Les animaux sauvages protégés ont-ils encore le droit de vivre librement en France ?

Les animaux sauvages protégés ont-ils encore le droit de vivre librement en France ?

Les espèces protégées sont aujourd'hui attaquées de toutes parts. Arrêtés ministériels ou préfectoraux viennent régulièrement à l'encontre de leur protection avec de multiples prétextes qui ont pourtant tous un point commun : l'intérêt humain.

Le bouquetin est une espèce protégée. Pourtant, un arrêté du préfet de Haute-Savoie daté de mars 2022 ordonnait de les tuer tous de façon indéterminée sous prétexte de brucellose. Le jugement du tribunal administratif vient de tomber et, ouf de soulagement, les associations ont obtenu raison et l'arrêté du Préfet de Haute-Savoie a été suspendu pour 2022, en attendant le jugement sur le fond.

L'ours est une espèce protégée. Pourtant, un arrêté ministériel de 2020 autorisait une nouvelle fois leur effarouchement renforcé. Heureusement, le Conseil d’Etat vient de le censurer.

Le loup est une espèce protégée. Pourtant, le gouvernement français est rentré dans une logique claire de régulation de la population de loups, voire de son extermination au niveau local, en toute illégalité avec les lois européennes.

Le choucas des tours est une espèce protégée. Début mai, le tribunal administratif de Rennes a rejeté les arrêtés préfectoraux qui autorisaient l’abattage de milliers de choucas des tours en Bretagne...

En France, les espèces sont protégées par des arrêtés ministériels. Mais les dispositions de protection doivent être articulées avec celles qui prévoient la possibilité pour les autorités administratives d’accorder des dérogations à ces interdictions, qui sont principalement d'ordre humain.

Nous y sommes. En France, il y a des lois, mais il y a aussi des exceptions, qui permettent... à peu près tout.

 

Quelle protection des espèces voulons-nous ?

En France et dans de nombreux pays occidentaux, les intérêts de l'espèce humaine priment et dominent sur les intérêts de toutes les autres espèces.

Chez Animal Cross, nous pensons que

« Tous les êtres vivants,
Domaines de la nature,
Minéral, humain, végétal et animal,
Naissent et demeurent,
Libres et égaux,
En devoirs et en droits ».

Pour nous, les animaux, protégés ou non d'ailleurs, sont avant tout des êtres vivants (voir notre article complet ici). La protection leur est due en fonction de la vie qui les habite et qu’il convient de respecter. Nous respectons donc à égalité une vie humaine et une vie animale. L’égalité ne signifie pas que tous les êtres sont similaires, mais qu’ils méritent une égale considération morale. L’égalité signifie que toute vie a une valeur égale.

Cette conception n'est pas nouvelle. Elle est très profonde dans le bouddhisme, le jaïnisme, et certaines traditions hindoues. « Au cours des siècles, les religions traditionnelles indiennes ont développé des principes fondés sur la vie sous toutes ses formes. Les interrogations sur celles-ci n’étaient pas limitées aux humains mais incluaient aussi les animaux. (…) Ahimsa, l’un des principes fondamentaux de l’hindouisme, prône la non-violence et le respect de toute vie »[1]. En Inde, cette conception est à l’origine de la possibilité pour les régions indiennes d’interdire l’abattage des vaches et également du devoir de compassion envers les animaux (constitution de 1950)[2], même si la réalité vécue par les animaux semble beaucoup moins rose. Cette conception protège la vie animale comme les autres vies.

La figure qui la première incarne cette conception en Occident est St François d’Assise.  Au XIIIème siècle, il s’émerveille du feu, de l’eau, du vent. Il prêche aux animaux, qui sont donc jugés dignes de le comprendre et de louer Dieu. En traversant les siècles, citons Gandhi, et Albert Schweizer, disciple de Gandhi, qui écrit « Je suis vie qui veux vivre entourée de vie qui veux vivre ».

Voir notre article complet sur ce sujet 

 

 

Fêtons la libre évolution en cette journée mondiale de la vie sauvage

Fêtons la libre évolution en cette journée mondiale de la vie sauvage

Copyright du poster de la journée mondiale de la vie sauvage ci-dessus : Delphine Gilliard

La faune et la flore sauvages sont précieuses. Nos efforts de conservation pour les espèces menacées doivent se renforcer, et cela passe par la préservation des habitats naturels. C'est pourquoi le thème de la Journée mondiale de la vie sauvage s'axe pour 2022 sur la récupération des espèces clés pour la restauration des écosystèmes.
Pour en savoir plus sur la journée mondiale de la vie sauvage, cliquez ici.

