La prévention des incendies doit-elle remettre en cause la libre évolution des forêts ?

La prévention des incendies doit-elle remettre en cause la libre évolution des forêts ?

Les incendies de l’été 2022 en France ont été d’une violence inouïe. Il est donc normal, après de tels épisodes, de se poser des questions en termes de prévention. L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des incendies doit-elle remettre en question la présence de forêts en libre évolution ?
Les associations de la Coordination Libre Evolution répondent.

Incendies : la monoculture en question

Les incendies qui ont touché les Landes de Gascogne l’été dernier ont marqué les esprits, atteignant des dizaines de milliers d’hectares. Le constat est effrayant. Mais peut-on comparer la « forêt » des Landes à  une forêt naturelle ?

Il est important de comprendre que la « forêt » des Landes n’est pas une véritable forêt mais une plantation, un champ d’arbres. Cette « forêt » est essentiellement composée de pins maritimes, des résineux naturellement inflammables et dont la reproduction naturelle est stimulée par le feu (on les qualifie pour cela de « pyrophiles »). En outre, comme les arbres ont presque tous le même âge, la propagation du feu par les houppiers de même hauteur est facilitée, ce qui aggrave l’intensité des incendies (feux de cimes). Enfin et surtout, ces pins ont été plantés sur d’anciennes zones humides et des tourbières asséchées par un drainage excessif. Ces sols organiques asséchés sont connus pour brûler en profondeur. Les feux sont aussi facilités par la litière des aiguilles, qui est hydrophobe. Tout se conjugue donc pour que les feux soient fréquents et difficiles à maitriser !

Et pourtant, les forêts des Landes étaient à l’origine composées d’espèces feuillues : chênaies, aulnaies ou saulaies selon l’humidité des lieux, dont l’ensemble constituait de véritables pare-feu.

Forêts en libre évolution : résistance et résilience

Autre réalité, autre lieu : les Canaries, en proie à des sécheresses intenses depuis quelques décennies. L’incendie qui a ravagé 10 % de l’île de la Gomera en 2012 s’est arrêté aux portes de la forêt primaire1. Alors pourquoi une telle différence ?
Les forêts naturelles en libre évolution, extrêmement diversifiées en espèces d’arbres, résistent très bien aux incendies. D’abord parce qu’elles sont principalement composées de feuillus, beaucoup moins inflammables que les résineux. Ensuite parce qu’elles sont peuplées d’arbres d’âges très variés. Les gros arbres agissent en dissipateurs de chaleur. En effet, plus un arbre est âgé, plus son écorce est épaisse et plus il est résistant aux flammes.
Une forêt naturelle comporte de nombreux étages de végétation, qui permettent de retenir l’humidité et de freiner le vent. Les sous-bois denses de feuillus entretiennent une atmosphère humide.
En plus de l’évapotranspiration du couvert forestier dense, les gros bois morts sont riches en eau, qu’ils restituent au sous-bois. Enfin les sols profonds des forêts en libre évolution retiennent les eaux de pluie.

Faut-il systématiquement entretenir les forêts ?

Prévenir ces feux passerait-il alors par une meilleure gestion des forêts, régulièrement débroussaillées ? Dans la « forêt » des Landes, où le sous-étage est absent ou régulièrement éliminé, de nombreuses pinèdes ont malgré tout été totalement détruites.  L’entretien récurrent de la forêt, au sens sylvicole, est donc assurément un faux débat. Dans ce contexte, il ne faut pas oublier que 90% des départs de feu sont d’origine anthropique2. Or les forêts débroussaillées favorisent la pénétration humaine et les comportements irresponsables.
Même une forêt méditerranéenne dense et peu pénétrée ne brûle que très rarement à l’état naturel. Hélas, les forêts méditerranéennes en bon état de conservation écologique sont rares.

Bien sûr, au-delà d’une certaine puissance du feu, toutes les forêts brûlent, qu’elles soient artificielles ou naturelles. Cela n’empêche pas que ces dernières résistent mieux à une partie des incendies que les premières.

