Des blessures de guerre à deux pas de chez soi

Des blessures de guerre à deux pas de chez soi

Durant la saison de chasse, chaque semaine voit son lot d’accidents, allant de simples problématiques rencontrées par les promeneurs (détonations, vue d’hommes en armes, proximité d’impacts de balles…), aux tirs dans le pied ou dans un membre. Quelle est la nature des traumatismes médicaux générés par ces événements violents ?

Les traumatismes causés par la chasse

Le problème n’est pas marginal. Depuis 2 000, on compte 376 décès causés par la chasse.
Les victimes sont le plus souvent de simples promeneurs, vététistes, voire des usagers de la route, qui ne sont pas du tout préparés à être confrontés à une situation de « guerre ». Quelles sont les conséquences sur leur santé physique et sur leur psychisme ?

Traumatismes physiques

Les armes à feu provoquent des traumatismes physiques plus ou moins importants en fonction de l’arme, des cartouches utilisées et de la distance du tir¹.
Une balle de grand gibier est constituée de deux parties : une partie antérieure qui se fragmente et une partie postérieure qui traverse le corps.
Elle fait plus de dégâts qu’un projectile d’arme de guerre, en associant le champignonnage (écrasement du projectile) à la fragmentation, véritable polycriblage interne augmentant le risque d’atteinte d’un organe vital2.

Quand la balle pénètre dans le corps, elle provoque bien sûr un trou d’entrée et souvent un important orifice de sortie. Puis, selon la profondeur de pénétration, elle peut engendrer des lésions vasculaires et/ou nerveuses, et des réactions inflammatoires délétères liées aux tissus brûlés.

Fotolia – Alexkich

Dans le corps humain, selon la trajectoire de la balle, les blessures et les réactions sont plus ou moins invalidantes.
En fonction de leur souplesse, les muscles, les aponévroses*, la peau et les vaisseaux peuvent se déformer partiellement et absorber une partie de l’énergie de la balle.
Chaque tissu mou de l’organisme – c’est-à-dire les tissus non osseux et non composés d’épithélium (revêtement externe ou interne de tout organe) constituant les vaisseaux, le système nerveux périphérique, la graisse, le tissu fibreux et les muscles – a un coefficient
d’élasticité qui lui est propre. Certains tissus peu élastiques ont une tolérance très restreinte ou nulle :
il s’agit du foie, de la rate, des organes creux en état de réplétion** (estomac, vessie, utérus…). Si un de ces organes est touché, le pronostic vital est engagé.
Quel que soit son type, si la balle touche une structure essentielle de l’organisme, comme un gros vais￾seau, le cœur, ou une région cérébrale stratégique, la vie de la victime est menacée.
A contrario, les os sont des structures dures et rigides ; par conséquent, toute l’énergie traumatique est brutalement transférée à l’os et peut provoquer, par éclatement de l’os, des lésions dans les parties molles (muscles, aponévroses, nerfs, vaisseaux, et organes adjacents).
Après rencontre avec l’os, les lésions tissulaires peuvent être aggravées par déstabilisation précoce ou par fragmentation des projectiles.
En outre, des fragments osseux peuvent se mélanger à des fragments de la balle qui vont constituer des éclats secondaires responsables chacun d’un trajet lésionnel.
Les conséquences lésionnelles dans le corps provoquent des atteintes hémorragiques de 4 ordres :
problème ischémique (arrêt de la circulation locale provoquant une absence d’oxygénation des tissus) :
le délai de revascularisation va avoir un impact sur la suite des soins. Il va s’ensuivre une souffrance tissulaire qui va évoluer en 2 stades : l’ischémie-souffrance réversible et l’ischémie-lésion irréversible (au-delà de 6 heures, nécrose et mort tissulaire),
syndrome de revascularisation avec des conséquences locales (œdème du membre, responsable d’un véritable « garrot » interne) et générales (anurie réversible en général en 3 à 4 semaines),
risque infectieux majeur, lié au projectile, aux corps étrangers, aux tissus dévitalisés, et aux débris telluriques,
risque de gangrène gazeuse qui existe même avec une prise en charge rapide d’antibiothérapie adaptée.

Traumatismes psychiques

On retrouve dans ces traumatismes des troubles de l’humeur, une anxiété pathologique, un syndrome dépressif réactionnel et un syndrome de stress post-traumatique.
Parmi les symptômes les plus fréquemment cités par le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), on peut nommer :
l’intrusion : les souvenirs viennent hanter le sujet sous forme de flashbacks ou de cauchemars,
l’évitement : le sujet évite les situations qui pourraient lui rappeler l’événement, ce qui peut créer une insensibilité émotive, une perte d’intérêt ou encore une perte de mémoire,
l’hyperstimulation : le sujet est en état d’hyper-vigilance qui l’empêche de mener à bien ses activités.
En outre, le syndrome post-traumatique affecte la victime dans sa vie quotidienne pendant des mois, voire pendant des années après l’accident de chasse.
Bien que nos remarques soient tirées d’études sur l’homme, on peut penser que des blessures identiques infligées à un animal ont les mêmes conséquences.
Alors imaginez la souffrance d’un animal blessé par balle qui agonise parfois pendant des jours avant de mourir… Bien sûr, aucune étude n’a été réalisée sur ces sujets, ni par les chasseurs, ni par les organismes cynégétiques !

Sources
(1) Blessure par projectile d’arme à feu, documents de médecine légale, 2010 (https://medecinelegale.wordpress.com/2010/09/06/
blessure-par-projectile-darme-a-feu/)
(2) Les plaies vasculaires par arme à feu. Notions fondamentales et principes thérapeutiques (http://www.chups.jussieu.fr/polys/dus/
duchirurgievasculaire/plaiesvasculairespararmeafeudonneesfondamentalesetprincipestherapeutiques/plaiesvasculairespararmea￾feudonneesfondamentalesetprincipestherapeutiques.pdf). Vincent Duverger, 2005.
* Aponévrose : membranes fibreuses qui enveloppent un muscle
** Réplétion : état d’un organe creux rempli

 

La chasse blesse et tue !

Le bilan de la  saison 2018-2019, publié par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), a fait apparaître un nombre total d’accidents de 131, en forte hausse par rapport aux 113 cas enregistrés la saison précédente.

7 personnes sont mortes, contre 13 l’année précédente.

Durant la saison 2019-2020, le nombre total d’accidents de chasse s’est élevé à 132 dont 49 non chasseurs, et 12 morts (Source Passe la patte). La méthode de calcul de Passe la patte est cependant différente et ne compte pas seulement les victimes humaines. Voir notre article à ce sujet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai fait le rêve d’un monde sans chasse : et si mon rêve était possible ?

J’ai fait le rêve d’un monde sans chasse : et si mon rêve était possible ?

