Animal Cross signe sa première Obligation Réelle Environnementale (ORE) de Libre Evolution dans les Pyrénées

Animal Cross signe sa première Obligation Réelle Environnementale (ORE) de Libre Evolution dans les Pyrénées

Nous sommes ravis d'annoncer qu'aujourd'hui, le 15 janvier 2025, Animal Cross a franchi une nouvelle étape importante dans sa mission de protection de la nature en signant une Obligation Réelle Environnementale (ORE) de libre évolution de 1,5 hectares de bois (voir photos ci-dessous) avec la mairie d'Igon dans les Pyrénées-Atlantiques, et ce pour une durée de 99 ans.

Cette initiative s'inscrit dans notre objectif ambitieux, partagé avec plusieurs associations, de voir 10% du territoire métropolitain en libre évolution d'ici 2030. L'ORE est un dispositif foncier innovant qui permet de protéger durablement l'environnement en engageant les propriétaires fonciers dans des actions concrètes en faveur de la biodiversité.
Dans le cas présent, la commune d'Igon s'engage à laisser une partie de son territoire évoluer librement, sans intervention humaine, permettant ainsi à la faune et à la flore de se développer naturellement : pas de chasse, de pêche, d'exploitation forestière ou d'intrusion humaine et ce durant 99 ans ! Seules quelques visites pédagogiques seront autorisées.

Ce projet a été rendu possible grâce à la collaboration fructueuse avec des lycéens du lycée Paul Rey de Nay et leur professeure Corinne Lamaille. Ces jeunes, sensibilisés aux enjeux environnementaux et à l'intêret de la libre évolution, ont activement participé à la démarche, démontrant ainsi l'importance de l'éducation et de l'engagement de la jeunesse dans la protection de notre patrimoine naturel.

Cette signature illustre parfaitement notre approche qui vise à impliquer tous les acteurs de la société, des décideurs politiques aux citoyens, en passant par les associations et les établissements scolaires.

Nous tenons à remercier chaleureusement la mairie d'Igon pour son engagement, les élèves et l'équipe pédagogique du lycée Paul Rey pour leur implication, ainsi que tous nos partenaires qui œuvrent à nos côtés pour la préservation de la biodiversité.

Cette ORE représente un pas de plus vers notre objectif de 10% du territoire en libre évolution.

Nous espérons que cette initiative inspirera d'autres communes et propriétaires à s'engager dans des démarches similaires, contribuant ainsi à la création d'un réseau d'espaces naturels préservés sur l'ensemble du territoire.

Cette initiative vous intéresse ? Entrez vous aussi en contact avec les élus de votre territoire. Nous pouvons vous y aider. Contactez-nous par mail : contact@animal-cross.org

 

 

 

,Photos du bois d'Igon laissé, en libre évolution pour 99 ans.
Animal Cross parle de libre évolution de la nature à l’UNESCO !

Animal Cross parle de libre évolution de la nature à l’UNESCO !

Lundi et mardi dernier, le Comité Français de l'UICN a organisé, en partenariat avec la Commission nationale française pour l'UNESCO, un séminaire inter-réseaux sur la libre évolution des milieux naturels au siège de l'UNESCO. Deux journées passionnantes durant lesquelles nous avons pu échanger sur les enjeux de la libre évolution.

Ces deux journées ont permis de créer une convergence  des acteurs et actrices de ce sujet : gestionnaires de forêts, responsables d’espaces naturels, scientifiques, associations de protection de la nature… La première journée, consacrée à la présentation du sujet, a permis de l’appréhender sous différents angles : scientifique, juridique, philosophique. Animal Cross y a présenté, au titre de la Coordination Libre Evolution, l'intérêt du développement des ORE (Obligations Réelles Environnementales) de libre évolution par les collectivités territoriales.
 
La seconde journée fut dédiée à des ateliers pratiques, pour réfléchir ensemble  à la mise en place concrète des zones en libre évolution, notamment dans les zones urbaines et agricoles. 

Une déclaration commune a été signée par la Présidente du Comité français de l’UICN, Maud Lelievre, et le Secrétaire Général de la Commission nationale française pour l'UNESCO, Alexandre Navarro.