Une relation à la nature qui doit évoluer

Le changement climatique et les mégafeux font apparaître un vrai questionnement sur notre relation à la nature. L’humain va-t-il continuer à se penser comme responsable de la biodiversité et des décisions ou bien va-t-il enfin miser sur la nature et sa résilience ? Voilà des millions d’années que la forêt existe. Elle a su surmonter tous les bouleversements climatiques et nous voudrions la gérer partout ?

Offrons 10% de notre territoire à la nature, sans intervention humaine. Redonnons de la place au vivant !

1 Angel Fernandez Lopez, conservateur du parc naturel Garajonay à la Gomera  www.vieillesforets.com
https://www.ecologie.gouv.fr/prevention-des-feux-foret

 

Associations signataires :

  • Francis Hallé – Association Francis Hallé pour la forêt primaire – Président
  • Gilbert Cochet – Forêts Sauvages – Président
  • Valérie Thomé – Animal Cross – Vice-présidente
  • Julie  de Saint Blanquat – Etats Sauvages – Présidente
  • Marc Giraud – Association pour la protection des animaux sauvages ASPAS – Porte-Parole
  • Michel Jarry – France Nature Environnement Auvergne Rhône-Alpes  – Président
  • Gwenola Kervigant – Bretagne Vivante – Présidente
  • Michèle Grosjean – Alsace nature – Présidente
  • Jean-François Petit – Libre Forêt – Président
  • Jean-Marie Ouary – Mille Traces – Cofondateur
  • Alexandre Patureau – Wild Bretagne
  • Toby Aykroyd – Wild Europe – Directeur
  • Emmanuel Forrichon – FNE Occitanie Pyrénées – Vice président
« Protégeons le vivant ! » : un recueil au profit d’Animal Cross

« Protégeons le vivant ! » : un recueil au profit d’Animal Cross

Nous sommes heureux de vous présenter « Protégeons le vivant ! » un recueil au profit d’Animal Cross imaginé par l’auteure Claire Sibille. 

Découvrez à travers les nouvelles, les poèmes, les slams et les BD de ce recueil, des sujets très variés comme la corrida, la chasse, l'abandon ou encore la disparition des espèces. 

En lisant ces différents écrits, vous allez contribuer au combat qu’Animal Cross et les différents auteurs de ce recueil mènent au quotidien.

Un immense merci à ce collectif d'auteurs, d'illustrateurs et de professionnels de l'écriture engagés pour la biodiversité qui ont mené à bien ce projet. Et surtout un immense merci à Claire Sibille. Vous pouvez retrouver le site internet de Claire Sibille juste ici !

Ce recueil est disponible sur BoD Librairie à seulement 12€ ! Vous pouvez également le choisir au format e-book à 0,99€ ! 

Les auteurs et illustrateurs de ce livre : 

Jean-Baptiste Andrea, Frédérique Anne, Marion Berho, Nadia Bourgeois, Marie Garin, Liane Langenbach, Eric Mangattale, Thibault Marlin, Maureen Mellet, Mona Messine, Cléa Mosaïque, Céline Picard, Fanny Pierot, Claire Sibille.

DES LYCEENS DU LYCEE PAUL REY DE NAY EXPLIQUENT LA LIBRE ÉVOLUTION DE LA NATURE SUR FRANCE INTER

DES LYCEENS DU LYCEE PAUL REY DE NAY EXPLIQUENT LA LIBRE ÉVOLUTION DE LA NATURE SUR FRANCE INTER

Depuis un an et demi, Animal Cross travaille avec des jeunes lycéens du lycée Paul Rey de Nay sur la libre évolution de la nature, accompagnés par leur professeure de SVT : Corinne Lamaille. 

Les élèves ont suivi notre kit pédagogique pour les jeunes, qui explique les différentes étapes à mettre en place afin de trouver des terrains à mettre en libre évolution. C’est un projet qu’ils ont eu à cœur de faire aboutir. Ils l’ont très bien expliqué lors de leur participation à notre conférence sur la libre évolution en septembre 2022.