J’ai fait un rêve…. Oui, j’ai rêvé d’un autre monde… Un monde où les animaux étaient en paix. Un monde sans cruauté où la faune n’avait plus à craindre la chasse loisir, le piégeage et les destructions. Un monde où les droits des animaux étaient acceptés de tous. Un monde où les écosystèmes s’équilibraient à nouveau naturellement… Dans ce monde, l’élevage de gibier pour la chasse et les lâchers dans la nature avaient été stoppés. La vie de 21 millions d’animaux était ainsi épargnée chaque année. L’absence de réintroductions avait permis de diminuer les problèmes sanitaires et de pollution génétique. Dans ce monde, il n’y avait plus d’agrainage et d’affouragement ; pratiques connues pour multiplier artificiellement le nombre d’animaux sauvages, et plus particulièrement de sangliers. Le nombre de sangliers avait ainsi considérablement diminué, limitant les dégâts agricoles. Dans ce monde, les animaux et les humains cohabitaient en se respectant les uns, les autres. Il existait même des zones entières, qu’on appelait « zones sanctuaires », où les animaux et la nature étaient rois, et où les humains ne pénétraient qu’exceptionnellement. Dans ce monde, la chasse loisir et le piégeage n’existaient plus, car plus personne n’avait envie de se réjouir de la mort et de la souffrance d’un animal…. 45 millions de vies animales étaient ainsi préservées chaque année. Et j’étais bien. Mais je me suis réveillée. J’ai retrouvé la tristesse d’une France soumise au lobby de la chasse. J’ai ressenti la douleur et la mort. Alors j’ai pris mes bagages, j’ai cherché un monde meilleur… et j’ai trouvé !

 

Direction Genève : un canton suisse sans chasse depuis plus de 40 ans !

En 1974, suite à une initiative populaire lancée par les milieux de protection des animaux, le peuple genevois a voté l’interdiction de la chasse sur tout le territoire du canton de Genève. Sur place, après un quart de siècle, le bilan est très positif. Les populations d’ongulés se portent bien, le chevreuil est présent dans la plupart des massifs, le cerf a pris pied sur le canton et se développe favorablement et le sanglier est aussi solidement établi. Les densités de lièvres du canton comptent parmi les plus élevées de Suisse et on n’a jamais fait autant d’efforts pour conserver l’habitat des dernières populations nationales de lapins et de perdrix, en collaboration avec l’agriculture. Le nombre d’oiseaux d’eau hivernants a plus que décuplé et il n’y a jamais eu une telle richesse et diversité de canards sur le lac Léman et les cours d’eau (1). Les dommages causés par les animaux sont restés à un niveau accepté par les agriculteurs. Les problèmes ponctuels causés par les sangliers sont réglés par des gardes professionnels, ce qui satisfait les habitants. Ces sangliers, d’ailleurs, viennent souvent de France où ils prolifèrent, car leur chasse y est très rentable. De plus, la présence de petits carnivores (renards, fouines, hermines, etc.), considérés par les chasseurs français comme des « nuisibles » qu’il faudrait à tout prix « réguler », ne pose ici pas de souci. La majorité de la population genevoise s’estime satisfaite de la situation actuelle, à la fois parce que les animaux sont maintenant en paix, mais aussi parce que les Genevois peuvent désormais se promener en toute sécurité tous les jours de la semaine sans craindre les tirs. Un sondage mené en 2004 par l’institut Erasm a montré que la population est favorable au maintien de l’interdiction de la chasse dans un rapport de 5 contre 1 (soit bien plus que lors de la votation de 1974) et à fin 2009, un amendement au budget visant à réintroduire partiellement la chasse a été balayé par le Grand Conseil par 70 voix contre 6 (2). Sur le terrain, le corps des gardes de l’environnement réalise une part importante de la gestion de la faune. Cette gestion, basée sur l’observation, la surveillance, la prévention des dégâts et la régulation représente l’équivalent d’environ 3 postes à plein temps et une toute petite fraction du budget cantonal de la protection de la nature. Les tirs de régulation effectués par les gardes pour limiter les animaux posant des problèmes importants (les sangliers en particulier) sont réalisés avec professionnalisme de manière à causer un minimum de stress et de souffrance, ce qui les différencie nettement des battues pratiquées dans les régions avoisinantes.

 

Expérimentons sur une région pilote durant 4 ans, l’exemple de Genève

Si cela a fonctionné à Genève, pourquoi ne pas tenter l’expérience en France, sur une région telle que la Bretagne ou la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur ? Après la mise en place progressive d’étapes nécessaires comme l’arrêt de l’agrainage, l’arrêt des lâchers d’animaux d’élevage pour la chasse et la mise en place de zones sanctuaires sans présence humaine, la création d’une Brigade d’Intervention Environnementale (BIE), calquée sur les gardes environnementaux genevois, constituée de NON CHASSEURS,  serait une transition nécessaire dans le processus de réhabilitation de l’équilibre de la nature. La Brigade d’Intervention Environnementale ferait de la prévention, en réalisant par exemple des conseils sur la protection des cultures, des espaces et des habitats. En cas de dégâts occasionnés par la faune, elle mènerait une action d’expertise décisionnelle conduisant ou non au versement d’indemnisations. Elle sensibiliserait les promeneurs, les chasseurs, et la population en général au respect de la faune. Durant la période de transition, comme dans le canton de Genève, elle régulerait les populations sauvages lorsque des risques sanitaires ou de sécurité publique seraient inévitables, après le déploiement de toutes les actions possibles pour les éviter. Cette mission lui serait exclusivement réservée. Dans son fonctionnement, la Brigade d’Intervention Environnementale remonterait les informations de terrain à l’Agence Française de la Biodiversité. Cette Brigade aurait le pouvoir de constater toute infraction, d’établir un rapport, de verbaliser toute contravention sur le domaine public ou privé, et dans n’importe quel code (pénal, environnemental…). Exemples : braconnage, chasse illégale, piégeage, non-respect des quotas, agrainage illégal, réintroduction d’animaux, actes de cruauté, problèmes de sécurité, interdiction de déloger les animaux, etc. Elle interviendrait auprès des animaux sauvages accidentés ou égarés en assurant des astreintes 24h/24 avec un numéro d’urgence ; en travaillant en collaboration avec les pompiers spécialisés, les vétérinaires, les associations de protection animale, les centres de faune sauvage et les services de justice.

Sources :

(1) http://ge.ch/nature/chasse
(2) http://ge.ch/nature/media/nature/files/fichiers/documents/bilan_interdiction_de_la_chasse.pdf

Chasse à courre : un loisir cruel et obsolète

Chasse à courre : un loisir cruel et obsolète

 La chasse à courre, ou vénerie, est un mode de chasse consistant à poursuivre, à l’aide d’une meute de chien, un animal sauvage jusqu’à l’épuisement, la mise à mort étant faite à la dague ou à l’épieu. Le corps de ce dernier est partiellement livré aux chiens en guise de récompense, sa tête est conservée comme trophée, et ses pattes coupées et offertes à des invités méritants. Les animaux chassés à courre sont le Cerf élaphe, le Chevreuil, le Renard, le Sanglier, le Lièvre, le Lapin et le Blaireau.

Il existe différents types de véneries :

- Ce qu’on appelle la « grande vénerie » se pratique à cheval et se concentre sur les grands mammifères (Cerf, Chevreuil et Sanglier).

- La « petite vénerie » se pratique plutôt à pied, avec une meute chassant le petit gibier (Lapin, lièvre et Renard).

- Il existe aussi la « vénerie sous terre », communément appelée déterrage. Celle-ci consiste à acculer sous terre un Renard ou un Blaireau puis à détruire son terrier à l’aide d’outils. Une fois à découvert, l’animal est attrapé avec des pinces tenailles, et, s’il a survécu au combat avec les chiens introduits à l’intérieur, il est tué avec ses petits par les veneurs.

Une question éthique

Contrairement aux autres chasses « quantitatives », qui chercheraient à prélever le plus possible et de la façon la plus efficace, la chasse à courre est « qualitative », en ce qu’elle recherche un « raffinement » rituel dans la traque et la mise à mort. Très codifiée, elle se donne d’ailleurs comme règle de ne tuer qu’un seul animal par sortie, assumant donc de ne pas être un outil de régulation des espèces.
Désapprouvée même par de nombreux autres chasseurs, la chasse à courre pose un problème éthique certain.