Parmi les engagements pris dans cette déclaration : la poursuite des actions sur la libre évolution et la valorisation de cette approche dans les instances engagées, la poursuite de la convergence des acteurs français de la libre évolution et l’ouverture d’une réflexion sur les formes de valorisation possible de la libre évolution au sein de l’UNESCO (chaire UNESCO spécifique sur la libre évolution, reconnaissance de territoires au Patrimoine Mondial au titre de la libre évolution, proclamation d'une charte internationale de la libre évolution).

Les différents acteurs seront invités également à signer cette déclaration.

Stratégie nationale Biodiversité 2030 : qu’en est-il de la libre évolution ?

Stratégie nationale Biodiversité 2030 : qu’en est-il de la libre évolution ?

E. Macron a publié le 31 juillet la Stratégie Nationale Biodiversité 2030. Mais qu'en est-il de la libre évolution dans ce plan ?

 

Une définition de la protection forte sans ambition

 

Soyons clairs. La libre évolution de la nature telle que nous la concevons, c'est à dire sans intervention humaine hormis les ballades et les études scientifiques ne trouve pas sa place dans ce plan. La notion qui est la plus proche de la libre évolution est la "protection forte" qui est ainsi évoquée :

"Conformément au décret du 12 février 2022 définissant les critères de la protection forte, l'effectivité de la protection forte sera assurée dans ces zones en limitant fortement, voire en supprimant, les pressions engendrées par les activités humaines sur les enjeux écologiques d'importance des zones considérées. Ces activités seront définies au cas par cas en fonction de la réalité de chaque territoire."

La question est bien sûr : qu'est-ce qu'un enjeu écologique d'importance ? On va voir que la chasse, la pêche, l'agriculture et le pâturage peuvent sans problème faire partie des aires de protection forte.

Une nouvelle labellisation d'une partie des aires protégées, qui fait monter artificiellement le chiffre de la protection forte

 

Le ministère acte "la reconnaissance « automatique » comme zone de protection forte de certains outils dès leur création (par exemple à terre : les cœurs de parcs nationaux, les réserves naturelles, les réserves biologiques et les arrêtés de protection) ."
Vous le savez hélas, dans les cœurs de parcs nationaux, les réserves naturelles, les réserves biologiques et les arrêtés de protection, la chasse et la pêche sont le plus souvent autorisées ! Même chose pour l'agriculture, parfois avec pesticides, ou encore le pâturage d'animaux dont les excréments contiennent des subsances chimiques comme les antibiotiques qui impactent la microflore et les insectes.

Il valide aussi "la reconnaissance en protection forte, après examen au cas par cas, d'espaces en forêts domaniales et forêts de protection."(...) "70 000 ha de forêts seront mises en protection forte en métropole dont 50 000 ha de forêts domaniales métropolitaines (soit 10% de forêts domaniales sous protection forte en métropole, chiffre désormais atteint, à travers la création de nouvelles réserves biologiques mais aussi le déploiement de la reconnaissance en protection forte après examen au cas par cas d'espaces terrestres notamment en forêts domaniales et forêts de protection."

Ici il ne s'agit en fait que de changer des espaces de catégorie. La nature et les animaux ne s'apercevront sans doute de rien !

 

Et des espoirs de progrès avec une meilleure protection de certaines aires existantes et la création de nouvelles aires de protection forte

 

Par ailleurs, le ministère s'engage sur :

  • "l'extension, après concertation et analyse multicritère au cas par cas de certaines règles de protection au sein d'aires protégées existantes" : il faut s'attendre à une hausse de la protection de certaines aires protégées, c'est un point à surveiller.
  • "la création de nouvelles aires protégées". Il parle de 450 nouvelles aires protégées (qui ne seront pas toutes en protection forte). C'est là que se portera principalement notre action en multipliant les démarches pour les encourager.
  • "la construction d' un plan de protection des forêts subnaturelles",  ce qui est une bonne chose évidemment !