Jeudi 2 février, les élèves ont pu expliquer leur projet sur France Inter : Lycée + biodiversité : même combat ! Le but était de sensibiliser sur la libre évolution de la nature et d’expliquer qu’il était possible de le faire chez soi. De plus, ils étaient heureux de nous annoncer que suite à leurs demandes de terrains auprès des maires des communes voisines, ils avaient obtenu une dizaine de réponses positives et que ceux-ci étaient prêts à leur mettre à disposition des terrains. Aujourd’hui, trois terrains de 1,5 hectare chacun leur sont proposés.

Nous sommes vraiment heureux que les plus jeunes se soient mobilisés sur ce grand sujet encore méconnu qu’est la libre évolution. C’est une cause qui nous tient énormément à cœur. 

Si vous aussi, vous connaissez des jeunes ou bien des professeurs qui pourraient être intéressés par la libre évolution, parlez-en ! Animal Cross s’engage à vous soutenir dans votre démarche.

Animal Cross, avec d’autres associations, publie une tribune dans LE MONDE : « Face au dérèglement climatique et à l’extinction des espèces, il est urgent d’augmenter les surfaces d’aires protégées »

Animal Cross, avec d’autres associations, publie une tribune dans LE MONDE : « Face au dérèglement climatique et à l’extinction des espèces, il est urgent d’augmenter les surfaces d’aires protégées »

Préservation des espèces, meilleure séquestration du carbone, risques d’incendie diminués… Détaillant les atouts écologiques et socio-économiques des espaces en libre évolution de la nature, un collectif de scientifiques et de responsables d’associations réunis au sein de la COORDINATION LIBRE EVOLUTION (dont Animal Cross est fondateur) appelle, dans une tribune au « Monde », à accroître leur développement.

Voir l’article du journal Le Monde :

Publié le 23 décembre à 17h00, mis à jour à 17h00 Temps de Lecture 4 min.

Face à la sixième crise d’extinction des espèces, face au dérèglement climatique, qui a pris des proportions inattendues en France avec les feux de cet été, il est urgent de réagir pour adopter une stratégie adaptée aux enjeux et mieux protéger notre territoire. La France s’est fixé l’objectif de 10 % du territoire en protection forte d’ici 2030.

Cette notion française de protection forte ne correspond pas à la protection stricte souhaitée par l’Union européenne (UE), beaucoup plus protectrice. Cette dernière a élaboré une stratégie pour la biodiversité 2030 dans laquelle 10 % de chaque pays doivent être protégés de façon stricte, c’est-à-dire sans activité extractive (coupe de bois, pâturage, chasse, pêche).

On constate depuis longtemps que le pâturage de troupeaux domestiques et l’exploitation du bois sont admis dans les cœurs de parcs nationaux comme dans une majorité de réserves naturelles et la chasse se pratique dans les réserves naturelles, les réserves biologiques intégrales et certains parcs nationaux.

1,54 % du territoire bénéficie d’une protection dite « forte »

Or la protection forte devrait impliquer des aires protégées réellement consacrées uniquement à la nature et à ses processus écologiques évolutifs, non pas à ces usages. Aujourd’hui en France, moins de 1,54 % du territoire métropolitain terrestre bénéficie d’une protection dite « forte ». A ce jour, on peut estimer que seulement 0,6 % du territoire terrestre métropolitain français assure la libre expression des processus naturels (selon l’INPN).

Le pâturage par des animaux domestiques dans les parcs nationaux a de nombreux effets négatifs comme la régression de multiples plantes, l’érosion des sols, l’eutrophisation des lacs d’altitude et des prairies, la destruction des zones humides, la concurrence avec les ongulés sauvages (bouquetins, chamois, cerfs, mouflons) et la disparition des insectes à cause des traitements antiparasitaires des animaux domestiques avec des produits chimiques toxiques et rémanents.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Biodiversité : la COP15 au défi de protéger 30 % de la planète… et les 70 % restants. L’exploitation du bois fait automatiquement régresser les espèces strictement forestières, liées aux bois morts et aux vieux arbres. La chasse rend l’observation de la faune sauvage plus difficile, favorise artificiellement certaines espèces chassables, comme le sanglier, qui menace l’avifaune nichant au sol, ou comme le cerf, dont l’impact sur la végétation n’est pas négligeable sur des sols pauvres.

