Chasse : les premiers accidents sont alarmants

Chasse : les premiers accidents sont alarmants

Le 1er septembre, l’OFB dévoilait le bilan officiel du nombre d’accidents provoqués par la chasse au cours de la saison 2021-2022. Les accidents causés par la chasse ont augmenté de 10% par rapport à la saison 2020-2021, avec 8 morts et 90 blessés par arme à feu.

DEUX ENFANTS ET DES ADOLESCENTS GRAVEMENT BLESSÉS

Depuis le début du mois de septembre, on compte déjà plusieurs accidents, en voici quelques exemples :

- Un cueilleur de champignons âgé de 62 ans, blessé accidentellement par balle dans l’abdomen dans le sud d’une forêt de la Drôme. Ce promeneur venait simplement ramasser des champignons un dimanche matin, malheureusement il est tombé en pleine battue de sangliers. Le chasseur, âgé de 55 ans, est président d’une chasse locale et déclare avoir confondu la victime avec un sanglier dissimulé par les fourrés.

- Une femme et ses deux enfants âgés de 7 et 10 ans ont été atteints par des plombs dans les jambes lors d’une promenade ; le chasseur affirme : « j’ai tiré et ça a fait ricochet », il assure ne pas avoir fait d’erreur, il « a mal vu à cause du soleil ».

- Un adolescent de 13 ans, se baladant dans les champs, a reçu des plombs au niveau du visage et de l’abdomen suite à un tir accidentel d’un chasseur.

- Un jeune homme de 17 ans, touché par une balle perdue dans le dos ce mercredi 12 octobre a été emmené immédiatement aux urgences, la balle ayant traversé le corps de l’adolescent.

- Alors qu’elle testait l’eau de sa piscine, Isabelle a « entendu une balle siffler » à quelques centimètres de sa tête, elle a retrouvé quelques secondes plus tard des débris de plomb sur la bâche de sa piscine. Elle a vu de l’autre côté de la route un chasseur, courant au milieu du champ après le tir.

On peut y ajouter les accidents de chasse avec les animaux domestiques, comme cette ânesse abattue par un chasseur pas plus tard que dimanche. Le tir proviendrait du haut du champ, et l’équidé se trouvait au milieu de son pré lorsqu’il a été retrouvé.

Autant dire que les accidents de chasse partent sur la même lancée que ceux de la saison de 2021-2022. 

87% DES FRANÇAIS TROUVENT QUE LA CHASSE POSE DES PROBLÈMES DE SÉCURITÉ POUR LES PROMENEURS 

Selon ce sondage IPSOS/One Voice, « Environ trois personnes sur quatre vivant près d’une zone de chasse sont inquiètes à l’idée de se balader dans la nature en raison de la présence de chasseurs, près de huit personnes sur dix ayant déjà évité de sortir dans ce cas, six à de multiples reprises. ».

Pour rappel, Animal Cross avait effectué un sondage en janvier 2022 afin de savoir le nombre de personnes en situation d’insécurité à cause de la chasse. Il avait été révélé que 41% des Français habitant en zone rurale déclarent avoir été (eux ou leurs proches) victimes d’une situation d’insécurité liée à la chasse.

 !Cependant depuis l’an dernier, toujours selon le sondage IPSOS/One Voice, la proportion de personnes ayant un avis favorable au sujet de la chasse a augmenté à 26% contre 20% en 2021. Dans leurs campagnes de publicité, les chasseurs se déclarent les premiers écologistes de France, mais « oublient» en effet d’expliquer qu’ils réintroduisent des animaux d’élevage dans la nature pour les tuer ou qu’ils agrainent les sangliers parfois dans le seul but qu’ils se multiplient pour mieux les tuer. 