 

La libre évolution de la nature : un avenir pour nos espaces naturels

La libre évolution de la nature : un avenir pour nos espaces naturels

Article paru dans le magazine Biocontact numéro 348

Le XXIe siècle doit faire face à une crise écologique et climatique sans précédent. En France métropolitaine, 14 % des mammifères, 24 % des reptiles, 23 % des amphibiens et 32 % des oiseaux nicheurs sont menacés de disparition du territoire, tout comme 19 % des poissons d’eau douce selon le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Chaque année, 20 millions d’oiseaux disparaissent en Europe d’après une étude du CNRS et de l’université de Montpellier.

14%Mammifères
24%Reptiles
23%Amphibiens
32%Oiseaux
19%Poissons

La libre évolution de la nature, protégée des pressions humaines, est l’une des solutions efficaces et simples à mettre en œuvre pour apporter une réponse à cette crise environnementale.

La libre évolution de la nature, c’est préserver des lieux dans lesquels la nature possède la plus grande richesse spécifique et la plus grande liberté dans ses processus évolutifs spontanés possibles, afin de permettre à sa capacité de résilience, autrement dit sa capacité de s’adapter à des perturbations, de s’exprimer.

Vieux chêne multicentenaire à larges cavités, symbole de forêt ancienne et de libre évolution

Déclin de la nature et extinction des espèces : un bilan alarmant

Comme l’a rappelé l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) en 2019, « La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier ».

Ce déclin résulte majoritairement d’une disparition ou d’une dégradation des habitats naturels en réponse à une intensification des usages humains, comme l’artificialisation des sols ou la fragmentation des milieux naturels. La surexploitation des milieux (exploitation forestière, agriculture intensive, chasse, pêche), les pollutions multiples, le changement climatique et les espèces exotiques envahissantes participent également à ce déclin.

Aujourd’hui en France, moins de 1,4 % du territoire métropolitain terrestre bénéficie d’une protection « forte » (cœur des parcs nationaux, réserves naturelles, réserves biologiques, les sites faisant l’objet d’un arrêté préfectoral de protection de biotope) mais à l’intérieur de certains de ces espaces de protection « forte », l’exploitation forestière, le pastoralisme, la chasse, la pêche, la cueillette sont malgré tout autorisés.

0,6 % du territoire national seulement correspond à des espaces exempts d’intervention humaine qui protège l’ensemble du vivant.

Une solution efficace : la multiplication des espaces en libre évolution

L’idée est simple. Il s’agit de créer les bonnes conditions pour que la nature s’autogère sans intervention humaine et évolue sans contraintes. Comment ? Il suffit de laisser des espaces de nature tranquilles, sans que l’humain n’y fasse rien. Dans ces espaces, il n’y a ni exploitation du bois ou du sol, ni chasse, ni pêche, ni cueillette ou loisirs bruyants. Seules les promenades et études scientifiques sont permises.

Sans exploitation du bois ou du sol
Sans chasse
Sans pêche
Sans cueillette
Sans loisirs bruyants
Promenades et études scientifiques permises

Les arbres morts y sont laissés tels quels, pour qu’ils deviennent des écosystèmes précieux pour d’autres êtres vivants.

Il est vrai que plus ces espaces sont grands, plus ils sont profitables à la nature. Mais ces espaces sont possibles et bénéfiques à toutes les échelles.

Une façon simple de protéger la faune… et la flore

Plus un milieu est riche en biodiversité, plus il est résistant et résilient. Laisser les processus écologiques spontanés apparaître, protégés de toute activité humaine d’extraction, et notamment de la chasse, favorise ainsi la protection, la diversité et le retour d’espèces animales, végétales et fongiques, dont certaines sont liées à la maturité des écosystèmes.

Les forêts en libre évolution, composées d’un mélange équilibré d’essences contrastées, offrent une protection naturelle contre les invasions massives de ravageurs en réduisant leur capacité à se propager rapidement. Elles sont donc moins vulnérables aux attaques de scolytes.

Les forêts, par exemple, représentent une réserve importante de biodiversité et tout particulièrement les forêts non exploitées dans lesquelles on laisse vieillir les arbres et on conserve le bois mort.

Jusqu’à un tiers des espèces forestières dépendent du bois mort et de nombreuses espèces vivent sur les troncs et dans les cavités des vieux arbres.