De réels sanctuaires de la vie sauvage

Enfin, la chasse peut entraîner des tirs illégaux sur les grands prédateurs (ours, loups, lynx), qui sont perçus comme des concurrents indésirables. Face au dérèglement climatique et à l’extinction des espèces, il est urgent d’augmenter les surfaces d’aires protégées mais surtout d’y développer la libre évolution sans exploitation forestière, sans pastoralisme, sans chasse et sans pêche.

Ces aires protégées en libre évolution assurent une préservation efficace des espèces qui y vivent et favorisent le développement des processus écologiques spontanés sur le long terme (production primaire, herbivorie, prédation, nécrophagie, décomposition de la matière organique, perturbations…), ce qui tend à rendre les écosystèmes plus complexes et plus résilients.

Elles permettent également une meilleure séquestration du carbone dans la végétation ligneuse et dans les sols non perturbés. Enfin, elles remplissent réellement leur rôle de sanctuaires de la vie sauvage si elles accueillent des ongulés et leurs prédateurs (ours, loup, lynx) ou si elles favorisent leur retour sans conflit du fait de l’absence d’usages anthropiques, créant ainsi des réseaux trophiques robustes capables de réagir positivement aux changements globaux et assurant une prédation et une dispersion efficace des grands herbivores.

Un atout sur le plan socio-économique

Il est temps de montrer le rôle écologique du loup dans un écosystème naturel, capable d’exercer une limitation des effectifs d’ongulés sauvages par prédation et une dispersion des animaux toujours en alerte, les forçant à exercer ainsi leur impact sur la végétation de façon plus diffuse, ce que l’on appelle l’« écologie de la peur ». Ces aires protégées en libre évolution permettraient de mesurer les aspects bénéfiques directs et indirects du retour des grands prédateurs, notamment sur la régulation des populations d’ongulés et de mésoprédateurs.

Elles sont également un atout sur le plan socio-économique, pour le faible entretien qu’elles génèrent, pour leur attractivité en matière de tourisme de nature, pour leur intérêt pédagogique et scientifique en tant que témoin face aux changements globaux, fournissant ainsi de précieuses informations pour une gestion des ressources naturelles soutenables dans les territoires voisins.

Du côté des incendies, rappelons d’abord que moins de 10 % des départs de feu en forêt seraient d’origine naturelle. Les risques d’incendies sont plus modérés dans les forêts naturelles, surtout si elles sont de taille importante, ce qui favorise les effets bénéfiques de l’évapotranspiration et des aérosols initiateurs de pluies.

Un questionnement sur notre domination de la nature

Excepté en haute montagne, les forêts naturelles sont le plus souvent constituées de feuillus, qui brûlent beaucoup moins que les résineux. Le bois mort, caractéristique des forêts en libre évolution, regorge d’humidité. Les gros arbres agissent en dissipateurs de la chaleur, le sous-bois et les différents étages de la végétation protègent le sol de la chaleur, les sols profonds retiennent les eaux de pluie…

Sur le plan éthique, la libre évolution nous questionne sur notre attitude de domination de la nature. Selon la philosophe Virginie Maris, la nature peut être vue comme une « extériorité » permettant de « borner notre empire » (La Part sauvage du monde, Seuil, 2018)Pour le philosophe Baptiste Morizot : « La libre évolution n’est pas une mise sous cloche, mais la préservation de potentiels évolutifs, de résilience et de dynamiques écologiques spontanées nécessaires en elles-mêmes et autour. »

Cet accroissement de la superficie des aires en protection stricte peut être le levier de dialogues indispensables et riches entre citoyens, associatifs, socio-professionnels et institutionnels et de réflexions partagées pour construire l’avenir même des territoires concernés par ces aires.

