Blaireau : la justice suspend l’arrêté du préfet de Savoie autorisant une période complémentaire de chasse

Blaireau : la justice suspend l’arrêté du préfet de Savoie autorisant une période complémentaire de chasse

Avec plusieurs associations de protection des animaux (One Voice, LPO Auvergne-Rhône-Alpes et France Nature Environnement Savoie), nous avions déposé un recours contre l'arrêté préfectoral de Savoie qui autorisait une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau du 15 au 30 juin 2023.

Victoire ! Le tribunal de Grenoble nous a entendu et a suspendu cette période complémentaire !

Dites NON à la destruction sans limite des renards, fouines, belettes, martres, corneilles noires, geais des chênes, corbeaux freux, étourneaux, pies

Dites NON à la destruction sans limite des renards, fouines, belettes, martres, corneilles noires, geais des chênes, corbeaux freux, étourneaux, pies

Le Ministère de la Transition Ecologique vient de proposer un arrêté ministériel qui prévoit, une fois encore, la destruction pour trois ans de cette liste d’animaux, avec des variantes par département. Ce qui ne change pas, c’est que leur élimination est sans limite par tir ou piégeage, et même déterrage pour le renard. Le Ministère a plutôt accentué les demandes départementales relayées par les préfets, puisque neuf départements demandaient la suppression du déterrage du renard, alors que cette pratique y a été finalement maintenue.

Tout cela donne lieu à une consultation publique à laquelle il est important de participer afin que l’Etat mesure l’opposition de la population à ces destructions.

Vous avez jusqu’au 6 juillet à minuit pour déposer votre contribution ici.

Nous vous recommandons de vérifier la liste de ces ESOD (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts) dans votre département, dans le projet d’arrêté. Voire de comparer cette liste à la situation passée matérialisée par cette carte.

Animal Cross est engagée depuis de nombreuses années contre cette réglementation ESOD, par des recours, actions collectives, participation en CDCFS (Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage), et rencontre au ministère. Nous faisons valoir principalement les éléments suivants :

  • Les dégâts imputés aux ESOD ne reposent pas sur des preuves solides, ils ne sont ni probants ni fiables, puisque la réalité des dégâts ne peut pas réellement être contrôlée. Mieux : les espèces peuvent être détruites en des lieux où aucun dégât n’a été causé, ce qui contrevient à la loi,
  • Les services écologiques apportés par ces espèces ne sont pas pris en compte (par ex. le renard régule les populations de petits rongeurs responsables de dégâts sur les cultures et permet de limiter la propagation de maladies), c’est-à-dire qu’ils ne sont « jugés « qu’à charge. Voir à cet égard nos fiches de services rendus, publiées sur les réseaux sociaux,
  • La prévention des dégâts (protection des cultures et élevages, etc…) devrait systématiquement être mise en œuvre, puisque c’est prévu dans la loi (« vous devrez établir en quoi leur mise en œuvre est impossible ou insatisfaisante «),
  • L’efficacité des méthodes létales, contre les dégâts supposés, n’a jamais été démontrée, et c’est même le contraire puisque c’est partie remise chaque année avec des centaines de milliers d’animaux que l’on détruit pour rien en France,
  • La réglementation actuelle est totalement obsolète et rétrograde en regard des connaissances actuelles sur les interactions des êtres vivants,
  • Comment la belette peut-elle être « nuisible » dans un seul département français, comme par hasard celui du président de la Fédération Nationale des Chasseurs ?
  • Les intérêts de la chasse sont très directement défendus par ce projet au détriment de la faune sauvage : « Les spécimens de ces espèces peuvent être également piégés à moins de 250 mètres des enclos de pré-lâcher de petit gibier chassable, et sur les territoires des unités de gestion cynégétiques » …

Adaptez si possible vos commentaires à la situation de votre département, personnalisez votre réponse afin qu’elle soit comptabilisée, et qu’ainsi elle compte vraiment.

Merci pour votre participation !

Cruzy-le-Chatel (89740, Yonne) un chenil de chiens de chasse, entre cadavres, maltraitances, excréments et ossements de tous ordres

Cruzy-le-Chatel (89740, Yonne) un chenil de chiens de chasse, entre cadavres, maltraitances, excréments et ossements de tous ordres

À l’hiver 2022, un témoin lance l’alerte : en forêt de Cruzy-le-Chatel (89740, Yonne) dans un chenil avec une vingtaine de chiens de chasse, en pleine nature, on peut voir dans les box et les poubelles des chiens morts, un amoncellement d’os et d’excréments. A côté des box, des tas d’os de sangliers, sans doute transportés ici après des parties de chasse du domaine de chasse voisin. Des vers qui pullulent dans les poubelles. Il écrit à la Direction de la protection des populations (DDPP) « il y avait de nombreuses naissances incontrôlées, les bébés se faisaient manger par les autres chiens. ».