En matière de souffrance animale, elle génère des douleurs extrêmes pour l’animal poursuivi. À la fin des années 1990, des scientifiques britanniques ont examiné des échantillons de sang de Cerf abattu au fusil, pour les comparer avec le sang d’animaux morts durant une chasse à courre. Les résultats montrent une concentration élevée de cortisol et des dégâts au niveau des globules blancs. Autrement dit, les animaux ont subi un stress physiologique et psychologique très important au cours de la traque.
Selon l’étude, ces dommages sont même supérieurs à ceux des animaux blessés par balle et mourant plusieurs jours plus tard.

« Une chasse prolongée avec des chiens génère chez le Cerf un stress extrême et sans doute une grande souffrance. La poursuite lui impose des contraintes qui sont au-delà des limites normales pour son espèce¹. »
Parmi les Cerfs qui parviennent à échapper à la meute, beaucoup gardent des séquelles et certains meurent quelques heures plus tard d’une intoxication du sang.

Pour les grands animaux (Cerfs et Sangliers), la mise à mort se fait traditionnellement à l’arme blanche, afin d’offrir un « combat » physique entre le maître d’équipage et la « bête ». L’imitation des récits de chasse du Moyen-Âge est très importante pour les veneurs et la  perpétuation de leur tradition. L’idéal voudrait même que l’animal cède et « s’agenouille » devant son bourreau avant d’être tué, ce qui peut être obtenu par des coups dans les jambes. Les petits animaux (Lièvre, Chevreuil, Renard et Lapin) sont la plupart du temps tués par les chiens, égorgés ou déchiquetés, avant qu’un veneur n’ait le temps d’intervenir.

Plus tard, de retour au chenil, se tient « la curée » : une cérémonie où les chasseurs festoient autour du cadavre de l’animal. Différents rituels sont effectués, comme « les Honneurs » qui consiste à découper et tresser une patte pour l’offrir à un invité ; ou encore « la Nappe », c’est à dire détacher la peau de l’animal et la soulever comme une nappe de pique-nique pour exciter les chiens autour de la carcasse. La tête des animaux est coupée et conservée comme trophée.
Le plus souvent, on grave un court récit de la journée sur leur crâne, qui sera exposé sur un mur.

Des animaux outils

Triés et créancés pour un rôle technique et précis, les chiens de chasse à courre sont l’élément central de cette pratique, et sont à ce titre considérés comme des outils.

Lorsqu’ils ne sont pas en chasse, c’est à dire cinq jours par semaine et six mois par an, les chiens passent leur temps entassés en chenil. Les plus vieux ou les moins performants sont abandonnés à des chasseurs à tir ou tout simplement euthanasiés.
Pendant les chasses à courre, les chiens peuvent courir plusieurs dizaines de kilomètres quasiment sans s’arrêter ni boire, avant d’être chargés dans une camionnette et ramenés au chenil. Il arrive très souvent d’ailleurs que des chiens soient perdus ou abandonnés en forêt après une chasse, et errent sur le bord des routes pendant plusieurs jours avant d’être, dans le meilleur des cas, ramassés par un habitant. À Compiègne en 2017, un chien de meute est resté trois mois dans un quartier de la ville, nourri par les riverains, avant qu’un valet ne vienne le récupérer².

En chasse, les chiens sont en première ligne de tous les dangers : envoyés dans les ronces, à traverser des rivières glacées, sur des routes fréquentées à 80 km/h... Lors des fins de chasse, ce sont eux qui doivent affronter un animal paniqué et défendant sa vie, et beaucoup prennent des coups de défenses de Sangliers ou de bois de Cerfs. Les veneurs appellent cela « se faire découdre ». Tous les ans, des chiens de meute se blessent et meurent en forêt, sans même que la chasse ne s’arrête.

 

CHEVAL MORT RAMBOUILLET COPYRIGHT AVA

Les chevaux ne sont malheureusement pas en reste. Harnachés toute la journée dans des vans, des chevaux de location attendent d’être lancés dans une longue course, le plus souvent sans échauffement. Le cheval doit s’efforcer de suivre le rythme saccadé d’une chasse à courre, entre sprints et longs moments d’attente. Le samedi 24 novembre 2018 à Rambouillet, un cheval de 18 ans est mort d’un arrêt cardiaque en pleine chasse.

Bon nombre de veneurs ne sont pas des cavaliers expérimentés et apprennent les bases de l’équitation dans le seul but de pouvoir participer aux chasses. Ils ne sont donc pas très au fait du bien-être de leur monture. Les chevaux, traités comme des mobylettes, font les frais d’un équipement inadapté et trop dur : éperons, coups de cravache, mors à effet de levier sévères, équipement mal ajusté, enrênements contraignants... Depuis la présence d’opposants en forêt, les veneurs les utilisent aussi comme des armes, les lançant au galop contre des piétons ou manipulant leur tête pour donner des coups.

UNE SOURCE D'INCIDENTS 

CERF LACROIX SAINT OUEN COPYRIGHT AVA

Au-delà des problèmes éthiques et de la souffrance animale qu’elle cause, la chasse à courre est aussi une source d’incidents en forêt et dans les zones urbaines. Cette situation ne date pas d’hier, mais du fait des accidents de la route, des animaux poursuivis jusque dans les centres-villes, des incivilités envers des promeneurs, des animaux domestiques tués par des meutes, les frictions avec la population révoltée
sont de plus en plus grandes. Rien que pendant la saison 2018/2019, nous avons pu dénombrer pas moins d’un incident par semaine³.
Face à cela, les maires prennent des arrêtés municipaux interdisant le passage des chasseurs en zone urbanisée, mais ceux-ci sont régulièrement bafoués et les veneurs vont jusqu’à les contester devant les tribunaux4.
Leur victoire contre la commune d’Avilly-Saint-Léonard (Oise) en 2008, avec une forte indemnité à payer aux chasseurs, a refroidi certains maires de tenter quoique ce soit en ce sens5. L’inefficacité de la loi pousse les habitants à prendre la situation en main eux-mêmes pour sauver des animaux et protéger leurs habitations des intrusions, ce qui fait de chaque chasse à courre un possible trouble à l’ordre public.
Dans l’Oise, cette pratique a été assimilée par la préfecture à une « activité sensible ». Ce statut a par exemple justifié l’interdiction d’un grand événement sportif en forêt de Compiègne en 2018 (l’Aventuraid EDHEC⁶), du fait qu’une chasse à courre s’y déroulait simultanément.

Tentatives de législations

Avec l’apparition de larges mouvements populaires, et l’insuffisance des arrêtés municipaux, l’État a plusieurs fois tenté de légiférer directement pour limiter la chasse à courre : interdiction des relais de chiens pendant la chasse, interdiction de tuer un grand animal en zone habitée, limitation du nombre de chiens lâchés à soixante. Mais à chaque fois, ces décisions ont pu être contournées et les incidents
continuent de se produire sans être sanctionnés. Quant à la souffrance des animaux chassés et le sort des animaux outils utilisés, tout cela est resté inchangé7.
En Angleterre, l’abolition de la chasse à courre a fait grand bruit en 2005, et les associations animalistes s’en sont logiquement félicitées. Mais dans les faits, les veneurs ont pu continuer leur pratique en utilisant des failles dans la législation. En effet, celle-ci autorise le « trail-hunting », une pratique similaire mais qui remplace un animal par un quad répandant une odeur que les chiens doivent pister, suivis des cavaliers. Mais une fois la chasse lancée, impossible pour lAinsi, le plus souvent, les veneurs peuvent chasser de vrais Renards, et dans le pire des cas payer de dérisoires amendes. Dans certains endroits de France, on pratique le « drag-hunting », très proche du « trail-hunting » et utilisé en Allemagne depuis l’abolition, en 1952, de la chasse à courre.
Néanmoins ce « sport » nécessite aussi la souffrance inutile d’animaux : les équipages capturent et enfermement des Renards pour utiliser leur odeur, puis les jettent vivants à la meute comme récompense.
En Écosse, où la chasse à courre est abolie depuis 2002, les législateurs tentent aujourd’hui de combler les failles de la loi en proposant de limiter davantage le nombre de chiens utilisés.

