Un plan national d’actions loup décevant

Un plan national d’actions loup décevant

Le gouvernement a récemment dévoilé son nouveau Plan National d’Actions 2024-2029 sur le loup et les activités d’élevage (PNA), accompagné de deux arrêtés : l’un fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus), et l’autre relatif à l'indemnisation des dommages causés aux troupeaux domestiques par le loup, l'ours et le lynx.

 

Des protocoles de tirs simplifiés facilitant encore plus l’abattage des loups 

Le premier arrêté mentionné plus haut, qui fixe les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées, est en lien avec tout un volet du PNA réservé aux prélèvements du loup, où de nombreux assouplissements sont prévus.

Il est de plus en plus évident que les conditions préalables aux tirs sont considérablement réduites. Autrefois, ces tirs étaient soumis à des conditions de prédation qui, de nos jours, ont pratiquement disparu. Il fut un temps où la phase d'effarouchement était un prérequis indispensable, pourtant, elle a totalement cessé.

Dans l’article 6. III de l’arrêté, il est question de “mise en œuvre” des mesures de protection qui implique l'installation effective et proportionnée de moyens de prévention de la prédation par le loup, sous supervision des autorités compétentes. Néanmoins, l'expérience acquise au cours des 14 dernières années avec le programme d’Animal Cross met en lumière le non-respect fréquent des conditions de protection stipulées dans les arrêtés de tir. De plus, il est à noter que la Direction Départementale des Territoires (DDT), pour éviter tout conflit avec les éleveurs, néglige systématiquement de signaler les failles dans ces mesures de protection, autorisant ainsi les tirs. Quelle que soit la réalité de ces mesures.

Un lieutenant de louveterie en train d'appâter un loup 

L’article 11, paragraphe III mentionne que, sous réserve de l'approbation de l'OFB, tous les moyens pour améliorer la défense contre les loups peuvent être utilisés, mais ils ne doivent pas provoquer intentionnellement des réactions chez les loups pour les rendre détectables ou les attirer vers les tireurs. Or, nous avons constaté que l’appâtage pour attirer les loups afin de les tirer existe, bien que cela semble être marginal.

L'article 15 révèle une dérive inquiétante dans l'application du tir de défense simple. Le nombre de tireurs autorisés par lot est excessif, pouvant aller jusqu'à 2 à 3 tireurs ; ce qui signifie qu'un nombre considérable de tireurs peuvent être mobilisés dans un même territoire pour éliminer un loup, même avec une seule autorisation de tir de défense simple.

Quant à l'article 16, il met en lumière les failles du recours au tir de défense renforcée. Ce dispositif est trop simplement et rapidement décrété, sans qu’il n’ait de contrôle adéquat des conditions de protection. Aucune chance n’est laissée au loup.

Le chapitre III concerne les tirs de prélèvement qui peuvent être autorisés dans certains territoires où, entre autres, le préfet coordonnateur du plan sur le loup émet un avis sur ces autorisations en se basant sur le suivi de la prédation et d'autres facteurs. C’est une véritable chasse au loup qui peut être ouverte alors que le recours aux tirs de prélèvement était assez rare ces dernières années. Le préfet a donc l’entière liberté de déclencher cette chasse.

Dans le chapitre IV, le préfet coordonnateur du plan sur le loup délimite des zones où les troupeaux rencontrent des difficultés importantes face à la prédation des loups, en tenant compte de divers facteurs comme les caractéristiques du milieu, les pratiques d'élevage et les attaques passées. Dans ces zones, les tirs de défense et de prélèvement peuvent être autorisés sous certaines conditions, notamment lorsque les troupeaux subissent des attaques répétées malgré les mesures de protection mises en place. Malgré la nécessité d’avoir un processus de préparation qui devrait prendre de 2 à 3 ans, il est observé que l'élimination des loups gêneurs est souvent privilégiée sans que ce travail préparatoire ne soit effectué. Le flou entourant ce texte réglementaire permet des interprétations laxistes, ouvrant ainsi la porte à des pratiques discutables.