Selon le nouveau rapport du GIEC, les activités humaines impactent tous les points chauds de biodiversité. Les scientifiques expliquent aussi que les conséquences du réchauffement climatique d'origine humaine sont aggravées par la chasse, la pêche et ses prises accessoires, la surexploitation, la pollution, la perte et la fragmentation d'habitats, l’introduction d’espèces envahissantes par l’homme...

Selon Animal Cross, la création de zones de nature en libre évolution peuvent ainsi paraître comme une solution contre ces catastrophes écologiques.
Mais vous vous demandez sûrement ce que veut dire "libre évolution"... Et pourquoi utiliser ce mode de préservation de la nature ? Puis finalement, est-ce-que les aires de protection forte protègent réellement les animaux sauvages...?

Pour découvrir les réponses à ces questions, retrouvez dès maintenant le 1er épisode "Faune sauvage cherche espace tranquille" de notre nouvelle série hebdomadaire "Et si on laissait la nature évoluer librement ?" juste ici :

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Nouveau rapport du GIEC : « Sauvegarder la biodiversité et les écosystèmes est fondamental pour un développement résilient au changement climatique »

Nouveau rapport du GIEC : « Sauvegarder la biodiversité et les écosystèmes est fondamental pour un développement résilient au changement climatique »

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publie ce lundi 28 février le deuxième volet de son sixième rapport d’évaluation... Et le bilan sur les impacts, les vulnérabilités et l’adaptation à la crise climatique est effrayant. La nature et l'humanité sont de plein fouet victimes des impacts du réchauffement climatique. Ces effets à forte origine anthropique sont souvent irréversibles et surtout croissants.

La faune, la flore et les écosystèmes subissent des "dégâts substantiels et des pertes de plus en plus irréversibles pour les écosystèmes terrestres, d'eau douce, côtiers et marins". Afin de fuir le réchauffement des températures, la moitié des espèces étudiées migrent vers les pôles Nord et Sud ou montent en altitude. Les scientifiques attestent que "l'étendue et la magnitude des impacts du changement climatique sont plus importantes qu'estimées dans les précédents rapports".

Que retenir du rapport du GIEC au sujet de la biodiversité ?

Voir la fact sheet complète du GIEC (en anglais)

Impacts observés

Selon ce dernier rapport, le réchauffement climatique a eu pour principaux effets sur la biodiversité :

  • l'altération des eaux du monde entier
  • des pertes d’espèces locales
  • une augmentation de maladies
  • une mortalité massive de plantes et d'animaux
  • des extinctions d'espèces
  • une augmentation des superficies brûlées par les feux de forêt
  • des pertes de moyens d’existence de pratiques culturelles et d'activités récréatives dans le monde entier
  • des événements climatiques extrêmes

Risques futurs

"Les menaces pour les espèces et les écosystèmes dans les océans, les régions côtières, et sur la terre, en particulier dans les points chauds de la biodiversité, présentent un risque qui augmentera avec chaque dixième de degré supplémentaire de réchauffement.

Si nous ne réduisons pas rapidement et profondément nos émissions de CO2, la faune sauvage va devoir faire face à des températures records dans les dix prochaines années. De plus, les écosystèmes sensibles seront rapidement très à risque à cause de la mortalité massive des arbres, du blanchiment des récifs coralliens, de grands déclins d'espèces dépendantes de la glace de mer et d'événements de mortalité massive, à cause des prochaines vagues de chaleur.

Extinction des espèces

En quelques chiffres :

  • 47 % des 976 espèces étudiées ont subi des extinctions de populations locales causées par le climat.
  • Au-delà de 2°C d’ici 2100, les risques d’extinction et d’effondrement des écosystèmes augmentent très rapidement.
  • Le risque d’extinction des espèces augmente avec le réchauffement et le risque est environ dix fois plus grand pour les espèces endémiques (de 1,5 °C à 3°C au-dessus des niveaux préindustriels).
  • Pour les espèces endémiques, ~100% des espèces des îles, ~84% de celles des montagnes, ~12% de celles des continents et ~54% des espèces marines (notamment en Méditerranée) devraient être menacées d’extinction en raison des changements climatiques.