Dialogue aussi sur tout ce qui peut s’imaginer et se construire en articulation directe avec elles, comme autant de facteurs de développement local soutenable fondé sur des pratiques agricoles, sylvicoles, touristiques, artisanales, scientifiques, éducatives et sociales respectueuses de la nature. Pour notre avenir, redonnons de la place au vivant, offrons 10 % de la France à la nature en libre évolution.

Toby Aykroyd, directeur de Wild Europe ; Gilbert Cochet, président de Forêts sauvages ; Eric Fabre, cofondateur de l’Association Francis Hallé pour la forêt primaire ; Emmanuel Forichon, vice-président de France Nature Environnement (FNE) Midi-Pyrénées ; Jean-Claude Génot, vice-président de Forêts sauvages ; Marc Giraud, porte-parole de l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) ; Michèle Grosjean, présidente d’Alsace Nature ; Francis Hallé, botaniste ; Michel Jarry, président de FNE Auvergne Rhône-Alpes ; Salvatore La Rocca, coprésident de Lorraine Nature Environnement ; Jean-François Petit, président de Libre Forêt ; Julie de Saint Blanquat, présidente d’Etats sauvages ; Valérie Thomé, vice-présidente d’Animal Cross.

Urgent : la libre évolution des espaces menacée en Nouvelle-Aquitaine. Agissez !

Urgent : la libre évolution des espaces menacée en Nouvelle-Aquitaine. Agissez !

Les espaces en libre évolution (espaces sans intervention humaine) dont nous vous parlons régulièrement sont menacés  par un nouveau document de gestion qui s'appliquera pour toute la région Nouvelle Aquitaine pour les années à venir.
Le Schéma Régional de Gestion Sylvicole ou S.R.G.S est le document cadre pour la mise en oeuvre de la politique de gestion durable des forêts privées.
Ce document, élaboré par des personnes qui veulent obtenir un maximum de rentabilité de la forêt:
- limite les espaces en libre évolution à 10 % si vous possédez une forêt et que vous faites un plan simple de gestion, (obligatoire si vous avez plus de 25 ha et que vous voulez exploiter une partie de votre forêt).  Vous avez donc l'obligation de l'exploiter sur 90 % de sa surface !

- ne limite en rien l'exploitation catastrophique du bois comme les coupes rases par exemple.

 

Nous devons y répondre avant le 3 novembre pour nous y opposer.
 
Nous avons préparé une réponse dont chacun peut s'inspirer (pas de copier-coller svp, sinon cela ne sera pas pris en compte). Tout le monde peut y répondre, pas besoin d'être de Nouvelle Aquitaine.

SUGGESTION DE REPONSE A ENVOYER PAR MAIL A  :  srgs.draaf-nouvelle-aq*******@**************uv.fr

Je ne suis pas favorable à ce projet de SRGS pour la région Nouvelle Aquitaine. En voici les raisons.

Modalités

Au plan des modalités, la consultation est très technique, les documents joints totalisent 844 pages, sans inclure de synthèse mettant en exergue pour le grand public les points clés de la consultation ; il s’agit donc d’une pseudo consultation, excluant de fait le grand public. C’est d’ailleurs ce que montre la consultation préalable : il n’y a eu que 17 contributeurs !!

Généralités

Il ne suffit pas d’employer les « bons termes « que sont « résilience des forêts«, prise en compte des « changements climatiques »,  « maintien de la diversité biologique », « régénération des peuplements », etc … pour que le projet serve réellement ces buts. C’est même finalement l’opposé qui se profile.

C’est d’ailleurs bien l’avis de l’Autorité Environnementale, qui synthétise au 24 mars 2022 :  «Mais ces intentions … ne présentent pas assez de garanties de prise en compte effective des enjeux environnementaux dans les documents de gestion des propriétaires forestiers, du fait de leur caractère insuffisamment ambitieux et seulement incitatif «.