Conclusions

Pour le moment, toutes les tentatives pour limiter les dégâts de la chasse à courre se sont révélées vaines, tout simplement parce que les incidents font partie intégrante de cette pratique. Le territoire de chasse est considéré comme un « fief » par les veneurs, qui cultivent une féodalité incompatible avec la société actuelle. Le développement d’habitations, de routes et du tourisme en forêt rendent désormais
impossible la pratique de la chasse à courre sans incident, comme cela se faisait à l’époque médiévale.
Les animaux ne sont que les otages d’un loisir dans lequel leur bien-être et leur vie n’ont pas de place. La chasse à courre est tout simplement inadaptée à notre époque moderne et est amenée à disparaître.
C’est l’un des derniers bastions de la barbarie dans notre pays. À nous d’accélérer la fin de ce processus inéluctable, pour le bien des animaux mais aussi pour la sécurité de tous.

Texte de l’association AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui) pour le livre d'Animal Cross "Vocation : l'animal sujet de droit, propositions pour de nouveaux horizons"

Notre demande

Par une modification de l’arrêté du 18 mars 1982 relatif à l’exercice de la vénerie, interdire l’utilisation d’une meute de chiens courants dans le cadre d’une chasse à courre ou de toute activité connexe pouvant impliquer la capture accidentelle d’un animal (chasse au leurre, démonstration de chasse, etc.) en mettant fin à la délivrance d’attestations de conformité de meute et en limitant le nombre de chiens courants en action de chasse.

Sources
(1) Patrick Bateson - The Behavioural and Physiological Effects of Culling Red Deer.
(2) http://www.leparisien.fr/oise-60/compiegne-60200/la-chienne-qui-errait-dans-compiegne-depuis-trois-mois-a-retrouve-sa￾meute-07-06-2017-7027695.php
(3) http://ava-france.org/2019/06/11/saison-20182019-6-mois-dincidents-de-chasse-a-courre/
(4) https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/oise/chasseurs-oise-attaquent-justice-arretes-municipaux-an￾ti-chasse-courre-1446463.html
(5) Nicolas Tavernier – Un village sous Influence
(6) https://www.raidedhec.com/aventuraid/resultats/ar12_resultats/
(7) https://aida.ineris.fr/consultation_document/31056

400 personnes tuées par les chasseurs en 20 ans.  C’est sans compter les victimes collatérales, largement plus nombreuses.

400 personnes tuées par les chasseurs en 20 ans. C’est sans compter les victimes collatérales, largement plus nombreuses.

Pour la dernière saison entière connue, (du 01/06/2018 au 31/05/2019), l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a comptabilisé 132 accidents de chasse (+18 par rapport à la saison précédente). Un nombre toutefois inférieur à la moyenne annuelle sur dix ans (140), et sur 20 ans (160). Les statistiques de l’ONCFS ne retiennent que les victimes humaines. C’est ignorer tous les animaux domestiques (vaches, chevaux, chiens de chasse) tués en action de chasse par les chasseurs du fait d’une « erreur de tir ». C’est aussi passer sous silence les morts causées par des armes de chasse, en dehors de la chasse. Les armes de chasse permettent aussi à certains chasseurs peu scrupuleux de se débarrasser de certains animaux domestiques. On parle sans doute de plusieurs centaines de cas par an en France.

La chasse, un « loisir » qui met en danger la vie d’autrui

Victime de la chasse - Copyright Rio Patuca

Victime de la chasse - Copyright Rio Patuca

« Un grave accident s’est produit ce dimanche 16 septembre, en fin d’après-midi, à Limoges, dans la Vienne. Un chasseur a tiré sur un Faisan depuis son domicile et a touché au thorax une fillette de 10 ans qui pique-niquait avec ses parents sur les bords de la Vienne. » Limoges, Le Populaire du Centre, le 18/09/2018.
« Un chasseur de 50 ans est décédé ce jeudi soir à la suite d’un tir de chevrotine lors d’une chasse. L’accident s’est produit à Blanquefort, au lieu-dit Florimond. Quatre chasseurs se trouvaient dans un champ de maïs pour une chasse à l’affût. Un homme posté sur un mirador a tiré sur l’un de ses collègues en pensant que c’était un Sanglier. » Blanquefort en Gironde, Sud-Ouest, le 17/09/2018.
« Un adolescent de 13 ans qui accompagnait un groupe de chasseurs est mort dimanche 18 à Triaize, près de Luçon, après avoir reçu un coup de fusil en pleine tête. Coup de fusil qui provenait de son grand-père. Le jeune garçon était en train de ramasser le cadavre d’un animal lorsque le tir est parti. » Luçon (Vendée). France soir, le 18/09/2017.
Au total, l’ONCFS répertorie une vingtaine de morts et 140 accidents de chasse par an sur les humains¹.
Depuis 2009, plus de 1 255 accidents de chasse sont comptabilisés. La chasse est un loisir qui tue régulièrement des personnes totalement étrangères à cette activité !
Toutefois, l’ONCFS et les chasseurs font remarquer que le nombre d’accidents est en baisse depuis quelques années, preuve d’une plus grande responsabilisation des chasseurs. Lors de la saison 1997-1998, l’ONCFS avait recensé 223 accidents, dont 44 mortels.
La baisse serait-elle donc sensible ? Comment compte-t-on les accidents, les morts et les blessés ?

Les animaux domestiques victimes d’un tir ou blessés à la chasse non répertoriés

L’ONCFS ne dispose d’aucune statistique sur les animaux domestiques victimes d’une « balle perdue » ou d’une « erreur de tir ». Les journaux abondent pourtant d’exemples dans ce sens, montrant à l’évidence que les tirs des chasseurs ne sont pas « maîtrisés ».
« Dimanche dans le Loir-et-Cher, à Chouzy-sur-Cisse, un labrador qui se trouvait dans la cour de ses maîtres a été atteint par une balle de chasseur », rapporte La Nouvelle République. « Le chien est mort. Le chasseur a indiqué aux gendarmes qu’il avait tiré sur un Sanglier, mais que sa balle aurait été déviée par une pierre. Il se serait trouvé à 300 m du domicile de la cour de la maison où était le labrador ». Le Parisien, le 08/01/2019.
« Dimanche 30 septembre 2018, à Cahagnes (Calvados), au nord de Vire, une ponette a reçu une balle. Grièvement blessée, elle a été euthanasiée. Son propriétaire a porté plainte. » La Manche libre, le 2/10/2018.
« Une vache a été abattue dans un parc par des chasseurs qui visaient une troupe de Sangliers. Les vaches se trouvaient à une centaine de mètres des Sangliers. L’accident a eu lieu lors d’une battue mercredi en fin de matinée à Gruey-lès-Surance (Vosges)… Le président Gérard Mathieu assure que « la balle a ricoché. Ce n’est pas rare. » Vosges Matin, le 3/11/2017.
« Hautes-Pyrénées : lors d’une battue, alors qu’il visait un Renard, il tue une vache. » Sud-Ouest, le 2/03/2017.
Les chiens de chasse blessés ou tués à la chasse ne sont pas non plus inclus dans les statistiques de l’ONCFS. Or, ils sont très nombreux, blessés par les ronces, fourrés, taillis, ou bien par les animaux chassés et traqués, qui se défendent.