Hotspots de biodiversité

Les activités humaines impactent tous les points chauds de biodiversité, certains plus que d'autres. Au-delà des conséquences des changements climatiques évaluées, les scientifiques dénoncent que ces dernières sont aggravées par d’autres impacts anthropiques, à savoir : la perte et la fragmentation de l’habitat, la chasse, la pêche et ses prises accessoires, la surexploitation, le captage d’eau, l’enrichissement en éléments nutritifs, la pollution, l’introduction d’espèces envahissantes par l’homme, les ravageurs et les maladies, qui réduisent la résilience de l'écosystème.

Selon Animal Cross, les zones de libre évolution peuvent ainsi paraître comme une solution contre ces catastrophes écologiques. Pour en savoir plus sur la libre évolution : cliquez ici.

    Que préconise le GIEC ?

    Sauvegarder la biodiversité et les écosystèmes est fondamental pour un développement résilient au changement climatique, compte tenu des menaces que le changement climatique représente pour eux et de leur rôle dans l’adaptation et l’atténuation.
    Des analyses récentes, s’appuyant sur une série de sources de données, suggèrent que le maintien de la résilience de la biodiversité et des services écosystémiques à l’échelle mondiale dépend de la conservation efficace et équitable d'environ 30 % à 50 % des zones terrestres, d’eau douce et océaniques de la Terre, y compris les écosystèmes naturels actuels.

    La restauration et la sauvegarde des écosystèmes terrestres et océaniques permettra à la faune et à la flore de renforcer leur résilience climatique. Mais les stratégies ne pourront pas se résumer à se reposer passivement sur la nature. Les choix sociétaux ainsi que les actions de la prochaine décennie seront donc décisifs. En effet, ils détermineront l'amélioration de la résilience des écosystèmes face au réchauffement climatique. Afin d'améliorer la résilience climatique, deux actions simultanées sont nécessaires :

    1) Mettre en oeuvre un large éventail d'actions qui réduisent considérablement les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine ;

    2) Un second éventail tout aussi large d'actions qui transforment notre mode de vie et placent la société humaine sur la voie du développement durable (repenser le secteur industriel et énergétique,  ainsi que l'urbanisation).

    Cette seconde action nécessite un soutien des gouvernements accompagné d'une chance équitable de participation aux processus décisionnels, avec des connaissances et revenus suffisants. Sinon, de nombreuses communautés humaines ne pourront aucunement participer à la réduction des émissions ou s'adapter au changement. 

    Face à ce bilan dramatique, Antonio Guterres,  le secrétaire général de l'ONU, dénonce une "abdication de leadership criminelle" et déclare que ce nouveau rapport "est un recueil de la souffrance humaine et une accusation accablante envers l'échec des dirigeants dans la lutte contre les changements climatiques".

    Faisons donc en sorte que notre prochain Président de la République comprenne cette urgence et agisse !

    Libre évolution : les super-pouvoirs des zones humides

    Libre évolution : les super-pouvoirs des zones humides

    Le 2 février, c’est la journée mondiale des zones humides !

    Les zones humides sont des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, ou dont la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année ». (Art. L.211-1 du code de l'environnement). Les zones humides abritent une biodiversité inestimable ! En effet, 40% de toutes les espèces animales et végétales du monde dépendent des zones humides.

    Des écosystèmes à préserver de toute urgence

    Tout comme pour les friches et les forêts, l’état des zones humides est très préoccupant alors que leur rôle écologique est fondamental pour la préservation de la nature. Voici quelques chiffres sur les zones humides en France (source : zones-humides.org) :

    • Plus de 67% des zones humides ont disparu depuis les années 1970.
    • 62% des zones humides ont cessé d'assurer des services qu'elles étaient susceptibles d'assurer.
    • L'état de 41% des milieux humides s'est dégradé entre 2010 et 2020 (seulement 11% s'est amélioré).

    Cesser de détruire les zones humides est indispensable et le mieux est de les laisser évoluer librement. Par son action de redéveloppement naturel de l'écosystème, la libre évolution favorise la venue et la pérennité d'espèces animales, végétales et fongiques.