6 ONG saisissent la justice contre le déterrage des blaireaux en région Aura

6 ONG saisissent la justice contre le déterrage des blaireaux en région Aura

La pression monte d’un cran concernant la vènerie sous terre du blaireau en région Auvergne-Rhône-Alpes. Plusieurs associations de protection des animaux et de l’environnement [1] ont uni leurs forces et viennent de déposer pas moins de 8 recours contre l'ouverture dès le printemps de la période complémentaire de déterrage, pratique de chasse barbare déjà autorisée de septembre au 15 janvier. Une étape de plus dans un combat de longue haleine vers l’interdiction totale de la chasse des blaireaux.

Ain, Allier, Cantal, Drôme, Loire, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Rhône, Savoie, Haute-Savoie… La liste est encore bien trop longue des départements dont les préfets continuent d’autoriser des périodes complémentaires de déterrage des blaireaux en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Cette pratique de chasse moyenâgeuse consiste à envoyer des chiens dans les terriers de blaireaux pour les acculer, à creuser la terre à l’aide de pelles, de pioches et de barres à mine, souvent pendant des heures, puis à extirper les animaux terrorisés de leur abri à l’aide de grandes pinces pour ensuite les abattre par arme à feu ou arme blanche (voir à ce propos les images parlantes de l'enquête en infiltration de l'association One Voice sur http://jaimelesblaireaux.fr/).

Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette pratique est encore autorisée en France, dès le 15 mai sur simple décision du préfet. Or à cette période, les blaireautins sont encore dépendants de leurs mères, sans défense et promis à une mort certaine. Quand ils n’ont pas tout simplement été déchiquetés par les chiens dans la bataille… Ces extensions de période de chasse sont d’autant plus inacceptables que les dégâts causés par les blaireaux censés justifier une telle barbarie ne sont jamais démontrés. 83% des Français, d'ailleurs, sont pour l'interdiction de chasser des animaux, quelle que soit leur espèce, à l'intérieur de leur terrier et à 91% en période de reproduction (sondage IPSOS/One Voice Septembre 2021 https://www.ipsos.com/fr-fr/seul-1-francais-sur-5-est-favorable-la-chasse).

Nos associations ont donc saisi la justice pour contester les arrêtés préfectoraux autorisant des périodes complémentaires de vènerie sous terre dans l'Ain, l'Allier, le Cantal, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme, le Rhône et la Savoie. Ces actions en justice viennent s’ajouter aux multiples autres engagées depuis plusieurs années dans la région AURA, comme ailleurs en France. Et cette mobilisation de longue haleine commence à payer : de plus en plus de juridictions annulent ces périodes complémentaires de chasse aux blaireaux, au point que des préfets renoncent tout simplement à les autoriser, comme en Ardèche ou en Isère en 2022. Nul doute que les juges nouvellement saisis feront eux aussi respecter le droit des blaireautins et annuleront les arrêtés contestés.

Ces recours ne sont qu’une étape dans le long combat des associations contre la vènerie du blaireau. Car c’est bien cette pratique cruelle de chasse de loisirs que nous espérons à terme faire interdire. Dans les endroits très localisés où les blaireaux sont susceptibles de provoquer des dégâts ou de gêner les infrastructures humaines, il existe des solutions alternatives pour éloigner les animaux sans les massacrer. La chasse aux blaireaux est inefficace dans la lutte contre la tuberculose bovine (voire contre-productive en la matière). La vènerie sous terre est cruelle et barbare. Il est grand temps d’abolir cette pratique d’un autre temps que décidément rien ne justifie si ce n’est le loisir de quelques-uns qui se délectent de faire souffrir inutilement des animaux sans défense.

L’espoir est permis car le mouvement est en route. Le 10 septembre, la pétition de l’ASPAS - soutenue par l'ensemble de nos associations - pour la suppression du déterrage des blaireaux a dépassé les 100 000 signatures nécessaires à son examen par le Sénat. L’espoir donc qu’enfin notre pays entre dans le XXIe siècle et laisse derrière lui la barbare vènerie sous terre.

Arrêtés préfectoraux attaqués :

- Ain : FNE AURA, FNE Ain, LPO AURA.