Entre suicides et homicides, les armes de chasse causent de 900 à 1 600 morts par an

Nous avons analysé les chiffres des décès causés par les « fusils, carabines et armes de plus grande taille », issus des données officielles du CépiDc ², recensant les causes de décès en France.
Les statistiques distinguent les décès causés par :
- les armes de poing,
- les fusils, carabines et armes de plus grande taille,
- les armes à feu, autres et sans précision. Cette dernière cause est de loin la plus fréquente³.
Il ressort que les fusils, carabines et armes de plus grande taille sont impliqués, chaque année :
- dans les homicides, avec 64 à 119 morts par an,
- dans les suicides, avec 648 à 1 166 morts par an,
- dans les morts avec intention indéterminée, avec 147 à 273 morts par an,
- dans les accidents de chasse, avec 20 à 31 morts par an, ce qui est cohérent avec les données de l’ONCFS.
Au total, les armes de chasse causent entre 900 et 1 600 morts par an, dont les trois-quarts sont des suicides et un quart des homicides.
Autres blessés et morts non comptabilisés : les animaux domestiques tués par arme de chasse, hors d’une action de chasse.
Ces cas sont fréquents, sans doute plusieurs centaines par an. Quiconque habite dans les campagnes sait qu’il existe des chasseurs, déviants certainement, mais bien réels, qui n’hésitent pas à régler les conflits de voisinage avec leur arme de chasse.
« Trois vaches abattues à coups de fusil à Entraigues, dans le Vaucluse. Les vaches étaient dans un pré, tuées sans doute par deux tireurs. » France bleuVaucluse, 8/01/2018.
Bouches-du-Rhône : « Un chasseur abat un chien de deux balles et prend la fuite. Le chien, du nom de Bounty, un beauceron, se promenait. Le chasseur a pris la fuite en lâchant que Bounty n’avait qu’à être attaché, et qu’il aurait pu attaquer ses propres chiens. » La Provence, le 11/10/2018.

Notre demande

Etablir des statistiques complètes incluant blessés et décès, chez les êtres humains et chez les animaux domestiques, que ce soit au cours d’une action de chasse ou hors d’une action de chasse.
Garder toutes les armes de chasse dans des lieux centralisés et sécurisés (ex : ACCA, gendarmerie, mairie, armureries) et non au domicile des chasseurs.
La conservation dans un lieu central préserverait des centaines de vie, humaines et animales, chaque année en France.

Le dressage pour la chasse : une éducation à la violence

Le dressage pour la chasse : une éducation à la violence

L’utilisation de chiens pour la chasse n’est ni anodine, ni sans conséquence.
Ni anodine, car elle nécessite manipulation et cruauté afin de développer et d’exploiter au mieux les aptitudes de son chien. Ni sans conséquence, car les méthodes de dressage, laissées à la discrétion des chasseurs et souvent abjectes pour mieux manipuler le chien, ne l’épargnent pas d’une forme de dégénérescence.

Chasser n’est pas nécessaire aux chiens

Le chien est avant tout un animal de compagnie, sensible et proche de l’homme. Il est le compagnon par excellence de l’homme tant il est désireux de lui plaire. Et contrairement aux animaux sauvages carnivores qui ne chassent que pour se nourrir, le chien est nourri par son maître. Le chien est ainsi lié à l’homme, pour le meilleur et pour le pire.

Des chiens de chasse manipulés par l’homme

Mais l’homme chasseur, prédateur de la Faune et de l’Environnement, a manipulé l’animal qui lui était le plus fidèle, le chien, en le retournant contre les autres animaux. Pour cela, il lui a imposé un déterminisme génétique afin de développer et spécialiser ses qualités exceptionnelles : taille, force, vitesse, endurance, odorat, vision, ouïe, … afin de lui être plus utile dans son entreprise mortifère, la chasse (voir l’article précédent sur les races de chiens de chasse).
Et pour le conformer à ses pratiques, le chasseur utilise l’indéfectible amour du chien pour son maître comme une pâte à modeler, via des méthodes de dressage spécifiques, trop souvent coercitives, et laissées à sa charge sans vérification de ses compétences.

Les méthodes de dressage, instruments de manipulation des chiens

Il n’est pas naturel et il est même dangereux pour un chien de participer à la chasse avec des êtres humains : tenir l’arrêt, gérer l’envol, supporter les coups de feu, et subir les coups violents défensifs du « gibier ». Ainsi, pour préparer un chien à la chasse, le chasseur utilise des méthodes de dressage alliant incitation et coercition.

Tout d’abord le débourrage, initiation au contact du « gibier »

Un chien débourré est un chien qui doit être capable de tenir un arrêt sur n’importe quel gibier lâché, sans pour autant être sage à l’envol (du gibier) et au (coup de) feu. Pour cela, il est mis au contact de gibiers d’élevage ou de pigeons désailés, et il apprend à s’en approcher jusqu’à marquer l’arrêt pour signaler la présence du gibier à son maître. C’est une étape de pré-dressage, où le maître récompense le comportement souhaité du chien et ignore ou bloque les autres. C’est le premier pas de la manipulation du chien : signaler la présence des autres animaux et ainsi les trahir.

 

Le rappel, parfois sous contrainte

Les méthodes pour apprendre au chien à revenir à l’appel de son maître (rappel) sont connues : confiance, récompense, travail à la longe.
Mais on voit se développer de plus en plus au sein des chasseurs l’utilisation de colliers de dressage permettant de sanctionner le chien à distance via l’envoi de décharges électrostatiques. La confiance est longue à construire, la sanction plus efficace pour qui veut contrôler son chien.

Le rapport du « gibier », via des méthodes barbares

Le chien de chasse n’est pas toujours enclin à rapporter le gibier ou, pire pour le chasseur, il s’amuse ou mâche le « gibier ». On dit d’un chien qui mâche le « gibier » qu’il a la « dent dure ».
Plusieurs méthodes sont d’usage pour atténuer la pression des mâchoires du chien sur le « gibier ». La plus expéditive est celle des anciens qui cachaient une pelote de fils de fer barbelés dans une peau de Lapin. En serrant fort, le chien se fait sévèrement piquer palais et gencives. Dans le même registre, on peut citer aussi l’apportable en bois avec pointes acérées, ou les deux brosses métalliques clouées dos à dos, enduites de plumes et de miel.
Une autre méthode dite des « lèvres mordues » consiste à intercaler un « gibier » froid entre les lèvres et les crocs du chien. En exerçant une forte pression des deux mains sur le chanfrein et le menton, le chien se mord malgré lui¹.
C’est un apprentissage long et régulier, et le début des méthodes violentes.

La sagesse à l’envol et au feu, pour maîtriser l’instinct de poursuite et l’effroi des détonations

La sagesse à l’envol vise à maîtriser l’instinct de poursuite : le chien ne doit pas bouger lorsque le « gibier » décolle.
L’épreuve du feu consiste à habituer le chien aux tirs, sans qu’il ne bouge. Le chien doit s’habituer à ce bruit et apprendre à ne pas broncher, malgré l’effroi et les traumatismes auditifs.