    A noter qu'en France :
    💧50 % des oiseaux dépendent des zones humides.
    💧On y trouve 30 % des espèces végétales rares ou menacées d'extinction. (source : SyAGE)

    Les bienfaits des zones humides en libre évolution

     Les flux sont facilités

    Les seuils et barrages forment des obstacles aux processus naturels (courants, méandres, création d’îles, sédimentation, crues, migrations, etc.). Accepter qu’un cours d’eau soit naturellement détourné par un amas de sédimentation sur certains de ses méandres permet au flux de courir au lieu de stagner. La variété de ces paramètres offre une mosaïque de micro-habitats. Les poissons passant de l’océan aux rivières et vice-versa voient leur route migratoire barrée et leurs habitats dégradés. Les digues, polders (marais littoral endigué et asséché) et drains de marais peuvent à ce même titre bloquer les flux. Laisser par exemple un estuaire en libre évolution offre une nourriture importante pour beaucoup d’espèces de poissons, ce qui accroît les chances de survie.

    La dispersion des organismes est nettement facilitée lorsque les zones humides sont en libre évolution.

    Les cours d’eau conservent une meilleure fonctionnalité

    Le tracé naturel des cours d’eau a été perturbé en grande partie à cause des barrages et des nombreuses infrastructures mises en place pour les activités humaines. L’élimination des arbres tombés dans les rivières ou emportés lors d’inondation prive de gîtes de nombreuses espèces aquatiques et empêche l’écosystème de s’enrichir en nutriments. Toutes ces détériorations ont causé d’importantes pertes de biodiversité et d’habitats, ce qui a réduit la biomasse et la diversité spécifique présentes dans ces milieux. 

    Les cours d’eau sauvages s’avèrent très précieux pour la diversité des espèces aquatiques et des espèces des milieux riverains. Les ripisylves et les boisements alluviaux sont associés aux cours d’eau et leur libre évolution va de pair avec celle des rivières.

    Des nutriments sont apportés aux rivières et de nouveaux habitats créés

    Bien que la pensée commune considère une rivière en « bon état » quand l’eau est transparente et les berges rases, un cours d’eau sauvage est bien différent de cette vision. Laisser en place les embâcles naturels, comme les troncs, les branches et les feuilles mortes tombées dans les cours d’eau, permet un apport en nutriments. Ne pas retirer les débris offre aux poissons et autres invertébrés aquatiques nourriture et abri. En aval, des bras ou des îlots peuvent se créer grâce aux embâcles et devenir des habitats pour de nouvelles espèces.

    Bien que les débris de bois nous donnent une impression de bazar, leur présence fait en réalité partie des processus naturels.

    Redonnons de la place au vivant,
    offrons 10% de la France à la nature en libre évolution, sans intervention humaine.

    Agissez dès maintenant !

    • Vous êtes propriétaire d’un espace que vous laissez évoluer librement et vous voudriez concrétiser sa protection sur le long terme ?
    • Vous êtes enseignant et aimeriez travailler sur le sujet de la libre évolution en impliquant vos élèves ?
    • Vous voudriez convaincre vos élus et/ou le maire de votre commune à protéger des espaces naturels ?

    LE SAVIEZ-VOUS ?
    Le castor, espèce “clef de voûte” joue un rôle primordial dans l’écosystème des zones humides bien qu’il ait mauvaise presse à cause des modifications flagrantes qu’il applique sur le paysage. Cet ingénieur apporte plusieurs bénéfices :
    – il crée par ses barrages des plans d’eau temporaires pour toute une faune aquatique (amphibiens, invertébrés, canards) et des zones de végétation herbacée en milieu humide dont vont profiter d’autres espèces (putois, cigogne noire, élan) ;
    – il inonde des parties de forêt en élevant le niveau d’eau et favorise ainsi la production de bois mort ;
    – il augmente la superficie des zones humides et des forêts alluviales qui permettent de réguler les crues et les sécheresses, de purifier l’eau et de servir de puits de carbone...
    En bref, le castor est notre allié dans la libre évolution.

    Le lac du Lauvitel, un exemple de libre évolution sous protection intégrale

    En France, les zones humides sous protection intégrale et donc en libre évolution sont peu nombreuses. Pourtant, le Lauvitel, un lac situé à 1 530 mètres d'altitude dans le Parc National des Ecrins montre l’exemple depuis 1995.