Des indemnisations dans le but de calmer les éleveurs

Le second arrêté publié fixe les montants d'indemnisation pour les pertes causées par les attaques de loups, d'ours et de lynx sur les troupeaux domestiques. Il détaille également les conditions d'indemnisation des animaux tués ou disparus, ainsi que des frais vétérinaires. Ces indemnisations ont été améliorées, bien entendu, afin d’éviter la violence des syndicats d’élevage. 

La comparaison des niveaux d'indemnisation entre la France et d'autres pays, notamment l'Allemagne et la Castille-et-León, montre une disparité significative, comme l'indique le rapport du IGEDD (CGDD) intitulé « Parangonnage sur la politique publique du loup » :

  • écart des dommages : le rapport met en évidence que la France enregistre trois fois plus de dommages causés par les loups que l'Allemagne, malgré une population lupine inférieure. Cette différence soulève des interrogations sur la gestion des troupeaux et la protection des élevages.
  • dépenses d'indemnisation : les dépenses d'indemnisation par loup en France sont considérablement plus élevées que dans d'autres pays. En effet, avec 38 800 euros rapportés au nombre de loups, la France dépense quatre fois plus qu'en Allemagne et huit fois plus qu'en Castille-et-León. Cette différence souligne une possible propension à la fraude ou à une grande tolérance dans la gestion des indemnisations.

Ces constats soulèvent des questions importantes quant à l'efficacité et à l'équité du système d'indemnisation en France, ainsi que sur la nécessité d'une réforme pour garantir une meilleure gestion des dommages causés par la prédation des loups.

Selon Marc Fesneau, « ce PNA est donc celui d’un rééquilibrage pour concilier conservation de l’espèce et sauvegarde des activités d’élevage. »¹. Alors que la réalité est tout autre : ce prétendu « rééquilibrage » ne garantit en rien la protection adéquate du loup, bien au contraire. La décision de considérer le loup comme une espèce ayant atteint un seuil de « viabilité » sous-estime largement les défis persistants auxquels le loup est confronté. De plus, l'éventualité d'un déclassement du loup, passant d’espèce « strictement protégée » à « protégée » par l'Union Européenne ouvrirait tout simplement la voie à une gestion cynégétique plus permissive. Pour Animal Cross, ce PNA favorise les intérêts des lobbys agricoles au détriment de la conservation du loup.

 

¹ : https://agriculture.gouv.fr/plan-loup-un-nouveau-cadre-national-dactions-pour-renforcer-la-coexistence-du-loup-et-des-activites

Consultation publique sur le loup : mobilisons-nous avant le 13 septembre

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Mobilisons-nous au plus vite pour répondre à la consultation publique concernant les projets d'arrêtés : 1) fixant les condition et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup et 2)...

Consultation publique loup : donnez votre avis avant le 25 décembre

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Une nouvelle consultation du public vise à reconduire pour l’année 2020 les dispositions de tir du loup appliquées en 2019, et ayant conduit à l’abattage de 96 loups. Elles assouplissent encore les conditions de tir, et visent clairement à réduire l’expansion...

Sortie du film « Marche avec les loups » de J. M Bertand

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En salles le 15 janvier 2020 Après avoir disparu pendant près de 80 ans et malgré les obstacles, les loups sont en train de retrouver leurs anciens territoires. Ce film raconte le grand mystère de la dispersion des loups: comment les jeunes loups quittent le...

Incitation au braconnage du loup en Haute-Savoie : Animal Cross accuse !

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Le 28 mai passé s'est tenu à Annecy le comité loup auquel participaient un député, des suppléants de députés, la DDT, l'ONCFS, l'ONF, la DREAL, un directeur de Parc National, et des présidents et représentants de syndicats d'élevage. Le représentant de la Coordination...

Plan loup 2018-2023 : écrivez à vos députés !

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Le ministère de la transition écologique a confirmé aujourd'hui le "plan loup 2018-2023", ignorant en cela l'avis de 75% des français ayant participé à la consultation sur ce plan en Janvier 2018. Ce plan prévoit l'abattage de 40 loups en 2018, ce qui portera...