- Allier : FNE AURA, FNE Allier, LPO AURA, One Voice.

- Cantal : FNE AURA, FNE Cantal, LPO AURA.

- Loire : FNE AURA, FNE Loire, LPO AURA, ASPAS, AVES France.

- Haute-Loire : FNE AURA, FNE Haute-Loire, LPO AURA, ASPAS, AVES France, One Voice.

- Puy-de-Dôme : FNE AURA, FNE Puy-de-Dôme, LPO AURA, One Voice.

- Rhône : FNE AURA, FNE Rhône, LPO AURA, One Voice.

- Savoie : FNE AURA, FNE Savoie, LPO AURA, Animal Cross, One Voice.

[1] ANIMAL CROSS, ASPAS, AVES France, FNE AURA et ses fédérations départementales, LPO AURA et ONE VOICE.

CONTACT PRESSE : Maxime Flamand, juriste FNE AURA

09 72 45 06 03, maxime.flamand@fne-aura.org

INCENDIES EN FRANCE : EXIGEONS UN MORATOIRE IMMEDIAT SUR LA CHASSE

INCENDIES EN FRANCE : EXIGEONS UN MORATOIRE IMMEDIAT SUR LA CHASSE

Les incendies ont causé de nombreux dégâts irréversibles sur la faune sauvage. Malgré ces catastrophes, la période de chasse reste ouverte sur ces zones ravagées. Le Groupe Athénas a lancé une pétition afin d’obtenir un moratoire immédiat sur la chasse.

Perte de nombreuses espèces suite aux incendies

Cet été, nous avons tous été marqués par les images de forêts décimées par les feux. Nous avons aussi vécu de fortes chaleurs et découvert avec stupeur les nombreux cours d’eau asséchés.

En Gironde, 20 000 hectares de forêts ont été brûlés dont 7000 à la Teste-De-Buch. Selon les chasseurs, plus d’un quart des chevreuils aurait péri dans les flammes. C’est pourquoi la mairie de la Teste-de-Buch a décrété l’arrêt de la chasse au chevreuil cette saison. Des battues auront lieu, si nécessaire, dans les zones urbaines et périurbaines.

Pour Paul Tourneur, chef de projet biodiversité à l’Office national des forêts Landes Nord Aquitaine, la faune la plus impactée est celle qui a une faible capacité de déplacement. La forêt domaniale de La Teste-de-Buch, une des rares forêts naturelles des Landes abrite la grande noctule, le plus grand chiroptère d’Europe. Selon l’ONF, la colonie présente aurait disparu dans les flammes.

Des incendies ont également ravagé la Bretagne, plus de 1.700 ha de landes, de sapinières et de feuillus sur les Monts d’Arrée. Selon Le parc régional d’Armorique, le feu n’aurait pas eu d’impact sur les espèces d’oiseaux emblématiques, car elles sont en cours de migration ou en capacité de voler. Les craintes se portent sur les insectes, les mollusques, les petits mammifères, les amphibiens et les reptiles qui n’ont probablement pas eu la possibilité de fuir.

Les associations se mobilisent pour suspendre la chasse

Il n’y a pas de doute, les nombreux incendies et la sécheresse ont affaibli considérablement la faune et la flore.

C’est pourquoi plusieurs associations de protection de la faune réclament un report de l’ouverture de la chasse en France.

Une pétition du centre Athénas, centre de protection des animaux sauvages, demande un moratoire sur la chasse.

Athénas demande « que toute action de chasse soit suspendue jusqu’à ce que le déficit pluviométrique soit compensé : reconstitution des nappes superficielles, retour des cours d’eau à un niveau de débit normal pour la saison.

Nous demandons en outre que les battues soient suspendues sine die :

  • dans les zones impactées par la pyrale du buis responsable de la disparition du taillis (zone refuge)
  • dans les zones de fort dépérissement forestier consécutif à la sécheresse, qui fragmente et limite le milieu, »

La pétition a déjà récolté presque 80 000 signatures ; Athénas est soutenue par l’EELV, notamment par le député Julien Bayou.