La sœur du propriétaire, vétérinaire, serait alors intervenu pour stériliser certaines chiennes. Le témoin ajoute aussi : « le propriétaire organise beaucoup de chasses et ne sachant pas quoi faire du gibier, il jette dans le trou, des sangliers en grande quantité, des chevreuils des cervidés, des canards et des faisans. » Les chiens seraient nourris par la venaison et les invendus du supermarché.

En mai 2022, une mise en demeure pour déclarer ses installations et nettoyer les lieux est adressée par le Bureau de l’Environnement de la Préfecture de l’Yonne, au propriétaire de lieux. En effet, l’élevage de Monsieur C. est également illégal car non déclaré. La DDPP décide de ne pas saisir les chiens.

Mais rien ne se passe jusqu’en janvier 2023. Le 12 janvier 2023, l’association Adeo, alertée par un riverain, porte plainte auprès du procureur de Sens.

Lundi 30 janvier 2023 l’association Gratouille, récemment mise au courant, se rend sur les lieux et découvre que les chiens sont toujours là : 24 chiens en box. Ce sont des chiens de chasse, dont un podenco, avec une puce étrangère, et un dog argentin, interdit à la chasse. L’association Pas Si Bête participe à l’enquête.

Les excréments et les os jonchent le sol, il n’y a aucune surface saine. Plusieurs chiens montrent des signes de maigreur. Le chenil ne contient pas de niches, les animaux sont exposés au froid glacial, dorment à même le sol, les eaux usées ne sont pas évacuées.

Mercredi 31 janvier le maire de la commune demande au procureur de retirer les animaux, mais sans succès, après avoir constaté les faits sur place.

Depuis une quinzaine de jours, l’association Gratouille et une capitaine de police, habitante du lieu, se rendent sur place tous les jours. Il semble que personne ne nourrisse ni ne donne à manger aux animaux, sauf le week-end. Monsieur C. est un chasseur qui semble laisser ses chiens seuls et sans soins pendant toute la semaine.  Un cadavre de chien est retrouvé dans un congélateur.

Le 2 février, l’association Animal Cross porte plainte pour abandon et acte de cruauté.

Mardi 7 février, la DDPP intervient finalement avec la gendarmerie. Mais le propriétaire a fait nettoyer les box la veille, alerté par les allers-et-venues autour de son chenil.

Cet après-midi (mardi 7 février 2023) le procureur de la République doit décider du retrait ou pas des animaux.

Aujourd'hui, jeudi 9 février, 17 chiens sur 24 ont été cédés par leur propriétaire, plus que 7 à sauver... 

Cette affaire appelle les commentaires suivants :

  • Les chiens de chasse sont souvent tenus en captivité, sans jamais sortir, dans de très mauvaises conditions. Ces chiens sont de simples outils pour des chasseurs sans égard pour leurs animaux.
  • Les services de l’Etat et la Justice ne mettent pas beaucoup d’entrain à protéger les animaux, alors qu’ils ont les moyens juridiques de le faire. Ils avancent lentement s’ils ne sont pas relancés avec vigueur par des associations et des particuliers.

Nos associations demandent le retrait immédiat de tous les chiens.

Contacts presse :

Association Gratouille Stéphanie Beaugrand, 06 22 66 35 94, Témoin sur place https://www.gratouille-refuge.fr/

Association Pas Si Bêtes, Véronique Guint, 06 77 63 95 06, Témoin sur place, https://passibetes.fr

Association Animal Cross Benoît Thomé, 06 81 37 96 19, benoit@animal-cross.org, r-animalcross2026-pf21.wpserveur.site. Dépôt de plainte en cours, enchaînement des faits.

Association Adeo, Ginette Allart, 04 32 74 22 01 , adeoanimalis@yahoo.fr

Insécurité à la chasse : chasseurs 1, les autres 0

Insécurité à la chasse : chasseurs 1, les autres 0

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 9 JANVIER 2023

Alors que 4 Français sur 5 sont favorables au dimanche sans chasse, jour où l’on compte le plus grand nombre d’accidents liés à ce loisir, l’État préfère renforcer les intérêts d’une minorité dangereusement armée : l’appli-gadget permettant de signaler les chasses en cours est non seulement anti-démocratique, elle est aussi à l’avantage des chasseurs qui vont être confortés dans leur sentiment d’appropriation de la nature et de la biodiversité. 