    Le sentier contournant la zone protégée permet aux randonneurs de s’approcher aux abords du lac pour contempler la beauté de ce paysage sauvage. Sa protection intégrale a pour but « le suivi de la dynamique naturelle d’écosystèmes ».

    A l’intérieur de la réserve, les études scientifiques sont autorisées et permettent d’estimer la richesse et la diversité biologique de ce milieu si précieux. Les inventaires naturalistes ont permis de découvrir des espèces inconnues jusqu’ici, comme la guêpe Tachysphex schmideggeri (Le Divelec, publication à paraître), ou encore jamais vues en France. Plus de 3000 espèces ont alors pu être recensées à Bourg d'Oisans. Les experts estiment que 50 % des espèces de la réserve sont encore à découvrir !

    Lac du Lauvitel

    "L'étude des relations entre les niveaux lacustres et les paramètres climatiques permet ainsi de mieux cerner les conséquences du changement climatique dans les Alpes. Suivre à long terme un milieu de haute montagne, c'est d'ailleurs l'un des objectifs de la Réserve intégrale qui couvre largement la partie amont du bassin du Lauvitel (Fonctionnement hydrologique du Lauvitel, Dumas et al.).

    COMPARAISON AVEC DES HABITATS SIMILAIRES
    La réserve étant laissée en libre évolution il est intéressant de comparer sa richesse fongique avec des habitats similaires sur lesquels peuvent s’exercer des pressions humaines (exploitation forestière, aménagements divers, randonnées, pâturage, etc.) afin d’évaluer si ce mode de gestion apporte une diversité spécifique. Pour réaliser une comparaison objective, il faudrait disposer d’un site situé dans les Alpes, de surface équivalente et de milieux comparables, dans lequel l’homme pourrait avoir de l’influence. N’ayant pas prospecté un tel site, nous avons réalisé une comparaison avec des sites présentant des milieux similaires, en été et au printemps, à l’étage subalpin et alpin, dans lesquels il n’existe pas de restriction d’accès. Nous avons ainsi pris les données provenant de deux inventaires d’ascomycètes, l’un réalisé au printemps 2018 sur le secteur de Pralognan-la-Vanoise2, l’autre réalisé en août 2017 dans le Beaufortin3. Ces deux sessions d’étude avaient permis d’inventorier 189 espèces différentes. En comparant, la liste de ces espèces avec celle du Lauvitel, 70 taxons sont présents dans ce dernier et absents de l’autre liste, soit 35 % de non correspondance. Une telle différence peut s’expliquer en partie par des différences de météorologie ayant pu affecter les pousses aux périodes prospectées, une géologie différente (impactant la végétation), la topologie des sites ou d’autres facteurs plus difficiles à maîtriser, mais on peut tout de même formuler l’hypothèse que les conditions de vie dans la réserve du Lauvitel sont plus propices au développement de certaines espèces. Un suivi à plus long terme et des études comparatives mieux calibrées devraient pouvoir confirmer cette hypothèse.

    Extrait de l’inventaire de la réserve du Lauvitel

    https://www.ecrins-parcnational.fr/sites/ecrins-parcnational.com/files/article/19063/ascomycota-rapportlauvitel2020.pdf , https://www.ecrins-parcnational.fr/thematique/reserve-integrale-du-lauvitel

    Consultation publique : exprimez-vous sur la « protection forte » des espaces !

    Consultation publique : exprimez-vous sur la « protection forte » des espaces !

    REPONDRE AVANT LE 5 FEVRIER

    La loi « climat et résilience » a inscrit dans le code de l’environnement (article L. 110-4) le principe de l’adoption d’une stratégie pour les aires protégées ainsi que les objectifs visés par cette stratégie, à savoir la mise sous protection forte d’au moins 10 % de l’ensemble du territoire national et des espaces maritimes sous souveraineté ou sous juridiction française.

    Mais quelle définition donner à la protection forte et quelles vont être les modalités de décompte de ces espaces de protection forte ?  C'est l'objet de la consultation publique d'aujourd'hui. Votre réponse est très importante, car elle conditionnera toute la stratégie des aires de protection forte jusqu'à 2030.Nous vous avons concocté un modèle de réponse, inspirez-vous en largement (sans toute fois faire du copier-coller sinon votre réponse ne sera pas prise en compte) !