La Fondation Brigitte Bardot demande le report de l’ouverture de la chasse à 2023 en Dordogne, qui débute le 11 septembre. Brigitte Bardot demande dans sa lettre envoyée au Ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Monsieur Christophe Béchu que “pour des raisons écologiques et humaines il serait criminel d'autoriser les chasseurs à abattre les survivants des drames qui ont dévasté notre pays cette année”.

Répondez à la consultation publique pour dire non à la chasse au lagopède alpin et au tétras-lyre dans les Hautes-Alpes

Répondez à la consultation publique pour dire non à la chasse au lagopède alpin et au tétras-lyre dans les Hautes-Alpes

Animal Cross apporte son soutien à la SAPN-FNE05 et à la LPO PACA. C’est dans ce sens que nous faisons appel à votre contribution.

La chasse du Tétras lyre et du Lagopède alpin est à nouveau à l’ordre du jour dans les Hautes-Alpes en 2022.

En effet, une consultation du public est organisée sur le site internet de la Préfecture des Hautes-Alpes jusqu’au 24 mars 2022 inclus.

http://www.hautes-alpes.gouv.fr/consultation-du-public-les-3-plans-de-gestion-a2940.html

Lors de la Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS) du 2 mars 2022, les représentants de la LPO et de la SAPN-FNE05 se sont opposés au plan de gestion cynégétique Galliformes qui ouvre la possibilité d’autoriser à nouveau la chasse de ces deux espèces en septembre 2022.

Le Tétras lyre et le Lagopède alpin sont deux espèces patrimoniales des Alpes et sont classées respectivement ‘’vulnérable ‘’ et ‘’en danger’’ sur la liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN) des oiseaux menacés en 2020 en Provence Alpes Côte d’Azur.

A la demande de ces deux associations, le Tribunal administratif de Marseille a suspendu ou annulé leur chasse en 2017, 2019, 2020 et 2021 estimant que la chasse de ces deux espèces en mauvais état de conservation était un facteur aggravant de leur déclin. Toutes les études scientifiques confirment en effet la lente disparition de ces espèces tant en termes de population que de répartition géographique.

Malgré cela, les services de l’Etat s’échinent à autoriser à nouveau chaque année des prélèvements en dépit des précédentes décisions de justice et alors même que les Préfets peuvent interdire localement la chasse de ces espèces afin de favoriser leur protection et la reconstitution des populations (article R424-1 du code de l’environnement). 

Le plan de gestion cynégétique Galliformes qui est proposé cette année entérine le désencadrement des prélèvements maximum autorisés par la chasse et confie à l’Observatoire des Galliformes (OGM), organisme sous le contrôle des Fédérations départementales des chasseurs, le soin de fixer les quotas de chasse.

La LPO Paca, la SAPN-FNE 05 et Animal Cross dénoncent vigoureusement cette nouvelle atteinte à la biodiversité et vous demandent de répondre en nombre à la consultation publique organisée jusqu’au 24 mars 2022 inclus pour vous opposer à la chasse des Galliformes et demander à la Préfète des Hautes-Alpes son interdiction :

http://enqueteur.hautes-alpes.equipement-agriculture.gouv.fr/index.php/963117?lang=fr

Les observations formulées, librement inspirées de ce texte, doivent impérativement rester en rapport avec le sujet proposé.

Attention, pour que vos remarques soient prises en compte pensez à cliquer "envoyer" à la fin du questionnaire en ligne.

En effet, 2429 réponses ont été écartées en 2020 faute de validation en fin de questionnaire.

