chasse, chaque semaine voit son lot d’accidents, allant de problématiques communes rencontrées par les promeneurs (détonations, vue d’hommes en armes, proximité d’impacts de balles…), aux tirs dans le pied ou dans un membre. Quelle est la nature des traumatismes médicaux générés par ces événements violents ? Les armes à feu provoquent des traumatismes physiques plus ou moins importants en fonction de l’arme, des cartouches utilisées et de la distance du tir. Une balle de grand gibier est constituée de deux parties : une partie antérieure qui se fragmente et une partie postérieure qui traverse le corps. Elle fait plus de dégâts qu’un projectile d’arme de guerre ! Les victimes peuvent aussi rencontrer des traumatismes psychiques : des troubles de l’humeur, une anxiété pathologique, un syndrome dépressif réactionnel et un syndrome de stress post-traumatique. En savoir plus.

Stock d'armes de chasse non déclarées :  des failles de sécurité !

Sait-on vraiment où se trouvent les armes de chasse en France ? Non !
6 millions d’armes seraient en errance, non déclarées. Sous prétexte que la chasse est une activité légale qu’on ne saurait entraver, un étonnant laxisme plâne sur la traçabilité des armes de chasse. Depuis des années, les pouvoirs publics ont compté sur la bonne volonté des détenteurs d’armes de chasse, essentiellement les chasseurs, mais pas seulement, pour savoir où sont stockées les armes de chasse, sans succès. Il est temps de passer à une stratégie volontariste pour identifier le lieu de détention de millions d’armes de chasse en errance, et augmenter la sécurité collective. En savoir plus

Animal Cross demande de :
- Interdire à des non chasseurs d’acquérir des armes par héritage.
- Exiger des chasseurs inactifs depuis 5 ans de mettre leurs armes de chasse en dépôt dans un lieu sécurisé.
- Soumettre la détention d’armes de chasse à un motif d’intérêt légitime, comme le transport et le port d’armes de chasse.
- Mettre fin à la détention des armes de chasse à domicile et déposer les armes de chasse dans un lieu centralisé.
- Envoyer un courrier aux détenteurs d’un permis de chasser leur demandant de déclarer toutes les armes en leur possession et en acceptant de ne pas sanctionner les armes non déclarées dans un certain délai.
- Rapprocher les fichiers des armes (SIA) du fichier des chasseurs en activité (dans les fédérations de chasse) et du fichier de l’ensemble des personnes détenant un permis de chasser (à l’ONCFS).
- Rapprocher le fichier des décès (RNIPP) du fichier des armes (SIA).

Laxisme sur le contrôle des stocks de munitions de chasse

Alors qu’il est possible de se constituer un stock de plusieurs milliers de cartouches par chasseur sans aucun contrôle, et que les chasseurs peuvent polluer la nature en y laissant leurs munitions vides. Saviez-vous que le nombre de munitions achetées et également le nombre d’armes de chasse par chasseur se sont pas limités ? En savoir plus.

Animal Cross demande :
Pour répondre à des préoccupations d'ordre sécuritaire et environnemental :
- Enregistrer le nombre de cartouches achetées en indiquant aussi l'arme de chasse correspondante. Ces informations permettront d'alimenter le fichier de traçabilité des armes à feu SIA.
- Limiter le nombre de munitions  500/an/chasseur, toutes armes confondues.
- Consigner les munitions.

Pour tout savoir sur la chasse et la considération des animaux sauvages en France  :

Lot 4 Autocollants – Animaux

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Lot de 5 Magnets – Animaux – “Droit de vivre selon sa nature et son espèce”

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