Vieux chêne multicentenaire à larges cavités, symbole de forêt ancienne et de libre évolution
Forêt naturelle laissée en libre évolution

41 % des espèces d’oiseaux forestiers de France métropolitaine dépendent des cavités présentes sur les vieux arbres ou sur les arbres morts pour se reproduire (1). Parmi elles, on trouve celles qui creusent elles-mêmes leur loge, comme les pics, mais aussi celles qui s’installent dans les cavités existantes, comme les chouettes, les sittelles ou les mésanges. Mais les oiseaux ne sont pas les seuls à utiliser les cavités des arbres.

Nombreux sont les mammifères qui peuplent nos forêts et qui dépendent des cavités, excroissances et blessures des arbres : martres, fouines, lérots, écureuils, genettes ou encore chauves-souris déclinent si le nombre d’abris présents n’est pas suffisant.

Dans ces écosystèmes naturels, les grands prédateurs tels que le loup, le lynx et dans une moindre mesure l’ours ont toute leur place. Le lynx et le loup profitent des arbres renversés et restés au sol pour cacher leur tanière. Ils jouent un rôle indispensable dans la régulation des animaux sauvages, en chassant les animaux les plus faibles et les plus malades, permettant ainsi de conserver une faune en bonne santé.

Par ailleurs, en limitant les effectifs d’ongulés sauvages par la prédation (cerfs, chevreuils et sangliers) et une dispersion des animaux qui se sentent menacés (écologie de la peur), les loups permettent aux plantes et aux arbres de se régénérer.

Pic épeiche sur un tronc d’arbre, espèce dépendante des vieux arbres et du bois mort

Avec plus de forêts en libre évolution, sans chasse, qui s’enrichissent au fil des années, on pourrait voir se développer de nombreux autres oiseaux qui craignent le dérangement, comme les cigognes noires, et observer la faune sauvage plus facilement. La faune cesserait de fuir systématiquement à l’approche des humains et retrouverait ses habitudes diurnes. Avez-vous, par exemple, déjà eu le plaisir d’entendre les cerfs bramer de jour ?

Au contraire, dans les espaces ouverts, un surpâturage des animaux domestiques a de nombreux effets négatifs comme la concurrence avec les ongulés sauvages et la disparition des insectes, détruits par les traitements antiparasitaires.

Les zones en libre évolution regorgent ainsi de vie qui peut se diffuser alentour.

Un soutien face aux aléas environnementaux et au dérèglement climatique

Les écosystèmes en libre évolution contribuent à améliorer la qualité de l’air. C’est le cas des zones humides, qui ont une capacité de stockage du carbone très importante, et des vieilles forêts.

En effet, plus nous laissons une forêt vieillir naturellement, plus sa biomasse est importante et donc plus la quantité de carbone stocké est importante. Par ailleurs, les forêts non cultivées qui ont une canopée dense laissent peu passer la lumière, via des processus d’absorption et de réflexion du rayonnement solaire, ce qui permet de diminuer la température ambiante et de réguler l’hygrométrie de la forêt.

Les écosystèmes en libre évolution jouent aussi un rôle dans la purification de l’eau. Dans les bassins versants boisés naturellement, dans lesquels les pressions anthropiques sont minimes (canalisation des activités touristiques sur les sentiers), l’érosion est réduite et la perméabilité des sols est augmentée. Les forêts captent ainsi mieux l’eau de pluie, retardant les pics de crue, voire évitant les inondations.

Par ailleurs, une forêt en libre évolution a le temps de développer un réseau racinaire dans un sol riche, et ainsi de purifier l’eau plus efficacement.

Les zones humides préservées agissent comme des éponges naturelles qui peuvent stocker de grands volumes d’eau lentement libérés dans les rivières et les nappes phréatiques.

Les changements climatiques exposent les milieux naturels à une recrudescence d’événements extrêmes (incendies, tempêtes). Or les risques d’incendies sont plus modérés dans les forêts naturelles non exploitées. Ainsi, les feux de forêt se propagent plus facilement dans les forêts cultivées dominées par les conifères que dans les forêts mélangées associant des conifères à des essences feuillues, moins inflammables.

On trouve dans les forêts anciennes ou en libre évolution une composition complexe, avec de multiples strates, une densité moindre et un niveau d’humidité (présence de gros bois mort notamment) qui contribue à les rendre moins vulnérables aux incendies (2).