La détection et le suivi des traces des « gibiers », spécificité du chien dit « de pied »

Le dressage d’un « chien de pied » consiste à lui apprendre à identifier et à connaître les animaux qu’il doit chasser, et à développer des aptitudes à suivre et à maintenir une piste ou voie froide (anciennes traces laissées par un animal).
Pour cela, on le fait dormir sur une peau du type de l’animal recherché et on le fait jouer avec elle. Il est aussi mis au contact direct de l’animal recherché, dans des parcs cynégétiques par exemple. Il est tenu à la longe pour ne pas débusquer l’animal².

Les chiens de chasse à courre : entre sélection, épuisement à la chasse et enfermement en chenil

La chasse à courre consiste à faire rechercher un animal sauvage par une meute de chiens. La meute le poursuit durant plusieurs heures jusqu’à ce qu’il soit encerclé et éventuellement tué. Pour cela, les chiens courants doivent être de véritables athlètes, possédant toutes les aptitudes physiques pour pouvoir courir, par tous les temps, dans tout type de terrain, à un rythme soutenu pendant plusieurs dizaines de kilomètres. Ils sont entrainés à suivre les animaux sauvages à la vue ou à l’odeur et on les récompense avec des boyaux pour les habituer au goût du sang. A l’issue de la traque, les chiens, blessés et épuisés, sont en grande souffrance. Mais selon les chasseurs, ils sont heureux.
Selon une enquête de l’association One Voice, ceux qui ne répondent pas aux critères (pas du même pied, pas de gorge, pas de finesse de nez, pas courageux ou trop vieux) seraient supprimés : piqués, électrocutés ou autres… « Pour en trouver 10, il faut en éliminer 40 », explique un piqueur retraité au sujet des chiens de chasse à courre³.
Durant le transport pour la chasse, les survivants sont entassés dans des camions, parfois de longues heures durant.
En dehors de la saison de chasse, seuls certains équipages ont la possibilité de les « sortir ». Cela permet pourtant de les garder dans une forme relative. La plupart des chiens reste enfermée dans le chenil jusqu’à ce que la chasse reprenne, soit pendant près de 5 mois… Leur qualité de vie y est extrêmement variable : certains chenils sont complètement bétonnés ou disposent d’un simple enclos avec de la terre au sol. D’autres chenils ont par contre de vastes parcs avec de la végétation auxquels les chiens peuvent accéder librement⁴.
Les chiens ne sont en fait utilisés que comme de simples outils.

Un entrainement au harcèlement des Sangliers dans des parcs clos

Les chiens sont entrainés dans des parcs cynégétiques à traquer et blesser de manière continue des animaux piégés dans un espace clos (par exemple des Sangliers). Ils apprennent aussi à bloquer l’animal et à lui donner la mort.
Parallèlement, dans les parcs de chasse, les Sangliers sont au contact direct des chiens qui courent eux aussi des risques considérables.

Le blocage du « gibier » dans son terrier, dans l’attente de la mise à mort

La vénerie sous terre consiste à prendre les Renards et les Blaireaux au fond de leur terrier pour les détruire. L’animal (Renard, Blaireau) est poursuivi là où, d’habitude, aucun ennemi naturel (par exemple lynx, loup, aigle) ne peut le suivre.
Un chien de terrier qui, pendant l’entraînement, n’a jamais attaqué un Renard peut, lors du déterrage, être impliqué dans une lutte sanguinaire avec un Renard ou un Blaireau qui se défend.

Les cas d’échec du dressage entrainant la « réforme » du chien

Quelques exemples :
– un chien d’arrêt « bourre », c’est-à-dire qu’il ne marque pas l’arrêt et tente la prise du « gibier ».
– un chien d’arrêt fait des « faux arrêts », c’est-à-dire qu’il bloque les courants d’air mais sans présence de « gibier » sur le lieu de l’arrêt.
– le chien manque de nez. La conséquence est que le chien lève le gibier malgré lui sans l’avoir annoncé au préalable.
De manière générale, si le chien ne répond pas aux critères demandés ou s’il est trop vieux, il n’est plus utile au chasseur qui s’en sépare : belle preuve d’amour…

Conditions de vie déplorables du chien de chasse

Au service du loisir cruel de son maître, le chien de chasse est rarement celui qui traine sur le canapé ou se repose au calme dans son panier, avec lequel on joue, tel un membre à part entière de la famille.
Pour le chasseur, pour maintenir la vigueur du chien à la chasse, rien n’est pire que de l’habituer au confort et aux joies d’une maison paisible. Il est au contraire souvent détenu dans des conditions abjectes :
– enfermement dans des boxes délabrés et exigus, sans respect de la loi exigeant 5 m² minimum par chien,
– isolement, sans aucun rapport affectif avec son maître,
– privation de nourriture pour le rendre plus agressif,
– manque de soins vétérinaires,
– très peu de promenades : sortie du chien uniquement pour la chasse,
– utilisation de méthodes brutales pour le soumettre et le rendre plus agressif.
L’acte de chasse, quant à lui, met le chien dans des conditions de stress et de surexcitation (décuplées avec l’effet de meute) l’amenant à développer des troubles du comportement, de l’agressivité, et même de la cruauté.

Notre proposition : de nouvelles règles à instaurer pour les chiens de chasse

La formation du chien :
1- Le chien doit être éduqué dans un organisme agréé par l’Office Français de la Biodiversité :
– Chaque centre aura un comité de surveillance composé uniquement de membres d’association de défense animale ainsi que d’un vétérinaire. Ce comité aura pouvoir de retrait d’agrément du centre.
– Tout chien entrant dans le centre sera immatriculé par la puce ICAD, accompagné de son carnet de santé (à jour de ses vaccinations), et fera l’objet d’une visite médicale d’entrée.
– Les méthodes d’éducation doivent exclure toutes brutalités, physiques ou psychologiques.
– En aucune manière, du gibier vivant ne pourra être utilisé pour l’entrainement.
2- Le chien doit être créancé sur une seule espèce chassable.
3- Il ne doit pas être mordant sur l’animal chassé : ni blessures, ni mise à mort.
4- Les seules actions autorisées pour le chien sont celles de la préparation à la chasse, du lever de gibier et du rapport. Il ne doit y avoir aucun contact physique entre le chien et le gibier.
5- À l’issue de la formation, le chien doit porter un collier fluorescent portant le nom de son propriétaire et le n° du permis de chasse de celui-ci.