 

Animal Cross auditionnée au Sénat sur la sécurisation de la chasse

Animal Cross auditionnée au Sénat sur la sécurisation de la chasse

Bien que notre audition au Sénat n'ait pas été filmée finalement, Animal Cross a bien été entendue par les Sénateurs dans le cadre de la mission de la sécurisation de la chasse le 15 février. Une heure d'audition durant la quelle nous avons présenté nos arguments (20 minutes) puis répondu aux nombreuses questions des sénateurs. Nous leur avons présenté notre sondage YouGov sur l'insécurité à la chasse ainsi que notre étude qualitative effectuée sur 232 répondants qui ont expliqué en détail quelle type d'insécurité ils ont vécu. Puis nous avons évoqué la mortalité par arme de chasse en France (% des armes de catégorie C), qui serait à l'origine de 1100 décès par an environ, avec 13 % des homicides et 8 % des suicides.

Nous en sommes enfin venus à nos propositions :

REPARTITION SPATIALE ET TEMPORELLE DE L’USAGE DES ESPACES NATURELS

  • Nous souhaitons interdire la chasse au moins deux jours par semaine dont le dimanche, ainsi que les jours fériés et les vacances scolaires. Les habitants de ce pays aspirent à profiter de la nature dans le calme et la sérénité.
  • Nous souhaitons interdire la chasse dans un périmètre de 500 m autour des habitations et lieux fréquentés par le public.  Je vous rappelle que pour un fusil la distance maximale est 320 mètres pour des plombs de 4 mm de diamètre (80 m*diamètre des plombs) et que la portée d’une carabine à canon rayée peut dépasser 2 km. Cette distance est un compromis entre la portée d’un fusil et d’une carabine. Il existe déjà la possibilité pour les maires, les préfets,  les schéma départemental de gestion cynégétique d’installer des périmètres de sécurité autour des habitations . Dans un jugement récent, le Conseil d’Etat vient de donner raison au maire de Pont Saint-Maxence dans l’Oise qui voulait installer un cordon de sécurité autour de sa commune contre les intrusions de chasseurs à courre. Il faut aller plus loin: nous souhaitons constituer un cordon de sécurité autour des habitations qui ne dépende pas du bon vouloir des maires ou des préfets.
  • Nous souhaitons intégrer dans la loi l’interdiction de tirer en direction d’une habitation ou d’un bâtiment public quand ils sont « à portée de fusil » Cette disposition n’existe pour l’instant que dans une simple circulaire (n°82-152 du 15/10/82) qui n’est facile à identifier pour les gendarmes par exemple. Ce manque de visibilité nuit à la fois aux chasseurs et non-chasseurs. Cet “oubli” est d’autant plus surprenant que l’article L.424-15 du code de l’environnement sur les dispositions de sécurité à la chasse a été récemment modifié. 

MISE EN DANGER D’UN ANIMAL

  • Nous souhaitons interdire la chasse sur les terrains clôturés sur lesquels se trouvent des animaux d’élevage et des équidés. La présence des chasseurs et leurs chiens créent la panique auprès des animaux.

CHASSE SUR PROPRIÉTÉ PRIVÉE

  • Nous souhaitons requérir l’accord explicite et non tacite de l’apport par un particulier de son terrain aux ACCA. Cette disposition de la loi Verdeille n’est plus acceptable 60 ans plus tard. Dans le même sens : il faut permettre à un propriétaire de s’opposer à la chasse sur son terrain chaque année et non tous les 5 ans.
  • Il nous semble fondamental d’obliger les chasseurs désirant traverser ou chasser sur un terrain privé d’en avertir au préalable les habitants pour éviter l’effet de mauvaise surprise et pour leur permettre de mettre leurs enfants et leurs animaux à l’abri.
  • Nous souhaitons la suppression de la phrase du code de l’environnement qui dispose que  (L420-3) “N'est pas considéré comme une infraction le fait, à la fin de l'action de chasse, de récupérer sur autrui ses chiens perdus” car elle permet trop facilement à un chasseur de rentrer sur le terrain d’autrui.
  • Nous souhaitons que soit reconnu comme comme une infraction, le passage des chiens courants « en action de chasse » sur le terrain d’autrui alors que les textes prévoient que cela peut ne pas être une infraction dans certains cas (R.428-1 II° du Code de l’environnement)