Même constat par rapport au vent : les forêts mélangées et avec une strate arbustive semblent en moyenne plus résistantes aux tempêtes quand elles associent conifères et feuillus.

En respectant la nature, l’homme se respecte

Dans les espaces en libre évolution, il ne s’agit pas d’exclure l’homme. Nous avons le droit de tout faire, sauf abîmer, détruire, exploiter, extraire, déranger.

N’oublions pas que l’homme fait partie de la nature. Il est normal de la respecter, notre survie en dépend, comme celle de tout le vivant ! La nature n’a pas besoin de nous, mais nous, nous avons besoin de la nature !

Comme le préconise la Commission Européenne, consacrons 10 % de notre territoire à la nature en libre évolution, d’ici 2030.

Animal Cross, acteur engagé pour la libre évolution en France

Face à l'effondrement de la biodiversité et à l'artificialisation croissante des milieux naturels, Animal Cross défend une idée simple : certains espaces doivent être laissés à la nature, afin qu'elle puisse retrouver sa pleine capacité d'évolution, de résilience et d'autorégulation.

Depuis plusieurs années, notre association œuvre pour faire connaître et développer la libre évolution en France. Nous sommes convaincus qu'elle constitue l'un des outils les plus efficaces, les moins coûteux et les plus respectueux du vivant pour préserver durablement les écosystèmes, lutter contre le dérèglement climatique et permettre le retour d'une biodiversité riche et fonctionnelle.

Notre action s'articule autour de cinq missions complémentaires :

Sensibiliser le grand public et les décideurs
Faire évoluer les politiques publiques
Animer la Coordination Libre Évolution
Accompagner les propriétaires fonciers
Créer de nouvelles zones protégées
Préserver durablement le vivant

Animal Cross anime notamment la Coordination Libre Évolution, un collectif réunissant 19 associations de protection de l'environnement et des animaux. Ensemble, nous portons une vision ambitieuse : permettre à la nature de disposer d'espaces suffisamment vastes et protégés pour que les processus écologiques puissent s'exprimer librement.

Sur le terrain, nous accompagnons les propriétaires privés, les entreprises, les agriculteurs et les collectivités qui souhaitent protéger leurs espaces naturels. Nous les aidons à mettre en place des outils juridiques pérennes, notamment les Obligations Réelles Environnementales (ORE), afin que ces engagements demeurent valables même en cas de changement de propriétaire.

Dans le Sud-Ouest, région pilote de notre programme, nous travaillons à la création de nouvelles zones de libre évolution au sein de forêts, de zones humides, de landes et d'autres habitats naturels remarquables. Chaque hectare préservé constitue une contribution concrète à la protection du vivant et à la transmission d'un patrimoine naturel intact aux générations futures.

19associations partenaires
80 000+personnes sensibilisées
OREoutil de protection à long terme
Sud-Ouestterritoire pilote
10%du territoire à protéger
Nous n'avons pas besoin de gérer chaque mètre carré de nature. Nous avons besoin de lui laisser suffisamment d'espace pour qu'elle puisse vivre.

Conformément aux recommandations de la Commission européenne et de nombreux scientifiques, Animal Cross soutient l'objectif de consacrer au moins 10 % du territoire à la libre évolution d'ici 2030. Cette ambition représente une opportunité historique de restaurer les écosystèmes, de protéger les espèces sauvages et de renforcer notre résilience face aux crises environnementales.

Que vous soyez propriétaire d'un terrain, élu local, chef d'entreprise ou simple citoyen, vous pouvez participer à cette démarche. Ensemble, faisons de la libre évolution une réalité pour la nature et pour les générations futures.

Rivière traversant une forêt naturelle, exemple de zone humide préservée

Laissez votre terrain en libre évolution et assurez-vous que les propriétaires futurs respecteront votre choix

Les obligations réelles environnementales (ORE) sont un dispositif foncier de protection de l’environnement.

Codifiées à l’article L. 132-3 du code de l’Environnement, les ORE sont inscrites dans un contrat au terme duquel le propriétaire d’un bien immobilier met en place une protection environnementale attachée à son bien, pour une durée pouvant aller jusqu’à 99 ans. La finalité du contrat ORE-libre évolution est de laisser la nature évoluer librement sans extraction ni intervention humaine (en dehors des promenades et études).