Consultation loup : répondez avant le 29 janvier !

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Il y a deux consultations : • L’une concerne le plan national loup 2018-2023 • L’autre concerne 2 arrêtés interministériels, revus chaque année, le premier fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être...

Des personnalités hurlent pour les loups ! #SOSloups

Des personnalités hurlent pour les loups ! #SOSloups

Alors que le ministère de Nicolas Hulot s’apprête à abattre 40 loups, des personnalités publiques se mobilisent avec les associations de CAP Loup pour s’opposer aux tirs. Une campagne relayée par les citoyens, très majoritairement favorables à la protection des loups....

Les sénateurs veulent en finir avec le loup !

Les sénateurs veulent en finir avec le loup !

 A la demande du groupe « Les Républicains » a eu lieu le 16 janvier 2024 au Sénat un débat sur le thème : « Face à la prédation du loup, comment assurer l'avenir du pastoralisme ? » (1). Ou plutôt, une série de questions/réponses des sénateurs, au nombre de seize, à Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et connu pour être un ardent défenseur de la chasse, et cela en l’absence de tout contrepoids du ministère de l’Environnement.

UN DEBAT CONTRE LE LOUP

Ce débat s’inscrit dans le cadre d’une charge récurrente (2) contre le statut d’espèce strictement protégée du loup, orchestrée par des parlementaires (et des syndicats d’élevage), et qui existe depuis plusieurs années. Cette offensive a pris un coup d’accélérateur depuis que Mme Ursula von der Leyen, après la mort de son poney semble-t-il attribuée à un loup, a décidé en septembre 2023 de lancer une demande de changement de statut de protection auprès de la Commission Européenne. 

Les sénateurs présents ont déroulé les mêmes poncifs que la présidente de la Commission Européenne, à savoir que le loup est la cause des difficultés de l’élevage en France, que la pression de prédation est insupportable, tout comme la détresse des éleveurs, que l’on ne peut protéger les troupeaux d’ovins, bovins, équidés, etc …. etc … .

Nous avons souvent répondu dans ces colonnes à ces différents arguments, et rappellerons seulement qu’en dépit d’une population de loups qui a fait plus que doubler ces cinq dernières années, les dommages sont restés stables, ce qui montre que la politique de protection des troupeaux commence à montrer son efficacité.

UN SEUL BUT : EN FINIR AVEC LE LOUP

Mais le dernier Plan National d’Actions sur le loup et les activités d’élevage 2024-2029 (PNA) qui facilite encore l’accès aux tirs dérogatoires, et fait des tirs létaux l’unique réponse aux difficultés de cohabitation loup-élevage, ne suffit pas à nos parlementaires : ils veulent, sans l’exprimer ainsi bien entendu, en finir avec le loup. Seul le sénateur de l’Isère, totalement isolé, a tenté d’expliquer que les difficultés de la filière ovine avaient une autre origine, et ses arguments lui ont valu de se faire sévèrement tacler par le ministre de l’Agriculture.

Quelques extraits des interventions des Sénateurs lors du débat :

Le loup est déjà largement tiré en France (207 loups tués officiellement en 2023), sans compter le braconnage, sport national ; les quelques 2500 tirs dits de défense simultanés sur le territoire français ne suffisent pas, on s’achemine vers une exécution massive de loups, sans contrainte de protection des troupeaux, une chasse ouverte et permanente qui sera présentée comme conforme à la réglementation, et au statut visé d’ «  espèce protégée ». Un comble.

Prochaines étapes de l’initiative de déclassement : Conseil Environnement (formellement Conseil des ministres de l’Environnement de l’Union européenne) qui se tiendra fin janvier 2024 (scrutin : à la majorité simple), puis vote des états membres de la Convention de Berne (scrutin : à la majorité aux deux tiers).