  • Ce ne sont que de simples recommandations non contraignantes

La biodiversité n’est pas au cœur des préoccupations

Ce SRGS ne comporte aucune mesure contraignante, permettant ainsi tous les modes de gestion de la forêt :

  • La diversité des essences n’est pas imposée comme levier de résilience, aucune prescription claire sur le mélange d’essences,

  • Abaissement des diamètres d’exploitabilité, sans en exposer les conséquences,

  • Aucune contrainte pour l’exploitation des forêts mâtures ou anciennes,

  • Pas d’étude d’impact pour les monocultures, les projets de reboisement, ou encore l’usage d’essences non autochtones,

  • Pas d’étude d’impact pour les plantations d’essences lointaines 

  • Pas de directive pour les essences OGM

La libre évolution découragée

La libre évolution, dont les bienfaits sont promus par nombre d’associations dont Animal Cross, se voit ici contrariée. Ce SRGS dissuade les propriétaires et gestionnaires de forêt de laisser une partie de leur forêt en libre évolution.

  • Interdiction d’affecter plus de 10% de la surface en Libre Evolution,

  • C’est en contradiction avec les engagements de la France (selon ce que l’on entend par protection forte),

  • Aucune justification scientifique à cette limite,

Aucune place pour la préservation des sols et de l’eau

Ce projet ne contraint aucunement l’exploitation en vue de la préservation de la vie et de la qualité des sols, ni de celle de l’eau. On sait pourtant que ces deux thèmes sont majeurs en tant que fondations des écosystèmes. En particulier, pas de directive chiffrée pour :

  • Coupes rases, extraction des souches

  • Routes forestières, 

  • Utilisation d’engins mécaniques,

  • Usage des pesticides,

  • Le respect des zones humides (drainage, traitements),

  • Les moyens de débardage non destructeurs de la flore

Composition des forêts

Les SRGS recommande les futaies régulières au détriment des futaies irrégulières (ici dévalorisées), dont les vertus écologiques sont établies. Les plantations sont largement favorisées, et la régénération naturelle délaissée.

La comparaison des avantages de la futaie régulière sur l’irrégulière est en contradiction avec la littérature scientifique, au plan de :

  • Bénéfice climatique,

  • Qualité du bois,

  • Protection contre les inondations,

  • Beauté des paysages,

  • Séquestration carbone.

A ces éléments s’ajoute une vision purement productive de la forêt, avec exploitation intensive, en négligeant totalement les services écosystémiques rendus par la forêt : climat, réservoirs d’humidité, ségrégation carbone, foyer de biodiversité, qualité des sols, antidépresseur, etc … .

Conférence : la libre évolution, ou comment l’écosystème retrouve son fonctionnement naturel ? 24/09/22 à Pau

Conférence : la libre évolution, ou comment l’écosystème retrouve son fonctionnement naturel ? 24/09/22 à Pau

L’association Animal Cross, basée à Pau, et Franck Lamas, conseiller départemental des Pyrénées-Atlantiques vous invitent à une conférence suivie d’un pot de l’amitié sur le thème : Le réensauvagement, ou comment l'écosystème retrouve son fonctionnement naturel ?

 

PROGRAMME

18h30 : Accueil

19h00 : Conférence

  • Film Animal Cross : Et si on laissait la nature évoluer librement ? (15 mn)

 

Conférence de Gilbert Cochet et Béatrice Kremer-Cochet :

Le réensauvagement, ou comment l’environnement retrouve son fonctionnement naturel ? (45 mn)

Gilbert Cochet et Béatrice Kremer-Cochet sont des naturalistes et biologistes passionnés. Depuis plus de 20 ans, ils parcourent la France et l’Europe à la recherche d’écosystèmes préservés. Le constat est encourageant, des espèces quasi disparues se redéployent dans des espaces qu’elles avaient désertés. 

Une rencontre qui nous permettra de mieux comprendre les solutions à apporter afin de redonner une vraie place à la libre évolution de la nature.

  • Témoignage de jeunes du lycée Paul Rey de Nay sur leur projet de recherches d’espaces en libre évolution sur la communauté de communes du Pays de Nay ( 15 mn) - Témoignage d'un élu.
  • Intervention d’Animal Cross : Comment mettre en oeuvre des espaces de libre évolution dans ma collectivité ou chez moi ? (15 mn)

Echanges avec la salle.

21h : Pot de l'amitié

ENTREE GRATUITE

 

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