Les obligations du maître chasseur :
1- À l’issue de la formation du chien, le chasseur doit lui aussi être formé. Les épreuves doivent être organisées et inspectées par les membres de la police de l’Office Français de la Biodiversité. Cette formation doit intègrer un module de premiers secours sur canidés.
2- En cas de réussite, une mention portant le n° d’immatriculation ICAD du chien ainsi que sa créance doivent être apposés sur le permis. Le chasseur aura l’obligation de porter un gilet sur lequel devra figurer le nom du chien, sa créance, et la même puce ICAD que son chien.
3- Tout animal maltraité, battu, affamé, blessé devra être immédiatement retiré à son propriétaire qui perdra définitivement l’autorisation de chasser avec un chien. Notons ici qu’en cas de violences caractérisées sur un animal, le responsable du centre pourra demander un diagnostic psychologique du propriétaire pour vérifier son aptitude à chasser, et prononcer une éventuelle obligation de soins.
4- L’utilisation du GPS doit être totalement bannie.
5- Tout manquement à ces règles devra entraîner une interdiction de chasse pour la saison en cours. En cas de récidive, l’interdiction deviendra définitive.
6- L’assurance du chasseur devra couvrir, en plus de sa responsabilité civile, les dommages que subit son chien.
7- Le chien devra être obligatoirement vermifugé et vacciné
En matière de protection, le chien de chasse a des besoins plus étendus que ses autres congénères qui n’arpentent pas la campagne et les contrées sauvages avec autant d’assiduité.
Il est donc nécessaire que la vaccination couvre le chien contre les maladies canines les plus communes, à savoir l’association « CHPP » (Carré, Hépatite, Parvovirose, Parainfluenza), à laquelle est ajoutée la Leptospirose. La vaccination contre la leptospirose est en effet importante, car cette maladie constitue un risque réel pour le chien de chasse qui court dans la nature.
Pour les chiens qui vivent en communauté, dans des chenils, la vaccination contre la « toux de chenil » sera demandée. La toux de chenil (ou trachéo-bronchite infectieuse) est une maladie des voies respiratoires du chiot et du chien, atteignant principalement les animaux vivant en collectivité (élevages, refuges…). Elle est due à plusieurs agents : bactéries et virus associés.
Et la rage ? Le vaccin n’est pas obligatoire actuellement en France, alors qu’il est exigé à l’étranger. Il devra donc être obligatoire.
8- Le chien devra passer une visite médicale avant de commencer la saison de chasse, et obtenir un certificat de bonne santé et de bonne préparation physique. Dans ce cas, le chasseur pourra obtenir le renouvellement du permis qu’il soit national ou régional. Dans le cas contraire, le chien sera soigné dans un centre aux frais du propriétaire. A l’issue de sa convalescence, le comité de surveillance du centre statuera sur le devenir du chien.
9- En action de chasse, le chasseur devra obligatoirement détenir une trousse de premiers soins.
10- A l’issue de la chasse, le chasseur devra :
– faire reposer son chien au moins 1 heure,
– puis lui donner à boire,
– et au moins 2 heures après l’effort, lui donner à manger (délai pour éviter les risques de torsion de l’estomac)
– l’inspecter méticuleusement pour retirer les éventuelles tiques et corps étrangers,
– le soigner si nécessaire,
– et le nettoyer.
11- Tout manquement à ces obligations devra être sanctionné d’une contravention de quatrième classe et d’un retrait de 6 points sur les permis de chasser à points du maître.

 

Notre demande

À court terme, encadrer l’éducation des chiens de chasse via des centres agréés par l’Office Français de la Biodiversité. Dans ces centres, le chien apprendrait à ne chasser qu’un seul type d’animal, afin de limiter les actions néfastes des chiens de chasse sur la faune et l’environnement, de réduire leur dangerosité, et de s’assurer de leur bon équilibre physique et psychologique.
Au chasseur qui souhaite chasser avec un chien, faire passer un examen spécifique qui lui permettra d’inscrire cette mention sur son permis de chasser.
À plus long terme, limiter l’utilisation des chiens de chasse à la recherche d’animaux blessés, afin de réduire leur souffrance. Les autres utilisations du chien de chasse seraient prohibées (exemples : chasse à l’approche, en battue, etc.)
Considérer l’entrainement des chiens de chasse comme des actes de chasse.

 

Qu’en pensent les chasseurs eux-mêmes ?

Lire notre article

 

Sources
(1) Le dressage du chien d’arrêt – https://actionchasse.fr/blog/le-dressage-du-chien-darret
(2) Passion la chasse https://www.passionlachasse.com/t4345-dressage-d-un-chien-de-pied
(3) One Voice – La réalité de la chasse à courre en France révélée – p.20 – 2010
(4) One Voice – La réalité de la chasse à courre en France révélée – p.17 – 2010
(5) L’association Animal Cross est régulièrement contactée pour des cas de maltraitance de chiens de chasse. Souvent, les chiens
sont enfermés dans des cages de moins de 5 m2. Ils ont très peu de contact avec les humains et l’hygiène est plus que douteuse.
Autres sources
https://actionchasse.fr/blog/le-dressage-du-chien-darret
https://actionchasse.fr/blog/les-oiseaux-de-verite
https://christelledupreyblog.wordpress.com/2018/09/21/chasse-a-courre-des-chiens-et-des-chevaux-maltraites/
http://www.protection-animaux.com/animaux_sauvages/docs/pdf/position_chiens_chasse.pdf
http://www.holidogtimes.com/fr/la-chasse-a-courre-au-coeur-dun-reportage-choc-filme-par-des-activistes-infiltres/#gs.HoG8yvM

Munitions au plomb : pollution et problèmes sanitaires

Munitions au plomb : pollution et problèmes sanitaires

Les munitions utilisées pour la chasse contiennent des métaux lourds très toxiques, comme le plomb par exemple, qui occasionnent de sérieux dommages sur l’environnement et des risques sanitaires sur la faune sauvage et l’ensemble de la population. En général, la grenaille utilisée est de la grenaille de plomb. Si de la grenaille de bismuth ou d’acier peuvent être employées dans les zones humides, le plomb reste très majoritaire1.

 

Devenir des munitions dans l’environnement

Chaque année, selon les données de l’industrie citées par l’EChA (l’agence européenne des produits chimiques), 30 000 à 40 000 tonnes de plomb sont utilisées en Europe dans des munitions de types variés. Sur ce total, précise l’EChA, « 21 000 tonnes sont utilisées par les chasseurs. 7 000 tonnes de plomb se retrouvent ainsi dispersées dans les zones humides et 14 000 tonnes sur la terre ferme ». La répartition de cette contamination dans les États membres de l’Union européenne n’est pas connue avec précision, mais la France s’octroie à l’évidence la part du lion : environ un quart des quelque 5,2 millions de chasseurs européens sont français2.
Ce chiffre est cohérent avec l’information donnée par le site « Conservation de la nature » qui fait état d’environ 250 millions de cartouches tirées par les chasseurs sur le territoire français chaque année (une cartouche possède en moyenne 30 g de plomb)³.
Ainsi, dans une étude portant sur les micropolluants présents dans les eaux et les sédiments d’un panel d’étangs du Parc naturel régional de la Forêt d’Orient, la chasse est fortement suspectée d’être responsable d’un excès de nickel et de plomb observé sur certains sites étudiés, les zones les plus polluées étant aussi les plus chassées⁴.
Le plomb n’étant pas biodégradable, la grenaille se délite ou s’oxyde ou est peu à peu érodée ou enfouie, mais elle reste accessible ou biodisponible pendant des décennies, voire des siècles ou des millénaires. En Espagne, pays où la grenaille de plomb est interdite depuis octobre 2001, le delta de l’Ebre (au sud de Barcelone) présente encore en 2014 une densité allant de 97 à 266 grenailles de plomb par mètre carré dans les 20 premiers centimètres de sédiments, rappellent Mateo Soria, de l’institut de recherche sur les ressources cynégétiques de Ciudad Real, et ses collègues⁵. Dans les zones acides, la biodisponibilité et la bioconcentration du plomb peuvent être très aggravées.
Le plomb peut également migrer vers d’autres compartiments environnementaux. Une étude réalisée sur le prélèvement du plomb présent au sein d’un sol  ontaminé dans des cultures de fèves et tomates a en effet montré un transfert de ce métal au sein du système racinaire de ces cultures. L’étude n’est malheureusement pas allée jusqu’au stade « fruit » des cultures limitant une évaluation plus poussée des risques⁷. En outre, l’accumulation de grenailles de plomb dans la nature contamine les ressources en eau.
Cette accumulation de plomb dans les différents compartiments du milieu naturel peut engendrer des problèmes sanitaires très importants.