(1) https://videos.senat.fr/video.4293847_65a679bf2fc18.seance-publique-du-16-janvier-2024-apres-midi?timecode=11461000

(2) https://questions.assemblee-nationale.fr/q16/16-329QG.htm

Sondage européen : La Ruralité soutient la stricte protection des loups

Sondage européen : La Ruralité soutient la stricte protection des loups

Les grands carnivores, y compris les loups, devraient rester strictement protégés au sein de l'Union européenne et avoir le droit de coexister avec les activités humaines : c’est ce qui ressort des résultats d’un sondage de grande ampleur, publié ce jour par la Fondation Brigitte Bardot et le Collectif CAP Loup (collectif de 40 associations françaises) et réalisé en novembre auprès des populations rurales de 10 pays européens, interrogées sur leur rapport aux grands carnivores et aux pratiques de chasse. Alors que la Commission européenne envisage d’affaiblir la protection des loups sous la pression des lobbies et que le Gouvernement français permet de tuer chaque année toujours plus de loups (169 loups tués en 2022 et déjà 183 loups tués en 2023), les ruraux se sentent-ils réellement en insécurité dans les campagnes et sont-ils en phase avec cette politique d’abattage toujours plus destructrice ?

L’enquête publiée ce jour, réalisée sur 10 000 habitants de zones rurales de 10 pays européens (Allemagne, France, Espagne, Pays-Bas, Italie, Belgique, Pologne, Danemark, Suède et Roumanie), souligne qu’une majorité des habitants des zones rurales européennes sont favorables à la protection des loups et d'autres grands carnivores (lynx, ours). 75% des ruraux français estiment en effet que les loups ont le droit d’exister dans l’Union européenne (72% des sondés dans les 10 pays) et 74% se déclarent en faveur du maintien d’une protection stricte dans l'UE pour garantir leur survie à long terme (68% des sondés dans les 10 pays).

Constat important, à l’heure où les lobbies de la chasse et de l’élevage tirent sans relâche les ficelles de la politique anti-loup du gouvernement : La France fait partie des États membres où les personnes interrogées se sentent le moins représentées par les groupes d'intérêt agricoles et d’intérêt pour la chasse. En effet, seulement 10% des ruraux se sentent bien représentés par les groupes d’intérêt pour la chasse et 16% par les groupes d’intérêts agricoles. Pourtant, la voix des ruraux français est bien souvent détournée au profit de ces lobbies qui se présentent en défenseurs de la ruralité et nient par là-même l’opinion publique. En effet, les Français interrogés, habitant dans des zones rurales, sont également parmi les européens les plus sensibles à la protection de l'environnement et à la conservation des espèces (respectivement 86% et 83 % en font des priorités).

Si les citoyens ruraux se disent peu informés sur les grands carnivores, la France est l'État membre où les personnes interrogées se sentent le plus en sécurité malgré la présence de ces espèces (48% se sentant en sécurité contre 24% se sentant en insécurité), y compris en promenade avec leur chien. A contrario, les personnes interrogées en France sont celles qui se sentent le plus en danger pendant la période de chasse (62 %) et qui sont même les plus susceptibles d'éviter de sortir pendant cette période (54 %). Les activités de chasse apparaissent donc davantage comme une source d’insécurité et d’inconfort pour les populations rurales que la présence d’espèces sauvages, y compris de grands carnivores, à proximité.

Aux termes de ce sondage, ce sont par ailleurs 76% des ruraux français qui estiment que les éleveurs devraient mettre en œuvre les mesures disponibles pour protéger leurs animaux des grands carnivores, et 66% qui considèrent que l’abattage de grands carnivores présentant un risque potentiel ne devrait avoir lieu que s’il est prouvé que des mesures de protection adéquates ont été mises en œuvre et ont échoué. Ces résultats corroborent ceux d’un sondage réalisé en mars 2023 par la Fondation Brigitte Bardot, selon lequel 72% des Français encouragent l’Etat à favoriser et soutenir les efforts de coexistences entre les espèces sauvages et les activités humaines en minimisant le recours aux procédés létaux.