    Voici un texte d'argumentation que nous proposons (Attention à ne pas faire de copier-coller mais modifier les mots pour que votre réponse soit prise en compte) :

    Le décret tel qu'il est publié ne me convient pas puisque la définition de la protection forte proposée à l'article 1er du décret n'est pas suffisamment ambitieuse en termes de protection. Je pense que dans les espaces de protection forte, la nature doit évoluer librement, sans intervention humaine. Il s’agit de créer les bonnes conditions pour que la nature reprenne son cours. Il faut laisser les dynamiques écologiques faire leur travail sans intervenir afin que la vie reprenne ses droits pour ensuite irriguer de vitalité les zones alentours. Je souhaite en effet que la protection forte française ne permette pas l'exploitation forestière, le pastoralisme, la chasse ou la pêche mais soit réservée exclusivement aux promenades de contemplation et aux sui et études scientifiques. C'est la seule façon de redonner de l'espace aux vivants non humains et de répondre en même temps aux deux urgences de notre planète : le changement climatique et la sixième extinction des espèces.

    Que signifie exactement l'expression "significativement limitée" dans l’article 1er ? Elle est sujette à de nombreuses interprétations qui ne garantissent absolument pas une protection forte. Je préfère la définition de Wild Europe de 2012 : un espace de protection forte « est une zone gouvernée par des processus naturels. Il est non ou peu modifié et sans activité humaine intrusive ou extractive, habitat permanent, infrastructure ou perturbation visuelle."
    Je suis cependant d’accord de conserver la notion de protection pérenne et de contrôle effectif des activités restantes, qui seraient uniquement de la balade de contemplation et des études scientifiques.

    Pour définir la protection forte à la française, je souhaite que l’on applique les critères de la classification internationale de l'UICN des catégories I et II (Aire protégée gérée principalement à des fins scientifiques ou de protection des ressources sauvages - Aire protégée gérée principalement dans le but de protéger les écosystèmes et à des fins récréatives).

    Dans les articles 2 et 4, les zones de protection forte peuvent effectivement être comprises dans les cœurs de parcs nationaux, les réserves naturelles, les arrêtés de protection du biotope et les réserves biologiques. Comme ces zones permettent parfois la chasse, la pêche, le pastoralisme ou la coupe de bois, il faut donc retirer des zones de protection forte les espaces qui autorisent ces activités.

    Vous décidez d’étendre à de nouveaux sites les zones de protection forte avec une analyse au cas par cas. Je suis d’accord mais il est indispensable que les critères de classement de ces nouvelles zones respectent la vie de la faune sauvage et du vivant et interdisent la chasse, la pêche, le pastoralisme ou la coupe de bois.

    Concernant les sites bénéficiant d’une obligation réelle environnementale (ORE), je pense qu’il faut limiter la protection forte aux ORE patrimoniales en excluant les ORE de compensation. En effet, quelle valeur pourrait-on accorder à de la protection forte acquise en détruisant la nature par ailleurs ?

    Dans les articles 5 et 8, je souhaite que l’on rajoute une nouvelle catégorie qui puisse formuler une demande de reconnaissance ou de retrait d’un espace en protection forte : il s’agit des co-contractants des ORE (Obligations Réelles Environnementales) patrimoniales (et non de compensation).

    Et si on laissait la nature évoluer librement ?

    Et si on laissait la nature évoluer librement ?

    Reportage d'Animal Cross sur la nature en libre évolution (15 mn)

    Ce reportage de 15 mn, réalisé par Animal Cross et présenté pour la première fois au congrès mondial de l'UICN de Marseille,  vous emmènera dans les réalités de la protection de la nature en France.
    Vous constaterez que la faune et la flore sont presque partout dérangés et qu’il est nécessaire de dédier des espaces à la libre évolution, sans interventions humaines (pas de chasse, de pêche, d’exploitation forestière ou minière, d’agriculture, de pastoralisme), pour les préserver. Puis vous serez plongés dans la beauté d’une nature en libre évolution. Vous découvrirez tous les avantages qu’elle procure, tant pour la biodiversité que pour l’être humain.

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