SANCTIONS ENCOURUES

  • Nous souhaitons créer une nouvelle incrimination de menace de mort sur un animal domestique, conforme à sa nature d’être sensible. Il viendrait s’ajouter à l’article 222-13 du Code pénal (menace de destruction d’un bien) Il pourrait s’inspirer du droit canadien.
  • Nous aimerions créer dans chaque commune un comité de liaison sous l’autorité du maire dont l’objectif serait d’aplanir les différends liés à l’exercice de la chasse sur la commune. Ce comité doit pouvoir être saisi par tout habitant et par tout chasseur de la commune. Ce comité serait constitué en majorité de non chasseurs.
  • En cas d’infraction commise par un chasseur et avérée (par exemple un tir en direction d’une habitation, la blessure d’un animal domestique) et que celui-ci n’est pas identifié, il faudrait pouvoir sanctionner la personne morale qui détient le droit de chasse sur la commune.
  • Nous aimerions que soit rappelé que le fait de menacer spécifiquement les femmes peut faire l’objet d’une aggravation de la peine sur la base 132-77 du Code pénal.

CONDITIONS DE DETENTION DES ARMES DE CHASSE

Outre les causes de décès, il  existe aussi un stock important d’armes de chasse non déclarées. On estime à 5,4 millions le nombre d’armes déclarées en 2021 dans le fichier Agrippa) et  à plusieurs millions le nombre d’armes non déclarées. Une étude internationale avance le chiffre de 12,7 millions d’armes (essentiellement des armes de chasse) en circulation, déclarées et non déclarées, chiffre invérifiable. Une source de danger inacceptable.

Pour mettre fin à la mortalité liée aux armes de chasse,  nous souhaitons  :

  • que les chasseurs inactifs depuis 10 ans mettent leurs armes de chasse en dépôt dans un lieu sécurisé.
    En effet, s’il faut être un chasseur actif pour acquérir une arme, il n’est pas nécessaire d’être un chasseur actif pour détenir une arme de chasse. Les anciens chasseurs détiennent un stock important d’armes inutilisées puisqu’on compte moins d’un million de chasseurs actifs pour  4 millions de chasseurs détenteurs d’une arme.
    Pour les chasseurs actifs, nous souhaitons que les armes de chasse ne soient pas gardées à domicile hors de la période de chasse, et qu’elles soient réunies dans un lieu centralisé (ex ACCA, gendarmerie, mairie, armureries). Afin d’éviter de constituer des gigantesques stocks d’armes qui attireraient des cambrioleurs, une idée serait de ne confier dans ce lieu qu’une partie de l’arme, la rendant ainsi inactive, comme la longuesse pour un fusil ou la culasse pour une carabine, ce que vous pouvez voir sur les photos ci-joint.
  • Nous aimerions permettre aux gendarmes et policiers  de contrôler les armes des chasseurs. En effet, dans le système d’information sur les armes (SIA) qui se met en place , seuls des gendarmes et policiers « individuellement désignés et spécialement habilités » peuvent avoir accès à ce fichier, donc les gendarmes et policiers en routine n’ont pas accès à ce fichier. Qui plus est, les agents de l’OFB n’ont pas accès à ce fichier.
  • Nous souhaitons créer une sanction pour un chasseur qui n’aurait pas renseigné ses informations personnelles dans le SIA.
  • Nous souhaitons que la fédération de chasseur vérifie la déclaration des armes de chasse au moment de l’envoi des validations du permis de chasser.
  • Enfin, il serait judicieux de rapprocher le fichier des décès (RNIPP) du fichier des détenteurs d’armes (Agrippa maintenant SIA) pour éviter que des non chasseurs, par milliers, n’héritent d’armes.  Les chasseurs décédés laissent derrière eux entre 50 et 100 000 armes chaque année (environ 1,5% de mortalité sur 4 millions de chasseurs). S’il n’est théoriquement déjà pas possible pour un non chasseur d’hériter d’une arme, nous ne pensons pas - nous l’avons vu avec des proches - qu’un système soit mis en place actuellement pour éviter ce type de transmission.