Contre l’écrasante majorité des Français favorables à l’arrêt de la chasse le dimanche à 78 %*, le lobby de la chasse propose des gadgets dérisoires et refuse toute évolution. Et que fait l’État ? Il écoute le lobby. 

En réponse au problème d’insécurité lié à leur loisir, les chasseurs proposent une application aussi inutile que dangereuse. Déjà qu’ils ont du mal à poser correctement des panneaux « chasse en cours » on se demande bien comment une appli, avec tous les aléas que cela implique (possession d’un smartphone, réseau, etc) pourrait montrer son efficacité.

Avec cet outil, les chasseurs se signaleraient aux promeneurs, les incitant à éviter les « bulles de danger » - en réalité des zones bien plus vastes qu’indiquées, au vu de la portée des armes - et à se diriger vers des zones “sécurisées”.  

Mais tout sonne faux : 

  • Il n’y a pas de réseau dans de nombreuses zones naturelles concernées par la chasse ; 
  • L’application n’a rien d’obligatoire et ne concernera que les battues ;
  • Elle suppose que tous les chasseurs et tous les promeneurs aient un smartphone, et qu’ils pensent systématiquement à se connecter à l’appli ;  
  • Un chasseur isolé peut se trouver hors des « bulles de danger » signalées ;      
  • Un tel gadget donnerait une fausse impression de sécurité aux promeneurs, et donnerait surtout bonne conscience aux chasseurs, qui se sentiraient libérés de toute contrainte et responsabilité : en cas d’accident, qui serait responsable : victimes ou chasseurs ? 
  • Que se passe-t-il lorsqu’un promeneur, en plein milieu de sa randonnée, reçoit une alerte pour lui signifier qu’une chasse est sur le point de commencer tout autour de lui ?

 

En réalité, cette application ne ferait que renforcer la mainmise des chasseurs sur la nature et légitimer la présence d’un “loisir” dangereux voire mortifère pour autrui. En résumé, le message c’est « Dégagez, on chasse ! ». 

Le dimanche sans chasse a été décrété en Angleterre en 1831, et aujourd’hui de nombreux autres pays d’Europe (Pays-Bas, Suisse, Espagne, Italie, Portugal…) respectent au moins un jour national sans chasse. Mais pas la France, où le puissant lobby des chasseurs impose son diktat depuis des décennies, alors qu’il ne représente même pas 2 % de la population.  

Bref, plutôt que de limiter la chasse, le gouvernement préfère limiter la liberté des autres : les Français n’auront pas d’autre choix que de slalomer entre les « bulles de danger », ou de rester chez eux, comme l’a déjà préconisé le chef de la Fédération nationale des chasseurs... Vous avez dit démocratie ? 

 

Les associations signataires

Animal Cross, ASPAS, Fondation Brigitte Bardot, Humanité & Biodiversité, LPO, One Voice, SFEPM, Stéphane Lamart, Un Jour Un Chasseur, WWF

 

 

* Sondage IFOP de décembre 2022

Le 3 novembre est la Saint Hubert : de la légende du VIIème siècle à la récupération par les chasseurs

Le 3 novembre est la Saint Hubert : de la légende du VIIème siècle à la récupération par les chasseurs

Chaque année à la fête de Saint-Hubert, des chiens et chevaux de chasse à courre sont bénis lors de cérémonies en plein air avec force cors et trompettes, afin d’être placés sous la protection du saint patron des chasseurs (mais aussi celui des bûcherons, des forestiers et des tanneurs).

A l’approche de ces évènements, plus du domaine du folklore cynégétique français et belge que de la religion, rappelons la genèse de cette tradition.

Saint-Hubert, c’est l’histoire d’un seigneur de l’actuelle Belgique, issu de l’aristocratie (fils du Duc d’Aquitaine), auquel la providence a fait une sacrée surprise. Né vers 656, son rang l’a amené à vivre de façon libre et mondaine, se souciant fort peu de la religion. Il partageait tout son temps entre les études et la chasse, surtout la chasse, et avait un intérêt prononcé pour les damoiselles.

Un Vendredi Saint, il partit donc seul à la chasse comme bien souvent, en forêt d’Andage (Ardennes actuelles), et aperçut rapidement un immense cerf blanc, qu’il prit en chasse en dépit du brouillard environnant. Après plusieurs heures de traque, le cerf ne montrait aucune fatigue alors qu’Hubert, pas encore canonisé, était fourbu. La légende veut que le cerf s’arrêta brutalement, et qu’Hubert vit entre ses cornes une croix étincelante, et entendit une voix l’invitant ainsi :"Hubert! Hubert! Jusqu'à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts ? Jusqu'à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ?". Il s’ensuivit une totale conversion, et notre Hubert décida de renoncer à ses biens et privilèges, de se consacrer à la religion, et il devint par la suite évêque de Maastricht.