Alors que le ministère de la Transition écologique vient de soumettre à consultation publique un nouveau projet d’arrêté ministériel assouplissant encore les conditions d’autorisation de tirs d’abattage de loups, prendra-t-il enfin en compte l’attente des Français, en faveur d’une meilleure cohabitation entre espèces sauvages et activités humaines, au lieu de mettre en péril des années d’efforts déployés pour voir réapparaître le loup sur le territoire français ?

Pour consulter tous les résultats du sondage, cliquer ici.

Consultation publique : dites non à la simplification des conditions de destruction du loup

Consultation publique : dites non à la simplification des conditions de destruction du loup

Le ministère de la Transition écologique s’apprête à déposer un nouvel arrêté qui prévoit de simplifier les conditions dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction de loups peuvent être accordées par les préfets, avec l’objectif de faciliter et de multiplier les abattages.

Il est évident que nous sommes formellement opposés à cette simplification des conditions de destruction du loup.

 Une consultation publique est ouverte jusqu’au 7 décembre inclus. Animal Cross vous invite à vous opposer à ce projet d’arrêté.

Proposition d’argumentaire (attention vous ne pouvez pas copier-coller, sinon votre commentaire ne sera pas pris en compte) :

Ce projet d'arrêté confirme en tous points la politique de gestion du loup, centrée exclusivement sur leur abattage, au lieu de privilégier et d'encourager les solutions de cohabitation basées sur la protection des troupeaux. Comme le souligne le CNPN dans son avis de 2023, aucun bilan de la gestion du loup n'a été tiré pour la période précédente, et la réponse basée sur les tirs apportée par les ministères est inadéquate. 

La note d'introduction mentionne une fois de plus le " seuil de viabilité démographique fixé à 500 individus", alors que la taille en-dessous de laquelle la population de loups n'est pas viable, est de 500 individus reproducteurs, ce qui correspondrait pour la France à 2000 à 2500 individus.

On peut noter parmi les modifications en regard de l'arrêté ministériel d'octobre 2020:

  • article 2 : le loup continue à être détruit toute l'année, sans trêve pour la période de reproduction
  • articles 7 et 8 : l'effarouchement en tant que préalable aux tirs létaux a malheureusement disparu depuis des années. Il devrait être restauré, et interdit dans toutes les réserves, et pas seulement les réserves naturelles nationales
  • article 10 : une prédation pour laquelle on ne fait que supposer la responsabilité du loup est un motif de déclenchement de tirs létaux; une action létale sur la base d'une incertitude est une aberration.
  • article 11 : la suppression de la limitation de l’usage des caméras thermiques aux seuls lieutenants de louveterie, agents de l’OFB, et chasseurs, laisse penser qu'on autorise l'assistance de tierces personnes pour détecter les loups, ce que nous refusons. On laisse ainsi la porte ouverte à de véritables organisations incluant des détecteurs, et des tireurs équipés ou non de d'armes à détection thermique, ce qui explique la disparition de l'obligation d'éclairer la cible, sans doute jugée peu efficace.
  • article 15 :  le tir de défense simple, comme son nom l'indique, prévoyait un seul tireur à proximité du troupeau; cédant à la pression des chasseurs et éleveurs, on va encore plus loin en autorisant 2 à 3 tireurs. Pire, la condition préalable d'octroi du tir passe de 3 attaques (en 1 an) sur un troupeau à 3 attaques sur la commune, ce qui abaisse encore considérablement le seuil de déclenchement des tirs. Ainsi, en jouant sur le nombre de tireurs et sur les conditions préalables, le nombre de tirs, actuellement d'environ 2500 au plan national, va encore augmenter !
  • article 16 : les conditions d'octroi des tirs de défense renforcés (TDR) sont encore facilitées, et surtout les tirs ne sont pas interrompus après l'abattage d'un loup, ce qui peut conduire à des situations localement incontrôlées, et au dépassement du nombre plafond de loups pouvant être exécutés. Le passage de TDS à TDR peut être très rapide, sans que le préfet n'ait eu le temps de le contrôler. Tout ceci, avec l'appui de l'article 17, conduit à des situations de tirs tous azimuts et sans contrôle effectif.