Dans la mesure où les obligations sont attachées au bien, elles perdurent même en cas de changement de propriétaire.

La mise en place d’une ORE nécessite que le propriétaire signe un contrat établi en forme authentique, avec un cocontractant qui peut être :

– une collectivité publique,

– un établissement public,

– ou une personne morale de droit privé agissant pour la protection de l’environnement.

Si vous souhaitez protéger votre propriété à long terme, l’association Animal Cross propose d’être cette personne morale ou, si ce n’est pas possible, de vous mettre en relation avec un autre acteur.

Vous souhaitez protéger votre terrain ?

Valérie Thomé, vice-présidente d’Animal Cross.

1. Vallauri D., Andre J., Dodelin B., Eynard-Machet R., Rambaud D. – 2005. Bois morts et à cavités, une clé pour des forêts vivantes : synthèse du colloque de Chambéry du 25 octobre 2004. TEC & DOC: 405 p

2. Prévention du risque incendie et biodiversité dans les forêts françaises - Note de l’UICN et de la société botanique de France : consulter la note

La prévention des incendies doit-elle remettre en cause la libre évolution des forêts ?

La prévention des incendies doit-elle remettre en cause la libre évolution des forêts ?

Les incendies de l’été 2022 en France ont été d’une violence inouïe. Il est donc normal, après de tels épisodes, de se poser des questions en termes de prévention. L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des incendies doit-elle remettre en question la présence de forêts en libre évolution ?
Les associations de la Coordination Libre Evolution répondent.

Incendies : la monoculture en question

Les incendies qui ont touché les Landes de Gascogne l’été dernier ont marqué les esprits, atteignant des dizaines de milliers d’hectares. Le constat est effrayant. Mais peut-on comparer la « forêt » des Landes à  une forêt naturelle ?

Il est important de comprendre que la « forêt » des Landes n’est pas une véritable forêt mais une plantation, un champ d’arbres. Cette « forêt » est essentiellement composée de pins maritimes, des résineux naturellement inflammables et dont la reproduction naturelle est stimulée par le feu (on les qualifie pour cela de « pyrophiles »). En outre, comme les arbres ont presque tous le même âge, la propagation du feu par les houppiers de même hauteur est facilitée, ce qui aggrave l’intensité des incendies (feux de cimes). Enfin et surtout, ces pins ont été plantés sur d’anciennes zones humides et des tourbières asséchées par un drainage excessif. Ces sols organiques asséchés sont connus pour brûler en profondeur. Les feux sont aussi facilités par la litière des aiguilles, qui est hydrophobe. Tout se conjugue donc pour que les feux soient fréquents et difficiles à maitriser !

Et pourtant, les forêts des Landes étaient à l’origine composées d’espèces feuillues : chênaies, aulnaies ou saulaies selon l’humidité des lieux, dont l’ensemble constituait de véritables pare-feu.

Forêts en libre évolution : résistance et résilience

Autre réalité, autre lieu : les Canaries, en proie à des sécheresses intenses depuis quelques décennies. L’incendie qui a ravagé 10 % de l’île de la Gomera en 2012 s’est arrêté aux portes de la forêt primaire1. Alors pourquoi une telle différence ?
Les forêts naturelles en libre évolution, extrêmement diversifiées en espèces d’arbres, résistent très bien aux incendies. D’abord parce qu’elles sont principalement composées de feuillus, beaucoup moins inflammables que les résineux. Ensuite parce qu’elles sont peuplées d’arbres d’âges très variés. Les gros arbres agissent en dissipateurs de chaleur. En effet, plus un arbre est âgé, plus son écorce est épaisse et plus il est résistant aux flammes.
Une forêt naturelle comporte de nombreux étages de végétation, qui permettent de retenir l’humidité et de freiner le vent. Les sous-bois denses de feuillus entretiennent une atmosphère humide.
En plus de l’évapotranspiration du couvert forestier dense, les gros bois morts sont riches en eau, qu’ils restituent au sous-bois. Enfin les sols profonds des forêts en libre évolution retiennent les eaux de pluie.