Impact sur la faune sauvage

Les cartouches à grenailles de plomb sont responsables d’intoxications et d’un nombre conséquent de cas de saturnisme aviaire. Selon l’EChA, un à deux millions d’oiseaux meurent chaque année de saturnisme, soit en picorant les grenailles, soit pour les rapaces carnivores, en se nourrissant d’animaux intoxiqués6,8.
Les oiseaux d’eau n’ayant pas de dents recherchent et mangent normalement des petits cailloux arrondis, qui sont stockés dans leur gésier où ils broient les aliments. Ils ingèrent par la même occasion du plomb (ou d’autres métaux lourds toxiques tels que le bismuth). Plus les aliments sont durs, plus ce plomb se solubilise vite.
À titre d’exemple, 6 billes de plomb ingérées avec du maïs le matin sont parfois le soir en totalité déjà solubilisées et passées dans le sang de l’oiseau qui pourra en mourir. Ce plomb est passé dans son sang 20 fois plus vite que s’il avait été ingéré avec des aliments « mous »³.
Il faut savoir que tous les charognards et en particulier les vautours se nourrissent de cadavres. Dans tous les pays, les chasseurs de « grand gibier » ont l’habitude de se débarrasser des parties non comestibles (entrailles en particulier, peau, mais aussi certains os) dans la nature. Ces restes animaux contiennent souvent des quantités non négligeables de minuscules particules de plomb qui se sont dispersées dans tout le corps de l’animal au moment où la balle a explosé (NB : le grand gibier est généralement tué avec des balles dont l’ogive est en plomb et qui explose lors de l’impact. Ce type de munition est interdite pour la guerre par les conventions internationales !). Le risque de saturnisme est très important pour les vautours qui consomment ces restes, ce qui est très fréquent en Espagne, en France… et en Californie.
Le Condor de Californie, second plus grand oiseau du monde, est ainsi menacé de disparition et le saturnisme induit par la chasse semble rester – avec les collisions avec des véhicules ou des lignes électriques – sa première cause de mortalité (chez l’adulte, les jeunes étant artificiellement nourris)³.

Impact sur les hommes

Impact direct chez les consommateurs de « gibier »
De l’animal à l’homme qui le mange, il n’y a qu’un pas, particulièrement rapide à franchir chez les chasseurs qui mitonnent le produit de leur chasse. « De récentes recherches suggèrent que des fragments de plomb se dispersent largement dans les tissus sous forme de particules microscopiques, potentiellement de taille nanométrique, écrit l’EChA. Enlever la chair autour de la blessure ne suffit pas à ôter tout le plomb qui pourrait être absorbé par le consommateur ». Or le plomb est un puissant neurotoxique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la teneur en plomb dans l’eau du robinet a été revue à la baisse par une directive européenne de 1998. Le plomb entrainerait également des effets de type perturbateur endocrinien et serait ainsi responsable d’un allongement du délai nécessaire à la conception des enfants chez les personnes exposées⁹.

Impact indirect sur l’ensemble de la population
Etant donné que le plomb peut également se disperser au sein d’autres compartiments environnementaux tels que l’eau ou les plantes, on peut craindre une contamination de l’ensemble de la population. L’EChA fait d’ailleurs une préconisation simple : « cesser d’utiliser du plomb dans les munitions, au profit d’une autre substance6 ».

Des alternatives possibles ?

Des substituts moins toxiques ou non toxiques existent. La grenaille d’acier semble la solution idéale du point de vue environnemental.
Le 6 octobre 1999, le Conseil National de la Chasse et de la Faune Sauvage (CNCFS) a souhaité que la France prenne des mesures concrètes pour tenir ses engagements de l’Accord sur la Conservation des Oiseaux d’Eau Migrateurs d’Afrique-Eurasie. Ainsi la grenaille de plomb est interdite en France depuis 2005 par un arrêté du 21 mars 2002. Cependant, cette interdiction ne s’applique qu’au gibier d’eau, et non au gros gibier et ne concerne que les zones humides.

Qu’en est-il des substituts « idéaux » au plomb proposés ?

« Les autres métaux comme l’acier sont beaucoup plus durs et légers. Ils ricochent sur le moindre obstacle, ce qui multiplie les risques d’accidents », confirme Willy Schraen. En outre, l’acier est plus pénétrant mais moins létal. Dans les zones humides, où il est interdit d’utiliser des balles en plomb depuis 1986, les chasseurs ont recours à de la grenaille contenant des billes d’acier pour le petit « gibier ». Non seulement il en faut beaucoup dans les munitions pour arriver au même poids, mais l’acier a tendance à blesser les animaux sans les tuer. « On retrouve ainsi beaucoup d’oiseaux agonisants, ce qui n’est pas l’idéal en termes de bien-être animal », affirme très sérieusement Willy Schraen. Dernier inconvénient des munitions légères : elles nécessitent une plus grande charge de poudre, incompatible avec certains modèles de fusils anciens10.
Faut-il donc réellement choisir entre la pollution de l’environnement ou l’agonie lente des animaux ?

 

Notre demande

Imposer un nombre maximal de cartouches par chasseur et par an pour la grenaille de plomb, et pour la grenaille d’acier dans les zones humides, afin de diminuer la pollution des sols et les blessures causées aux animaux.

 

Sources
(1) Cinématir – La cartouche de chasse, trucs et astuces (Baudoin) http://cinematir.fr/cartouche-de-chasse-trucs-astuces/
(2) Le Monde – Les munitions au plomb menancent l’environnement et la santé – Stéphane Foucart – 13 septembre 2008 https://www.lemonde.fr/pollution/article/2018/09/13/les-munitions-au-plomb-menacent-l-environnement-et-la-sante_5354269_1652666.html
(3) Conservation nature – Pollutions par les munitions. http://www.conservation-nature.fr/article2.php?id=140
(4) L’étude des micropolluants présents dans les eaux et les sédiments d’un panel d’étangs du Parc naturel régional de la Forêt d’Orient. C GAUTIER – COURRIER SCIENTIFIQUE N 30 – pole-zhi.org
(5) Le chasseur moins exposé au plomb samedi 1er mars 2014 par Alain KALT
(6) L’Echa (European Chemicals Agency) pointe l’impact environnemental des munitions au plomb : risques – 13 septembre 2018 – Laurent Radisson . https://echa.europa.eu/fr/-/echa-identifies-risks-to-terrestrial-environment-from-lead-ammunition
(7) Par Melle Marie CECCHI. DEVENIR DU PLOMB DANS LE SYSTEME SOL-PLANTE : Cas d’un sol contaminé par une usine de recyclage du plomb et de deux plantes potagères (Fève et Tomate). Soutenue le 26 mars 2008
(8) Baron M., 2001. Suppression de l’utilisation de la grenaille de plomb de chasse dans les zones humides exposant les oiseaux d’eau au saturnisme. Rapport MEDD, 20p
(9) Facteurs environnementaux et fertilité – Chapitre 3 Environnement et infertilité : état des lieux épidémiologique et des connaissances – Docteurs V. BIED DAMON et P. MIRAKIAN – MSD – http://www.fiv-lyon.fr/static/documents/Brochure_environment_et_fertilite.pdf
(10) https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/environnement-chasse-chasseurs-utilisent-munions-plomb-101
48/