Au plan de ce qui existait déjà dans l'arrêté de 2020, nous contestons:

  •  la notion de troupeau non protégeable, une spécificité française purement politique et non fondée sur une réalité, permet de supprimer des loups dans des zones très importantes, et contrevient aux deux conditions dérogatoires "il n’existe pas d’autres solutions satisfaisantes et que les opérations ne nuisent pas à l’état de conservation de la population de loups.".
  • les tirs de prélèvement, certes de moins en moins utilisés, devraient être retirés de l'arsenal létal car ils sont déconnectés des actes de prédation. Assortis des articles 20 et 21, la possibilité d'une chasse au loup  est encore poussée plus loin, sans préalable de protection des troupeaux ni de celle de tirs plus contrôlés
  • la politique visant à clairement empêcher l'installation de loups en dispersion, en les tirant sans autre forme de procès, de façon à cantonner les loups aux massifs alpins

Toutes ces mesures, à l'évidence dictées par le Ministère de l'Agriculture, installent la France en tant que destructeur de faune sauvage, et pays méprisant les avis scientifiques et détournant les traités de protection du vivant qu'il a signés.

158 organisations environnementales de 37 pays s’adressent au gouvernement suisse : Arrêtez le tir des loups

158 organisations environnementales de 37 pays s’adressent au gouvernement suisse : Arrêtez le tir des loups

Berne, 28 novembre 2023 - Ce matin, une lettre ouverte signée par 158 organisations de protection de l'environnement et des animaux de 37 pays a été envoyée au conseiller fédéral Albert Rösti, chef du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication, en lui demandant instamment d'annuler le projet de tuer jusqu'à 70 % de la population de loups du pays. Le tir aux loups est autorisé en vertu législative récente qui porte atteinte à la protection des loups, une "espèce strictement protégée" en vertu de la Convention de Berne que la Suisse a ratifiée. De plus, la décision du tir aux loups va à l'encontre du résultat d'un référendum national en 2020.

Le tir aux loups prévu par le gouvernement suisse sera le plus extrême jamais mis en œuvre en Europe depuis le rétablissement de l'espèce. Des smeutes entières seront exterminées dans certains cantons, tandis que des loups juvéniles seront ciblés dans d'autres.

Les opposants à ce plan, qui s'appuient sur des avis techniques et scientifiques, font valoir que les grands carnivores sont essentiels pour contrôler et prévenir la propagation de maladies dans les populations d'herbivores, pour le plus grand bénéfice des écosystèmes forestiers et montagneux, des animaux d'élevage et de la société humaine dans son ensemble. En mettant l'accent sur les mesures préventives, on réduira les attaques sur le bétail et on s'acquittera de notre responsabilité morale de coexister avec la faune et la flore sauvages, et non de les détruire.

Selon les signataires de la lettre ouverte :

« Ces mesures radicales et unilatérales ne menacent pas seulement la fragile population de loups de Suisse, elles ont un impact négatif sur l'ensemble de la population de loups des Alpes occidentales centrales et du Jura. Les mesures préventives, telles que les clôtures électriques et les chiens, sont efficaces pour réduire la prédation du bétail et devraient être plus largement appliquées. Il existe de meilleurs moyens de coexister avec cette espèce clé que l'abattage aléatoire et à grande échelle. »

Le groupe de spécialistes des canidés de la CSE de l'UICN, cosignataires de la lettre, déclare :

« Nous, les présidents du Groupe de spécialistes des canidés de la CSE de l'UICN, le principal groupe d'experts mondial sur les loups et leurs parents sauvages, exprimons notre profonde inquiétude et notre opposition aux changements juridiques et à la persécution prévue des loups en Suisse. Le plan actuel de gestion des loups du gouvernement suisse n'est pas scientifique et contredit les dernières connaissances scientifiques en matière de gestion des carnivores et de protection de la nature. »