Faut-il systématiquement entretenir les forêts ?

Prévenir ces feux passerait-il alors par une meilleure gestion des forêts, régulièrement débroussaillées ? Dans la « forêt » des Landes, où le sous-étage est absent ou régulièrement éliminé, de nombreuses pinèdes ont malgré tout été totalement détruites.  L’entretien récurrent de la forêt, au sens sylvicole, est donc assurément un faux débat. Dans ce contexte, il ne faut pas oublier que 90% des départs de feu sont d’origine anthropique2. Or les forêts débroussaillées favorisent la pénétration humaine et les comportements irresponsables.
Même une forêt méditerranéenne dense et peu pénétrée ne brûle que très rarement à l’état naturel. Hélas, les forêts méditerranéennes en bon état de conservation écologique sont rares.

Bien sûr, au-delà d’une certaine puissance du feu, toutes les forêts brûlent, qu’elles soient artificielles ou naturelles. Cela n’empêche pas que ces dernières résistent mieux à une partie des incendies que les premières.

Une relation à la nature qui doit évoluer

Le changement climatique et les mégafeux font apparaître un vrai questionnement sur notre relation à la nature. L’humain va-t-il continuer à se penser comme responsable de la biodiversité et des décisions ou bien va-t-il enfin miser sur la nature et sa résilience ? Voilà des millions d’années que la forêt existe. Elle a su surmonter tous les bouleversements climatiques et nous voudrions la gérer partout ?

Offrons 10% de notre territoire à la nature, sans intervention humaine. Redonnons de la place au vivant !

1 Angel Fernandez Lopez, conservateur du parc naturel Garajonay à la Gomera  www.vieillesforets.com
https://www.ecologie.gouv.fr/prevention-des-feux-foret

 

Associations signataires :

  • Francis Hallé – Association Francis Hallé pour la forêt primaire – Président
  • Gilbert Cochet – Forêts Sauvages – Président
  • Valérie Thomé – Animal Cross – Vice-présidente
  • Julie  de Saint Blanquat – Etats Sauvages – Présidente
  • Marc Giraud – Association pour la protection des animaux sauvages ASPAS – Porte-Parole
  • Michel Jarry – France Nature Environnement Auvergne Rhône-Alpes  – Président
  • Gwenola Kervigant – Bretagne Vivante – Présidente
  • Michèle Grosjean – Alsace nature – Présidente
  • Jean-François Petit – Libre Forêt – Président
  • Jean-Marie Ouary – Mille Traces – Cofondateur
  • Alexandre Patureau – Wild Bretagne
  • Toby Aykroyd – Wild Europe – Directeur
  • Emmanuel Forrichon – FNE Occitanie Pyrénées – Vice président
« Protégeons le vivant ! » : un recueil au profit d’Animal Cross

« Protégeons le vivant ! » : un recueil au profit d’Animal Cross

Nous sommes heureux de vous présenter « Protégeons le vivant ! » un recueil au profit d’Animal Cross imaginé par l’auteure Claire Sibille. 

Découvrez à travers les nouvelles, les poèmes, les slams et les BD de ce recueil, des sujets très variés comme la corrida, la chasse, l'abandon ou encore la disparition des espèces. 

En lisant ces différents écrits, vous allez contribuer au combat qu’Animal Cross et les différents auteurs de ce recueil mènent au quotidien.

Un immense merci à ce collectif d'auteurs, d'illustrateurs et de professionnels de l'écriture engagés pour la biodiversité qui ont mené à bien ce projet. Et surtout un immense merci à Claire Sibille. Vous pouvez retrouver le site internet de Claire Sibille juste ici !

Ce recueil est disponible sur BoD Librairie à seulement 12€ ! Vous pouvez également le choisir au format e-book à 0,99€ ! 

Les auteurs et illustrateurs de ce livre : 

Jean-Baptiste Andrea, Frédérique Anne, Marion Berho, Nadia Bourgeois, Marie Garin, Liane Langenbach, Eric Mangattale, Thibault Marlin, Maureen Mellet, Mona Messine, Cléa Mosaïque, Céline Picard, Fanny Pierot, Claire Sibille.