19 Nov 2021
En réalité, sauf trouble du comportement inquiétant, l’enfant n’est pas naturellement un adepte fervent de la chasse. En fait, il souhaite juste suivre les activités de son père pour partager avec lui des moments de nature. Et voir son père ramener fièrement la prise du jour ne fait que renforcer l’admiration
qu’il lui porte. Deux bartavelles ont bien fait la gloire du père du jeune Marcel Pagnol !
Il apprend alors les techniques de chasse et recherche l’approbation de son père en l’accompagnant à la chasse autant qu’il le peut !
Mais n’aurait-il pas le même plaisir en suivant son père à l’observation pacifique de la nature, ou en construisant des cabanes dans les arbres (et non des miradors …) ?
Sur les forums de chasseurs, certains témoignages émouvants évoquent des moments de nostalgie partagés lors de longues balades en forêt, à la recherche du gibier. Et si la réglementation n’interdit aucunement la présence de jeunes enfants à la chasse (beaucoup commencent à accompagner leur
père dès l’âge de 4 ans), les pères sont fiers de pouvoir partager leurs traditions. Quelques précautions sont partagées entre pratiquants pour le bien de leur progéniture : chasse au petit gibier pour commencer (et donc pas de battues au début), port de la tenue réglementaire, et port d’un casque
anti-bruit pour préserver les jeunes oreilles des tirs.
L’éducation à la culture de la chasse peut être assimilée à un endoctrinement, dangereux pour l’enfant.
En effet, lors d’une partie de chasse, l’exposition à des tueries ou à des images violentes peut se révéler être un véritable risque traumatique susceptible de nuire à l’épanouissement mental, moral, voire physique, de l’enfant témoin d’actes de cruauté envers un animal. Les conséquences peuvent être diverses et sont les mêmes que celles générées par la visualisation de scènes de films violentes et vis à vis desquelles le CSA a établi des règles strictes (1) afin d’être en conformité avec les articles 1er et 15 de la loi relative à la liberté de la communication. Cette loi répond aussi à l’article 17 de la Convention Internationale des droits de l’enfant (2). De telles situations augmenteraient le sentiment d’angoisse et d’insécurité, exacerberait l’agressivité et désensibiliserait à la souffrance d’autrui.
L’enfant pourrait alors lui-même devenir maltraitant envers les animaux, au même titre que l’est un enfant témoin de violences conjugales, ou s’il est lui-même victime de violences physiques ou sexuelles.
Et un enfant qui devient maltraitant envers un animal présente des risques accrus de délinquance et d’actes de violence envers ses camarades.
Fort heureusement, que ce soit par désintérêt ou par rupture volontaire avec la tradition familiale, un enfant de chasseur ne le devient pas forcément.
En conclusion, on peut dire que la cruauté enfantine manifestée envers les animaux est non seulement un indicateur précoce de futures conduites antisociales et violentes, mais qu’elle est également
un bon révélateur du degré de violence de l’environnement dans lequel l’enfant évolue.
Notre demande : Supprimer la chasse accompagnée pour tout mineur
(1) Le dispositif de la signalétique jeunesse du site du CSA
(2) Article 17 de la Convention Internationale des droits de l’enfant : « Les États parties reconnaissent l’importance de la fonction
remplie par les médias et veillent à ce que l’enfant ait accès à une information et à des matériels provenant de sources nationales et
internationales diverses, notamment ceux qui visent à promouvoir son bien-être social, spirituel et moral ainsi que sa santé physique
et mentale. A cette fin, les États parties : … favorisent l’élaboration de principes directeurs appropriés destinés à protéger l’enfant
contre l’information et les matériels qui nuisent à son bien-être, compte tenu des dispositions des articles 13 et 18. »
28 Juin 2021
Suspendue l’été dernier, la chasse à la glu a définitivement été jugée illégale par le Conseil d’Etat, soit la plus haute juridiction administrative française !
« […] Le Conseil d’État annule la réglementation française autorisant la chasse à la glu des grives et des merles car elle est contraire au droit européen », a-t-il déclaré dans un communiqué, après un avis en ce sens rendu en mars par la Cour de justice de l’Union européenne.
Cette méthode de chasse dite « traditionnelle », destinée aux grives et aux merles, est pratiquée dans 5 départements du sud-est de la France (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Vaucluse et Var). Elle consiste à piéger des oiseaux sur des tiges enduites de colle, appelées gluaux. Les oiseaux ainsi capturés sont mis en cage et servent, par leurs chants, à en attirer d’autres pour les chasseurs.
Nos associations se battent depuis de longues années pour faire interdire cette pratique à la fois cruelle et non sélective.
Jusqu’en 2019, la justice administrative avait régulièrement donné raison aux chasseurs. Mais la Cour de Justice de l’Union Européenne en a décidé autrement. « En dépit d’un nettoyage, les oiseaux capturés subissent un dommage irrémédiable, les gluaux étant par nature susceptibles d’endommager le plumage de tous les oiseaux capturés », a-t-elle répondu en mars à la France, dernier pays à pratiquer ce type de chasse.
Le Conseil d’Etat relève dans un communiqué que « ni le gouvernement ni la Fédération de chasseurs [FNC] n’ont apporté de preuves suffisantes » permettant d’affirmer que d’autres espèces ne sont pas piégées ou que « les oiseaux capturés accidentellement ne subiraient que des dommages négligeables, une fois relâchés et nettoyés ». Il exprime aussi que « le seul objectif de préserver ces traditions ne suffit pas à justifier une dérogation aux interdictions de principe que pose la directive » européenne et qu’il n’a pas été démontré qu’aucune solution alternative ne serait possible.
12 Mar 2020
La saison de chasse 1019-2020 est terminée. Selon Passe la patte, on compte cette année 132 incidents* (Passe la patte ne compte pas seulement les victimes humaines comme le fait l’ONCFS, voir ci-dessous), dont 96 par armes à feu, et 12 personnes mortes. Parmi les victimes des incidents, 49 non-chasseurs.
On avait compté 7 morts l’année précédente et 131 incidents (selon le mode de calcul de l’ONCFS).
Lorsque l’on analyse plus finement ces « incidents », on remarque que la plupart d’entre eux ont eu lieu le week-end, ce qui ne permet pas de tranquilliser les familles, promeneurs et autres vététistes…

Source et détails des événements comptabilisés : Passe la patte
* Un incident de chasse est tout évènement qui se survient lors d’une activité apparentée à la chasse qui a pour conséquence une blessure, une mort ou des dommages matériels quelconque AUTRE que l’objectif envisagé de l’action – normalement la mort d’un animal :
– d’une espèce dont la chasse est autorisée…
– au jour et à l’heure et dans les conditions en question…
– pour la personne le chassant, en règle (permis, assurance etc)…
– dans des circonstances légitimes (le droit d’être présent à l’endroit, le respect des règles de sécurité, les moyens autorisés – armes, munitions, véhicules, communications etc). »
Ces chiffres ne sont pas les mêmes que ceux que publie l’ONCFS. En effet, si une voiture entre en collision avec une autre, ou un objet quelconque, on l’appelle « un accident ».
Idem pour une moto, un vélo, une trottinette ou une poussette. Ou une personne.
Et cela que quelqu’un soit blessé ou pas – juste des tôles légèrement froissées, ou une personne déconcertée en chutant.
Dans une tentative de minimiser le nombre apparent d’accidents de chasse, l’ONCFS – ainsi que le nouvel Office Français de la Biodiversité, ne comptabilise que des évènements comportant des blessures d’humains. Ses chiffres sont alors toujours inférieurs à la réalité.