Avenir Loup Lynx Jura, l'une des 22 organisations suisses qui soutiennent la lettre, met en garde :

« Non seulement la volonté du peuple Suisse a été bafouée, mais la volonté du législateur n’a pas été respectée ainsi que la procédure de consultation. Cette manière de faire de la politique n’a plus rien du consensus qui a fait la force de notre pays. »

Selon Dr Diana Soldo, écologiste à l'ETH Zurich et fondatrice de Wald Exkursionen :

« Les loups sont importants pour des forêts saines et intactes. Ils doivent être reconnus et avoir le droit d’exister. »

AVES France ajoute que :

« Le loup ne connait pas les frontières ni les distances. Pour garantir la survie à long terme de ces prédateurs emblématiques - sur les plans numérique et génétique -, il est nécessaire de repenser et mettre en œuvre une coordination pour assurer sa conservation et  sa protection entre pays transfrontaliers »

Et FERUS souligne :

« La cohabitation loups / troupeaux est la seule voie possible. Aucune étude n'a prouvé que les tirs et la chasse aux loups étaient efficaces pour protéger les troupeaux. Seuls les moyens de protection fonctionnent. NON à la chasse aux loups / OUI à la cohabitation. »

  

Animal Cross a rejoint les nombreuses associations qui ont signé une lettre ouverte pour dénoncer ce massacre :

Contacts :

En français - Yves Bongard - Secrétaire Avenir Loup Lynx Jura - 07 94 69 67 35

En allemand - Susanne Clauss - membre active Avenir Loup Lynx Jura - 07 94 36 35 37

En anglais - Lucie Wuethrich - membre active Avenir Loup Lynx Jura - 07 94 14 56 15

Les ONGs quittent le Groupe National Loup

Les ONGs quittent le Groupe National Loup

COMMUNIQUE DE PRESSE
MARDI 19 SEPTEMBRE 2023

Ce 18 septembre, les 6 organisations de protection de la nature (WWF, LPO, FNE, Ferus, ASPAS, Humanité & Biodiversité) représentées au Groupe National Loup ont annoncé leur retrait de cette instance consultative, indignées par le contenu déséquilibré du nouveau Plan National d’Action (PNA) «Loup et activités d’élevage » présenté par le gouvernement pour la période 2024-2029.

Nos associations regrettent l’absence totale d’évaluation du PNA précédent (2018-2023) et d’analyse de l’évolution de la situation en termes de dommages, de développement de la population de loups, de valorisation des expériences de terrain favorisant la coexistence, ou de baisse du nombre d’animaux d’élevage tués par rapport au nombre de loups présents. Le gouvernement fait ainsi le choix délibéré d’utiliser les dérogations juridiquement prévues dans le statut de protection pour organiser sans l’assumer une régulation cynégétique du loup en simplifiant les procédures d’abattage, empêchant le rétablissement d’une population viable de l’espèce sur son aire naturelle de répartition.

Dans ce nouveau Plan, les points d’engagement de l’État concernent la modification du statut du loup et son déclassement d’espèce strictement protégée, la facilitation des autorisations et modalités de tirs, aboutissant à une augmentation des destructions de loups à proximité d’élevages subissant très peu d’attaques. Alors que ce PNA devrait garantir la bonne conservation de l’espèce en France tout en assurant le soutien et l’accompagnement du pastoralisme, il n’est fait mention que des impacts négatifs de la présence du loup et pas des bénéfices qu’elle apporte, notamment pour la régulation des populations de grands ongulés nécessaire au bon fonctionnement des écosystèmes forestiers. En outre, ce plan contient de nombreuses inexactitudes et des affirmations mensongères, en particulier sur l’état de conservation de l’espèce en France et sur le bilan des dommages.

Nos organisations regrettent que le Groupe National Loup, instance de dialogue importante pour la gestion de ce dossier, soit vidé de son sens parce que l’État a choisi de répondre de façon privilégiée aux demandes d’une partie des structures professionnelles de l’élevage, au détriment des propositions que nous avons présentées de longue date.

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