PERMIS DE CHASSER

  • Pour finir, concernant le permis de chasser, nous souhaitons créer un permis de chasser à points. Il permettrait d’enlever des points pour toute infraction à la réglementation de la chasse.
  • Nous demandons de renforcer l’examen pratique sur l’entretien de l’arme et introduire un contrôle de la précision du tir du chasseur
  • Nous aimerions que s’applique la réglementation qui (article R 423-25 du code de l’environnement qui) prévoit un cadre stricte pour la visites médicale nécessaire à l’obtention du permis de chasser alors qu’aucun protocole n’existe chez les médecins généralistes
  • Il faudrait inclure une partie sur l’accidentologie dans le permis de chasser, rendre obligatoire une visite médicale annuelle de contrôle avec un protocole spécifique, et un certificat d’aptitude au tir, comme dans d’autres pays par exemple, et comme pour le tir sportif, et effectuer un contrôle technique de l’arme tous les 5 ans
En France, 1100 personnes seraient tuées par arme de chasse chaque année !

En France, 1100 personnes seraient tuées par arme de chasse chaque année !

Les décès par arme de chasse, en dehors des circonstances de chasse, sont soigneusement passés sous silence. Très peu d’observateurs se sont penchés sur la question . L’association Animal Cross, dont un des responsables a l’habitude d’étudier les bases de données de santé, a mené l’enquête.

Les données de mortalité en France sont recensées par le CépiDc, laboratoire de l’Inserm. Chaque décès en France doit en effet faire l'objet d'un certificat médical renseigné par un médecin, suivant un format conforme à une classification, appelé CIM10. Lors du décès, il est recherché une cause  unique qui sera considérée comme prépondérante, à l'origine du processus morbide ayant conduit au décès. 

 

Les armes de chasse seraient à l'origine de 13 % des homicides et 8 % des suicides. Les victimes sont des non chasseurs comme des chasseurs.


L’analyse de ces statistiques nous conduit à estimer qu’en 2017, les armes de chasse seraient à l’origine de 1100 décès dont 665 causés par un suicide, 33 par un homicide, 10 par un accident, 393 n’ayant pas de cause déterminée.  

Sur ces bases, on peut conclure que les armes de chasse seraient à l’origine de 8% des suicides et 13% des homicides en 2017 en France. De manière très intéressante, la courbe des décès par accident à la chasse qui procède de cette analyse (10 en 2017) est très proche de celle donnée par l’OFB (13 en 2017).(1)

33 homicides par arme de chasse en 2017 (estimation)


Une
analyse  du journal Reporterre, réalisée sur la base des faits divers recensés dans la presse, estime à 27 les homicides causés par armes de chasse en 2020 et 24 en 2021, ce qui est encore cohérent avec nos données (33 décès par homicide en 2017), les journalistes de Reporterre ayant pu passer à côté d’homicides.

Ces homicides sont différents des règlements de compte entre délinquants utilisant des armes prohibées. Il s’agit souvent de conflits et disputes dans un cadre familial, avec de nombreux féminicides (25% des cas de féminicides en 2020 et 2021 selon Reporterre). Le tueur se saisit de l’arme qu’il a sous la main pour régler ses comptes.

 

665 suicides par arme de chasse en 2017 (estimation)


La partie la plus nouvelle de cette analyse est le regard porté sur les suicides. Nous émettons l’hypothèse que les familles, quand elles découvrent un suicide en leur sein, gardent l’information pour elles et qu’ elles ne cherchent pas à le faire savoir. La très grande majorité des suicides n’apparaissent pas dans les médias et ne sont pas révélées au grand public.