Hubert a su interpréter, puis vivre pleinement sa vision.

Mais alors, quel rapport y a-t-il entre cet homme et les chasseurs ?

  • Entre St Hubert et les pratiques de chasse traditionnelles, toutes aussi barbares les unes que les autres: aucun rapport,
  • Entre St Hubert et le déterrage cruel des blaireaux : aucun,
  • Entre St Hubert et la persécution de 89 espèces d’animaux en France : aucun,
  • Entre St Hubert et la cruauté de la chasse à courre envers le cerf, les chiens et les chevaux : aucun,
  • Entre St Hubert et le besoin de faire souffrir la faune sauvage : toujours aucun …

L’utilisation par les chasseurs de la légende de Saint-Hubert est bien celle d’un détournement. Ce détournement augurait de ce qu’allait devenir la propagande cynégétique, qui travestit totalement la réalité de la chasse à l’aide de clips vidéo dont toute arme et toute violence sont désormais bannis. Ils constituent le moyen d’idéaliser une pratique sanguinaire.

Mais si l’on doit voir quelque chose de positif dans le rendez-vous annuel avec Saint-Hubert que se sont imposés à eux-mêmes les autoproclamés « premiers écologistes de France », c’est bien la possibilité offerte à chacun d’entre eux d’être interpellé par la légende de leur saint patron ; c’est bien l’invitation de chacun à parcourir un chemin de Damas cynégétique, et à possiblement voir leur conscience percutée par la transformation de Saint-Hubert.

Cette stimulation de l’esprit des chasseurs contribue-t-elle à la baisse inexorable de leurs effectifs ? Nous ne le saurons jamais.

Saint Hubert était réputé guérisseur de la rage, souhaitons qu’ainsi il le soit aussi de celle de tuer.

Chasse aux alouettes réouverte : un nouveau cadeau pour les chasseurs

Chasse aux alouettes réouverte : un nouveau cadeau pour les chasseurs

Sur la consigne d’Emmanuel Macron, le ministre de l’écologie Christophe Béchu a publié ce vendredi 7 octobre, quatre arrêtés ministériels concernant les chasses traditionnelles aux alouettes des champs. Celles-ci sont réautorisées dans les départements de la Gironde, des Pyrénées Atlantiques, du Lot-et-Garonne et des Landes jusqu’au 20 novembre.

UN GRAND NOMBRE D'OISEAUX DESTINÉS À UNE MORT CERTAINE 

Ces techniques de chasse consistent à piéger les alouettes à l’aide de filets horizontaux ou bien de cages tombantes. Cerise sur le gâteau : l’annonce est publiée le vendredi afin que le lendemain les chasseurs puissent d’ores et déjà se donner à cœur joie de chasser les alouettes.

Les prévisions du nombre d’oiseaux qui vont être tués sont alarmantes : Le nombre maximum d'alouettes des champs pouvant être capturées à l'aide de pantes a ainsi été fixé à 38 600 dans le département de la Gironde, à 56 672 dans les Landes, à 1 230 dans le Lot-et-Garonne et à 2200 dans les Pyrénées-Atlantiques pour la campagne 2022-2023, et en ce qui concerne les matoles, le nombre maximum autorisé d’alouettes des champs capturées a été fixé à 2 870 dans le Lot-et-Garonne et à 4928 dans les Landes, soit 106500 alouettes des champs.

Ces méthodes cruelles de chasse peuvent tuer tous les animaux piégés par ces techniques. Cela peut donc inclure les espèces protégées. Les animaux, pris de peur dans les cages ou les filets, ont le temps de se débattre et donc de mourir de fatigue ou de peur en attendant d’être libérés.

DES ARRÊTÉS QUI VONT À L'ENCONTRE DES DIRECTIVES DE L'UNION EUROPÉENNE

Il existe depuis 2009, une directive oiseaux qui vise à la conservation de tous les oiseaux sauvages dans l’Union européenne (UE) en fixant des règles pour leur protection, leur conservation, leur gestion et leur régulation. . Ainsi donc, cette autorisation gouvernementale va à l'opposé de la réglementation européenne en vigueur. Cependant, avec l’autorisation du président de la République, il peut y avoir dérogation. On est encore une fois sur une décision qui va à l’encontre de la préservation de la biodiversité.