Par ailleurs, le nombre de morts par armes à feu, toutes catégories confondues, baisse de manière relativement régulière chaque année, ce qui est encourageant, mais ce nombre reste élevé. On totalisait 1936 décès par armes à feu en 2008, 1560 en 2017 (-20%).

 

Diminuer le stock d’armes pour diminuer la mortalité par arme de chasse

Il existe aussi un stock important d’armes de chasse non déclarées. On estime à 5,4 millions le nombre d’armes déclarées en 2021 dans le fichier Agrippa) et  à plusieurs millions le nombre d’armes non déclarées. Une étude internationale avance le chiffre de 12,7 millions d’armes (essentiellement des armes de chasse) en circulation, déclarées et non déclarées, chiffre invérifiable. Une source de danger inacceptable.

 

Pour mettre fin à la mortalité lié aux armes de chasse,  Animal Cross demande :

- que les chasseurs inactifs depuis 10 ans mettent leurs armes de chasse en dépôt dans un lieu sécurisé.
En effet, s’il faut être un chasseur actif pour acquérir une arme, cette condition n’est pas nécessaire pour détenir une arme. Les anciens chasseurs détiennent un stock important d’armes inutilisées puisqu’on compte moins d’un million de chasseurs actifs pour  4 millions de chasseurs détenteurs d’une arme.
- que les armes de chasse ne soient pas gardées à domicile hors de la période de chasse, et qu’elles soient réunies dans un lieu centralisé (ex ACCA, gendarmerie, mairie, armureries). Afin d’éviter de constituer des gigantesques stocks d’armes qui attireraient des cambrioleurs, une idée serait de ne confier dans ce lieu qu’une partie de l’arme, la rendant ainsi inactive, comme la longuesse pour un fusil ou la culasse pour une carabine.
- de permettre aux gendarmes et policiers  de contrôler les armes des chasseurs. En effet, dans le système d’information sur les armes (SIA) qui se met en place , seuls des gendarmes et policiers « individuellement désignés et spécialement habilités » peuvent avoir accès à ce fichier, donc pas les gendarmes et policiers en routine. Qui plus est, les agents de l’OFB n’ont pas accès à ce fichier.
- à la fédération de chasseur de vérifier les armes déclarées au fichier SIA au moment de l’envoi des validations du permis de chasser, ce qui n’est pas fait actuellement.
- de rapprocher le fichier des décès (RNIPP) du fichier des armes (Agrippa maintenant SIA) pour éviter que des héritiers non chasseurs n’héritent d’armes. Les chasseurs décédés laissent derrière eux entre 50 et 100 000 armes chaque année (environ 1,5% de mortalité sur 4 millions de chasseurs) pour lesquelles aucun suivi particulier n’est prévu.

 

(1) En 2017, le CepiDc recensait 1560 morts par armes à feu en France (dernière année pour lesquelles des données sont disponibles), et 1631 en moyenne sur la période 2014-2017, répartis comme suit :  937 causés par un suicide, 65 par un homicide, 12 par un accident, 546 n’ayant pas de cause déterminée.  Pour chaque circonstance, 1) les armes de poing, 2) les fusils, carabines et d'armes de plus grande taille et 3) les armes à feu, autres et sans précision sont distinguées. 

Pour connaître la part des armes de chasse, nous avons :

  • réparti la partie des armes non déterminée (« armes à feu, autres et sans précision ») sur les deux autres groupes d’armes « à poing »/« de grande taille », ce qui conduit a rajouté environ 90% des décès sur les « armes de grande taille »,  et 
  • estimé, parmi les armes de grande taille, la part entre les armes des chasseurs et les armes des autres utilisateurs (principalement tireurs sportifs). Cette part est estimée  à 80% en cas de suicide et accidents et cause indéterminées sur la base du fait que sur 5 millions d’armes déclarées,  4 millions environ appartiennent à des chasseurs, et 50% en cas d’homicide.